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Full text of "Revue de viticulture : organe de l'agriculture des régions viticoles"

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REVUE 

DE 

VITICULTURE 

ORGANE DE L'AGRICULTURE DES RÉGIONS VITICOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA, 

Inspecteur Général de la Viticulture, 
Processeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Membre de la Société Nationale d'Agriculture, Propriétaire-Viticulteur» 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Direct, de la Station viticole 
de Cognac, Propriétaire-Vitic. (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de 
l'Agriculture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de 
droit de Paris, Propriétaire-Viticulteur (Gers), 

A. Miintz, Membre de l'Institut, Professeur, 
à 1'Instilut National agronomique, Proprié- 
taire-Viticulteur (Dordogne). 

P. Pacottet, Chef des travaux à l'Institut agro- 
nomique, Maître de conférences à l'Ecole d'a- 
gricult. de Grignon, Prop.-Vitic. (Bourgogne). 

Ch. Tallavignes, Inspecteur de l'Agriculture, 
Propriétaire- Viticulteur (Aude). 

A. Verneuil, Corresp. de la Société nationale 
d'Agriculture, Lauréat de la Prime d'honneur, 
Propriétaire-Viticulteur (Charenle-Inférieure) . 



Secrétaire Général : Raymond BRTJNET 
Ingénieur agronome, Propriétaire-Viticulteur (Gironde) 



TOME XXVII 



QUATORZIÈME ANNÉE — 1907 



(Janvier à Juin) 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France, Prop. -Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticole de Cadillac Prop.-Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant delà Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut, Président du Comice agricole 
de Nuits-St-Georges Prop-Vitic. (Côte-d'Or), 

F. Convert, Professeur à l'Institut national 
agronomique. Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U.Gayon, Corresp. de l'Institut, Professeur- 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P. Gervais, Membre de la Sociéts N la d'Agri- 
culture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitic. (Hérault). 



PARIS 

BUREAUX DE LA "REVUE DE VITICULTURE 

1, RUE LE GOFF, Y im " 

1907 



ie XXVII îN ;u 6H Paiis, :\ Jaav'tèi 

REVUE 



DE 



VITICULTURE 

ORGANE DE L'AGRICULTURE DES RÉGIONS VITIGOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA, 

Inspecteur Général de la Viticulture, 
Professeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Metohre de 'a Société Nationale d'Agriculture, Docteur ès sciences. 

SOMMAIRE 

PAGES 

R. Salomon Les raisins de table : Bicane (avec une planche en 

chromolithographie) 5 

Valéry Mayet Les insectes lignivores de la vigne (avec figure) 8 

F. de Saint-Charles Le Congrès de Lyon. . . „ H 

H. de Lapparent. Les moteurs animés en viticulture (avec figures)... 16 

T. Nicolle Les eaux-de-vie et la crise 21 



Actualités. — Sur le .choix des greffons (E. Zacharkwicz). — Porte-greffes pour 
raisins de table (E. Z.). — Les fraudes sur les vins: affaire de Béziers (C.R.). 
— Le sucrage en Maine-et-Loire (M. Massignon)- — Ctfmité permanent 
d'alliance de la viticulture et du commerce des vins : bureau. — Congrès 
viticole de Montpellier. — Congrès viticole de Bordeaux. — Foire aux vins 
d'Angers . 23 

Revue commerciale. — Livraison des vins de la propriété. — Vignobles et 
vins : correspondances du Midi (A.); de la Champagne (G. Loche); delà 
Charente-Inférieure (Rivasseau-Baudier); de Cognac (J.-M. Guillon) ; 
du Chablais (J. Gagnaire); de Meurthe-et-Moselle (Ch. Toussaint). — 
Importations des vignes américaines en Italie. — Engrais, soufres; sulfates, 
* lies, tartres (A.). — Prix-courant des principaux produits agricoles. . • 26 

Bulletin météorologique.. 32 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France, Prop.- Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticole de Cadillac, Propr. -Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon. Correspondant de la Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut, Président du Comice agricole de 
Nuite-bt-Georges, Prop.-Viticult. (Côte-d'Or). 

F. Convert, Professeur à l'Institut national 
agronomique, Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon, Correspondant de l'Institut,Professeur 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P. Gervais : Membrede la Société N le d'Agricul- 
ture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitlc. (Hérault). 



RÉDACTION, 

J.-M. Guillon, Directeur de la Station Viticole 
de Cognac, Prop. -Viticulteur (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de l'Agri- 
culture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de droit 
de Paris, Propriétaire-Viticulteur (Gers). 

A Mùntz, Membre de l'Institut, Professeur 
à l'Institut national agronomique, Proprié- 
taire-Viticulteur (Dordogne). 

P. Pacottet, Chef des travaux à l'Institut agro- 
nomique, Maître de conférences à l'Ecole d'a- 
gricult. de Grignon, Prop. -Vitic. (Bourgogne).. 

Ch. Tallavignes, Inspecteur de l'Agriculture, 
Propriétaire-Viticulteur (Aude) . 

A . Verneuil, Correspondant de la Société nationale 
d'Agriculture, Lauréat de la Prime d'honneur. 
Propriétaire-Viticulteur (Charente-Inférieure) . 



Administrateur : G. PLKURY 



La REVUE paraît tous les JEUDIS et publie de nombreuses planches en couleurs 



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Revue de Viticulture. — N° 681, 3 Janvier 1907 



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REVUE 

DE 

VITICULTURE 



TOME XXVII 

QUATORZIÈME ANNÉE — 1907 
(Janvier à Juin) 



REVUE 

DE 

VITICULTURE 

ORGANE DE L'AGRICULTURE DES RÉGIONS VITIGOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA , 

Inspecteur Général de la Viticulture, 
Professeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Membre de la Société Nationale d'Agriculture, Propriétaire-Viticulteur. 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Conseil'supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France, Prop. -Viticulteur (Gard). 

Gr. CazeaUX-Cazalet, Député, Prés. du<3omice 
viticole de Cadillac Prop.-Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant delà Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut, Président du Comice agricole 
de Nuits-St-Georges Prop-Vitic. (Côte-d'Or), 

F. Convert, Professeur à l'Institut national 
agronomique. Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon, Corresp. de l'Institut, Professeur- 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P. Gervais, Membre delà Sociéts N le d'Agri- 
culture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitic. (Hérault). 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Direct, de la Station viticole 
de Cognac, Propriétaire-Vitic. (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de 
l'Agriculture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de 
droit de Paris, Propriétaire-Viticulteur (Gers). 

A. Miïntz, Membre de l'Institut, Professeur, 
à l'Institut National agronomique, Proprié- 
taire-Viticulteur (Dordogne). 

P. Pacottet, Chef des travaux à l'Institut agro- 
nomique. Maître de conférences à l'Ecole d'a- 
gricult. de Grignon, Prop.-Vitic. (Bourgogne). 

Ch. Tallavignes, Inspecteur de l'Agriculture, 
Propriétaire- Viticulteur (Aude). 

A. Verneuil, Corresp. de la Société nationale 
d'Agriculture, Lauréat de la Prime d'honneur, 
Propriétaire-Viticulteur (Charente-Inférieure) . 



Administrateur : G. FLEURY 

TOME XXVII 

QUATORZIÈME ANNÉE — 1907 
(Janvier à Juin) 



PARIS 

BUREAUX DE LA "REVUE DE jVITICULTU RE " 

1, RUE LE GO FF , V ème 



1907 



I4 a Année. — Tome XXVII. 



N° 681. 



Paris, 3 Janvier 1907. 



REVUE DE VITICULTURE 



LES RAISINS DE TABLE 



BICANE 

Synonymes. — Panse Jaune, Occhivi, Bécanne, Bicanne, Bicaine (catalogue de 
l'ancienne collection du Luxembourg) (Voir la planche en chromo), Grosse 
Perle blanche, Grosse Perle du Jura, Perle Impériale, Marsi-Rousseau (Pulliat), 
Raisin des Dames, Raisin de Notre-Dame, Chasselas Napoléon, Chasselas d'Alger, 
Gaou Doura (Provence), Trebbiano (quelquefois en Allemagne), Olivette jaune. 

Historique. — LeBicane est, dit-on, originaire duCher(?) ; d'autres disent du dépar- 
tement d'Indre-et-Loire (?). Quoi qu'il en soit, aucun auteur n'a pu jusqu'à présent 
lui attribuer historiquement, avec preuves à l'appui, un lieu d'origine exact; pas 
plus, du reste, affirmer si ce cépage était issu d'un semis ou d'une hybridation . 
Pourquoi ce nom de Panse jaune qui lui est fréquemment et à tort attribué, ne 
serait-ce pas là un indice de son croisement avec quelque individu de cette nom- 
breuse famille des Panses? Peut-être. 

Ampèlographie comparée. — Nous disions plus haut que le Bicane était quelque- 
fois désigné sous le nom de Panse jaune. Or, si les deux cépages ont, quant au 
feuillage et à l'aspect extérieur, beaucoup d'analogie, ils se diffèrent complète- 
ment quant à la couleur de leur fruit. Nous les possédons tous deux dans nos 
collections sous verre, et alors que le Bicane reste blanc laiteux, l'épiderme du 
grain de l'autre ne tarde pas à prendre cette teinte de roux jaunâtre qui lui a valu 
son nom. 

Occlàvi est un synonyme de Panse jaune; dans d'autres pays, il désigne aussi le 
Trebbiano, mais ne peut en quoi que ce soit s'appliquer h Bicane. 

Sous le nom de Raisin de Notre-Dame, nous cultivons, sous verres également, 
un gros raisin qui se rapproche beaucoup, jusqu'à sa maturité complète, 
de la Malvoisie des Chartreux, mais qui en diffère essentiellement ensuite en ce 
sens que celui-ci mûr à point est de couleur jaune pâle et que le second reste d'un 
vert terne. Un simple coup d'œil suffit non seulement à le distinguer du Bicane, 
mais même à l'identifier. 

Chasse/as Napoléon, Chasselas a" Alger : dans le premier nom, on reconnaît faci- 
lement l'hommage rendu au maître d'alors par quelque horticulteur en quête de 
faveurs et qui d'une vieille variété fît un semis pour s'attirer, par son baptême, 
les grâces d'en haut ; car rien ne ressemble moins à n'importe quel individu de 
la tribu des Chasselas que le Bicane. 

Trebbiano. — Nous avons trouvé quelquefois ce nom dans divers catalogues 
allemands sans y attacher grande importance; mais, lors de l'exposition frui- 
tière internationale du Dusseidorf (1904), nous avons vu le Bicane figurer sous 
ce nom dans divers présentations allemandes. C'est là une grave erreur de déno- 
mination. Le Trebbiano à gros grains existe, il est vrai, mais c'est un tout autre 
cépage que celui qui nous occupe; il est d'abord beaucoup plus tardif, sa grappe 



6 



RENÉ SALOMON. — 



LES RAISINS DE TABLE : BICANE 



est aileronnée, il est beaucoup moins fructifère, et enfin il se féconde aussi bien 
que le Chasselas. Ce caractère seul suffît à le différencier. Le nom de Trebbiano 
est en Italie synonyme de Ugni blanc. 

Quant au nom d 1 'Olivette jaune donné au Bicane, c'est là une erreur commune à 
beaucoup de variétés aux grains allongés ou simplement ovoïdes; dénommés 
qu'ils sont ainsi par ceux qui appellent tous les grains discoïdes Chasselas et tous 
les autres Olivettes. 

Aire géographique. — En dehors de la Provence et de la région méditerranéenne, 
le Bicane ne peut être cultivé en plein champ. Il ne réussit plus au nord qu'à 
l'espalier sud et seulement sous verres sous le climat de Paris. Sa maturité de 
troisième époque ne permet pas d'autres cultures sous ces latitudes. Exception- 
nellement cependant dans les années chaudes comme fut 1906, il y donne, 
cultivé à l'espalier sud, des produits de quelque valeur. 

Culture. — La taille qui lui convient est la taille longue. Son tronc vigoureux 
exige une grande charpente et ce n'est qu'ainsi traité qu'il donne de beaux pro- 
duits. Mon père, en 1883, plantait dans une serre de l'établissement qu'il créait à 
cette date près de Paris, un pied de Bicane. Il ne tarda pas à remarquer que 
plus il lui donnait d'ampleur, plus le résultat obtenu était encourageant; aussi, 
supprimant tous les autres ceps qui garnissaient cette serre, son successeur lui 
réserva-t-il pour lui seul le vaisseau en son entier. Si ce cep n'a pas l'importance 
de ceux plus que centenaires d'Hampton Court, il n'en a pas moins produit encore 
ce dernier automne 150 grappes dont le poids total atteignait le chiffre respec- 
table de 190 kilogrammes. 

Cultivé à l'espalier, il exige le cordon dit à la Thomery. 

Mais qu'il soit cultivé en plein champ au pays des cigales, à l'espalier sud ou 
sous verres, plus au nord, il a le grave défaut d'être coulard. Nous avons, pour 
l'en corriger, essayé de divers moyens et celui qui, de tous, nous a le mieux réussi 
est la fécondation artificielle combinée avec l'incision annulaire. Les pincements, 
aussitôt la floraison, n'ont pas la même efficacité; ils provoquent, il est vrai, la 
sortie de nombreux faux-bourgeons fructifères dont les grappes ne sont pas cou- 
lardes, mais elles n'ont pas l'ampleur et par conséquent la valeur commerciale de 
celles issues du bourgeon lui-même. 

L'incision annulaire, qui réussit fort bien sur certaines variétés coulardes, n'est 
efficace sur le Bicane que faite au milieu de la floraison. Nous avons pu cette 
année, grâce à la chaleur tropicale qui a sévi le long de nos espaliers, quelque- 
fois 60 à 61° à deux heures de l'après-midi, mener à bien l'expérience suivante : 
sur le même pied, nous avons 1° fécondé artificiellement sans incision ; 2° fécondé 
et incisé au début de la floraison ; 3° fécondé et incisé au milieu de la floraison ; 
cette dernière façon d'opérer est la seule qui ait réussi. Nous ajouterons qu'il en 
est de même pour d'autres variétés émminemment coulardes, tels que Chasselas 
gros coulard et Madeleine Angevine. 

Notre collègue M. Tacussel, qui cultive le Bicane en assez grande quantité, dit, 
en parlantde ce cépage [A myélographie, t. II, p. 103, en collaboration avec M. Zacha- 
rewiez) : « Une allée de plus de cent pieds greffes sur Jacquez avec des greffons 
pris sur notre pied mère (celui-ci venait de Thomery), excessivement coulard, 
produit chaque année une quantité vraiment considérable de superbes grappes 
non millerandées. » Greffé sur Jacquez, il ne serait donc plus coulard ; ou du 
moins, sa coulure serait très atténuée. Mais le Jacquez n'étant point ou peu résis- 



RENÉ SALOMON. 



— LES RAISINS DE TABLE : BICANE 



7 



t ant au Phylloxéra, ce qu'il faudrait savoir, c'est comment il se comporte sur 
d'autres porte-greffes résistants. Notre collègue nous dit bien que son affinité 
avec Riparia, Solonis et Rupestris est très grande; cela, nous l'avons constaté 
nous-même dans nos pépinières, où nous avons trouvé pour lui en 3309 un excel- 
lent porte-greffes; mais il ne nous dit pas si les produits qu'il donne sur ces 
divers porte-greffes sont ou non coulards. Nous ne pouvons, heureusement, aider 
en rien dans ces recherches, tous les pieds que nous en possédons, aussi bien en 
plein air qu'en serres, étant francs de pied. 

Il est assez sensible au Mildiou, facilement défendable contre l'Oïdium et 
résistant à la pourriture. Sa peau résistante sinon épaisse, sa chair ferme en 
font un raisin d'exportation. Il commence à être cultivé dans ce but en Grimée 
où notre collègue et ami, M. le prince Léon Galitzine, a donné à sa culture une 
assez grande extension ; en Italie, dans le Tessin, il n'a pas donné les résultats qu'on 
fondait sur lui, etle sénateur comte Reggio, récemment décédé, qui avaitenlui les 
plus grandes espérances, s'est vu contraint, par suite de sa coulure intense, àprocé- 
der à son arrachage. Sa culture doit être, malgré tout, chaudement recommandée, 
parce qu'à maturité complète il produit un beau et bon raisin de dessert. 

Sa conservation au fruitier ne peut se faire qu'à l'état de rafle sèche. Conservé 
« à la Thomery», il ne se garde pas au delà de la mi-décembre ; passé cette date, 
il s'affaisse et tourne. 

Description. — Souche vigoureuse, port érigé, tronc fort et vigoureux; écorce fine, 
lisse, se détachant assez difficilement en longues et minces lanières. 

Bourgeons simples, plutôt grêles, peu larges à la base et pointus; jeunes feuilles 
minces, quinquélobées, glabres à la face inférieure où les nervures sont légèrement 
jaunâtres, la page supérieure glabre de couleur vert clair, vaguement et faiblement 
nuancée de jaune autour des nervures, bien détachées. Les grappes de fleurs apparais- 
sent d'assez bonne heure et entrent en floraison en même temps que celles du 
Chasselas doré. 

Rameaux allongés, plutôt grêles, non sinueux, non ramifiés ou à ramifications cour- 
tes dans tous les cas. Vert clair à l'état herbacé avec dans les cannelures une teinte 
plus foncée et brillante : à l'aoûtement, la teinte est à fond rougeâtre, toujours forte- 
ment vineuse aux nœuds ; mérithalles longs, à stries nombreuses délimitées, peu 
profondes; légèrement aplatis, bois dur, d'un vert clair à l'intérieur; moelle assez 
dense et relativement peu épaisse. — Nœuds peu renflés, comprimés dans le sens per- 
pendiculaire à l'aplatissement des mérithalles, diaphragmes épais, fortement ménis- 
coïdes; vrilles discontinues de grosseur moyenne, longues, bifurquées, quelquefois 
trifurquées. 

Feuilles moyennes et surmoyennes, quelquefois grandes, presque aussi larges que 
longues, peu épaisses, assez souples, résistantes au froissement, à parenchyme ne 
cassant pas à l'automne, toujours asymétriques, la partie la plus étroite située du côté 
de l'insertion du rameau; les lobes latéraux supérieurs toujours indiqués par la pointe 
du limbe, sinus latéraux supérieurs profonds, sublobés à leur extrémité; assez souvent, 
f;t sur le même pied, certaines feuilles, de . forme générale identique, ont les sinus 
latéraux supérieurs presque complètement fermés; sinus pétiolaire toujours profond, 
fermé à son extrémité par la superposition des lobes — le limbe est très légèrement 
huilé ; dans la majorité des cas, il forme gouttière suivant la nervure centrale — face 
supérieure d'un beau vert mi-foncé et peu luisante — face inférieure d'un vert plus clair 
et à bouquets de poils aranéeux assez abondants régulièrement distribués sur les sous- 
nervures; deux séries de dents bien distinctes larges à la base et coniques terminées 
par une pointe dure acérée et de couleur rousse. Pétiole long, de grosseur surmoyenne, 
fort, renflé, à son insertion, jaune ivoire largement lavé de pourpre. 



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VALÉRY MAYET. — 



INSECTES LTGNIVORES DE LA VIGNE 



Fruits. — Grappes insérées à partir du quatrième et même du cinquième nœud. Deux 
à trois, rarement quatre sur le même sarment, grosses et très grosses, quelquefois 
ailées, allongées, épaisses, obtuses au sommet, par suite tronconiques 'ou prismiques 
à partir des ramifications supérieures; les moyennes sont régulièrement cylindriques, 
amples, jamais tassées à cause de la coulure, mais demandant le cisèlement en cas con- 
traire; pédoncule long, assez fort, vigoureux, d'un vert clair, couvert comme la rafle et 
lavé de pourpre, tachetés tous deux d'innombrables points roux, dur et non ligneux, 
parfaitement lignifié à son attache au rameau, peu renflé à la base, avec petit renfle- 
ment au point d'insertion de l'aileron supposé; — pédicelles assez longs et longs, plutôt 
forts, bourrelet conique large de base et couvert ainsi que tout le pédicelle; du reste, de 
nombreuses verrues de couleur havane clair; les grains s'en séparent difficilement, en- 
traînant avec eux un morceau de la peau; pinceau très court. — Grains gros, quelque- 
fois très gros, régulièrement ellipsoïdes, quoique légèrement aplatis au point d'insertion 
du pédicelle; pruine légère avec lenticelles, luisantes sous la pruine, stigmate persistant, 
très ferme; peau peu épaisse, assez élastique, pulpe fondante; jus abondant, de couleur 
légèrement laiteuse, saveur fraîche et sucrée, chair croquante, jaune dorée et veinée de 
filaments de couleur blanchâtre. Le plus souvent, une grosse graine mi-rousse, mi-rouge 
sang à pointe jaunâtre et accompagnée d'un embryon de pépin, quelquefois d. eux 
graines, l'une normale, l'autre atrophiée ou petite. 

René Salomon. 
+ 

INSECTES LIGNIVORES DE LÀ VIGNE 



En fait d'insectes ampélophages, il n'est guère question dans leslivres que de 
ceux qui vivent des tissus tendres de la vigne, de ceux qui s'attaquent à ses 
feuilles, à ses fruits ou à ses racines. 

Ce sont bien en réalité ses ennemis les plus redoutables ; mais pour être moins 
dangereux, ceux qui s'attaquent à son bois, offrent de l'intérêt, ne serait-ce que 
pour la part importante qu'ils prennent parfois à la mort du cep affaibli par 
d'autres causes. 

Parmi les végétaux soumis à la taille, la vigne est un de ceux qui se cicatri- 
sent le plus mal. Les sections de taille et les plaies pratiquées par le sécateur ou 
la serpette sont autant de portes d'accès pour les mangeurs de bois ou les nidi- 
fiants. Plusieurs n'en veulent qu'à son bois mort plus ou moins ramolli. Tels 
sont les termites qui passent volontiers du saule creux voisin ou du vieux piquet 
au pied de vigne depuis longtemps torturé par la taille. D'autres, comme 
certains Apates, mangeurs de bois sain, indifférents sur l'essence à laquelle 
ils confieront leurs œufs, s'abattent sur la vigne parce qu'ils n'ont pas d'autre 
végétal à leur portée. Un troisième groupe d'insectes vivant dans le bois encore en 
sève, tel que certains Capricornes, s'abattent sur la vigne affaiblie par la greffe, 
le pourridié ou la salure du sol. D'autres enfin, tels que les Cigales et le Grillon 
transparent, ne s'en prennent aux sarments que pour leur confier leur ponte. 

Le nombre de ces ennemis peut être réduit à une vingtaine, mais ilseraitplus . 
que double si Ton y comprenait tous les iIyménoptères'(mouches à quatre ailes) 
en quête d'un canal médullaire à creuser pour y établir leur nid. 

Suivant l'ordre de classification par nous adopté ailleurs (i) la liste de ces 
divers rongeurs peut se dresser comme suit : 

(1) Les IiiRecles de la Vigne, P&ril, Masson; Montpellier, Coulet, 1890. 



VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 9 



Ordre des Hémiptères Cicada atra Olivier, Cigale noire. 

— des Lépidoptères Cossus ligniperda Godart, Cossus gutebois. 

— des Nevroptères Termes ïuôifugus Rossi, Termite lucifuge. 

— — — flavicollis Fabricius — à cou fauve. 

— des Orthoptères Œcanthus pellucens Scopoli, Grillon transparent. 

— des Coléoptères Hesperophanes sericeus Fabricius, Capricorne soyeux. 

— — Callidium fascialum Villers, Callidie à bandes 

— — Clytus varias Fabricius, Clyte bigarré. 

— — Psoaviennensis Herbst, Psoée viennoise. 

— — — italica Serville, — italienne. 

— — Apate monachus Fabricius, Apate moine. 

— — — capucina Linné, — capucine. 

— — — bimaculata Olivier, — à deux taches. 

— — — - sexdentata Olivier, — à six dents. 

— — — perforans Schranck, — perforante. 

— — — refusa Olivier, — émoussée. 

— — Agrilus derasofasciatits L&corddLire, Bupreste de la Vigne. 

— des Hyménoptères Osmia leucomela Kirby, Osmie blanche et noire. 

— — Ceràtina cxrulea Linné, Cératine bleue. 

— — Sphex unicolor Latreille, Sfex unicolore. 

LA CIGALE NOIRE 

(Cicada atra Olivier) 

Bien que suçant çà et là les tiges vertes des arbres, les cigales à l'état parfait 
n'ont jamais été signalées comme occasionnant des dégâts sérieux. Il n'en est pas 
de même de leurs larves vivant de longues années 
dans le sol et sur lesquelles nous avons donné (loc. cit., 
p. 174 à 179) suffisamment de détails. Nous n'avons à 
parler ici que des pontes de l'insecte dans les sarments, 
pontes représentées ci-contre et qui chaque année 
attirent l'attention de beaucoup de viticulteurs. 

Fin juillet ou premiers jours d'août, les accouple- 
ments opérés, les femelles munies d'une tarière, appa- 
reil de ponte assez compliqué, déposent leurs œufs 
dans les bois morts tendres ou les pousses languissantes 
renfermant de la moelle, telles que celles du mûrier, 
du sureau ou de la vigne. Les sarments qui, mis en 
pépinières, n'ont pas végété ou végètent mal, sont bien 
souvent criblés de ces trous semblant faits avec une 
pointe mal effilée qui aurait grossièrement déchiré ou 
traversé l'écorce. Que de fois nous avons reçu de ces 
sarments qu'on nous disait attaqués par un nouvel 
ennemi! 

Ces œufs éclorontfin septembre, la jeune larve inerme 
se laissera choir sur le sol et après une première mue, 
qui fera d'elle une larve fouisseuse ayant griffes et Fig ^ _ Ponte ^ ci- 
ongles, gagnera les racines. gale dans un sarment. 

Nous n'avons personnellement observé que les pontes 
de la petite Cigale noire, le Cigalon des écoliers méridionaux, mais il est certain 
que tel est le mode de procéder de toutes les Cigales. Le sarment de grandeur 

4 ' 




10 



VALÉRY MAYET. — 



INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



naturelle dessiné d'après nature, que nous représentons, renferme vraisem- 
blablement la ponte de notre plus grande espèce, la Cigale plébéienne (Cicada 

pleieja). 

Réaumur, qui a consacré plusieurs pages de ses Mémoires (t. VI, pp. 195 à 206) 
à trois espèces de Cigales, la grande, la moyenne et la petite, comme il les 
appelle, donne sur les pontes pratiquées dans des tiges de mûrier, de bons 
détails et de bonnes figures, sans indiquer à laquelle des trois espèces ces pontes 
se rapportent. 

Comme le nombre d'œufs pondus par chaque Cigale peut être évalué à plu- 
sieurs centaines, on voit combien le cas des sarments criblés d'œufs doit être 
fréquent. Dans les pays où les larves de Cigales sont nuisibles à la vigne, tels 
que la Grèce et l'Asie Mineure, on fera bien de les détruire. { 

LE COSSUS GATE-BOIS 

[Cossus ligniperda Godart) 

Le gros papillon ainsi nommé, l'ancien Bombyx Cossus de Linné, est depuis 
une dizaine d'années seulement signalé comme attaquant la vigne. 

C'est un grand Bombycide velu, de couleur gris d'écorce, long de 4 à 5 centi- 
mètres, et dont l'histoire est dans tous les livres de zoologie agricole. Nous 
jugeons donc inutile de le décrire longuement et de le figurer. Sa chenille aplatie 
armée de mandibules puissantes, connue des jardiniers sous le nom de ver rouge, 
se creuse de grandes galeries dans le bois tendre de divers arbres. Elle vit pen- 
dant trois ans avant sa transformation en chrysalide, et comme elle atteint de 
8 à 9 centimètres de long, on peut juger l'état dans lequel est mis le végétal. 
Cette grosse larve rongeuse, d'un blanc jaunâtre, avec le dos variant du rouge 
vineux au brun rougeàtre, répand une odeur infecte qui trahit sa présence à 
plusieurs mètres de distance. 

Elle vit d'ordinaire aux dépens des arbres de grandes dimensions tels que le 
saule (1), le peuplier, le châtaignier, le chêne, le pommier, le figuier, le frêne, 
les divers érables, le coignassier, le platane, etc. La fréquence de ses attaques 
est en raison directe des blessures faites à l'écorce par les causes extérieures. 
C'est en efiet dans les plaies récentes laissant couler la sève que les œufs sont 
déposés, et l'on conçoit sans peine que les arbres des jardins, et surtout ceux des 
voies publiques, soient plus fréquemment attaqués que ceux qui vivent en forêt. 

La vigne, taillée chaque année et se cicatrisant mal, ne pouvait échapper à ce 
ravageur omnivore; mais comment se fait-il que les cas d'attaque soient relati- 
vement rares et ne nous aient été signalés que depuis une dizaine d'années ? 

Les choses doivent se passer ainsi : les jeunes souches étant toujours préfé- 
rées pour la ponte aux anciennes moins vigoureuses, les dimensions faibles de 
leur tige répondent mal, sans doute, aux appétits gloutons de notre chenille, 
qui a besoin de trois années pour arriver â l'état de papillon. En supposant 
que La souche ne succombe pas la première année, elle succombe à coup sûr la 
seconde, la chenille ayant besoin de bois en pleine sève pour évoluer entière- 
ment. Elle meurt donc de faim dans sa galerie, ce qui coupe court à ses dégâts. 
La souche morte est remplacée et tout est dit. 

I Sous lo nom Traité d$ la chenille du saule, le naturaliste Lyonnct (La Haye, 1790) 
a publié une véritable monographie du Cossus. On y trouvo, non soulemont des détails anato- 
unquos restcb classi'iuos, mais l'histoire détaillée de l'insecte. 



F. DE SAINT-CHARLES. — LE CONGRÈS DE LYON 



1 1 



Le mal a fort probablement existé de tout temps; mais comme les cas de mort 
subite d'un cep isolé sont fréquents dans les vignobles, l'œuvre du Cossus était 
considérée, sans doutej comme des cas de folletage. 

C'est surtout du nord de l'Afrique (Oran, Miserghin, Saint-Denis-du-Sig, Bou- 
farik, Tunis) que nous sont venus les jeunes ceps attaqués. De France, nous 
n'en avons reçu que de Narbonne et d'Arles. 

Si, dans une localité, les cas d'attaque tendent à se multiplier, c'est qu'il y a 
dans le voisinage quelques arbres fortement attaqués par le Cossus. On fera bien 
de les faire disparaître. 

(A suivre.) Valéry Mayet. 



LE CONGRÈS DE LYON 



La Société régionale de Viticulture de Lyon est l'une de ces anciennes et 
solides sociétés de province, où l'on travaille avec modestie et conscience. Les 
relations se nouent, amicales et confiantes, et les questions se discutent souvent 
dans des déjeuners qui sont d'aimables conférences. La Société de Viticulture de 
Lyon a tenu un bon rang lors de la lutte contre le Phylloxéra. Elle s'est honorée, 
en choisissant pour président, il y a quelques années, le regretté M. E. Duport. 
Elle a pris part à ce Congrès viticole, des plus importants et des plus suivis, qui 
fut tenu à Lyon en 1901, et où, durant plusieurs journées, furent traitées les 
questions primordiales de la reconstitution, du greffage, des hybrides, de la pro- 
tection contre la grêle et des canons agricoles. De tels états de service quali- 
fiaient suffisamment la Société pour prendre l'initiative d'une grande réunion, 
qui continuât le cycle commencé par les Congrès de Mâcon, de Nîmes, de 
Béziers. La Société de Viticulture prit contact avec d'autres groupements viticoles 
et convoqua les viticulteurs à étudier ensemble, dans une vaste assemblée à 
Lyon, la situation actuelle de la Viticulture, ses causes, les remèdes qui peuvent 
y être apportés. Son appel fut entendu. Dimanche 23 décembre, dans le grand 
amphithéâtre de la Faculté de Médecine, le président de la Société, le respectable 
docteur Grandclément, souhaitait la bienvenue à plus de 1.500 viticulteurs de 
l'Est et du Sud-Est; 567 municipalités de la Bourgogne, du Beaujolais, clu 
Dauphiné. de la Franche-Comté, de la Savoie, et 792 associations agricoles 
étaient représentées à cette importante séance. Hommes politiques, sénateurs, 
députés, conseillers généraux, maires, professeurs d'agriculture, viticulteurs de 
toutes conditions se pressaient dans la superbe salle de la Faculté, fournissant 
une nouvelle preuve de l'extrême importance du débat qui allait s'élever. 

Les syndicats agricoles du Sud-Est, qui marchaient allié^ à la Société de Viti- 
culture, auraient pu peut-être prétendre à prendre la tête de ce mouvement. 
Leurs rameaux plantés dans tant de cantons de l'Est et du Sud-Est ; le nombre 
de leurs adhérents vignerons, travailleurs du sol; leurs bulletins qui sont lus 
par tant de cultivateurs, tout aurait concouru à accroître la pénétration des 
idées qui ont inspiré la réunion. Les syndicats auraient pu imprimer au mouve- 
ment une allure fortement populaire, un caractère nettement démocratique, au 
sens social du mot. Comme il s'agit de faire la conquête des pouvoirs publics 
(et ce sont les leçons mêmes du Président de la République, des États Unis, 
M. Th. Koosevelt), comme il s'agit de forcer l'attention de ces pouvoirs, de poser 



12 



F. DE SAINT-CHARLES. — LE CONGRÈS DE LYON 



le problème à la fois au point de vue législatif (réforme des régimes du sucre et 
de l'alcool) et au point de vue gouvernemental (action des divers agents pour la 
répression de la fraude), il est indispensable de remuer fortement l'opinion. Il 
faut ébranler dans ses couches profondes et amener à l'audience la démocratie 
elle-même, productrice du travail, et en même temps source de la puissance 
publique. 

Dans un régime démocratique et représentatif, il convient de viser un double 
but: d'abord de déterminer précisément les solutions justes et nécessaires; 
ensuite de les imposer aux représentants du peuple. Ceux-ci les font passer dans 
la loi et veillent à ce que cette loi produise son plein effet. Je l'écrivais hier ici, 
et on a pu le crier durant le Congrès, aux applaudissements forcenés de l'assis- 
tance : il y a des lois déjà, mais on ne veut pas les appliquer ! Et on citait des faits 
qui semblent un défi à l'opinion même! Ce qui importe avant tout, c'est d'ins- 
truire le travailleur, qui est l'électeur, et d'abord de le mettre à même d'appré- 
cier sainement les faits et les choses ; puis de l'amener à faire prévaloir, à impo- 
ser sa volonté. Un représentant autorisé de la presse politique, qui est en même 
temps un viticulteur distingué, M. A. Ferrouillat, a fait ressortir fortement cette 
vérité. Elle a été ressentie par tout le Congrès : elle doit demeurer l'une des 
directrices de l'action des viticulteurs. 

Au même degré d'importance, une autre idée générale a été dégagée dans ce 
Congrès : la nécessité pour les viticulteurs de s'unir sur un programme commun. 
Il n'est pas possible que des efforts dispersés aboutissent auprès du Parlement. 
M. Fleury-Ravarin, le nouveau sénateur du Rhône, et M. Brousse, le député des 
Pyrénées-Orientales, ont nettement relevé ces deux points. On a montré que l'or- 
gane de cette union et de celte unité existait dans le Syndicat national de la 
Viticulture que préside avec tant d'autorité M. Jean Dupuy, l'ancien ministre de 
l'Agriculture. Il importe que les viticulteurs s'unissent et que leurs revendica- 
tions revêtent un caractère d'universalité, pour ainsi dire. Les demandes doivent 
être sériées; celles qui sont présentées doivent être en nombre restreint et 
unanimement formulées. S'il apparaît que les intérêts des diverses régions viti- 
coles de la France ne soient pas identiques en tous points, il est nécessaire de 
rechercher d'abord s'il n'est pas des éléments primordiaux et communs présen- 
tant un caractère de généralité qui les fasse admettre partout, et de mettre 
d'abord en ligne ces revendications unanimes. Sur les autres points, une entente 
entre les viticulteurs est indispensable. Cette entente sera faite de concessions 
mutuelles. C'est ainsi que les prohibitions du sucrage, la poursuite des vins de 
sucre, ne sauraient faire absolument obstacle au maintien de la faculté de la 
chaptalisation, indispensable aux Bourguignons et aux Champenois. Il faut 
même aller plus loin : les revendications des viticulteurs doivent pouvoir être 
Conciliées, en quelque mesure, avec les intérêts d'autres producteurs, d'autres 
régions. 

A vouloir opposer radicalement, heurter front contre front, deux industries, 
deux cultures, on risque «le les faire souffrir l'une et l'autre, sans la moindre 
compensation. Au contraire, par une appréciation plus impartiale des droits et 
des intérêts réciproques, par de mutuelles eoncessions, les deux prétendues 
rivales acquerront une situation plus heureuse. Au Congrès, M. Liouville parlait 
des sucriers du Nord dont les intérêts paraissent, à première vue, si opposes à ceux 
les viticulteurs, et qui, ayant soutenu des campagnes si rudes, semblent aujour- 
d hui disposés à des mesures de conciliation et de transaction. Il en est (h; même 



F. DE SAINT-CHARLES. 



— LE CONGRÈS DE LYON 



des rapports entre les commerçants et les producteurs. Dans un toast applaudi 
au banquet du soir, M.'Lignon, l'éminent président de la Chambre syndicale des 
négociants en vins, a parlé du Comité de l'alliance de la viticulture et du com- 
merce, et des résultats favorables que l'on peut attendre de ce rapprochement. 

Ainsi la réunion a d'abord dégagé des tendances générales fort nettes. Il im- 
porte, avant tout, que les viticulteurs établissent un programme ; ce programme 
limité, déterminé par la plus sérieuse étude, doit comprendre les points essen- 
tiels sur lesquels les viticulteurs se seront mis d'accord. Ils soutiendront ce pro- 
gramme par l'union la plus étroite ; ils s'efforceront de l'imposer aux pouvoirs 
publics. 

C'est là une bonne et forte méthode, et la réunion aura porté des fruits sérieux 
si de telles résolutions reçoivent leur complet développement. C'est un progrès 
sensible sur les débats de la réunion de Mâcon. Là, comme sous la poussée vio- 
lente de la nécessité, on avait entendu des plaintes, des projets, des vœux : il 
manquait la coordination et la tactique. Il faut se hâter d'ajouter que la réunion 
de Lyon, venant après celle de Màcon, a profité de ce premier travail, et du con- 
tingent qu'ont pu y ajouter les petites sociétés viticoles qui se sont formées après 
cette réunion. Les questions se sont trouvées plus mûres et comme déjà un peu 
préparées. D'autre part, la composition de la réunion de Lyon était un peu diffé- 
rente. A Màcon, l'énorme majorité des assistants était faite de travailleurs du sol, 
vignerons, petits propriétaires. A Lyon, ceux-là étaient sans doute encore entres 
grand nombre ; mais il y avait en outre des professeurs, de grands propriétaires, 
des négociants, hommes d'études, desavoir, d'expérience. Aussi, la réunion qui 
s'est montrée aussi vibrante, aussi intransigeante parfois que celle de Mâcon, 
s'est trouvée plus capable de s'assimiler les rappports qu'elle entendait. Aussi 
animée, elle était plus expérimentée, plus préparée à discuter et à conclure. 

La discussion a été précédée d'un rapport magistral de M. Liouviile, groupant 
sous quelques traits précis les termes du programme. Il a dit la nécessité d'une 
action prompte et énergique en face d'une situation qui menace de devenir une 
crise sociale, de tarir le salaire de l'ouvrier, le revenu du sol : les viticulteurs ne 
réclament ni faveur ni privilège : ils demandent à vivre et dans le Midi, et plus 
encore en Algérie, ils sont réduits aux pires extrémités. Les causes de ce mal 
sont lointaines et multiples. Elles dérivent toutes des désastres de l'invasion 
phylloxérique, qui a bouleversé les conditions de la viticulture et du commerce 
des vins. Aujourd'hui s'il y a mévente, ce n'est pas, à proprement parler, qu'il y 
ait surproduction ; mais l'axe du marché a été déplacé. C'est le prix du sucre, ce 
sont les" cours des trois-six du Nord qui règlent le cours des vins. La lutte est 
elle possible quand on arrive à présenter sur le marché du « vin » à 8°, au prix 
de 6 fr. 80 l'hectolitre? Il eût fallu, en face delà situation nouvelle, des réformes 
législatives appropriées : or, rien n'a été fait; au contraire, on peut dire que la 
loi des boissons et le nouveau régime des sucres ont aggravé le mal. Enfin la 
pratique du mouillage s'est déplorablement généralisée chez la grande masse 
des détaillants. 

Les remèdes doivent être recherchés dans des réformes dont l'urgence s'im- 
pose. Le régime de l'alcool et le régime des sucres doivent être complètement 
remaniés; en même temps il faut prendre contre la fraude des mesures vigou- 
reuses. En ce qui concerne l'alcool, le viticulteur doit garder la faculté de brûler 
ses vins, ou ses marcs, son privilège classique de bouilleur de crû, et aussi la 
faculté de viner, c'est-à-dire d'employer dans la vinification l'alcool qu'il aura 



F. DE SAINT-CHARLES. — LE CONGRÈS DE LYON 



retiré de ses vins. En outre, comme il faudra défendre ces alcools de vin contre 
les alcools du Nord, tirés de la betterave, produits à bien meilleur marché, il 
conviendra d'abord de développer les usages industriels de ces alcools du Nord, 
ensuite d'établir pour l'alcool la taxe différentielle, appliquée par voie de détaxe 
sur l'alcool de vin, et de surtaxe sur l'alcool du Nord. Pour les sucres, une régle- 
mentation précise est nécessaire ; certains ont même demandé la suppression 
radicale du sucrage en première cuvée, la suppression des faveurs accordées à 
la consommation familiale, énorme fissure, par où passe la fraude, avec les 
piquettes, qu'on a si abusivement exploitées sous le masque de l'intérêt du tra- 
vailleur. Un vain prétexte, car le vrai vin est maintenant à portée de la bourse 
de l'ouvrier. Enfin, pour combattre la fraude, on propose la déclaration de 
récolte, ce qui n'est point sans soulever de sérieuses difficultés : on propose 
l'affichage des sorties, la surveillance par des agents commissionnés par les 
Syndicats. Le rapporteur a terminé son brillant exposé par un rappel des vœux 
des Congrès de Nîmes et de Mâcon, par le rôle des pouvoirs publics qui n'ont 
« qu'un geste à faire » pour arrêter la fraude. 

Le cadre des travaux du Congrès étant ainsi tracé, les divers rapporteurs ont 
abordé leur tâche. La question du sucrage a été traitée par M. Roy-Chevrier et 
M. Prosper Gervais a apporté à la discussion son talent si précis, sa parole si 
nette, son argumentation si fournie de faits et de chiffres. M. Roy-Chevrier a rap- 
pelé que, depuis la convention de Bruxelles, les droits sur les sucres avaient été 
abaissés de 60 francs à 25 francs, sans qu'aucune précaution ait été _prise. De 
plus, on sait qu'il est alloué, pour la fameuse consommation familiale 40 kilo- 
grammes par tête de membre de la famille et par hectolitre de vendange. Enfin 
la chaptalisation est autorisée jusqu'à concurrence de 10 kilogrammes par hecto- 
litre. Il faut hardiment supprimer la première et surveiller la seconde. La libre 
circulation du sucre ne peut plus être tolérée. Et le rapporteur, avec son humeur 
habituelle toujours si appréciée de ses auditeurs, a raconté à l'assemblée la 
séance du 15 décembre à la Chambre des Députés, les propositions de 
MM. Bonnevay, député du Rhône ; Brousse, député des Pyrénées-Orientales ; 
François Carnot, député de la Côte-d'Or. Il a dit l'échec de la proposition Carnot, 
repoussée par 404 voix contre 123. Les Parlementaires ont passé un mauvais 
moment entre les mains redoutables de M. Roy-Chevrier. Enfin il a exposé les 
vœux du Congrès de Mâcon, demandant la suppression absolue du 
sucrage en deuxième et troisième cuvées, la surveillance de la chaptalisation, 
l'établissement d'une taxe sur le sucre employé à la vinification, taxe égale au 
demi droit de circulation de l'alcool. M. Prosper Gervais, appelé à la tribune, a 
comparé ce projet avec celui qu'a établi à Paris le Comité de l'alliance du Com- 
merce et de la Viticulture : la surtaxe doit être égale au droit de circulation de 
l'alcool, et toute quantité de sucre supérieure .à 15 kilogrammes ne doit être ad- 
mise à circuler qu'avec une pièce de régie. L'assemblée a voté ce dernier projet, 
a l'unanimité, considérant que cette question du sucrage était vitale en la ma- 
tière. Elle s'est animée plus encore quand d'autres orateurs lui ont fait toucher 
du doigt le développement de la fraude, lui ont montré les statistiques majorées, 
la Régie indulgente par ordre ; les agents, privés désormais de toute prime 
sur les procès-verbaux, se désintéressent de toute poursuite: les procès rendus 
difficiles, les grâces facilement accordées. 

Quand M. Chàttllon a parlé de l'affaire des acquits fictifs, de l'arrêt de la Cour 
de cassation du H novembre 190G, des non-lieux, de la lutte des Syndicats beau- 



F. DE SAINT-CHARLES. — LE CONGRÈS DE LYON 1S 



jolais contre des fraudeurs restés impunis, une ovation véritable a été faite à 
M. Jacquemin, président de la Société de Viticulture du Jura, dénonçant à l'as- 
semblée la nomination d'un haut magistrat à la suite d'une pénible affaire de 
fraudes. M. Brousse et M. Ferrouillat, intervenant avec vigueur, ont fait adopter, 
à l'unanimité encore, le vœu que la Régie ne soit plus autorisée à transiger 
dans les questions de fraude, que les agents recouvrent dans les amendes la 
part qui leur était jadis remise, et 'que les procès faits aux fraudeurs soient 
absolument soustraits à toute influence politique. 

M. Châtillon, le distingué président de l'Union beaujolaise, a traité la ques- 
tion de la déclaration de récolte et de l'affichage des sorties. On sait que la plu- 
part des associations agricoles voient dans ces précautions une sérieuse entrave 
à la fraude. Toutefois il semble que, au moins pour le moment, l'affichage des 
sorties suffirait. La déclaration de récolte est difficile à contrôler, elle est un peu 
contraire à nos habitudes : elle a le danger de tendre à une sorte d'inquisition 
et de soumettre la propriété k l'exercice. L'assemblée a jugé que ces raisons, si 
fortes, ne pesaient guère du moment que la fraude était enjeu. Elle a voté les 
deux mesures, après un vif échange d'observations. M. Ferrouillat avait fait 
remarquer que la viticulture algérienne fait la déclaration et n'a nullement à se 
plaindre de cette prescription. 

Les représentants des organisations mâconnaises ont insisté sur la nécessité de 
la déclaration et ont proposé pour 'éviter l'action de la Régie, que les déclara- 
tions fussent contrôlées soit par des agents des Syndicats, soit par des commis- 
sions communales. Dans le même ordre d'idées, l'assemblée a adopté un vœu 
relatif à la surveillance de la circulation des vendanges fraîches; un droit de cir- 
culation devra être perçu pour tout envoi de vendanges dépassant 150 kilogrammes 
et la vendange sera suivie jusque chez celui qui l'emploie. Mais l'assemblée n'a 
point suivi M. Degrully, lorsque l'honorable professeur a proposé de relever d'en- 
semble, par une forte surtaxe, les droits sur le sucre. Il a cité en vain l'exemple 
de l'Italie, où le vin 'qui circule tout à jfait librement, sans Régie, garde un 
prix suffisant, parce que le sucre est cher. 

Il restait au programme un article capital, le régime de l'alcool. Le rapporteur 
était M. Prosper Gervais, ce qui promettait à l'assemblée un exposé aussi com- 
plet que précis. Mais les précédents débats avaient occupé de longues heures. 
L'éminent rapporteur a dû résumer en quelques phrases sa communication. 

Il ne suffit pas d'établir la liberté de la distillation ; il faut que le vigneron ait 
un intérêt à distiller, à transformer en alcools des vins insuffisamment constitués. 
Les vins distillés ne pèseront plus sur le marché des vins, mais ce seront les 
alcools qui encombreront le marché. Il est donc nécessaire d'inciter le vigneron 
à distiller par une véritable allocation puisée dans la détaxe des alcools de vin, 
et le mécanisme de la taxe différentielle dont l'établissement s'impose en pre- 
mière urgence. Telle doit être la base du régime, et il n'y a pas à chercher la 
solution dans la création d'un monopole que les meilleurs esprits sont aujour- 
d'hui d'accord pour repousser. Le jeu de cette détaxe, la prime qui pourrait être 
allouée au vigneron, ont fait l'objet d'explications nouvelles présentées par 
M. Landard au nom des viticulteurs du Sud-Ouest qui ont marqué ainsi leur con- 
cours à la réunion. L'assemblée a voté le vœu présenté par M. Gervais et s'est 
séparée non sans avoir entendu renouveler la proposition du vin au soldat! Ce fut 
la note gaie de cette longue séance. 

Telle fut, à très grands traits, la physionomie de ce Congrès de Lyon. 11 dénote 



46 H. DE LAPPARENT. — LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 



un progrès marqué sur les précédents Congrès par sa méthode et ses discus- 
sions mêmes. Il semble bien que les viticulteurs se soient constitués ; qu'ils 
deviennent désormais, dans le pays, une force active, progressive. Mais il importe 
de poursuivre l'œuvre et de l'achever. Les associations si nombreuses que les 
viticulteurs ont formées doivent aboutir à un groupement central, Syndicat 
national de viticulture, ou tout autre, qui sera l'organe directeur, intermédiaire 
essentiel, indispensable, entre les viticulteurs et le Parlement, maintenant étroi- 
tement l'union, dressant les programmes, soutenant tour à tour les réformes, les 
projets, que l'évolution même des intérêts et des choses appellera devant l'opi- 
nion. Je ne pouvais m'empêcher de penser à l'Agrarian Club de Berlin, à ce véri- 
table ministère d'un parti qui fait sentir sa force, qui en abuse peut-être, même 
vis-à-vis du chancelier de l'Empire d'Allemagne. 

Les viticulteurs français sauront, dans la mesure légitime de la défense de 
leurs intérêts primordiaux, faire mieux que les agrariens allemands, au point de 
vue personnel et au point de vue social. 

F. de Saint-Charles. 
— : 4 

LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 



RACE PYRÉNÉENNE DU SUD-OUEST 

Qu'elle soit nommée Béarnaise (et en sous-titre, Barétonne, de Bedous, d'Aspe, 
d'Ossau), ou Basquaise, ou d'Urt, ou encore du Bas-Adour; que son pelage varie 
du froment rouge au froment crème avec nuances délavées au plat des cuisses et 




Fig. 2. — Bœufs Béarnais. 



sous le ventre, la population bovine pyrénéenne du^Sud-Ouest forme une seule 
et même race. 

Elle est de taille moyenne (celle des bœufs varie entre l n, 40 et 1 m 48). Les 
formes sont élégantes et régulières, bien qu'on puisse reprocher aux cuisses de 
ne pas être assez musclées et à l'embase de la queue d'être trop saillante : défauts 



H. DE LAPPARENT. — 



LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 17 



que les éleveurs très intelligents de la contrée ont très sensiblement corrigés 
par la sélection depuis quelques années. 

L'énergie, l'endurance à la fatigue, la sobriété caractérisent les animaux de 
cette excellente race de travail, qu'on a appelés les ce chevaux arabes » de l'es- 
pèce bovine. 

Résistant aux plus pénibles travaux, s'excitant plutôt que de céder en pré- 
sence des obstacles, ils gravissent les côtes avec entrain et, après avoir traîné de 
lourds fardeaux, le cou tendu et l'œil en feu, ils arrivent au terme d'une longue 
course sans fatigue apparente. Us ont d'excellents pieds et leur allure est 
rapide. 

Leurs cornes blanches à extrémité blonde se relèvent élégamment en forme de 
lyre ; mais en s'écartant trop du front, cette forme offre quelques inconvénients 
dans les vignes palissées sur fil de fer. Il est vrai que dans cette contrée la plupart 
des vignes sont cultivées en hautains, sous lesquels les animaux travaillent sans 
toucher aux pampres. Les bœufs de cette race atteignent leur complet dévelop- 
pement vers l'âge de cinq ans. Ils sont alors d'un engraissement facile. 

AUTRES BACES BOVINES DE TRAVAIL 

D'une manière générale, les animaux des autres races bovines de travail que 
j'ai énumérées sont peu utilisés pour la culture des vignes dans les contrées 
qu'occupent ces races, et comme ces contrées sont éloignées des grands pays 
vignobles, ils offrent peu d'intérêt pour leur exploitation. Il n'y a pas, d'ailleurs, 
lieu de conseiller l'importation d'animaux de travail de l'espèce bovine sous des 
climats par trop différents de celui de leur pays d'origine. 

Parmi ces races, celle du Mezenc, de puissance moyenne, n'ayant pas d'apti- 
tudes bien remarquables ni pour le travail, ni pour la production laitière, pré- 
sente des défauts de conformation qu'on n'a encore pas suffisamment cherché à 
faire disparaître. Les sujets de cette race manquent de culotte, ont les ischions 
trop rapprochés, la croupe trop maigre, l'arcade caudale trop prononcée, le 
garot trop élevé ; c'est dire qu'au point de vue de la boucherie, ils ne présen- 
tent pas les qualités qu'il convient de rechercher. 

La jolie race Tarine, à la robe fauve ou plutôt d'un froment tout spécial et aux 
muqueuses noires, est à la fois travailleuse et bonne laitière. Mais elle est géné- 
ralement de taille au-dessous de la moyenne ; par conséquent applicable à des 
travaux qui ne réclament pas une très grande puissance. Ses formes ramassées 
sont bien équilibrées et quelques défauts tels que l'excès de fanon, le trop grand 
développement du ventre et l'élévation de l'attache de la queue tendent à dis- 
paraître par suite d'une sélection poursuivie avec méthode. Les-animaux tarins 
résistent bien aux variations de température et aux piqûres des mouches. Ils 
ont une allure assez rapide. 

La race de Villars-de-Lans, dont le pelage est froment délavé, sans taches ni 
fumures, est plus puissante que la précédente. C'est une bonne race de travail, 
dont la conformation a été très améliorée par la sélection depuis vingt-cinq ans, 
et dont les produits font une bonne fin àl'engraissement. Mais elle ne constitue 
qu'un groupe d'animaux assez restreint aux environs de Grenoble. 

Les FerrandaiS) élevés dans des contrées granitiques, sont rustiques et peu 
exigeants pour leur entretien. Leurs aptitudes sont ordinaires pour le travail et 
l'engraissement. Ils sont de taille moyenne, mais sont susceptibles de prendre 
un assez grand développement quand ils sont transportés jeunes dans des contrées 



18 H. DE LAPPARENT. — 



LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 



à riche production fourragère. Ils ont la robe pie, d'un rouge aussi éloigné du 
rouge acajou des Salers que du rouge pâle des Montbéliard. 

Depuis quelques années on fait de consciencieux efforts pour améliorer cette 
race par la sélection. 




Fig. 3. — Bœuf de la race de Montbéliard. 



Les races Femelineei Comtoise fournissent des animaux un peu mous au travail. 
Du reste, elles tendent de pJus en plus à disparaître pour être remplacées par 
la race de Montbéliard à aptitudes surtout laitières, depuis que les industries 
basées sur la production du lait ont pris un grand développement dans la région 
de l'Est. 




Fig. 't. — Bu'uf Charolais. 



Enfin, la belle race Charolaisn, très perfectionnée, mais aussi très exigeante, 
apte au travail et surtout à l'engraissement, n'est pas faite pour les tempéra- 
tures élevées, des grandes régions viticoles. 



H. DE LAPPARENT. — LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 49 



Pour terminer cette étude sur la question de l'emploi des moteurs animés en 
viticulture, je crois intéressant de donner quelques exemples de la façon dont 
elle est comprise par des viticulteurs très qualifiés dans des régions différentes, 
afin d'en tirer des conclusions par comparaison en ce qui concerne la monocul- 
ture. 

UNE EXPLOITATION VITICOLE EN CHARENTE-INFÉRIEURE 

Cette exploitation comporte 40 hectares de vignes, sur fils de fera espace- 
ment de l m 60, 12 hectares de prairies à faible production, 3 hectares et demi de 
cultures fourragères (betteraves, choux, pommes de terre) et 3 hectares et demi de 
céréales. 

Les travaux sont exécutés, pendant la période Ha plus active (mars à ?juin), par 
10 à 12 bœufs travaillant par paires, même pour actionner la houe ; mais dans ce 
cas chacun des bœufs est pourvu do traits et actionne sa houe indépendante 
tenue par un homme, ce qui évite d'avoir à les dresser au travail isolé. Pendant 
les huit autres mois, on ne conserve que 8 à 10 bœufs. 

Un cheval fait les hersages et petits charrois. 

Les bœufs de race Parthenaise, achetés à l'âge de 5 ans environ, sont tous 
renouvelés chaque année. 

On les achète de janvier à mars, quelquefois dès le mois de décembre, quand 
on a pu en revendre à la boucherie assez tôt, ou quand la provision de four- 
rages le permet, après en avoir déjà vendu 2 à 4 en juillet et août, alors que le 
travail a diminué. En les suralimentant durant trois semaines à un mois, ils 
sont suffisamment en chair pour être livrés à la consommation. 

Les autres (en général au nombre de 8) sont engraissés de décembre à mars, 
de façon à être vendus avant l'époque où la hausse du prix des bœufs de travail 
se produit normalement, afin de racheter dans les meilleures conditions possibles. 

Les prix d'achat varient entre 900 et 1.000 francs et ceux de vente entre 1.050 
et 1.200 francs la paire ; l'écart pour l'ensemble représente en année moyenne 
800 à 900 francs. 

En dehors des fourrages et autres produits du domaine, on importe annuelle- 
ment pour un millier de francs de paille et d'avoine ; 2.000 kilogrammes de tour- 
teaux de noix à 12 francs les 100 kilogrammmes et autant de tourteaux d'ara- 
chide à 17 francs les 100 kilogrammes, 

On n'achète pas de fumier, mais seulement 8 à 10.000 kilogrammes de super- 
phosphates et 1.000 de nitrate de soude pour les cultures. 

Eq rapportant tout à la viticulture, qui est le but unique de l'exploitation, on 
peut établir comme il suit le prix de revient des moteurs animés nécessaires aux 
40 hectares de vigne : 



Valeur locative de 7 hectares de terres arables à 50 francs l'un... 350 francs 

— — de prairies à 70 francs l'un 840 — 

Achat de paille, avoine et tourteaux 1.600 — 

(lj Intérêts, amortissement, harnais, ferrage, pansage: 1 cheval. 286 — 

— — 12 bœufs.. 900 — 

Total 3.976 francs. 

A déduire fumier produit, environ 1.500 francs 

— bénéfice sur les bœufs, 900 francs 2.400 — 

Reste 1.576 francs. 

Soit 39 fr. 40 par hectare de vigne. 



(1) Nota: Le tableau donné dans le premier article (mars) est appliqué pour l'établissement de 
ces dépenses, dans ce compte et dans les suivants. 



20 H. DE LAPPARENT. — LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 



PROPRIÉTÉ SITUÉE EN MÉDOC 

Elle comporte 58 hectares, dont 42 en vignes et 15 en prairies très productives. 
On la cultive avec huit bœufs Parthenais, toujours attelés par paire, et deux 

chevaux. 

On compte, pour chaque paire et pour chaque cheval, 130 jours de labour et 
180 jours de charrois, occasionnés surtout par le transport des terres provenant 
des mattes. 

La production moyenne des prairies est de 60.000 kilogrammes de fourrage 
sec par année. Les prairies sont pâturées pendant quatre mois.Danscette période, 
les bœufs ne reçoivent que 6 kilogrammes de foin, au lieu de 18 kilogrammes, 
durant les huit autres mois, et les chevaux n'en mangent point, alors qu'on leur 
en donne 4 kg. 500 quand la saison du pâturage est terminée. 

Laconsommation totale de foin est donc de 42.500 kilogrammes et le pâturage 
correspond à 12.500 kilogrammes de foin sec. 

Comme la valeur locative très élevée des prairies est de 300 francs l'hectare : 



Cela représente une valeur de 3.410 fr. 

Achat de 62 hectolitres d'avoine à 20 francs les 100 kilog 620 » 

— 50 — de son... ^ 160 » 

— 25 quintaux de paille pour les chevaux 100 » 

— 2.000 bottes de joncs et roseaux pour litière à 2 fr. . . 400 » 
Intérêts, amortissement, ferrure, harnais, pansage, frais géné- 
raux : 2 chevaux 664 » 

Intérêts, amortissement, ferrure, harnais (sans amortissement) : 

8 bœufs 540 » 

Perte sur deux bœufs revendus à dix ans 250 » 

Total 6.144 fr. 

A déduire 200 mètres cubes de fumier environ à 5 francs 1.300 » 

Reste 5.844 fr. 

Soit par hectare de vigne : 114 fr. 75. 



Si l'exploitation n'avait pas eu de prairies, les 55.000 kilogrammes de four- 
rage nécessaire pour l'alimentation du bétail auraient coûté 4.125 francs, au 
prix de 7 fr. 50 les 100 kilogrammes, très souvent dépassé, et le prix de revient 
par hectare de vigne des moteurs animés ressortirait à 132 francs. 

A-t-on tort ou raison, dans cette exploitation viticole, de garder les bœufs jus- 
qu'à l'âge de dix ans, ce qui occasionne une perte de 250 francs environ sur le 
prix d'achat par paire et ne serait-il pas préférable, puisque la production du 
foin par les 15 hectares de prairies laisse disponibles pour la vente 17.000 à 
18.000 kilogrammes de foin, d'entretenir 4 bœufs de plus, ce qui permettrait, en 
leur imposant un travail moindre, de les maintenir toujours en chair et de les 
renouveler fréquemment, non seulement sans perle, mais encore avec bénéfice? 

Le calcul force bien à reconnaître qu'il y aurait plutôt désavantage à adopter 
cette solution, car, d'une part, la vente du foin à 7 fr. 50 représente 1.300 francs 
et l'augmentation des irais (litière et autres) 200 francs ; tandis que, d'autre part, 
le bénéfice ne pourrait être que de 1.100 francs, dont 450 francs de fumier. 

Puis, il faut bien reconnaître que, dans des vignes plantées à 1 mètre dans 
tous les sens, il est nécessaire d'avoir des bœufs bien dressés à y labourer et 
que, par suite, on a intérêt à les garder longtemps quand ils remplissent bien 
les conditions voulues. 

(/I suivre.) IL de Lapparent. 



T. NICOLLE. — LES EAUX-DE-VIE ET LA CRISE 



21 



LES EAUX-DE-VIE ET LA CRISE 



Tout ce qui se rapporte à la crise viticole, si intense à l'heure actuelle, vient 
d'être traité une fois de plus avec une grande compétence par MM . Prosper Ger vais 
et J. Cazelles. Comme on le dit très bien dans la Revue de Viticulture, il semble, 
qu'en ce qui concerne surtout les principes et la théorie, la matière soit à peu 
près épuisée. Il reste pourtant encore quelque chose à glaner après ces études 
si intéressantes. ' 

Tout d'abord, on doit constater l'échec complet du rétablissement du privilège 
des bouilleurs de cru au point de vue de la vente des vins. Il devait amener une 
amélioration immédiate de la situation si pénible au milieu de laquelle se débat- 
tent les viticulteurs et quelques-uns le considéraient même comme le remède à 
tous leurs maux. Il n'en a malheureusement rien été ; on s'en aperçoit de plus 
en plus et non seulement cette situation ne s'améliore pas, mais elle s'aggrave 
de jour en jour. Bien mieux, le vote de la loi de finances de mars 1900, auquel 
nous devons ce rétablissement, nous a été néfaste et il a, dans tous les cas, pro- 
duit un résultat bien extraordinaire pour les Charentes, résultat auquel, sans doute, 
ne s'attendaient pas nos représentants : c'est de rétablir le privilège partout en 
France, exceptéprécisément dans les départements grands producteurs d'eaux-de- 
vie à bouquet. 

Nul en effet, dans les Charentes, ne distillera un hectolitre de vin sans se met- 
Ire en mesure d'obtenir l'acquit d'origine sans lequel il lui serait impossible de 
vendre une goutte du produit de sa distillation, acquit dont on n'a aucun besoin 
qu'on redoute même dans les autres départements producteurs d'eaux-de-vie plus 
ordinaires. Or, pour obtenir cet acquit, il faut bien réclamer l'intervention de la 
régie : c'est donc pour nous seuls le maintien de l'exercice dont on se dispense par- 
tout ailleurs. Cela seul est un privilège pour les autres ; il leur permet de vendre 
leurs alcools en fraude sans payer le moindre droit, aussi le marché intérieur 
nous est-il complètement fermé. 

Si encore cet acquit était exclusivement régional, s'il protégeait d'une façon 
efficace le seul Cognac, il n'y aurait que demi-mal, mais, trop souvent, grâce à 
l'habileté bien connue de trop nombreux fraudeurs, il sert à introduire dans 
Cognac des alcools qui ne ressemblent en rien au produit véritable de la distilla- 
tion du vin des Charentes. Là encore, il est triste de le dire, la fraude, au profit 
de quelques-uns et au préjudice du plus grand nombre, accomplit son œuvre 
malfaisante. 

Mais je veux traiter aujourd'hui la question à un autre point de vue et 
rechercher s'il ne serait pas possible d'étendre le marché des alcools d'industrie 
et indirectement celui des eaux-de-vie de vin qui seules devraient être destinées 
à la consommation de bouche. 

11 y a trois ou quatre ans, on peut se le rappeler, il y a eu une véritable 
fièvre, une véritable agitation dans tout le pays pour amener l'utilisation de 
l'alcool comme producteur de lumière, de force, de chaleur. On poursuivait 
la découverte d'un dénaturant plus économique, on offrait des primes 
aux chercheurs, aux inventeurs; tout le monde, en un mot, était plein 
d'espoir et attendait avec la plus grande confiance une solution favorable et 
prochaine. Subitement, on aurait dit un mot d'ordre, cette belle ardeur s'étei- 
gnit, le silence le plus complet se fit et nul ne parle plus maintenant de ces 



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T. NICOLLE. — LES EAUX-DE-VIE ET LA CRISE 



emplois divers emplois de l'alcool. L'industrie, la chimie, la science 
feraient-elles donc faillite ? Ne saurait-on trouver la lampe ou plutôt les lampes 
idéales; la lampe de luxe d'abord et surtout, peut-être, la lampe modeste, la 
petite lampe permettant à tous, aux moins fortunés comme aux plus riches, 
d'utiliser l'alcool comme on utilise depuis longtemps le pétrole. La chimie, de 
son coté, serait-elle impuissante à découvrir le dénaturant pratique et écono- 
mique de l'alcool? Il est absolument impossible de le croire. Est-il bien certain, 
du reste, que ce dénaturant ne soit pas déjà trouvé et qu'une force d'inertie 
quelconque n'en retarde pas l'emploi. Dans tous les cas, des études sérieuses, 
avec le désir sincère d'aboutir, amèneraient certainement et promptement un 
résultat favorable. C'est là, il ne faut pas l'oublier, une des branches de salut 
pour une bonne partie de la production viticole française; ce serait une lourde 
faute, plus qu'une faute de la négliger. 

On peut, du reste, venir en aide à l'alcool. Quel est, en effet, placé au point 
de vue où nous sommes, son plus grand ennemi? C'est évidemment le pétrole; 
qu'on arrive à substituer à peu près partout l'alcool au pétrole et l'alcool, trou- 
vant un marché beaucoup plus étendu, allégera d'autant le marché des eaux-de 
vie de vin et, par suite, du vin lui-même et le problème sera bien près d'être 
résolu. Seulement le pétrole est moins cher : de là, la difficulté; de là aussi, la 
nécessité d'obtenir un dénaturant d'un prix moins élevé. Il serait, ce me semble, 
facile, sans léser personne, de rétablir l'équilibre entre les deux rivaux. Ne 
pourrait-on pas augmenter, par exemple, les droits d'entrée sur les pétroles de 
0 fr. 10 par litre ou 10 francs par hectolitre? Les rois du pétrole, je le sais, jet- 
teraient les hauts cris et se mettraient en campagne aussitôt pour s'apitoyer sur 
le sort des malheureux. Vous supprimez l'éclairage du pauvre, diraient-ils, vous 
mettez un impôt sur sa vue, c'est le bien-être enlevé à la chaumière, à la demeure 
de l'ouvrier, songez donc à ces longues soirées d'hiver passées dans une demi- 
obscurité, est-il rien de plus triste? Etc., etc. 

Ces plaintes me toucheraient s'il n'existait un moyen transactionnel de main- 
tenir le budget de chacun; mais ce moyen existe, aussi elles ne me préoccupent 
en rien. Les blés payent actuellement 7 francs de droits d'entrée par 100 ki- 
los. On pourrait sans inconvénient, c'est ma conviction, ramener ce droit à 
5 francs comme avant 1894. Le pauvre payerait le pain un peu moins cher et il y 
aurait ainsi pour lui compensation; ce qu'il perdrait d'un côté, il le gagnerait de 
l'autre, son budget ne serait donc pas affaibli. 

D'un autre côté, les pays producteurs de blé protégés encore par un droit 
élevé sur cette céréale n'auraient pas à souffrir d'une diminution de prix qui, 
du reste, serait légère. Les circonstances, en effet, ne sont plus les mêmes; les 
propriétaires, acquérant de l'expérience, se sont décidés à modifier leurs habi- 
tudes et, conseillés par tous les journaux agricoles, ils ne jettent plusaujourd'hui 
tout leur blé à la fois sur le marché. Ils le mettent en vente par petites portions, 
au fur et a mesure des besoins de la consommation : ils ne risquent donc pas 
de voir les bas prix d'autrefois, protégés du reste, je le répèle, qu'ils seront en- 
core par le droit relativement élevé de ;) francs. Enfin, en admettant même 
que le Nord perdit un peu sur le prix de son blé, il serait certainement dédom- 
magé de cette perte par l'écoulement beaucoup plus faeile de son alcool. 

Ces mesures ne sauraient en outre mécontenter les pays où se trouve surtout le 
pétrole, c'est-à-dire les EtatS-Unifl de l'Amérique du Nord cl la Russie, un heu- 
reux hasard voulant qu'ils soient en même temps grands exportateurs de blé. 



ACTUALITÉS 



23 



Pour eux aussi, la faible augmentation des droits sur le pétrole serait compen- 
sée par la diminution des droits sur le blé. Nul n'aurait donc à souffrir de cette 
modification qui pourrait améliorer dans une large mesure l'état du vignoble 
français. 

Dans tous les cas, une chose est absolument certaine ; la culture de la vigne a 
longtemps fait la fortune d'une grande partie de la France. Les eaux-de-vie à 
bouquet ont été, dans deux ou trois départements, une source de grande pros- 
périté. Cette richesse est sur lepoint de disparaître pour être remplacée par une 
véritable misère. Un moyen se présente d'atténuer cette situation, de ramener 
même les jours prospères ; il s'agit de faire de l'alcool le rival heureux du pétrole, 
d'en rendre l'emploi facile, économique, accessible à toutes les bourses, même 
aux plus petites. Il aurait ainsi un débouché facile et presque illimité grâce au 
grand nombre d'automobiles qui se contruisent aujourd'hui; l'eau-de-vie alors 
resterait seule pour la consommation de bouche et le marché du vin serait élargi 
dans de très grandes proportions. Le seul fait de relever un peu le droit d'entrée 
sur le pétrole dans les conditions que j'indique serait un acheminement vers le 
but, but qui serait certainement atteint si, à cela, on ajoutait un dénaturant moins 
cher que le dénaturant actuel. 

Il serait incompréhensible qu'on ne fit pas tous les sacrifices nécessaires pour 
atteindre au succès complet et sauver ainsi d'une ruine irrémédiable une grande 
partie du pays. 

T. Nicolle, 

Vice-président du Comice agricole de Saintes. 
♦ 

ACTUALITÉS 



Sur le choix des greffes (E. Zacharewicz). — Porte-greffes pour raisins de table (E. Z.). — Les 
fraudes sur les vins : affaire de Bèziers (C. R.). — Le sucrage en Maine-et-Loire (M. Massi- 
qnoh). — Comité permanent d'alliance de la viticulture et du commerce des vins : bureau. — 
Congrès viticole de Montpellier. — Congrès viticole de Bordeaux. — Foire aux vins d'Angers. 

Sur le choix des greffons. — Il ne suffit pas de bien défoncer son ter- 
rain, de bien le fumer, d'y adapter la variété américaine lui convenant pour 
obtenir de la végétation et éviter la chlorose afin d'arriver à ce que le vignoble 
donne son maximum de produits, il y a en plus une opération très importante à 
considérer : c'est le choix des greffons. Beaucoup d'agriculteurs n'en ont fait aucun 
cas: aussi remanjue-t-on dans leur plantation une irrégularité dans la production 
des souches greffées. Il n'en serait pas ainsi si on avait opéré comme nous 
allons l'indiquer. 

Ln fait acquis, c'est que le greffon porte avec lui toutes les qualités ou tous les 
défauts de la souche sur laquelle il a été pris, de là l'utilité de son choix. 

La souche choisie, on ne doit pas s'arrêter là; il faut encore sur cette dernière 
sélectionner les sarments qui fourniront les greffons, vu que tous ceux produits ne 
sont pas également fructifères. 

En visitant les souches en production, on marquera celles qui sont les plus fer- 
tiles, à raisins de grosseur et de maturité régulières. Au moment de la taille, on 
ne prendra que les sarments maîtres, c'est-à-dire ceux qui ont porté fruit. Pour 
que la fructification de ces derniers ne soit pas diminuée, on doit en plus consi- 
dérer l'âge des souches choisies et que le bois ne porte pas traces de maladie. 



24 



ACTUALITÉS 



Les souches vieilles donnent des sarments mieux nourris, à cellules plus res- 
serrées que le bois d'un plantier dont les tissus sont à cellules plus lâches et à 
moelle plus développée. Les maladies compromettent la maturité des sarments, 
elles affaiblissent la vigueur des bourgeons et peuvent se transmettre. 

Les sarments ainsi sélectionnés seront de grosseur moyenne, bien aoûtés et 
l'on ne conservera que la partie de la base pour en oblenir deux greffons, soit 
quatre bourgeons en tout. C'est à cette partie du sarment qu'on a le plus de chance 
de les avoir tous à fruits. 

En opérant la sélection comme nous venons de l'indiquer, nous avons vu des 
greffons de l'année produire jusqu'à sept raisins qu'on a soin, cela va sans dire, 
d'enlever pour ne pas épuiser les jeunes souches. Cette sélection peut être faite 
pour les raisins de table et aussi pour les raisins de cuve à vins de qualité. — 
Ed. Zacharewicz. 

Porte-greffes pour raisins de table. — Puisque nous voilà arrivé 
au moment des plantations, nous allons présenter le résumé des notes que 
nous avons pu prendre sur un certain nombre de porte-greffes, employés le 
plus communément dans la reconstitution en vue des raisins de table. 

Nous commencerons par le plus répandu, c'est-à-dire le Riparia. Durant le 
commencement de la reconstitution, on a cru que cette variété, vu sa vigueur 
de végétation, pourrait venir dans la généralité des sols; on en a planté un peu 
partout sans tenir compte de l'adaptation, et il en est résulté des mécomptes 
produits par la chlorose qui, dans quelques années, a amené la perte d'un grand 
nombre de plantations faites surtout en Chasselas. Ce qui a contribué encore au 
peu de succès du Riparia dans certains sols dont la composition aurait pu lui 
convenir, c'est qu'au début l'on a planté indifféremment un très grand nombre 
de formes de cette variété. Aujourd'hui, grâce à la sélection, on ne trouve plus 
les Riparias à petites feuilles, variétés grêles et peu vigoureuses ; on s'est adonné, 
au contraire, aux formes vigoureuses, à grandes feuilles plus ou moins épaisses 
et lustrées. 

Les deux variétés les plus estimées, et avec juste raison, sont le Riparia Gloire 
de Montpellier et le Riparia Grand Glabre. 

Nous avons pu suivre, et cela depuis un certain nombre d'années, ces deux 
variétés greffées soit en raisins précoces, soit en raisins tardifs, dans des terrains 
de plaine ou de coteau non calcaires, et nous avons toujours remarqué que 
pour les terrains de plaine frais et profonds, le Riparia Gloire de Montpellier 
l'emportait sur le Riparia Grand Glabre, mais l'inverse se produit pour les 
terrains de coteau, et cela tant au point de vue de la vigueur que de la fructi- 
fication. 

Les Rupestris et particulièrement le Rupestris du Lot, improprement appelé 
Rupestris Monticola, inlluent beaucoup, malgré les diverses natures de terrain, 
à retarder la précocité des raisins de table et sur leur degré en sucre, ils ne 
doivent être conseillés que pour les variétés tardives qui demandent à être 
récoltées le plus tard possible et exigent, pour la conservation des raisins, la 
taille sur lil «le fer. 

Dans les terrains a rgilo -calcaires à sous-sol frais ou humide, où le Rupestris 
du Lot pourrait être exposé au pourridié, on pourra le remplacer par les 
hybrides d'Aramon X Rupestris Ganzin ou le Mourvèdre X Rupestris 
toujours pour les raisins tardifs. 



ACTUALITÉS 



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Au contraire, dans les terrains plus secs, riches en calcaire ou moyennement 
riches ne pouvant convenir au Riparia, on pourra prendre les hybrides de 
Riparia X Rupestris pour les raisins précoces ou tardifs, tandis que pour les 
raisins précoces la préférence sera toujours donnée aux hybrides de Berlan- 
dierix Riparia, qui hâtent la maturité. — Ed. Zacharewicz. 

Les fraudes sur les vins : Affaire de Béziers. — Il n'est bruit depuis 
quelques jours, dans le Midi et même dans le reste de la France viticole, que 
d'une très grosse affaire de fraudes relevée à rencontre d'un négociant de Béziers. 
Des acquits fictifs auraient été produits, pour des quantités considérables, qui 
porteraient des signatures imitées des employés de l'octroi. Ce seraient plus que 
des falsifications ordinaires et des emprunts de noms de propriétaires. On serait 
en présence de véritables faux. Les agents mis en cause protestent contre les 
abus commis derrière leur nom; le maire de la ville a demandé au procureur de 
la République d'ouvrir une instruction qui doit avoir pour but de couvrir ses 
employés. De divers côtés, on chuchote un nom particulier que nous n'avons 
pas voulu retenir, et on parle de relations politiques influentes. C'est une situa- 
tion regrettable à tous égards, qui risque d'autant plus de jeter une certaine 
suspicion sur des maisons honorables que, de proche en proche, se propagent 
des légendes plus ou moins justifiées. Des lettres anonymes, dénonçant des 
fraudes de diverses natures, ajoutent à la surexcitation des esprits. Il convien- 
drait qu'un terme fût mis aux indécisions de l'opinion. — C. R. 

Le sucrage en Maine-et-Loire. — Dans sa séance du 15 décembre 1906, 
Y Union des Yiixndleurs de Maine-et-Loire a émis le vœu suivant : 

L'Union des Viticulteurs (Je Maine-et-Loire, considérant que les principales causes de 
la crise viticole sont la fabrication et la vente en fraude de vins artificiels dont la 
base est le sucre ; que toutes les lois et règlements n'ont jamais pu enrayer, et n'en- 
rayeront jamais la fraude, tant que le fraudeur aura un intérêt pécuniaire à frauder; 
par déduction, que s'il était possible d'empêcher par un moyen pécuniaire la fabrication 
artificielle, la crise se résoudrait immédiatement, émet le vœu suivant : 

Une nouvelle taxe sur les sucres (à quelque emploi qu'ils soient destinés) sera per- 
çue à la sortie de la fabrique à raison de 50 francs les cent kilos. Une partie de cette 
taxe sera destinée à donner des primes à la sucrerie française, dont l'état est très 
précaire ; dans les cas où, par suite de conventions internationales, la sucrerie ne 
pourrait recevoir directement ces primes, il serait accordé à la culture de la betterave 
un encouragement analogue à celui accordé à la culture du chanvre. 

Comme il est facile de le voir, ce vœu est très simple, mais aussi sa portée est 
très grande. En effet, la sucrerie devient l'alliée de la Viticulture. La fabrication 
artificielle des vins, la consommation familiale, les 2 e et 3 e cuvées deviennent 
impossibles, parce que le prix du sucre sera trop élevé. La chaptalisation reste 
permise, mais ne pourra devenir abusive, c'est-à-dire que, sous prétexte d'amé- 
liorer le vin, il deviendra impossible, 'pécuniairement parlant , de remonter de 
5° à 6°, comme cela se pratique. 

Cette surtaxe ramènerait le prix du sucre au prix auquel il se vendait avant la 
détaxe. Cette détaxe a été la seule cause de la crise dans laquelle nous nous dé- 
battons, viticulteurs et commerçants. Elle n'a profité ni aux cultivateurs de bet- 
teraves, ni aux fabricants de sucre, ni aux consommateurs; elle a enrichi les 
fabricants de chocolat, de confitures, les liquoristes, les confiseurs. Mais la su- 
crerie et la viticulture font vivre des centaines de mille d'ouvriers. Que devien- 
draient tous ces ouvriers si nos deux grandes industries disparaissaient! 

J'en ai assez dît pour faire comprendre l'économie du vœu émis par V Union 



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REVUE COMMERCIALE 



des Viticulteurs de Maine-et-Loire. Il mérite d'être pris en considération et d'être 
étudié à fond. J'espère qu'il intéressera les lecteurs de la Revue, et que viticul- 
teurs et fabricants^ de sucre comprendront que leurs intérêts sont presque 
connexes, et que par conséquent c'est de l'alliance des deux grandes industries 
que naîtra la solution de la crise qu'elles traversent toutes deux en ce moment. 
— Maurice Massignon, Président de Y Union des Viticulteurs de Maine-et-Loire. 

Le Comité permanent d'alliance de la viticulture et du commerce des 
vins et spiritueux de France, dont nous avons analysé déjà les vœux, a constitué 
son bureau de la manière suivante : Président : M. Jules Develle, ancien ministre de 
l'Agriculture et des Affaires étrangères, membre de la Société nationale d'agriculture. — 
Vice-présidents : MM. Prosper Gervais, membre de la Société nationale d'agriculture, 
vice-président de la Société des agriculteurs de France et de la Société des viticulteurs 
de France ; Turpin, président honoraire du Syndicat national du commerce en gros des 
vins et spiritueux de France. — Secrétaire général : M. Félix Liouville, secrétaire 
général du Syndicat national de défense de la viticulture française, secrétaire général 
adjoint de la Société des viticulteurs de France. — Secrétaires : MM. Cuvillier, pré- 
sident du Syndicat du commerce en gros des vins et spiritueux de Paris et du départe- 
ment de la Seine; Félix Bouffet, secrétaire de la Société des viticulteurs de France. — 
Trésorier : M. E. Goulet, secrétaire général du Syndicat national du commerce en gros 
des vins et spiritueux de France. 

Congrès viticole de Montpellier. — Dimanche proçhain, 6 janvier, aura lieu à 
Montpellier, sous l'initiative de la Société départementale d 'encouragement à V agriculture 
de l'Hérault, un Congrès viticole qui aura pour but : 1° de soumettre aux Pouvoirs 
publics les mesures les plus propres à faire cesser la crise dont souffre la viticulture; 
2° de désigner les délégués qui devront soutenir devant le Congrès national qui doit 
se tenir à Paris, les 17,18 et, 19 janvier 1907, les décisions prises. Les questions à l'étude 
seront les suivantes : la répression de la fraude, le sucrage et le régime de l'alcool. Le 
Congrès se réunira à la Salle du Pavillon populaire, à 10 heures du matin. 

Un Congrès viticole de la région du Sud-Ouest organisé par Y Association syndi- 
cale des viticulteurs-propriétaires de la Gironde aura lieu à Bordeaux, le 14 janvier 
prochain. Les Sociétés, Comices et Syndicats agricoles de la région du Sud-Ouest 
sont invités à s'y faire représenter. Les adhésions devront être adressées sans retard 
au Président de l'Association, 9. cours du XXX-Juillet, à Bordeaux. 

La foire aux vins d'Angers organisée sous le patronage de la Société industrielle 
et de YUnion des propriétaires viticulteurs de Maine-et-Loire s'ouvrira à Angers le 
samedi o janvier à 1 heure du soir. Elle promet d'être des plus intéressantes. Succédant 
à la réunion qui s'est tenue au commencement de décembre à Tours, elle permettra de 
compléter l'opinion qui s'est faite sur la vendange de 1D06 dans la vallée de la Loire. 
Les derniers froids ont dû contribuer à éclaircir les vins et leur appréciation ne peut 
manquer de gagner en précision. 

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REVUE COMMERCIALE 



Livraisons des vins de la propriété. — Le tableau suivant donne les résul- 
tats comparés des quantités de vins enlevées de chez les récoltants et des stocks 
existant chez les marchands en gros au 30 novembre des deux dernières campagnes 
viticoles. 

Campagnes 

1905-1906 ^ 1906-1907 

hectolitres hectolitres 

Récolte de l'année C6. 01 7. 000 52.000.000 

Quantités de vins sorties des chais des récoltants 
(droits garantis ou acquittés) : 

Pendant le mois de novembre 3.533*581 :i .049.878 

Du l« Mptembre 1900 au 30 novembre 11.658.248 11 .829.020 

Stock commercial, au 30 novembre 10. 085. 027- 16.150.313 



REVUE COMMERCIALE 



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Pour les quatre départements grands producteurs du Midi, l'Hérault, l'Aude, 
le Gard et les Pyrénées-Orientales, les livraisons de la propriété ont été de 
5.871.430 hectolitres depuis le 1 er septembre 1906, contre 6.623.059 hectolitres 
pendant les trois mois correspondant de 1905; et le stock commercial est passé 
de 2.637.848 hectolitres, au 30 novembre 1905, à 2.458.532 hectolitres à même 
date 1906. 

VIGNOBLES ET VINS 
De nos Correspondants : 

Midi. — Avec les fêtes de la Noël, peu de transactions sur les marchés. Les 
expéditions sont cependant assez actives pour faire prévoir une reprise des 
achats pour le commencement de l'année 1907, qui, il faut l'espérer, ouvrira une 
autre ère dans l'amélioration des prix des vins les viticulteurs étant réellement 
à plaindre en ce moment-ci. Souhaitons de tout cœur qu'il leur soit permis, sinon 
de s'enrichir, mais au moins de vivre ! — A. 

Champagne. — L'année 1906 étant sur le point de finir, le moment est venu de 
passer une courte revue des faits intéressant la viticulture sur nos beaux coteaux 
de raisins blancs, la gloire de la Champagne. Après des travaux d'hiver toujours 
de plus en plus importants, la taille a été faite dans des conditions normales ; 
mais la bêcherie fut plus laborieuse, car le temps, trop sec au début, est devenu 
trop humide ensuite, puis au printemps, la gelée, la grêle, en petite quantité 
heureusement. Lors du développement des bourgeons, on a remarqué, en diffé- 
rents endroits, des sarmentstachetés de points noirs qui ressemblaient assez à des 
coups de grêle, mais qui, en réalité, étaient atteints par le Botrytis Cinerea qui 
ne s'est pas développé au moment des vendanges grâce à la sécheresse. La 
floraison s'est faite rapidement et dans de bonnes conditions. 

La Pyrale a causé de sérieux dégâts. 

Le Phylloxéra continue sa marche envahissante et, pour retarder ses progrès, 
la Société vigneronne a livré cette année à ses membres, petits et moyens pro- 
priétaires seulement, car les grandes maisons s'approvisionnent directement, 
64.400 kilos de sulfure de carbone et 80 pals. 

La pourriture grise est devenue un épouvantait et la crainte de la voir appa- 
raître a fait commencer les vendanges en hâte, mais le temps splendide que 
nous avons eu pendant toute la durée de la cueillette a rassuré chacun et fait 
ralentir au lieu d'activer; l'encombrement qui s'est produit au pressoir a contri- 
bué aussi à ce ralentissement. On voyait alors arriver nos raisins blancs à pleins 
paniers, très clairs et si dorés qu'ils semblaient avoir emprisonné les rayons du 
soleil, ils étaient absolument sains et de plus en plus sucrés. Le centre de nos 
terroirs — le vieux vignoble — n'était pas fort chargé, mais les vignes nouvelles 
qui l'entourent ont été très favoriséescomme production. L'année 1906 comptera 
parmi les bonnes au point de vue de la qualité; cependant, il faut s'attendre à 
constater, lorsque la fermentation sera complète, des différences assez grandes 
entre les vins du début de la vendange et ceux de la fin. 

Le prix chez nous a été de 500 francs la pièce de 2 hectolitres, plus une 
prime pour certaines cuvées; à Ay, 1 fr. 30 le kilo et 500 à 550 francs la pièce; 
Mareuil, 1 fr. 15 le kilo; Champillon, 300 francs la pièce ; Hautvillers, 300 francs 
la pièce; Dizy, 0 fr. 85 et 0 fr. 90 le kilo; Avenay, 1 franc le kilo ; Epernay, 



28 



REVUE COMMERCIALE 



240 francs la pièce; Pierry, 325 à 350 francs ; Moussy et Monthelon, 300 francs la 
pièce. 

La reconstitution marche lentement parce que, souvent, les acheteurs en refu- 
sent les produits. La principale difficulté que présente la reconstitution, c'est 
l'adoption d'un mode de culture : la taille en gobelet et la taille Guyotavec bran- 
che à fruit plus ou moins courte semblent dominer, la taille en gobelet produit 
un tiers en moins, mais le vin, sur certains porte-greffes, contient plus de sucre 
et moins d'acide. — G. Loche, Président de la Société vigneronne d'Avize. 

Charente-Inférieure (Oleron). — Malgré une sécheresse excessive, le rende- 
ment de la récolte vins blancs dans notre île a été plus que moyen cette année 
et la qualité en est supérieure. Ces vins titrent au Malligand, en moyenne, 9°, 5 à 
10 J d'alcool; aussi ont-ils été recherchés parles distillateurs du pays et certaines 
maisons du continent dans le but de les transformer en eau-de vie. 

Actuellement, plus de la moitié de ces vins est entre les mains du commerce, 
qui achète à 60 francs le tonneau nu de 920 litres, lie comprise, pris au cellier. 

Les eaux-de-vie obtenues sont de qualité supérieure ; elles valent 60 francs 
l'hectolitre nu à 60°. 

Quant aux vins rouges qui sont récoltés ici en petite quantité, ils ont été très 
demandés aux prix de 80 francs et 100 francs le tonneau de 912 litres, pris chez le 
propriétaire. — Rivasseau-Baudier. 

Cognac. — Vers la fin du mois, le froid a été très rigoureux ; le sol a gelé assez forte- 
ment et les viticulteurs ont pu en profiter pour transporter les engrais ou faire des 
apports de terre. C'est à peine si la taille de la vigne est commencée. Répétons, à cette 
occasion, que les pesées exécutées dans les champs d'expériences de la Station viticole 
condamnent l'emploi de la taille courte. Sous notre climat, la taille longue donne des 
rendements parfois doubles de la précédente. 

La sécheresse de l'été dernier, qui a eu pour corollaire la disette des fourrages, donne 
plus d'actualité que parle passé à l'emploi des sarments pour l'alimentation du bétail. 
Plusieurs viticulteurs des Charentes emploient la méthode suivante qui leur donne 
toute satisfaction : à la taille d'hiver, les sarments sont mis à l'abri des intempéries, puis 
passés à un broyeur spécial ou simplement à un broyeur d'ajoncs. Les sarments 
broyés sont ensuite ensilés suivant la méthode habituelle, en ayant soin d'arroser 
chaque couche avec de l'eau salée à raison de 1 kilogramme de sel par 100 kilogrammes 
de sarments. Quand on ouvre le silo, il faut couper les couches verticalement. Au 
moment où les sarments broyés sont servis aux animaux, on y ajoute souvent de la 
mélasse à raison de 2 kilogrammes pour 20 kilogrammes de sarments. Cette matière 
sucrée augmente la richesse nutritive en agissant comme stimulant. Si le mélange est 
çrop gluant, on peut ajouter de la paille de froment hachée. Chaque animal peut absor- 
ber, en deux repas, un poids total de 15 à 20 kilogrammes de sarments ainsi préparés. 

Les rafles, surtout quand elles n'ont pas fermenté — c'est le cas de celles qui ont 
servi à la préparation du vin en blanc — conviennent encore mieux que les sarments à 
la nourriture du bétail. Elles sont plus riches en matières nutritives, plus commodes à 
préparer cl plus facilement acceptées par les animaux. — J.-M. Guillon. 

Ghàblais. — La récolte de 1906 sera une des meilleures comme qualité, la 
vendange s'est effectuée dans des conditions parfaites, en général par un temps 
superbe, les raisins de Fendants bien dorés ont donné des moûts absolument 
remarquables. On a pu voir des vins dosant près de 11 degrés à Fétcrnes, la 
moyenne sans exagération pèse de 9 à 10 degrés, ceci pour les vins blancs. Les 
rouges malheureusement peu abondants sont parfaits comme robe et comme 
moelleux, leur degré alcoolique est à peu près le môme que dans les blancs; on 
m'a présenté un vin de Clinton qui pèse 10°4, c'est très beau dans nos pays pour 
un producteur direct. Les vins blancs, en général, manquent de tanin; aussi 
ai-je déjà constaté pas mal de cas de graisse, mais on remédiera facilement A ce 
défaut, les gens étant prévenus* 



REVUE COMMERCIALE 



29 



Les prix au début étaient fermes, on vendait de 0 fr. 20 à 0 fr. 25 le litre sous 
le pressoir; le marché est actuellement calme, les nouveaux tarifs douaniers 
avec la Suisse, un de nos meilleurs débouchés, en sont la cause, cependant la 
Suisse allemande a beaucoup acheté en Suisse romande, cela pourrait à un 
moment donné dégager notre marché. Actuellement le prix de 0 fr. 20 est la 
moyenne, quelques crus privilégiés, Félernes par exemple, trouvent encore 
preneurs àO fr. 30. Cependant il reste encore un certain stock de vin vieux qui 
sont très peu recherchés, ils pourraient toutefois au printemps trouver preneurs 
dans de bonnes conditions, car ils sont meilleurs et se tiennent mieux qu'on 
n'aurait pu l'espérer. 

Dans le Faucigny, le vin est, paraît-il, excellent et . s'est vendu de 0 fr. 30 à 
0 fr. 40; ce sera là une année exceptionnelle pour la qualité et on gardera 
précieusement les mousseux d'Ayse de 1906. Aussi escompte-t-on une bonne 
reprise pour la reconstitution qui s'était ralentie le printemps dernier. — 
J. Gagna ire. 

Meurthe-et-Moselle. — La situation culturale vilicole de notre département 
est loin d'être brillante. Tout d'abord les maladies cryptogamiques ont anéanti 
complètement la récolte des vignobles situés dans la vallée de la Meurthe et si 
la vallée de la Moselle fut un peu plus favorisée ainsi que la vallée du Rupt-de- 
Mad, la sécheresse de la fin de l'été causa dans ces vignobles une diminution 
très seDsible de la récolte, qui, par contre, a donné un vin excellent. 

D'un autre côté, nos vins concurrencés par les vins du Midi, vendus ici à un 
prix dérisoire, s'écoulent difficilement, et à part quelques lots de raisins vendus 
en Allemagne et une certaine quantité de vins gris livrés à la vendange les tran- 
sactions sont à peu près nulles, et les prix pratiqués 20 à 25 francs l'hectolitre 
nu à la propriété peu rémunérateurs. 

Le Phylloxéra étend, lentement il est vrai, .mais sans interruption, son champ 
d'action, et chaque année ajoute de nouvelles taches à celles déjà nombreuses 
disséminées un peu partout; le vigneron, découragé par les mauvaises récoltes 
et encore plus par la mévente, défend peu ou point son vignoble, et, si quelques- 
uns plus optimistes commencent à reconstituer en plants américains greffés, la 
masse reste plutôt indifférente, se souciant peu d'avancer des capitaux sans 
entrevoir ce qu'il sortira de cette situation. 

La main-d'œuvre extrêmement rare, absorbée qu'elle est par les établisse- 
ments métallurgiques si nombreux dans la région, est encore un obstacle sé- 
rieux à la replantation, la propriété étant tellement morcelée, qu'il est impos- 
sible de faire les défoncements à la charrue. 

Grâce à la propagande effrénée de certaines maisons et au manque de ré- 
coltes occasionné par le Mildiou, les producteurs directs relativement résistants 
font leur apparition dans nos vignobles, où il serait désirable qu'ils ne prennent 
pas une large place, leurs produits étant loin d'égaler même ceux de nos plus 
mauvais cépages. Comme il n'y a guère jusqu'alors que des essais, j'espère que 
nos vignerons, instruits par l'expérience, s'arrêteront sur cette voie pour revenir 
aux vieux cépages locaux que rien ne saurait surpasser. 

Mais pour que s'accomplisse la reconstitution du vignoble lorrain, reconsti- 
tution qui s'imposera à bref délai, il importe que, grâce à des mesures éner- 
giques, la fraude soit complètement enrayée, afin que les vins se vendent à un 
prix rémunérateur. Parmi ces mesures, il en est une que nos vignerons seraient 



30 



REVUE COMMERCIALE 



aujourd'hui disposés à accepter, bien qu'ils s'y soient complètement opposés 
précédemment; je veux parler de la suppression absolue du sucrage ou du 
moins de sa réglementation très sévère. 

Si rien ne vient arrêter la mévente, l'exode de nos campagnes vers les centres 
industriels s'accentuant, il est à prévoir que, d'ici peu de temps, une partie de 
nos coteaux restera inculte, le vigneron se souciant peu de les cultiver sans 
espoir de profit. — Ch. Toussaint. 



L'importation des vignes américaines en Italie. — En dépit des réclamations 
des pépiniéristes d'Italie, ce pays continue à recevoir des quantités importantes 
de boutures non seulement de France, mais encore d'Autriche. Saisi de la ques- 
tion, le gouvernement vient de décider, après avoir pris l'avis d'une commission 
compétente que, « vu l'insuffisance de la production des vignobles de l'État, 
de ceux des sociétés et des particuliers qui ne peuvent satisfaire à toutes les 
demandes, l'importation des plants de vignes américaines sera permise pendant 
un an encore ». Il est bien entendu cependant que cette faculté d'introduction 
ne s'applique qu'aux localités notoirement phylloxérées, et sous condition de 
désinfection à l'eau chaude. 



Engrais, soufres, sulfates, lies, tartres. — Depuis quelques jours les arri- 
vages importants de graines de coton ont pesé sur le marché et il en est résulté 
une baisse sur les autres tourteaux d'au moins 1 franc les 100 kilos. Vu que les 
agriculteurs se sont déjà pourvus de ces matières ou les ont remplacées par des 
engrais chimiques, il y a pléthore de tourteaux de coton : aussi la baisse n'a pas 
dit son dernier mol. 

On cote gare Marseille : Sésame sulfure (6 à 7 % azote), 14 francs; Colza 
(5 à 6 % azote), 12 fr. 50 ; Ricin (4 à 5 % azote), 10 fr. 50 ; Palmistes, 11 fr. 25 ; 
Coton, 11 fr. 25; Movraks en poudre, 3 fr. 50; Arachides Bombay, 17 fr. 75; 
Colza, russe vert, 14 fr. 50; Colza ravison, 9 fr. 50; Sésame noir des Indes, 
16 fr. 50 ; Sésame blanc du Levant, 17 fr. 50 les 100 kilos. 

On cote gare Avignon : Sésame sulfuré (6 à 7 % azote), 15 fr. 25; Colza sul- 
furé (5 à 7 % azote), 13 fr. 75; Ricin sulfuré (4 à 5 °/ 0 azote), 11 fr. 7ô; par 
100 kilos. 

On cote gare Montpellier : Sésame sulfuré (6 à 7 % azote), 16 fr. ; Colza (5 à 
azote), 14 fr. 40 ; Ricin (4 à 5 % azote), 12 fr. 50; par 100 kilos. 

Fumier de bergerie. Crottin de mouton pur en sacs à rendre franco gares de 
Montpellier et Lunel, 2 fr. 50 les deux hectos; Béziers et Pézenas, 3 fr. 25 les 
deux hectos. Croûtes en vrac mêmes gares, 3 fr. et 3 fr. 25 les 100 kilos ; en gare 
Nîmes, 3 fr. 25. 

Fumier de cavalerie, gare Nîmes, 10 fr. la tonne. Fumier d'écurie, gare Mar- 
seille, 7 fr. la tonne. Fumier de balayures, gare Nîmes, 3 fr. la tonne. Terreaux 
triturés mécaniquement, en vrac sur wagon départ Nîmes la tonne 4 fr. 25, en 
sac 5 fr. 50. 

Autres engrais organiques sans variations de prix: Viande desséchée (7 à 9 °/«» 
azote), 1 fr. 80 a 1 fr. 85; sang desséché (10 à 13 % azote), 1 fr. 85 à 1 fr. 95; 
cuir torréfié (6 à 7 °/ M azote), 1 fr. 35 à 1 fr. 85 ; frisons de corne (13 à 15% azote), 
1 fr. 60; corne torréfiée (12 à 15 azote), 1 fr. 60 à I fr. 70; rognures de feutre 
(11 à !3°/o azote), 1 fr. 10; Ghiquettés de lapin sèches (10 à 11 °/o azote), 1 fr. 50 
àl fr. 60; le degré. Marc de; colle trituré (2 à 3% azote, 5 à 7 acide phospho- 
rique), 6 fr. les 100 kilos. Chrysalides de ver à soie (9 à 10 % azote), 1 fr. 85 à 
1 fr. 90 le degré. 

Peu de changements dans le prix des engrais minéraux : Nitrate de potasse 
(13 azote, 44 potasse), 50 francs gare Avignon; 47 fr. 20 gare Bordeaux; Nitrate 



REVUE COMMERCIALE 



31 



de soude (15 à 16 % azote), 30 fr. 25 gare Avignon ; 30 fr. 75 gare Montpellier; 
30 fr. gare Lyon ; 30 fr. 25 gare Nîmes ; 29 fr. 50 gare Marseille. Livrable janvier, 
février à l'arrivée des bateaux, logé en sacs d'origine, brut pour net. Nitrate dis- 
ponible, 32 fr. 25 les 100 kilos, fait défaut en ce moment chez la plupart des com- 
merçants. 

Sulfate d'ammoniaque (20 à 21 % azote) gare Narbonne 32 fr.75; gare Nîmes 
34 fr. 50; gare Pontet 35 fr. 75; gare Avignon 34 fr. 50; 34 fr. Lyon; gare Mar- 
seille, au-dessus de 5.000 kilos, 34 fr. 50 ; gare Cette 33 fr. ; gare Bordeaux 36 fr. 
les 100 kilos. 

Chlorure de potassium 48 à 51 % de potasse), départ de Pontet, 23 fr. 25 ; 
Avignon 23 fr. ; Nîmes 23 fr. ; Cette 23 fr. ; Narbonne 21 fr. 50; Marseille 23 fr. ; 
Bordeaux 22 fr. 50; Lyon 23 fr. les 100 kilos. 

Sulfate de potasse (48 à 51 % de potasse), Avignon 28 fr. ; Nîmes 26 fr. ; 
Cette 26 fr. 75; Narbonne 25 fr. 75 ; Marseille 26 fr. ; Bordeaux 25 fr. 50; Lyon 
26 fr. 50 les 100 kilos. 

Kaïnite (12 à 13 potasse), gare Nîmes 6 fr. 50; gare Cette (10 à 12 % potasse) 
7 fr. 25; Bordeaux (14 % de potasse) 7 fr.; Lyon 6 fr. 75 les 100 kilos. 

Acide Départ Départ Départ Départ Départ 
phosphorique Pontet Avignon Cette Marseille Bordeaux 



Superph. minéral les 100 k 


13 


à 


15 


6.45 


6.30 


6.30 


6.30 






14 


à 


16 


6 95 


6.80 


6.65 


6.86 


7 




16 


à 


18 


7.95 


7.80 


7.45 


7.80 


» 




18 


à 


20 


8.85 


8.70 


8.45 


8.70 




Sup. d'os dégélatinés — 


16 


a 


48 


11,10 


10.50 


10.50 


10.95 




— cendres d'os — 


14 


à 


16 


7.70 




7.35 


7.55 






16 


à 


18 


8.70 


» 


8.20 


8.55 


» 




18 


à 


20 


» 


» 


9.20 


9.45 


» 



Engrais phosphatés départ Lyon; phosphate précipité d'os pur 39/40, acide 
phosphorique 20 fr. ; superphosphate d'os pur 13/15, 1/2 à 1 azote 7fr. 75; 16/18 
1/2 à l'azote 8 fr. 75; superphosphate d'os noir 13/15, 1/2 à l'azote 6 fr. 75; su- 
perphosphate noir organique 13/15, 1 à 1 1/2 a/.ote 7 fr. 50; poudre d os dégé- 
latinés 10 fr. 50; plâtre phosphaté 2 fr. 85; superphosphate minéral 13/15, Saint- 
Fons 6 fr. 60 les 100 kilos. 

Scories du Creusot (14 à 18 % ), la tonne prise à Nîmes 49 fr. ; à Avignon 54 fr. ; 
au Creusot, 43 fr. 

Etoile (17 %) par 5.000 kilos, la tonne, gare Nîmes, 59 fr. 50; gare Marseille 
65 fr. 50; gare Bordeaux, 65 fr. 

Scories Thomas (14 à 18 % ) la tonne, gare Narbonne, 56 fr. ; (15 %) Lyon 52f. 50. 

Comme majoration pour le détail des tourteaux, toute commande inférieure à 
1.000 kilos subit une augmentation de prix de 0 fr. 50 les 100 kilos départ gare 
Marseille ; les prix des superphosphates et engrais chimiques sont majorés de 
0 fr. 50 par 100 kilos pour les commandes inférieures à 5.000 kilos départ gare 
Cette. Les superphosphates livrés dans les sacs de l'acheteur sont facturés 0 fr.50 
de moins par 100 kilos. Il est fait un escompte 2 % pour payement au comptant 
sur les superphosphates expédiés des gares Pontet et Avignon. 

Soufre sublimé 16 fr. ; trituré 12 fr. 75 les 100 kilos gare Marseille. 

Sulfate de cuivre anglais 85 fr. Marseille; sulfate de cuivre français 80 fr. gare 
Sorgues. 

Sulfate de fer en cristaux 4 fr. 90, en neige 5 fr. 40 gares Pontet-Avignon; 
gare Bordeaux en cristaux 6 fr. 25, en neige 6 fr. 75; gare Cette 4 fr. 75 par 
5.000 kilos ; 0 fr. 50 en plus par 100 kilos ; gare Lyon en neige 5 fr. 50 les 100 kilos. 

Yerdet 190 fr. èi Avignon ; 185 fr. Marseille les 100 kilos. 

Tartres 80 à 100 fr. ; lies 70 à 80 fr. suivant richesse et degré h Avignon. 

Acide tartrique 1 er blanc 245 fr. ; acide citrique 420 fr. les 100 kilos Montpel- 
lier; Narbonne, acide tartrique 250 fr. les 100 kilos. Au détail, 2 fr. 55 le kilo. 
— A. 



32 COURS DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES 



0EREALE9 (le qdintal métrique) 

BLÉS 



Paris 



Blés blancs 

— roux 

— Montereau. 



Département! 



Lyon .. 
Dijon .. 
Nantes. 



Marchés étrangers 

Londres 

New- York 

Chicago 



Paris , 



Paris 

Noire de Brie.., 
Beance , 



Département» 

Dijon 

Lyon 

Bordeaux 

Toulouse 



DU 5 
AU 
11 DEC. 

23 10 

22 50 

23 00 



23 10 

22 60 

23 00 



16 53 
15 44 
14 00 



DU 12 
AD 

18 DEC. 

23 23 
23 00 
22 75 



23 00 

22 60 

23 00 



16 50 
15 72 
14 25 



DU 19 DU 
AU [DEC. 
23 DEC. 1 JA.NV. 



23 50 

22 75 

23 00 



22 90 

22 80 

23 00 



23 75 

22 90 

23 50 



23 00 

22 80 

23 50 



16 60 16 75 
15 80 15 42 
14 20 15 10 



SEIGLES 
I 17 75 ! 17 60 I 17 75 i K 
AVOINES 



21 60 

20 80 



20 00 

21 00 
21 40 
21 00 



20 00 

21 25 
21 50 
21 00 



21 80 
20 80 



Il 00 



20 10 

21 50 I 21 75 
21 50 I 21 75 
20 75 21 00 



FOURRAGES ET PAILLES 

A PARIS 
(Les 104 bottes de 5 kilogrammes) 



DANS PARIS 



Paille de blé. 

Foin 

Luzerne , 



11 DÉC. |l8 DEC I 



31 DÉC. 



23 à 28'23 à 26 ! 23 à 26|23 à 16 
50 à 60,50 à 60 52 à 62,52 à 62 
50 à 60io0 à 60 i 52 à 62 1 52 à 62 



ESPRITS ET SUCRES 



PARIS 


Il DEC. 


18 DEC. 


24 DÉC. 


Esprits 3/5 Nord fin 
90» l'hect., esc. 2 % 


40 00 


40 00 


40 25 


SUCRES 








Blancsn°3lesl00kil. 
Raffinés — 


28 00 
58 75 


27 25 

58 25 


27 75 
38 75 



41 00 



28 00 
59 00 



BÉTAIL 

MARCHÉ DE LA VILLETTE 

(Prix du kilogr. de viande, net) 

Marché du 31 décembre. 

Prix extrême 

an poids vif 



Bœufs.. . 
Veaux . . 
Moutons. 
Porcs... 



1" qté 


2» qté 


3» qté 


1 54 


1 28 


1 04 


2 30 


2 10 


1 90 


2 10 


1 88 


1 74 


1 64 


1 62 


1 54 



0 56 à 0 92 
0 74 à 1 32 
0 80 à 1 08 
0 80 à 1 26 



BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA SEMAINE 

du 23 au 29 décembre 4906. 



JOURS 


Tempéra- 
ture 
maxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 
enmillira. 


DATES 


Tempéra- 
ture 
maxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 
en milli 










PARIS 
















MONTPELLIER 






Dimanche. 


— 0.2 




» 


— 3. 


6 


0 




23 




5 


» 




» 


1. 


5 


2 


Lundi .... 


0. 


8 


0. 


8 


0. 


8 


10 




24 




11 


» 


1 


» 


6. 


» 


0 


Mardi .... 


4. 


5 


— 3. 


1 


0. 




8 




25 




8 


» 


1 


» 


4. 


5 


0 


Mercredi . 


6 


» 


— 4. 


8 


0. 


6 


8 




26 




9 


» 


0 


» 


4. 


5 


0 




2. 


6 


— 4. 


2 


— 0. 


8 


0 




27 




6 




2 


» 


4 


» 


0 


Vendredi . 


— 0. 


4 


— 1. 


6 


— 1 


» 


o 




28 




5 


» 


— 5 


» 


0 


» 


6 


8amedi. . . 


— 0. 


1 


— 3. 


9 




)> 


0 




29 




1 


» 


— 4 


» 


— 1. 


5 


0 










NANCY 


















ALGER 






Dimanche. 


3 . 


2 




4 


— 2. 


1 


0 




23 




17 


» 






12 


» 


5 


Lundi .... 


— 3 


» 


— 1 


» 


— 5 


» 


7 




24 




14 


» 


7 


» 


10. 


5 


21 


Mardi 


1 


» 


— 10 




zt 


5 


2 




2:; 




14 


» 


9 


)> 


11. 


5 


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les 5 " ' m ne reprenant point au greffage. 

Facilités «l<^ paiement. — En raison de la crise, la 
Maison se met à la portée de tous les propriétaires et accorde le 
crédit demandé. 

Garantie d'authenticité exigée v-"' r.i«*iiei« k ur 



Les prix sont donnés franco sur gare du destinataire. 




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1 V Année. — Tome XXY1I. 



iN° 682. 



Paris, 10 Janvier 



REVUE 

DE 

VITICULTURE 

ORGANE DE L'AGRICULTURE DES REGIONS VITIGOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA, 

Inspecteur Général de la Viticulture, 
Professeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Menai re de 'a S cieté Nationale d'Agriculture, Docteur ès scier. ces. 



SOMMAIRE 

Ch. Bacon Le Rupestris du Lot et le Berlandieri dans le Saumurois. . . . 

Valéry Mayet. . . Les insectes lignivores de la vigne : les Termites (avec figures). 

H. de Lapparent. Les moteurs animés en viticulture (fin, avec figures) 

L. Fontaine Un nouvel appareil de soutirage des vins: "l'Idéal Trans- 

vaseur ''((avec figures) 

F. Convert La foire aux vins d'Angers 

Actualités. — La plantation des vignes et le labour de défonce ment ^Ii.^Zacha- 
Rgwicz). — La vigne et les vins dans l'Aude (G. Barrut). — Le j cru de 
ammoniac (C. R.)- — ^ e Congrès viticole de Montpellier. — Loi autorisant 
des avances aux sociétés coopératives agricoles. — Concours général 
agricole. — Informations: Congrès des associations viticoles. Société des 
viticulteurs de France. Essais publics de broyage de sarments. Foire aux 
vins du Loudunais 

Revue commerciale. — Marché de Paris (X.).— Vignobles et vins; correspon- 
dance de Porto (J. Duarte d'Oliveira). — Prix-courant des principaux 
produits agricoles 

Bulletin météorologique 



PAGES 

33 
36 
40 

45 
49 



52 



58 
60 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Couseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France, Prop. -Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticole de Cadillac, Propr. -Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant de la Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut Président du Comice agricole de 
Nuits-St-Georges, Prop.-Viticult. (Côte-d'Or). 

F. Convert, Professeur à l'Institut national 
agronomique, Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon, Correspondant de l'Institut, Professeur 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P. Gervais. Membre de la Société N le d'Agricul- 
ture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitlc. (Hérault). 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Directeur de la Station Viticole 
de Cognac, Prop. -Viticulteur (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de l'Agri- 
culture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de droit 
de Paris, Propriétaire-Viticulteur (Gers). 

A. Mùntz, Membre de l'Institut, Professeur 
a ! Institut national agronomique, Proprié- 
taire -Viticulteur (Dordogne). 

P. Pacottet, Chef des travaux à l'Institut agro- 
nomique, Maître de conférences à l'Ecole d'a- 
gricull. deGrignon, Prop. -Vitic. (Bourgogne). 

Ch. Tallavignes, Inspecteur de l'Agriculture, 
Propriétaire- Viticulteur (Aude). 

A. Verneuil,Correspondantdela Société nationale 
d'Agriculture, Lauréat de la Prime d'honneur. 
Propriétaire-Viticulteur (Charente-Inférieure) . 



Administrateur : G. FLKURY 



La REVOE paraît tous les JEUDISget publie de nombreuses planches^eu^coulears 

ABONNEMENTS 

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LE RUPESTRIS DU LOT ET LE RERLANDIER1 DANS LE SAUMUROIS 



La reconstitution générale du vignoble du Saumurois, commencée sérieuse- 
ment depuis une dizaine d'années, est, à l'heure actuelle, à peu près terminée. 
L'ensemble comprend 13.000 hectares reconstitués, dont les trois quarts, au moins, 
reposent sur Riparia et sur Rupestris du Lot. 

Le premier excita tout d'abord l'engouement général par sa vigoureuse végé- 
tation et la fertilité qu'il communique à ses greffes. Il fut donc planté sans discer- 
nement par les vignerons, qui, séduits par les qualités du cépage, remarquées 
dans des milieux favorables, n'hésitèrent pas à le planter dans_des sols qui ne 
lui convenaient nullement. 

Au sujet du Rupestris du Lot, les mêmes erreurs furent commises dans la 
question de l'adaptation au sol du cépage; aussi, à l'heure actuelle, une sélection 
toute naturelle se produit parmi ces vignobles, reposant sur des bases insuffi- 
samment solides. Si dans le Midi on arrache pour lutter contre la surproduction 
et la mévente, dans notre pays, l'heure est venue où les vignes, se sélectionnant 
elles-mêmes, fléchissent et vont disparaître sous les épreuves réitérées d'une 
mauvaise adaptation. Ce que l'on reprochait, avec raison, au Rupestris du Lot, 
c'était de communiquer aux greffes qu'il supporte une exubérance végétative 
telle, que la production foliacée l'emportait de beaucoup sur la production fruc- 
tifère. Longtemps ces greffes, en milieux trop riches, demeurèrent peu fertiles 
malgré l'allongement exagéré de la taille. Aujourd'hui, dompté par les ans, dans 
sa vigueur, le Lot, en tempérant sa végétation, s'est montré ce qu'il est, un 
excellent porte-greffe, vigoureux, productif de raisins de qualité. Lors des pre- 
miers moments de la reconstitution, l'importante question du provignage des 
vignes greffées, en vertu même de la logique des choses, semblait devoir se 
résoudre par la négative. Les racines françaises nées sur le greffon devaient, de 
l'avis de tous, entraîner la mort du porte-greffe américain; c'était donc perdre 
ainsi tout le bénéfice du greffage. Il manquait à cela la sanction de la pratique 
qui se plaît souvent à contrarier les déductions scientifiques les mieux établies. 
Durant une douzaine d'années, au château de Parnay, M. Cristal a suivi de près 
des provins de vignes greffées exécutés à leur quatrième année. Leur vigueur et 
leur fertilité s'est accrue sans cesse. 

Il restait à. se rendre compte des modifications souterraines qui s'étaient pro- 
duites. 

Or, ces greffes déterrées avec précaution ont mis en évidence la présence de 
nombreuses et fortes racines françaises, avec une vigoureuse souche américaine 
continuant à alimenter souterrainement tout le système végétatif du précieux 
arbuste. M. Cristal en a profité pour doubler, par le provignage, une partie de 
ses plantations de Parnay. Et c'est le procédé que nous n'aurions pas hésité à 
conseiller aux vignerons ayant reconstitué sur Lot. Il est facile de comprendre 
que la plantation serrée, assurant un réseau radiculaire plus étendu, tempère 
ainsi souterrainement l'action trop vigoureuse de la végétation. La fertilité des 



34 CHARLES BACON. — LE RUPESTRIS DU LOT ET LE BERLANDIERI 



greffes provignées est plus soutenue, sans excès et la qualité des raisins est très 
notablement supérieure par la régularisation de la maturité. 

L'année qui s'achève vient de démontrer que dans son milieu le Rupestris du 
Lot est un porte-greffe remarquable. Sur les coteaux de Saumur, il règne en 
maître en compagnie du Riparia; dans les sols argilo-siliceux du tertiaire qui 
recouvrent, avec suffisamment d'épaisseur, les roches calcaires du Crétacé. La 
persistante sécheresse de 1906 a mis en relief les facultés de résistance, à la cha- 
leur soutenue, de ces deux porte-greffes. D'une manière générale, le Riparia a 
souffert de la sécheresse; les feuilles inférieures, en septembre, étaient grillées 
et tombées, alors que les raisins étaient demeurés petits et souffreteux. Les 
vignes sur Rupestris du Lot étaient, au contraire, vertes et vigoureuses, portant 
des raisins de bonne grosseur et bien constitués. Le système radiculaire du 
Riparia, étant superficiel et traçant, a souffert de la sécheresse, tandis que celui 
du Rupestris, plus pivotant, s'enfonce dans les couches profondes et fraîches du 
sous-sol. 

Quelques plantations nous ont bien été présentées comme fléchissantes sur 
Lot ; les souches étaient en grande partie dépouillées de leurs feuilles desséchées. 
En examinant le terrain, nous avons eu l'explication de ce brusque arrêt végé- 
tatif. Le milieu était formé en sous-sol de masses rocheuses, conglomérats cons- 
titués de rognons siliceux, réunis par un ciment argilo-ferrugineux absolument 
impénétrable. Les racines plongeantes du Lot viennent se heurter sur ce fond 
tabulaire et se dirigent latéralement en devenant les victimes de la dessiccation. 
On a longtemps discuté sur la valeur comparative des produits obtenus sur Ri- 
paria et sur Lot, greffés en Chenin blanc. Avant les vendanges, nous avons relevé 
de nombreux échantillons sur les deux porte-greffes, et les résultats peuvent 
être mis en évidence par les deux moyennes densimétriques suivantes t 

Sur Riparia Densité du moût : 1082 

Sur Rupestris du Lot. — — 1093 

11 y a donc une réelle supériorité en faveur du Lot. 

IL — Lorsque, sur notre côte saumuroise, la couche tertiaire, s'amincissant 
sans cesse, apparaît mélangée des masses calcaires turoniennes du sous-sol, 
l'ensemble se présente au calcimètre, avec un taux de 35 à 40 % de carbonate de 
chaux. Dans de pareils milieux, la chlorose décime toutes les plantations sur les 
porte-greffes précédents. Ce sont alors les Aramon X Rupestris n° 1, les Mour- 
vèdre X Rupestris 1202 qui sont le plus communément employés et avec succès. 
Mais il en est un qui, longtemps ballotté par les flots capricieux de la fortune, 
tend a s'implanter sérieusement dans nos régions extra-calcaires : c'est le £er- 
tandieri. 

Contrairement au Lot qui fait feu de tous bois dès sa prime jeunesse, le Ber- 
landieri semble, dès les premières années, traîner une existence malheureuse 
et chétive. Et c'est là un grand reproche qui lui a été fait, et nous connaissons 
des viticulteurs qui, impatients, l'ont abandonné pour des cépages à l'extérieur 
plus séduisant. 

Dès que le Berlandieri a pris lentement, mais solidement possession du sol où 
il est implanté, il se révèle alors un porte-greffe de premier ordre, des plus ré- 
sistants ;i la chlorose, vigoureux, très fructifère cl donnant des produits de qualité. 

Au milieu de l'indifférence générale, un de nos meilleurs viticulteurs, celui 
que l'on se plaît àappeler avec raison le « bon vigneron do Parnay », M. Cristal, 



CHARLES BACON. — LE RUPESTRIS DU LOT ET LE BERLANDIERI 35 



s'est donné avec une opiniâtreté indomptable à la recherche de la multiplication 
du fameux porte-greffe depuis plus de douze ans. , 

Tous les échecs subis ont été pour lui des stimulants pour des recherches nou- 
velles. Il est permis de dire qu'à Parnay tout ce qu'il est possible de tenter dans 
cette voie du bouturage du Berlandieri a été essayé sans succès. Depuis quel- 
ques années, c'est le marcottage des pieds-mères qui produit les racines néces- 
saires aux greffages. 

Les trois plus beaux sarments de chaque pied-mère sont couchés dans le sol à 
0 m 20 de profondeur. 

Au niveau de chaque œil souterrain, il se développe un vigoureux faisceau 
radiculaire constituant, après sectionnement, l'année suivante, autant de su- 
perbes racines dont la reprise au greffage est aussi belle qu'il est possible de le 
désirer. 

Tous les deux ans, la même opération peut être effectuée sans compromet- 
tre la vitalité des pieds-mères. Beaucoup diront que l'opération est longue ; nous 
n'hésitons pas à affirmer que si les vignerons possesseurs de terrains calcaires 
avaient eu recours à ce marcottage du Berlandieri, les quelques pieds-mères 
qu'ils se seraient procurés aisément leur auraient permis d'assurer la reconsti- 
tution économique et sûre de leurs terres extra-calcaires. 

Nous connaissons, dans le Saumurois, beaucoup trop de viticulteurs qui ont 
cru devoir défoncer de vieilles prairies ou défricher des bois pour y planter des 
vignes de grosse production, délaissant les terres trop calcaires dans la crainte 
d'un échec dans la recherche du porte-greffe, alors que ces sols portaient autre- 
fois des vignobles réputés. 

Le Berlandieri y ferait aujourd'hui des merveilles. 

C'est ce qu'avait compris il y a longtemps M. de Neuville qui avait fait planter 
dès 1898 des greffes de Berlandieri dans des argilo-calcaires du vignoble de La 
Tour de Ménive, près Saumur. Cette plantation, lente et chétive tout d'abord 
dans son évolution, est aujourd'hui très vigoureuse. Nous la visitions ces jours 
derniers, et nous devons à la vérité de dire que les quatre hectares plantés ainsi, 
sont remarquables. 

En s'obstinant, sans se lasser, dans la culture du Berlandieri pur, M. Cristal 
songeait à en faire la base solide de ses terres calcaires de Parnay et de Cham- 
pigny. Les faits ont donné raison à l'opiniâtre vigneron. Au milieu de tout l'en- 
semble irréprochable, le Berlandieri se détache, vigoureux sans excès, régulière- 
ment fertile avec des produits de qualité. 

Puisque nous parlons de Champigny, nous avons le devoir de signaler les- 
résultats obtenus en 190G. Les vins de Cabernet franc et de Cabernet Sauvignon 
sont, cette année, meilleurs qu'ils n'ont jamais été. Avec'une robe splendide, ils 
ont du corps, du fruité, de la finesse et un bouquet qui ira sans cesse en se 
développant. 

Mais nous devons une note spéciale au petit clos de Champigny complanté en 
franc noirien de Bourgogne, dont une partie des souches tapisse les murs de clô- 
ture. Nous nous rappelons fort bien que, les premières années, cette plantation 
n'ayant pas donné satisfaction à M. Cristal, il fut question de procéder à l'arra- 
chage général. Animé d'une prédilection toute particulière pour le Pinot de 
Bourgogne et son fameux produit, nous nous sommes employé de tous nos 
efforts pour faire revenir M. Cristal sur l'arrêt de mort qui avait été prononcé. La 
grâce fut obtenue et les années suivantes furent des succès inespérés pour le 



36 VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



bourgogne de Champigny. Cette année le produit obtenu est incomparable ; en 
dégustant le précieux liquide, on se plaît à évoquer Vougeot et Corton, Pomard 
et Chambertin ! 

Mais redescendons à Parnay où, cette année, nous attendent de nouvelles sur- 
prises. 

Dans le Clos Neuf, la vigne est cultivée d'une façon, peut-être, unique au monde 
pour l'obtention du vin. 

Les murs d'enceinte du clos de 2 hectares, d'une hauteur de 3 mètres, empri- 
sonnent une série de murs de refend, parallèles, d'une hauteur de 2 m 60 et 
distants les uns des autres de 6 mètres. C'est le long de ces murs qu'à raison 
de quatre au mètre courant, les précieuses greffes sont plantées et conduites 
méthodiquement le long de fils de fer, 

A côté du Chenin liane qui occupe la plus grande partie des murs, l'habile 
vigneron a fait appel au Sèmillon blanc , au Sauvi : gnon blanc et au ToTcay gris de 
Hongrie. C'est de ce merveilleux ensemble, dans ce vaste réservoir calorifique, 
qu'est le Clos Neuf, que se récoltent, dans le courant de novembre, alors que les 
grappes sont passerillées ou figuées^ les fameux produits qui ornent les caves du 
manoir de Parnay. 

Comme tous les ans, nous nous faisons un devoir d'être présent au moment 
des vendanges. Et, cette année, en prélevant des échantillons le long des murs, 
nous ne fûmes pas peu surpris de recueillir et peser des moûts dépassant 
26 degrés glucométriques! 

M. Moreau, du laboratoire d'Angers, ayant pris et analysé lui-même des échan- 
tillons, confirma nos premières constatations par les chiffres sensationnels sui- 
vants : 

Sucre par litre 437 gr. 

Acidité sulf'urique 5 » 

A l'heure qu'il est, les quelques barriques recueillies dans ces conditions si 
spéciales, achèvent lentement leur fermentation première/ Que seront ces vins? 
Nul ne peut le savoir; mais ce qui est indiscutable, c'est que jamais de pareils 
titres glucométriques n'ont été obtenus dans notre pays.* 

Cela démontre, une fois de plus, tout ce que peut l'homme toujours à la 
recherche du mieux faire, qui semble être la devise du vigneron de Parnay. 

Charles Bacon. 
♦ 

INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 1 



LES TERMITES 

Les Termites ont une terrible réputation. A leur nom seul viennent à l'«spri1 
les images de maisons s'efïondrant, toutes leurs charpentes rongées, et de 
caisses remplies d'archivé-; paraissant intactes, mais ne renfermant que des 
débris, etc. Ces récits sonl en effet dans tous les livres d'entomologie générale 
à propos (h; l'espèce exotique qui, vers la fin du xvnr siècle, a envahi les villes 
de Roche fort, La Rochelle, Saintes, Tonnay-Cliarente, etc. 

Des naturalistes célèbres, Audouin, Milne-Edwards, E. Klanchard et plus 
récemment Qualrefages, se sont faits les historiens de ces destructions attribuées 

(i) Voir n° 081, page 8. 



i 



VALÉRY MAYET. — 



INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



37 



à tort au Termite lucifuge, et comme leurs récits s'écarteraient de notre sujet, 
nous ne ferons qu'en citer des extraits et, pour plus amples détails, renverrons 
le lecteur au travail qui les résume tous, au livre si documenté de Quatrefages 
[Souvenirs d'un naturaliste, Paris, Charpentier, 1854, t. II, pp. 410 à 414). 

Il ne s'agit pas ici de dégâts opérés jusque dans nos maisons, mais de 
simples pieds de vignes évidés par les deux espèces de Termites du midi de 
l'Europe, le Termite lucifuge (Termes lucifugus) 
et le Termite flavicolle {Termes flavicollis). 
Leurs colonies s'établissent dans tous les bois 
morts exposés à la pluie et en contact avec 
le sol, aussi bien dans les poteaux et les 
échalas que dans les troncs caverneux des 
oliviers, des saules et des vieilles souches de 
vigne. 

Avant de décrire nos deux espèces, il est 
bonde donner quelques détails généraux sur 
ces insectes sociaux, connus dans les colo- 
nies sous le nom de Fourmis blanches, et dont 
les mœurs étranges ont été si bien étudiées 
par divers naturalistes, tels que l'anglais 
Smeathmann et le français Lespès. 

Quand on ouvre une de ces colonies appe- 
lées termitières, qu'elle soit construite sous 
terre, élevée au-dessus du sol, comme chez 

de nombreuses espèces exotiques, ou établie dans l'intérieur du bois, on est 
frappé de la population énorme et disparate que l'on y observe. 

On y voit : 1° des grands mâles et des grandes femelles; 2° si l'on est au 
temps de l'émigration, des petits mâles et des petites femelles ; 3° des Ouvriers; 

4° des Soldats; 5° des 




Fig.5. — Fragment de souche de vigne 
creusée par le Termite flavicolle. 



nymphes ; 6° des larves 
de diverses tailles. 
Toute cette population 
grouille, s'agite, tra- 
vaille à réparer les dé- 
gâts et à sauver les 
œufs ou les jeunes trop 
faibles pour se tirer 
d'affaire. 

Les grands mâles et 
les grandes femelles 
sont désignés sous le 
nom de Rois et de 

Reines. Ce sont eux qui sont chargés de multiplier l'espèce. Us sortent de la 
peau de nymphe avec des ailes; mais, la fécondation opérée et lorsqu'ils ont 
été isolés par les Ouvriers dans ce que les auteurs ont appelé la chambre prin- 
cière, vaste cellule séparée dans l'habitation commune, les Ouvriers coupent leurs 
ailes, désormais inutiles. Il n'y a généralement qu'un couple royal par termitière. 

« La cellule, dit Quatrelages, renferme toujours un couple unique, objet des 
soins les plus empressés, mais qui achète sa grandeur au prix d'une réclusion 



Grande femelle non fécondée de Termite lucifuge. 



38 



VALÉRY MAYET. — 



INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



perpétuelle, car les portes et les fenêtres du palais, suffisantes pour laisser 
passer un Ouvrier ou un Soldat, sont trop étroites pour livrer passage au Roi et 
plus encore à la Reine. Celle-ci, toujours au centre de la chambre princière, 
frappe tout d'abord les yeux de l'observateur. Qu'elle ressemble peu à ce gra- 
cieux insecte aux fines ailes, à la taille svelte, qui n'avait que deux ou trois fois 
la longueur et trente fois le poids d'un Ouvrier! Ses ailes ont disparu; la tête et 
le corselet sont restés à peu près les mêmes ; l'abdomen, au contraire, a pris un 
développement monstrueux et tend à s'accroître sans cesse. Dans une vieille 
femelle, chez certaines espèces exotiques, il atteint 10 et même 15 centimètres 
de long. Cette femelle pèse alors autant que 30.000 Ouvriers, et, grâce à 
cette obésité exagérée, les précautions prises pour prévenir la fuite sont parfai- 
tement inutiles, car elle ne peut faire un seul pas. Quant au mâle, il a aussi 
perdu ses ailes, mais n'a d'ailleurs changé ni de dimension ni de forme. Tou- 
tefois, il use peu de sa faculté de locomotion, et, tapi 
d'ordinaire sous un des côtés du vaste abdomen de sa 
compagne, il se borne à remplir les fonctions de mari 
de la Reine. 

« Les Soldats et les Ouvriers ont l'air de faire assez 
peu d'attention au Roi, mais ils sont fort occupés de la 
Reine. L'espace laissé libre autour de celle-ci est cons- 
tamment rempli par des milliers de serviteurs circulant 
autour d'elle et tournant toujours dans le même sens. 
Les uns lui donnent à manger, d'autres enlèvent les 
œufs qu'elle ne cesse de pondre, car ici, comme chez 
les Abeilles, cette Reine est avant tout la mère de ses 
sujets. Cet abdomen monstrueux semble n'être qu'un 
vaste ovaire dont les branches multipliées renferment 
un si grand nombre de germes en voie de développe- 
ur: 7 * T. G , nr m (ie f ? me , lle ment qu'il s'en trouve toujours un de mûr. » 
fécondée de 1 ermite lu- n J 

cifuge. Ce ventre démesuré ressemble à un sac énorme, 

comme chez la tique des chiens qui décuple de volume 
lorsqu'elle est gorgée de sang. Ce gonflement se fait grâce à l'élasticité de 
la peau dont les plaques chitineuses non modifiées apparaissent fort écartées 
sous forme de taches sombres transversales sur ce sac blanchâtre rempli à se 
rompre. 

Le nombre d'oeufs pondus est incroyable, et les observations de Smeathmann 
sur une espèce de Nubie, le Termite belliqueux (Termes bellicosus), parlent de 
chiffres fabuleux. La Reine, d'après le naturaliste anglais, pondrait 60 œufs par 
minute, soit 3.000 à l'heure et plus de 86.000 par jour. Les Reines, dilïieilcs à 
observer dans les termitières, qui doivent être entièrement démolies pour leur 
recherche, ne sont connues que chez un petit nombre d'espèces. Il est probable 
que leur ponte n'atteint pas toujours les chiffres observés chez l'insecte de 
Nubie. Nous avons sous les yeux les Reines de deux espèces : 1° une énorme 
provenant du Congo, appartenant au Termes fatalis Fabricius, forme très voi- 
sine du T. bellicosus, sinon identique, longue de 60 millimètres, large de 15 ; 
2° une Reine de Termite lucifuge, beaucoup plus petite (10 millimètres environ), 
faisant partie de La collection Perris acquise par l'École nationale d'agricul- 
ture, ce qui nous a permis de la dessiner d'après nature, grossie à environ 
quatre diamètres. 




VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 39 




Fig. 8. — Termite flavicolle mâle. 



Les petits mâles et les petites femelles ou sexués émigrants n'apparaissent 
qu'en été. Lespès dit qu'il a obtenu ceux du Termite lucifuge en juillet dans ses 
éducations en laboratoire et qu'ils périssaient bientôt s'il ne leur donnait la 
liberté. En ce qui concerne le Termite flavicolle, le seul qui se trouve à Mont- 
pellier, nous avons observé l'essaimage 
fin juin et première quinzaine de juillet. r~ ; : - , " ' 
Il n'y a pas de grande différence de forme 
avec les sédentaires décrits ci-dessus, si 
ce n'est qu'ils gardent leurs ailes jusqu'à 
ce qu'ils soient arrivés à destination et 
que les femelles fondatrices de la nou- 
velle termitière pondant peu d'œufs 
n'ont pas l'abdomen dilaté. Quel est par- 
mi ces émigrants la proportion comme 
nombre entre mâles et femelles? C'est 

ce qui n'a pas encore été observé: mais les mâles qui se reconnaissent aux ailes 
très longues, paraissent de beaucoup les plus nombreux et la quantité que l'on 
trouve noyée dans toutes les flaques et tous les bassins lors de l'essaimage, est 
parfois énorme. 

Le gros de la population d'une termitière se compose de neutres, comme on 
l'observe du reste chez la plupart des insectes sociaux : abeilles, guêpes, 
fourmis, etc. Ces neutres obtenus sans doute par une alimentation spéciale, ce 
que M. Giard a appelé la castration alimentaire, ayant l'appareil génital avorté, 
ne peuvent se reproduire. Ce sont des eunuques destinés à exécuter les travaux 
pénibles, constructions, élevage des jeunes, défense de la colonie, etc. On les 
divise en Ouvriers et en Soldats. 

Les Ouvriers, bien qu'insectes parfaits, ne sont guère plus gros que des larves 
adultes ou des nymphes. Ne devant jamais voir le jour, ils sont aveugles, d'un 

blanc plus ou moins pur, suivant les espèces. Ils ont 
des téguments tellement mous qu'ils s'écrasent au 
moindre choc. La tête assez renflée est portée vertica- 
lement, le premier anneau du thorax est moins large 
que la tête, mais plus large que les deux suivants qui 
se confondent avec les segments abdominaux. Suivant 
les recherches anatomiques de Lespès, on trouve chez 
certains ouvriers des organes mâles rudimentaires, et 
chez d'autres des organes femelles également avortés, 
ce qui confirme l'opinion émise par l'auteur, qu'il y a 
bien deux formes de Termites sexués, les grands et les 
petits. Le fait est nié par certains auteurs qui ne voient 
dans les sédentaires et les émigrants qu'une même 
forme de sexués remplissant deux rôles différents. Les 
Ouvriers sont aidés dans leurs travaux par les larves et les nymphes qui leur 
ressemblent fort du reste, et ce n'est guère que la loupe à la main que l'on 
peut les distinguer. Les nymphes sont de suite reconnaissables à leurs moi- 
gnons d'ailes. 

Les Soldats se distinguent des Ouvriers par leur taille plus grande, taille due 
surtout au développement de la tête qui occupe un tiers et parfois la moitié de 
la longueur du corps. Cette^tête énorme renferme des muscles puissants qui 




Fig. 9. — Ouvrier de Ter- 
mite flavicolle. 



40 H. DE LAPPARENT. 



— LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 



font mouvoir des mandibules très développées, armes utiles pour la défense de 
la colonie menacée par de nombreux ennemis vivant comme les Termites dans 
le bois mort, à commencer par les fourmis. Comme chez les Ouvriers, Lespès a 
trouvé chez les Soldats des rudiments d'organes reproducteurs des deux sexes. 
Les Soldats seraient la forme neutre des grands sexués. Ce n'est qu'à la seconde 
mue qu'on peut distinguer chez les larves les Ouvriers des Soldats. 

(A suivre.) Valéry Mayet. 
+ 

LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE (1) 



EXPLOITATION VITICOLE EN PAYS DE SAUTERNES 

Elle comprend 60 hectares de vignes, 32 hectares de prairies non irriguées de 
qualité médiocre, 12 hectares de terres labourables. En outre, des bois de pins 
et landes fournissent une partie de la litière. Dans cette exploitation, le pro- 
gramme est de produire autant que possible le fumier nécessaire pour fumer 
chaque année 10 hectares de vignes à raison de 70.000 kilogrammes de fumier 
par hectare, car on aurait beaucoup de difficulté à s'en procurer et il revien- 
drait très cher en raison des distances qu'il faudrait parcourir pour l'aller 
chercher. 

Le bétail de travail se compose de trois chevaux et quatre paires de forts bœufs 
de croisement garonnais-bazadais. De plus, deux vaches garonnaises contri- 
buent aux travaux et on élève leurs produits mâles pour remplacer les bœufs 
de travail réformés. Enfin, pour assurer la promple exécution des labours, on 
en charge à prix fait des voisins propriétaires d'attelages de bœufs, pour une 
étendue variable, mais qui est en moyenne de 10 hectares. 

Quatre des bœufs sont habitués à travailler par paires ou isolément. En outre, 
on entretient une dizaine de vaches laitières, dont le lait est vendu en nature et 
dont on élève les produits femelles. 

Cet ensemble d'une quarantaine d'animaux de tous âges, dont une partie 
s'alimente au pâturage pendant plusieurs mois, n'arrive pas encore à produire 
suffisamment de fumier et il est nécessaire d'importer chaque année environ 
100 tonnes de bourrié de ville et 70 mètres cubes de fumier. 



Valeur locative^de 32 hectares de prairies à 75 francs, l'un. . . 2.400 fr. 

— 12 hectares de terres à 50 — ... 600 » 

— 5 hectares de pâtures à 25 — ... 125 » 
Achat de litière 1.000 » 

— de paille 400 •» 

— de son et tourteaux pour la vacherie. 1 .000 » 

' • Salaires du personnel de la vacherie \ .500 » 

Intérêts, amortissement, harnais, ferrure, pansage, etc. :3 che- 
vaux ?9<l » 

Intérêts, amortissement, harnais, ferrure, pansage, etc. : 

8 bœufs » 

Labours par prix-faiteurs 400 » 

Total 9.555 fr. 

1) Voir ir 6K1. p. Kl. 



H. DE LAP PARENT. — LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 41 



A déduire : Produits de la vacherie 2.700 fr. 

Vente d'un bœuf (moyenne) 500. » 

Fumier produit, 800 mètres cubes à 5 francs 4.000 » 

Total 7.200 fr. 

La différence entre les deux totaux, soit 2.355, fait ressortir le prix de 
revientdes moteurs animés à 39 francs par hectare de vigne. 

UNE EXPLOITATION VITICOLE DANS LE GARD 

Cette exploitation, joutant la Camargue, comprend 180 hectares de vignes en 
gobelets, à i ûl 60 d'écartement en carré, 10 hectares de terres arables et 75 hec- 
tares de marais dont les deux tiers sont à production de roseaux et le reste à 
production de joncs. 




Fig. lu. — Troupe de mules rentrant du travail. 

Les roseaux servent à l'alimentation des mules, qui en utilisent environ 
1 kilogramme par botte de 2 kg. 500. Les refus passent à la litière. On donne une 
botte de ces roseaux par repas. 




Fig. 1J. — Attelage de mules. 

tea marais sont fauchés tous les ans. Leur produit moyen par hectare est de 
5.000 kilogrammes. La production totale de 375.000 kilogrammes dépasse les 
besoins de l'exploitation. Ce qu'il y a en trop est employé en fumure directe- 
ment. La valeur locative de ces marais est de 30 francs par hectare. Le prix de 



42 H. DE LAPPARENT. — LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 



vente des roseaux pris au marais est en moyenne de 2 fr. 25 par 100 kilo- 
grammes. 

Les animaux de travail comprennent : 20 mules de premier ordre et 2 che- 



vaux. 

Le prix de revient s'établit comme il suit : 

Achat de 750 quintaux de luzerne à 8 francs le quintal 6.000 fr. 

— 70 — de foin — 560 » 

— 400 hectolitres d'avoine à 18 francs l'hectolitre. ... 7.200 » 

— 50 quintaux de son à 16 francs le quintal 800 » 

Valeur locative de 75 hectares de marais, à 30 francs l'hec- 
tare 2.500 » 

Valeur locative de 10 hectares de cultures à 50 francs l'hec- 
tare 500 » 

Amortissement, intérêts, ferrage, harnais, pansage, frais 

généraux : 20 mulets 7.260 » 

Amortissement, intérêts, ferrage, harnais, pansage, frais 

généraux : 2 chevaux. 664 » 

Total 25.484 Ir. 

A déduire environ 440 mètres cubes de fumier à 6 francs 6.640 » 

Reste 22.844 fr. 



Ce qui représente 127 francs par hectare pour les moteurs animés. Si l'exploi- 
tation n'avait pas la ressource des marais et était obligée d'acheter les roseaux 
et joncs, les prix de revient serait augmenté de 33 francs par hectare. 

UNE EXPLOITATION VITICOLE DANS L'AUDE 

Elle est constituée par 200 hectares de vignes, partie à espacement de l m 675 
en carré, partie à espacement de 2 m 30 sur l m 15, avec palissage sur fil de fer, et 
comporte, en outre, 15 hectares de très bonnes terres cultivées en luzernières et 

céréales. 

Les vingt-quatre mules nécessaires à l'exploitation reçoivent journellement, 
qu'elles travaillent ou non, $ kilogrammes de luzerne, 3 kilogrammes d'avoine 
et 8 kilogrammes de paille. 

Les 15 hectares en culture fournissent approximativement la moitié de la nour- 



riture des animaux en luzerne, avoine et orge ; en sorte que le prix de revient 
peut s'établir comme il suit : 

Achat de luzerne 2.600 fr. 

— avoine 2.345 » 

— paille 1.300 * 

Valeur locative de 15 hectares de cultures à 100 francs l'hec- 
tare. 1 .500 » 

Intérêts, amortissement, harnais, ferrage, pansage de vingt- 
quatre mules 8.096 » 

Total 15.8'ii fr. 

A déduire 480 mètres cubes de fumier à 6 francs 2.880 » 

Reste 12.961 fr. 

Soit par hectare de vigne : 64 fr. 80. 



S'il fallait tout acheter, le prix de revient par hectare s'élèverait a 93 fr. 50. 

Si, au lieu de 15 hectares en culture, il y en avait 30, tous les achats pourraient 
être supprimés et le prix de revient des moteurs animés ne ressortirait plus 
qu'a 41 francs par heclare de vigne. 



H. DE LAPPARENT. — LES MOTEURS ANIMES EN VITICULTURE 43 



UNE EXPLOITATION MIXTE DANS LA PLAINE DE l'aKIÈGE 

Cette exploitation comprend : 35 hectares de vignes sur fil de fer à l m 75 et 

2 mètres d'écartement ; 20 hectares et demi de cultures diverses et 21 hectares 
et demi de productions fourragères, vivaces ou annuelles, dont 2 hect.50 en bet- 
teraves. Les cultures dérobées (maïs, fèves, navets, etc.) portent, en outre, sur 

3 hectares. 

A l'exception de 7 à 10 quintaux métriques de son, rien n'est importé du dehors 
pour la nourriture de cinq paires de forts bœufs gascons, purs ou auréolés, achetés 
à l'âge de cinq à six ans, deux vaches laitières, six chevaux, dont deux de 
maîtres et une quinzaine de truies et porcs. 

Le programme de l'exploitation est d'entretenir toujours, en stabulation per- 
manente, un nombre de bœufs très supérieur à ce qui serait nécessaire pour 
exécuter les travaux, de manière que non seulement ils soient constamment 
maintenus en chair, mais encore qu'ils engraissent tout en travaillant. Dans 
le courant d'une année, 10 à 12 paires sont vendus gras, après quelques 
semaines seulement de repos complet avec suralimentation ; parfois même, ils 
passent presque directement du travail à la boucherie. 

Une comptabilité en partie double, scrupuleusement tenue, permet de distin- 
guer nettement la part de dépenses qui incombe soit à la vigne, soit aux cul- 
tures, du fait des moteurs animés. 

La moyenne de trois années prises au hasard donne les résultats suivants : 

Par année il y a eu pour l'ensemble des animaux, bœufs et chevaux, 9.332 
heures de travail dont 4.289 affectées à la vigne. 

Compte animaux de travail. 



Débit 

Inventaire d'entrée valeur des ani- 
maux) ' 8.210 fr. 

Achat d'animaux au cours de l'année 11.749 » 

Valeur de la nourriture consommée 5.083 » 
Frais généraux (amortissement, in- 
térêts, harnais, ferrage, pansage) 

pour 4 chevaux. 880 » 

Id. pour 10 bœufs. 122 » 

Total 26.644 fr. 



Crédit 

Valeur des bœufs passés à l'en- 



graissement 10.138 fr. 

Valeur du fumier produit 2.462 » 

Inventaire de sortie (valeur des 

animaux) 8.820 » 

Valeur du travail (balance) 5.234 » 

Total 26.644 fr. 



Par suite, le prix de l'heure de travail ressort à ^ = 0 fr. 5607. Comme 
4.289 heures ont été occupées à la vigne, cela représente une somme de 
2.404 fr. 84 pour les 35 hectares, soit 68 fr. 70 par hectare. 

Mais ici intervient la spéculation engraissement qui se solde par un bénéfice 
de 1.672 francs. Ce bénéfice, réparti sur les 76 hectares de l'exploitation, vient 
encore réduire le prix du travail des moteurs animés de 21 fr. 85 par hectare. 

Cette manière d'envisager le compte animaux de travail n'est nullement au 
détriment des comptes de cultures et spéculations autres que celles de la vigne. 
En effet, dans leur ensemble, elles se soldent toujours par un bénéfice représen- 
tant par hectare un prix de fermage notablement supérieur à celui des exploi- 
tations de la contrée. 

Je crois intéressant de donner ici le relevé des heures de travail des moteurs 
animés, en distinguant entre les vignes et les autres cultures. 



m H. DE LAPPARENT. — 



LES MOTEURS ANIMÉS EN VITICULTURE 



Vignes Autres cultures 

Chevaux Bœufs (1) Chevaux Bœufs (1) 

Janvier 261 heures 222 heures 45 heures 324 heures 

Février .... 122 — 156 — 232 — 362 — 

Mars 164 — 162 — 103 — 272 — 

Avril 325 — 362 — 181 — 330 — 

Mai 149 — 254 — 207 — 286 — 

Juin 287 — 490 — 172 — 274 — 

Juillet 155 — 66 — 101 — 242' — 

Août., 219 — 151 — 83 — 206 — 

Septembre 110 — » — 115 — 288 — 

Octobre 131 — » — 215 — 412 — 

Novembre 147 — 26 — 147 — 330 — 

Décembre 1 71 — 156 — 4 6 — 72 — 

Total 4.289 heures 5.043 heures 

Les divers prix de revient du travail des moteurs animés dans les exploitations 
viticoles qui m'ont servi d'exemples me paraissent nettement condamner à ce 
point de vue spécial la monoculture de la vigne, puisqu'ils démontrent qu'avec 
une proportion raisonnée de terres de culture et de production fourragère et des 
spéculations animales intelligentes, on peut arriver à réduire de plus de 400 fr. 
par hectare les frais afférents au vignoble, en faisant usage des bœufs et de 85 fr. 
en se servant des mules. 

Dans le premier cas, il semblerait que la meilleure proportion entre l'étendue 
du vignoble et celle des terres et prairies devrait être l'égalité et, dans le second 
cas, 15 à 20 hectares de cultures pour 100 hectares en vignes. 

On peut objecter que, en raison des soins que demande la vigne, surtout pour 
la défendre contre les maladies crvptogamiques, il est dangereux d'avoir à s'oc- 
cuper de récoltes ayant relativement moins d'importance, à certains moments 
critiques. Il y a beaucoup de vrai dans celte objection; mais un administrateur 
capable saura tou jours prendre les mesures nécessaires pour mener tout de front, 
d'autant que les instruments de récolte abréviateurs lui viennent puissamment 
en aide. 

Si, alors que le vin se vendait à des prix très rémunérateurs, les économies 
dont je crois avoir démontré la possibilité n'avaient que peu d'importance, il 
n'en est plus de même à l'heure actuelle. 

11 est bien entendu que je n'entends pas généraliser et que je reconnais l'im- 
possibilité, dans bien des cas, en raison de la nature du sol et aussi du climat, 
d'obtenir les productions fourragères a des prix inférieurs à ceux du commerce. 
C'est une question d'espèces. Mais, étant donné que d'immenses étendues affectées 
jadis aux cultures des céréales et des fourrages ont été convei ties en vignes; 
étant donné également la multiplication des canaux d'irrigation et la généralisa- 
tion de l'opération du défoncement du sol, on peul affirmer que le système de 
cullure mixte est applicable, même dans la région méditerranéenne, dans le plus 
grand nombre des cas et que, si les viticulteurs entraient largement dans cette 
voie, ils feraient œuvre de sagesse utile à l'ensemble du vignoble comme à eux- 
mêmes en rétablissant l'équilibre entre la production et la consommation du vin. 

H. DE La1M>AKLNT. 



(1) Les heures sont ralculéos par bœufs isolas et non par paires 



L. FONTAINE. — NOUVEL APPAREIL DE SOUTIRAGE 



45 



MATÉRIEL DE CHAI 



Nouvel appareil de soutirage des vins : « L'Idéal Transvaseur ». 

Nous voici en pleine saison de soutirage des vins, et ce travail est un des soins 
les plus importants que nécessitent les produits des caves et des chais durant 
l'hiver. 

Le but du soutirage du vin ou du cidre est, comme on le sait, de séparer la 
partie limpide et claire, de la lie ou dépôt. Ce dernier résidu provient des restes 
de la fermentation, et comprend dans les vins nouvellement décuvés trois sortes 
de produits : 

1° Débris de graines de raisin, particules de peau et de pulpe, renfermant 
des matières organiques très fermentescibles et favorables au développement 
des microbes vinaires, pouvant compromettre l'avenir et la conservation du vin. 
Les substances albuminoïdes sont particulièrement altérables et fournissent 
l'aliment de prédilection aux ferments nuisibles ; 

-2° Résidus d'enveloppes de vieilles cellules de levures viniques, entraînées 
au décuvage ; 

3° Dépôts de sels minéraux, provenant principalement des réactions chi- 
miques, du tanin et de l'acide tartrique sur les sels de potasse. On ne doit pas 
perdre de vue que le vin est un milieu de composition très instable ; il subit 
progressivement des modifications utiles jusqu'à l'apogée de son amélioration. 

La superposition des dépôts se fait par ordre de densité dans un tonneau ; au 
fond se trouvent les matériaux lourds formant la lie, dont nous venons de par- 
ler ; puis, au-dessus, vient le vin clair. 

Les circonstances atmosphériques influent beaucoup sur les liquides des ton- 
neaux en cave. On ad abord les variations de température. Par les grands froids, 
le liquide se dépouille et la lie se rassemble au fond du récipient ; au contraire, 
lorsque la température se relève, l'équilibre primitif tend à se rétablir et les 
particules solides remontent. Il faut faire intervenir dans ce phénomène le tra- 
vail de la contraction et de la dilatation du liquide. Mais c'est surtout les chan- 
gements de pression atmosphérique que font osciller les dépôts. Plus elle est 
élevée, plus les matières solides sont refoulées ; plus la pression est basse, plus 
les débris ont tendance à remonter. 

Les bonnes conditions d'un soutirage, pour les vins nouveaux, sont donc réu- 
nies dans les premiers mois d'hiver (novembre et décembre), en choisissant un 
temps sec et froid, avec un bon vent du nord. 

Il était bon de rappeler ces principes théoriques, afin de montrer les précau- 
tions que doivent prendre les praticiens, au chai, pour utiliser dans de bonnes 
conditions les machines de soutirage. 

Maintenant nous poserons, en principe, que tout appareil de soutirage doit 
prendre le liquide sans secousses, et le transporter sans agitation. Le transva- 
sement à Y air comprimé est l'un de ceux qui se rapprochent le plus des condi- 
tions théoriques. Il est employé depuis très longtemps pour les vins en Gironde, 
où les chais sont munis de soufflets compresseurs d'air. En pratique, le pro- 
blème comporte deux dispositions. Dans la première (fig. 12), l'air arrive par le, 
tube a dans une bonde en bois B, percée d'un canal qui refoule le gaz en DD, 
sur le vin du tonneau II. Du robinet inférieur part un tube en caoutchouc R 



46 



L. FONTAINE. — NOUVEL APPAREIL DE SOUTIRAGE 



déversant le liquide dans les tonneaux CE F G, préalablement étuvés et méchés 
au soufre. Au début du transvasement, on extrait quelques litres de vin trouble, 
puis on place la manche dans le tonneau C: système primitif. 

La deuxième disposition (fig. 13) comporte l'emploi d'un siphon en bronze /, 
traversant la bonde G, pour venir se raccorder au caoutchouc de déversement f. 




Fig. 12. — Soutirage à l'air comprimé avec simple 
bonde de refoulement (système bordelais). 




Fig. 13. — Soutirage à l'air comprimé 
avec siphon coupeur. 



L'air, venant de m, passe dans un espace annulaire xx, comprime le vin comme 
un piston, afin de le faire remonter par le siphon jusqu'au tonneau F. 

C'est à ce groupe d'appareils de soutirage à l'air comprimé qu'appartient 
c l'Idéal Transvaseur », la nouvelle machine Pire et de Préville (Société française 
de Pompes spéciales, 14, rue des Pyramides, Paris). Ces constructeurs ont apporté 
certaines améliorations heureuses dont nous allons donner la description. 

Dans la machine Pire et de 
Préville, on distingue : 1° une 
pompe à air ; 2° un siphon ; 
3° des tubes de raccord. 

1° Pompe à air. — Celte pom- 
pe aspirante et foulante com- 
porte un corps en bronze RR, 
de 0 m ,30 de long sur 0 m ,12 de 
diamètre intérieur, fixé par 
sa base à trois tiges en fer CC, 
elles-mêmes boulonnées à une 
planche d'appui A (fit;-. 14). 
Dans ce corps de pompe se 
meut un piston P, à double 
garniture en cuir ; sa tige / 
passe dans une coulisse du 
couvercle évidé D, et vient s'articuler à un levier de manœuvre L, ayant 4 m ,20 
de long. Les oscillations de ce levier sont guidées par une bielle articulée S. 

Sur le fond du corps de pompe prend naissance une canalisation latérale 0, 
communiquant par un trou e, avec la chambre inférieure du piston P. Fnfin, à 
cette tubulure o est vissée sur un joint en caoutchouc la boîte à clapets X. En 
a se trouve le clapet d'aspiration d'air, et en celui de refoulement alimentant 
le tuyau r; chacun d'eux est du type à ailettes, surmonté d'un petit ressorl à 
boudin, destiné au rappel de la soupape sur son siège. L'entrée et la sortie de la 




Fig. lé. — Coupe verticale de la pompe à air 
Pire et de I'iôville. 



L. FONTAINE. — NOUVEL APPAREIL DE SOUTIRAGE 



47 



boîte X est munie de jonctions rapides, dont nous verrons les détails plus loin. 
Une tige à poignée, V, permet le transport à la main de l'ensemble de la pompe 
d'un point à l'autre du chai. 

2° Siphon de soutirage. — Ce deuxième organe, construit entièrement en bronze, 
doit à la fois introduire l'air comprimé dans le foudre et évacuer le vin de 
soutirage. La disposition de ce siphon est indiquée dans son ensemble et en 
coupe, par les figures 15 et 16. Sur letonneau à soutirer, BB, est vissée un raccord 
de bonde en bronze, NN, filetée extérieurement et intérieurement; on en construit 
de grandeurs différentes, suivant l'importance du débit de l'appareil. Enfin, 




ville. 



ces raccords de bondes en bronze s'adaptent aux barriques en bois, comme aux 
bondes métalliques en fer, les types de la figure 17. C'est sur la bonde NN que 
se visse l'ensemble du siphon, par une douille sphérique PP, dont le joint en 
caoutchouc zz est hermétique. La boule porte latéralement deux tubulures. 
L'une, h, sert de jonction en S, avec le tube d'air comprimé venant de la pompe ; 
l'autre, h\ est munie d'une soupape de détente E, avec garniture en caoutchouc, 
fermant, en temps ordinaire, les ouvertures i d'un bouchon vissé G. Quand la 
compression est trop grande au tonneau, ou qu'on veut arrêter le soutirage, il 
suffit d'appuyer sur la tige à ressort f n, pour que l'air s'écoule à travers la 
cloison JJ et sorte au dehors par les trous i i. Cette soupape est donc un organe 
très utile comme réglage de pression et de débit. Dans ces parties fixes s'in~ 



48 



L. FONTAINE. — 



NOUVEL APPAREIL DE SOUTIRAGE 




troduit à frottement doux un long tube de refoulement TT, qui pénètre dans le 
tonneau BB jusqu'au niveau de la lie, et sort à l'extérieur avec un coude de 
raccordement, auquel s'adapte la manche de la barrique à remplir. Pour arrêter 
le tube T à une hauteur convenable dans le vin clair et empêcher les fuites, un 
écrou U vient presser l'anneau métallique u u, sur une rondelle en caoutchouc 
v dont les lèvres débordent vers l'intérieur. Ce presse-garniture étant bien vissé, 

si l'on envoie de l'air suivant g ,r\ 
celui-ci passera dans- l'espace annu- 
laire y y et viendra comprimer le vin 
de haut en bas pour le faire remonter 
dans le tube T T. Nous verrons plus 
loin que l'on peut utiliser l'appareil à 
faire le vide, dans un tonneau élevé, 
afin de transverser son contenu dans un 
récipient inférieur. La pompe ne sert, 
dans ce cas, qu'àl'amorçage du siphon. 

3° Tuyaux et montage de T appareil. — L'installation pratique se fait ordinairement 
comme le représente la photogravure (fig. -18). Entre les deux tonneaux, on voit 
la pompe à air reliée aux récipients par un tube à air en caoutchouc, et une 
manche de refoulement pour le liquide. Le premier tuba de la machine Pire et 
de Préville est surtout intéressant par ses deux joints rapides (fig. 19). Ils com- 
prennent chacun deux raccords en bronze, munis d'oreilles SS et des saillies e. 
qui permettent l'emboîtage. Les bagues en caoutchouc, a, sont ainsi comprimées 

et assurent un joint 
hermétique empêchant 
toute fuite d'air de la 
canalisation /. 



Fig. 17. — Bondes métalliques destinées à la 
fixation du siphoD, sur différents tonneaux 
(en bois ou métalliques). 






Vus d'ensemble de l'appareil de s( 
de Préville, en fonctionnement. 



utirage Pire et Fig. 19. — Détails de l'un 
des raccords du tuyau de re- 
foulement d'air au tonneau. 

Tous les organes étant bien en place, les joints serrés a la clef et le tube plon- 
geur descendu sulïisamment jusqu'à la lie, il ne reste plus à l'ouvrier qu'à 
mnmeiivrer le levier de l;i pompe, pour que le son I irage s'opère rapidement. 
Avec un appareil ordinaire, il faut à peine quatre miautfs pour soutirer uae 
barrique de litres; mais, avec des bondes et des plongeurs plus gros, on 
peut augmenter !<• débit, surtout si la pompe a air est commandée au moteur. 
Notons que le Liquida n'arrive pas au corps de pompe, et qu'il ne peut être alteiv 



F. CONVERT. 



— LA FOIRE AUX VINS D'ANGERS 



49 



dans sa composition. On peut également remplacer l'air de compression par de 
l'acide carbonique, en faisant la jonction de l'aspiration de la pompe sur un 
réservoir renfermant ce gaz. Certains vins et cidres ne peuvent que profiter 
de cette pratique au point de vue hygiénique et de leur conservation. 

Il nous reste maintenant à examiner les différents cas que l'on rencontre en 
pratique, pour exécuter le soutirage entre des tonneaux étagés. 

Quatre dispositions sont indiquées dans la figure 20. En 1, la pompe F* fait le 
vide dans le tonneau B; au fur et à mesure que l'air est aspiré, le vin monte de 
A en B, parle tuyau/. La disposition 2 est contraire; la pompe P aspire l'air 




Fig. 20. — Différentes dispositions d'installation que peut prendre la pompe à air et le -siphon 
de soutirage Pire et de Préville, par rapport aux tonneaux. 



de la barrique D. afin d'amorcer le siphon /, lequel amène le liquide de C en D. 
Il faut, après l'amorçage, appuyer constamment sur la soupape à ressort 
pour chasser l'air du récipient D. Les deux cas d'installation que nous 
venons de voir montrent que la pompe agit par le vide ; son tuyau doit être fixé 
sur l'aspiration a. 

Dans la disposition 3, la pompe refoule de l'air dans le foudre E, dont le vin 
remonte par /, pour venir remplir F. Enfin, dans la position 4, la pompe P agit 
peu de temps; il suffit de comprimer un peu d'air dans le tonneau G, pour 
amorcer le siphon, lequel opère automatiquement le remplissage de la barrique 
H. Ces deux derniers cas utilisent la compression de l'air; le tuyau de refoule- 
ment de la pompe doit être fixé au-dessus du clapet b. 

En résumé, l'appareil de soutirage Pire et de Préville se prête à différentes 
dispositions, dont la pratique peut tirer un bon parti, suivant les circonstances. 
La construction est soignée ; le démontage des pièces est rapide et simple. 

L. Fontaine, 
Professeur à l'Ecole d'Agriculture de l'Oisellerie. 


LA FOIRE AUX VINS D'ANGERS 



Les deux départements de Maine-et-Loire et d'Indre-et-Loire constituent un 
de nos groupes viticoles les plus intéressants de la France et un des mieux con- 
stitués. Ce sont, dans ces deux départements, les mêmes cépages qui dominent, 
le Pineau de la Loire avec les Bretons et les Cabernets comme cépages à grands 
vins, le Groslot et quelques espèces diverses comme cépages à vins ordinaires*. 



50 



F. CONVERT. — LA FOIRE AUX VINS D'ANGERS 



Ce sont les mêmes modes de taille, taille courte quand on vise à faire des vins 
fins, taille à long bois pour les autres; ce sont des produits enfin qui, sous 
réserve de quelques nuances, présentent les mêmes caractères. En blancs comme 
en rouges, ces deux départements possèdent une gamme très étendue de vins 
qui vont des sortes communes aux plus délicates. 

Après la dure et difficile période de reconstitution, contrariée en Anjou comme 
en Touraine par des obstacles particuliers qui dérivaient de la nature des terrains, 
le vignoble de la Loire est aujourd'hui en pleine exploitation. Ses anciennes ré- 
coltes ont reparu, et les propriétaires ont dû s'occuper de la recherche de débou- 
chés nouveaux. Ils ont mis à cette tâche autant d'intelligence et d'activité qu'ils 
en avaient consacré à la lutte contre le Phylloxéra. Leur persévérance, qui s'est 
manifestée sous les formes les plus diverses, notamment en montrant leurs pro- 
duits dans les principaux concours, tant en France qu'à l'étranger, a été récom- 
pensée par des résultats positifs des plus encourageants. Ils ne cherchent pas 
moins à obtenir mieux encore, et l'étude consciencieuse de leurs vins, chez eux, 
dans leurs grandes foires annuelles, est bien faite pour expliquer et justifier 
leurs aspirations. 

Ces foires aux vins sont en même temps des expositions-marchés et des fêtes 
de la viticulture. 

D'un avis unanime, les vins de Touraine et d'Anjou sont, cette année, excel- 
lents. Mais dans l'excellence comme dans l'ordinaire, il y a des degrés. Pour 
bien les apprécier, il faut se reporter à des points de repère. De vieux vignerons 
se rappellent des 1846, des 1848, des 1865, des 1870; on en retrouve d'ailleurs 
de remarquables bouteilles encore dans les ]caves d'assez nombreux amateurs ; 
elles témoignent delà parfaite résistance au temps des vins d'Anjou de grandes 
récoltes. Ce ne sont cependant que des exceptions, et les types auxquels on se 
reporte sont de préférence ceux de 1895, de 1900 et de 1904, que personne n'a 
oubliés. Dans cette série, les 1893 tiennent hautement le premier rang. On 
comptait, à la récolte, que les 1906 atteindraient au même niveau. Tout permet- 
tait de l'espérer; la maturité avait été complète et la vendange s'était faite, en 
général, dans de très bonnes conditions. Quelques déceptions se sont manifes- 
tées cependant à la foire de Tours du mois de décembre. Toutes les espérances 
n'ont pas été absolument justifiées à la dégustation. Si les vins courants, ceux 
qui, en définitive, forment la masse, ont été très satisfaisants, on a trouvé que 
les grands vins manquaient un peu de cette douceur qui est une des conditions 
de leur mérite. Ces imperfections relatives ont impressionné les propriétaires 
eux-mêmes plus que les qualités-, il n'était pas difficile de constater chez eux 
quelques regrets de n'être pas arrivés à l'idéal qu'ils entrevoyaient. Ces restric- 
tions,, empreintes d'une grande sincérité, ont été interprétées comme des cri- 
tiques dans une certaine partie du public ; on en a dénaturé ainsi la significa- 
tion^ Il importe de rétablir la vérité. 

Il était bien lût encore pour se prononcer définitivement sur la valeur des vins 
de 1906 à Tours ; mais c'était le moment de les présenter au commerce, et il y 
aurait eu inconvénient à relarder la réunion. De fait, les vins conservés par les 
propriétaires, ont positivement gagné depuis un mois; les derniers froids ont 
activé leur dépouillement, ils se présentent maintenant beaucoup mieux qu'au 
commencement de décembre. La foire d'Angers, qu'on a retardée presque à la 
dernière limite, a vérifié les prévisions des viticulteurs les plus confiants. Tout 
le vignoble du département y était d'ailleurs représenté; on a pu s'y former par 



F. CONVERT. — LA FOIRE AUX VINS D'ANGERS 



51 



conséquent une opinion sur des éléments nombreux et précis, et cette opinion a 
été des plus favorables. Les vins, mieux éclaircis, étaient plus séduisants; ils se 
goûtaient avec plus de plaisir qu'à Tours. 

En définitive, si les vins de 1906 ne sont pas comparables à ceux de 1893, ils 
ont des qualités un peu différentes qui sont à prendre en sérieuse considéra- 
tion. Nous ne serions pas étonné, pour nous, qu'ils ne rachètent en véritable 
finesse, en fermeté et en corps, ce qu'on trouve en général qui leur manque en 
moelleux d'origine. Ce seront des vins qui auront leur cachet particulier, et que 
leur solide constitution garantit contre l'éventualité de défaillances possibles 
dans l'avenir. 

La foire aux vins d'Angers a établi le mérite des vins de 1906. Si elle réunissait 
beaucoup de viticulteurs, on aurait voulu y voir plus de représentants du com- 
merce. Mais, depuis les débuts de l'institution, qui ne datent que de quelques 
années, des progrès marqués se sont produits. Le commerce de l'alimentation 
parisienne, en s excusant d'être retenu par ses inventaires de fin d'année, a 
demandé des échantillons; il ne s'en contentera pas dans l'avenir, et cette pre- 
mière démarche permet d'espérer qu'il voudra se renseigner plus tard sur place. 
Du reste, si les grands négociants sont restés un peu à l'écart, beaucoup de 
petites affaires se sont traitées, et d'autres plus importantes ont été sérieusement 
préparées. Tant à la foire de Tours que dans les quelques jours qui ont suivi, la 
propriété a vendu, dit-on, plus de 4.000 barriques, dont une forte proportion, il 
est vrai, aux prix très bas de 45, 40 et même 38 francs. Ce sont les petits vins 
qui ont été les premiers demandés. Sans savoir encore ce qu'aura donné la 
foire d'Angers, nous pouvons dire que nous y avons rencontré beaucoup 
d'exposants qui nous ont exprimé leur satisfaction. Les transactions ont porté, en 
partie, sur des vins de choix de 150, 200 et 300 francs même la barrique, pour des 
quantités beaucoup plus considérables sur des vins ordinaires. Ce n'est pas 
encore ce qu'on désire, mais c'est un gage de l'intérêt croissant du marché. 

La fête viticole d'Angers révélait, comme l'avait fait celle de Tours, l'entente 
des viticulteurs et leur confiance dans l'efficacité d'une action commune pour la 
défense de leurs intérêts généraux. \ 

Si les propriétaires étaient heureux de faire apprécier leurs vins, ils étaient 
également fiers des succès du vignoble angevin. On a causé naturellement beau- 
coup de vignes. La lutte contre la Cochylis qui, sur certains points, a notoirement 
diminué la récolte, a été un des principaux sujets de conversation. La grosse 
question du sucrage a naturellement soulevé de nombreuses observations. 
D'une enquête discrètement conduite, on croit pouvoir conclure que les quantités 
de sucre mises en œuvre en 1906, alors que le raisin a bien mûri, n'ont guère été 
que moitié de celles qui ont été employées en 1905. En général, les producteurs 
/ de grands vins accepteraient volontiers la suppression du sucrage : ceux de vins 
communs ne semblent guère disposés à renoncer à son application. Mais tous 
reconnaissent que le sucre de vendange peut supporter un supplément d'impôt. 
Il n'y a qu'une voix aussi pour protester contre la fabrication artificielle qui 
constitue une grave menace pour le marché. Sur ces points au moins l'accord 
est bien établi. On suivra avec grand intérêt, à ce sujet, les travaux du pro- 
chain Congrès des associations viticoles de Paris. 

Jusqu'à présent, les groupements viticoles de Touraine et d'Anjou rivalisaient 
de zèle avec un sentiment de réelle sympathie. La foire d'Angers a resserré les 
relations qui existaient entre eux, et ce n'est pas un de ses moindres résultats. 



rfllVERSlT^OF «.UNO» 



52 



ACTUALITÉS 



Chaque département veut rester indépendant, maison a jugé qu'à côté des efforts 
isolés, il convenait de tenter au profit de tous des efforts collectifs. Si on n'en a 
pas encore déterminé précisément la forme, le principe en a été approuvé d'une 
manière positive. Sans d'ailleurs attendre plus longtemps, on a formulé, conformé- 
ment à l'opinion exprimée par M. Gilles Deperrière, l'avis qu'il y a lieu de réunir 
dans une même section, à la Société des viticulteurs de France, les viticulteurs 
actuellement divisés en deux catégories de Maine-et-Loire et de l'Indre-et-Loire 
Le reste suivra. 

Le banquet qui a ouvert la foire n'a pas seulement témoigné de la confiance 
des viticulteurs entre eux, il a fourni une occasion unique de faire une étude rétros- 
pective et captivante des grands vins de Parnay, qu'a synthétisée la riche collec- 
tion de M. Cristal. On y a fort apprécié aussi les Chanipagnes d'Anjou, qui ne se 
confondent avec aucune autre espèce de mousseux. 

En résumé, la foire aux vins d'Angers a servi utilement la cause de la viticul- 
ture régionale. C'est une création dont peuvent à bon droit revendiquer l'hon- 
neur la Société industrielle et X Union des propriétaires-viticulteurs . Ces deux associa- 
tions, étroitement unies pour le bien de tous, ont la bonne fortune d'avoir à 
leur tête des hommes de dévouement et d'intelligente activité, prêts à accepter 
les charges de toutes les initiatives profitables à leur pays. 

F. CONVERT. 



ACTUALITÉS 



La plantation des vignes et le labour de défoncement (Ed. Zacharewicz]. — La vigne et les vins 
dans l'Aude (G. Barbut). — Le crude ammoniac (C. R.). ■ — Le Congrès viticole de Montpel- 
lier. — Loi autorisant des avances aux sociétés coopératives agricoles. — Concours général 
agricole. — Informations : Congrès des associations viticoles. Société des viticulteurs de France. 
Essais publics de broyage de sarments. Foire aux vins du Loudunais. 

La plantation des vignes et le labour de défoncement. ~ Il 

est un fait constaté que si certaines variétés américaines, entre autres les 
hybrides de Berlandieri, peuvent donner des résultats dans un terrain peu 
profond, il n'en est pas de même d'autres variétés, comme par exemple le 
Riparia. C'est que dans ce cas le labour de défoncement peut être empêché par 
un sous-sol à cailloux bétonnés que les instruments ne peuvent pas entamer; 
c'est ce qui arrive généralement dans les terrains appartenant au diluvium alpin, 
et c'est justement ce qui nuit au Riparia tandis que les greffes sur hybrides du 
Berlundieri y prospèrent très bien. Nous laisserons donc ces sortes de sols de 
côté et nous nous occuperons seulement de ceux qui, par exemple, auront un 
sous-sol de tout autre nature. 

Le défoncement d'un sol peut se faire soit avec la bêche ou la pioche, soit avec 
des charrues fonctionnant avec des animaux, ou avec des treuils ou bien avec la 
vapeur. 

Dans le «léfoncement d'un sol, on peut se proposer trois choses : incorporer le 
sol au sous-sol, ramener le sous-sol à la surface, enfin ne retourner que le sol. 

l'ourles premiers défoncements, on se sert des charrues Dombasle, Bonnet et 
lirabiinl ; c< s charrues peuvent aller jusqu'à une profondeur de 40 à 50 centi- 
mètres si elles sont traînées par huit bêtes. Mieux vaudrait môme l'emploi des 
charrues fonctionnant avec le treuil ou bien avec la vapeur; le défoncement 



ACTUALITES 



53 



peut alors atteindre de 60 à 70 centimètres de profondeur. Cette opération sera 
ainsi faite toutes les fois que le sous-sol est de même composition que le sol. 

Pour les seconds, on fait suivre deux charrues: l'une tourne la couche supé- 
rieure du sol, et l'autre, qui est ordinairement traînée par huit bêtes, passe dans 
le sillon ainsi ouvert et ramène le sous-sol au-dessus de la bande déjà retournée. 
Cette opération doit se faire lorsque le sous-sol est plus riche que le sol. 

Pour les troisièmes, qui peuvent être faits à bras ou à la charrue, on retourne 
simplement la couche du sol. Si l'opération est faite à la charrue il est à conseil- 
ler d'ameublir le sous-sol sur-place en faisant suivre dans la raie une autre char- 
rue dite fouilleuse, qui se distingue des autres, parce qu'elle n'a pas de versoir; 
c'est simplement une dent terminée en fer de lance qui remue le sous-sol sans le 
déplacer. C'est l'opération qui est nécessaire lorsque le sous-sol est de mauvaise 
nature. 

En somme, ce qui guide surtout la profondeur du défoncement, c'est la composi- 
tion du sous-sol: aussi, lorsqu'il s'agira de reconstitution, sera-t-il très prudent 
de faire des fouilles pour s'assurer de la qualité du sous-sol, soit pour effectuer 
le défoncement, soit pour choisir la variété américaine à y mettre de préférence. 
L'analyse du sous-sol sera aussi d'une très grande utilité pour la réussite du 
vignoble. Dans beaucoup d'endroits Ton n'en a pas toujours tenu compte, aussi 
en supporle-t-on maintenant les conséquences. La chlorose s'y est déclarée et a 
anéanti un très grand nombre de souches. Nous savons que maintenant on 
peut sauver, par le traitement Rassiguier, pas mal de vignes, mais il vaut mieux, 
une fois pour toutes, prévenir le mal que de le combattre: c'est pour cela que l'on 
fera bien à l'avenir de tenir compte de ces observations. — Ed. Zaciiarewicz. 

La vigne et les vins dans l'Aude. — D'un rapport très documenté de 
M. G. Barbiit. pr< f»->>eur départemental d'agriculture de l'Aude, nous détachons 
les passages suivants : 

I. Surface, culture et récolte en J906. — De 1905 à 1900, il y a une diminution de 
t#98 hectares dans l'étendue du vignoble du département. 

Cette réduction provient : 1° de l'arrachage d'une certaine étendue de vignes 
mal adaptées ; de vieilles vignes françaises détruites par le Phylloxéra; de vignes 
soumises à la submersion depuis de longues années et dépérissantes; 2° des 
rectifications apportées aux évaluations des surfaces plantées, que les maires ont 
faites à la suite de nos observations. Ce mouvement d'arrachage des vignes les 
moins bonnes et les moins productives ne manquera pas de s'accentuer encore si 
le bas prix des vins persiste. 

Après vérification des chiffres recueillis par la chaire départementale d'agri- 
culture de l'Aude et de ceux fournis par l'Administration des Contributions 
indirectes, la production pour 1900 a été fixée à 4.110.189 hectolitres, ce qui, 
pour une surface plantée de 129.326 hectares, donne une production moyenne 
<le :>1 hectol. 78 à l'hectare. Les vins de 1906 sont exceptionnellement riches en 
couleur et en alcool. Il n'y a pour ainsi dire pas ou presque pas de vins dont la 
richesse alcoolique soit inférieure à 9 degrés èt beaucoup atteignent 10, 11 et 
12 degrés. Quelques-uns même titrent jusqu'à 13 et 14 degrés. 

II. Sucrage. — Voici un relevé fort intéressant qui montre quelles ont été les 
fluctuations suivies par le sucrage dans le département de l'Aude pendant ces 
dernières années : L'emploi du sucre avait à peu près complètement disparu 



54 



ACTUALITÉS 



pendant les années de crise 1901 et 1902. A la suite des gelées meurtrières 
d'avril 1903 les quantités de sucre mises en œuvre s'étaient relevées au point de 
représenter 75.073 hectolitres de vin, savoir 70.743 hectolitres en première 
cuvée et 4.330 hectolitres de deuxième cuvée. En présence de la grosse récolte 
de 1904 et de la réprobation générale dont l'emploi du sucre a été l'objet dans 
le Midi viticole, il n'a été employé en 1904 que 17.412 kilos de sucre pour les 
vins de première cuvée et 750 kilos pour ceux de deuxième cuvée, correspondant 
à 8.407 hectolitres. 

L an dernier — 1905 — il n'a été mis en œuvre que 4.335 kilos en première 
cuvée et 100 kilos en deuxième cuvée, ce qui donne une production de 
2.004 hectolitres. Enfin, pour 1906, la quantité de sucre déclarée pour les vins 
de première cuvée n'atteint que 2.393 kilos, correspondant à 1.247 hectolitres de 
vin. Rien n'a été déclaré pour les vins de seconde cuvée. 

Nous sommes heureux de constater que l'Aude a complètement renoncé à 
l'emploi du sucre et qu'il est au nombre des départements où le sucrage a, pour 
ainsi dire, disparu. 

III. Distillation. — De l'examen des chiffres relevés, il résulte qu'en 1900-1901, 
à cause de la qualité défectueuse des vins récoltés, les quantités livrées à la 
chaudière furent considérables puisqu'elles s'élevèrent à 473.731 hectolitres de 
vin et 17.619 hectolitres de marcs et lies, produisant une quantité totale d'alcool 
de 30.442 hectolitres. Les vins de 1901 étant bien supérieurs aux précédents et 
la maladie de la Casse ayant été très rare, nous voyons le chiffre des vins distillés 
tomber à 172.277 hectolitres, tandis que celui des marcs et lies s'élève à 
85.555 hectolitres, l'ensemble produisant 13,139 hectolitres d'alcool. N'ayant 
plus à leur disposition une suffisante quantité de vins à bas prix, les Bouilleurs 
de profession sont revenus en 1902 à leurs produits habituels, marcs et lies, 
dont ils ont distillé 79.891 hectolitres contre 16.679 seulement en 1901. En 1902- 
1903, en présence de prix de vente rémunérateurs, les quantités de vins livrées 
à la chaudière tombent à 14.338 hectolitres, tandis qu'il est distillé 77.933 hecto- 
litres de marcs et lies. A la suite des gelées meurtrières d'avril 1903, qui avaient 
considérablement réduit la récolte, les vins s'étant vendus à des prix élevés, 
nous voyons la distillation n'utiliser que 907 hectolitres contre 32.711 hectolitres 
de marcs et lies. 

La distillation est sous la dépendance des quantités récoltées et de la qualité 
des vins. Quand les récoltes sont 1res abondantes, que les vins sont de médiocre 
tenue, que les cours sont avilis, la distillation prend une très grande importance. 
C'est ce que nous avons vu se produire à la suite de la récolte exceptionnelle 
de 1875 qui, l'on s'en souvient, atteignit en France 83 millions d'hectolitres. 
Puis la quantité des alcools diminue, à mesure que le Phylloxéra détruit nos 
vignobles cl que la production en vins baisse dans de très grandes proportions. 

Depuis lors, nous voyons la distillation prendre de l'importance en 1894, à la 
suite d'une mauvaise récolte de vins cassés et en 1900-1901 pour des motifs ana- 
logues. La récolte de 1904 ayant été de près de 8 millions d'hectolitres dans 
l'Aude et de 66 millions pour la France entière, la distillation — malgré la sur- 
veillance sévère de la régie, les rigueurs de la prise en charge de l'alcool produit 
et les ennuis du recensement — reprend un nouvel essor et met en œuvre 
204.233 hectolitres de vins et 209.929 hectolitres de maresetlics, correspondant 
à une production totale de 21.780 hectolitres, qui, après celle de 1901, est la 
plus forte que nous ayons eue depuis 1876. Malgré le rétablissement du privilège 



ACTUALITÉS 



des bouilleurs de cru, accordé par la loi du 27 février 1906 et bien que le cours 
des vins soit malheureusement aussi peu rémunérateur que possible, la distilla- 
tion n'a porté, pendant la dernière campagne, que sur 124. 728 hectolitres de vin 
et 305.030 hectolitres de piquettes, marcs et lies, produisant une quantité totale 
de 15.153 hectolitres d'alcool. 

La concurrence des alcools d'industrie rend, jusqu'ici, la production des eaux- 
de-vie de vin peu rémunératrice, de telle sorte que la « soupape de sûreté », dont 
on a tant parlé, n'a pu remplir son rôle en 1906 et débarrasser le marché des 
vins défectueux qui pèsent sur les cours. 

Le crude ammoniac est un résidu de l'épuration chimique du gaz d'éclai- 
rage. L'azote qu'il contient, en quantités fort variables, revient à Ofr. 90 environ 
le kilogramme en gros, à 1 ou 1 fr. 10 au détail. C'est un prix très faible com- 
paré à celui qui ressort actuellement du cours des matières fertilisantes. Malheu- 
reusement, l'azote se présente dans ce produit sous forme de cyanures divers 
qui, pendant qu'ils n'ont pas subi de modifications, sont de véritables poisons 
pour les plantes. Si on ne pouvait l'employer que comme désherbant ou insec- 
ticide, rôle qui lui convient fort bien, ses usages seraient intéressants sans doute, 
mais limités. Des résultats favorables ont été constatés, dit-on, en ce qui concerne 
la destruction du Phylloxéra; il conviendrait, croyons-nous, de ne pas être trop 
affirmatif. En tout cas, il semble que la nitrification du crude dans le sol soit 
susceptible de transformer avantageusement ses propriétés en permettant d'en 
tirer parti comme engrais (1). 11 ne doit jamais être employé sur des terrains 
prêts à être ensemencés, ni en couverture. M. Bargeron estime qu'on peut s'en 
servir sans crainte un mois et demi au moins avant l'époque des semailles. Nous 
ne croyons pas moins qu'il convient d'agir avec prudence, car il y a crude ammo- 
niac et crude ammoniac; mais nous pensons que ce corps mérite de faire l'objet 
d'essais sérieux, et nous enregistrerions bien volontiers les communications que 
voudraient nous faire, à ce sujet, nos abonnés et nos collaborateurs. — C. R. 

Le Congrès viticole de Montpellier, qui s'est tenu dans cette ville di- 
manche dernier, 6 janvier, n'a été ni moins suivi, ni moins animé que les précé- 
dentes réunions du même genre qui ont eu lieu à Perpignan, à Béziers, à Mâcon 
et à Lyon. C'est que la crise viticole est malheureusement une question qui 
reste depuis trop longtemps d'actualité. Loin de s'atténuer, elle ne fait en effet 
que de se développer, en s'étendant à des régions de production qui y avaient 
tout d'abord a peu près échappé, et en augmentant d'intensité dans les pays qui 
ont été les premiers à en souffrir. Le mal n'est que trop manifeste; aussi e^t-il 
naturel qu'après l'essai de premiers remèdes qui, faute de valeur suffisante ou 
faute d'application rationnelle, n'ont donné que des résultats illusoires, on con- 
tinue à chercher de nouvelles combinaisons d'une efficacité plus complète. 

L'attention s'est portée, à Montpellier, sur deux sujets principaux. On s'y est 
occupé surtout du sucrage et du régime des alcools. 

L'accord s'est bien vite établi en matière d'emploi du sucre. Sans maintenir la 
formule de la prohibition pure et simple qui avait été adoptée d'enthousiasme 
autrefois à Béziers, le Congrès s'est rallié à l'établissement d'une surtaxe de 
65 francs applicable aux sucres de vendanges et à la suite des sucres à partir de 

(1) Le crude ammoniac, par L. Bargeron, Broch. in-12. de 54 pages. Paris, Amat, 11, rue de 
Mé/.iAres. • 



56 



ACTUALITÉS 



15 kilogrammes. Cette solution est celle qui tend manifestement à prévaloir 
dans tous nos meetings viticoles. 

Le régime de l'alcool a donné lieu à des débats plus complets. On a discuté 
sur les avantages de la taxe différentielle, qu'elle soit progressive ou dégressive, 
et sur ceux de la prime à la distillation. Ce dernier système qui avait été con- 
sidéré comme quelque peu fantaisiste, quand M. Augé en a pris l'initiative, il y 
a plusieurs années déjà, est beaucoup plus favorablement apprécié aujourd'hui. 
Son grand avantage serait de faire payer par la consommation française, sous * 
forme d'une légère surtaxe, les encouragements à donner à la distillation ; il ne 
soulèverait pas d'objections d'ordre financier, objections si puissantes en ce 
moment. Aussi, après avoir écouté divers orateurs, le Congrès de Montpellier 
s'est-il prononcé en faveur « d'une allocation à la distillation des vins compensée 
par une légère majoration du droit de circulation » et, subsidiairement, pour la 
taxe différentielle. 

La question des vins de liqueur ne pouvait être mieux traitée qu'à Montpel- 
lier. On y a demandé, dans un esprit bien compris de conciliation, l'adoption de 
la taxe volumétrique proposée par le Sénat, de préférence à la taxe au degré 
votée par la Chambre qui tendrait à faire considérer les vermouths et vins 
d'imitation comme de simples boissons alcooliques. 

Avant de clore ses réunions, l'assemblée a adopté le principe de la déclaration 
de récolte. 

Enfin, à propos des fraudes de Béziers, l'exposé sommaire des faits les 
montre sous un aspect nouveau. On y a appris que « la maison accusée du 
trafic des acquits fictifs est la succursale d'une maison de Paris », et d'une 
des plus importantes, a déclaré M. Lafferre. C'est dire qu'il faut poursuivre la 
fraude partout où elle se pratique, et qu'un des meilleurs moyens dien prévenir 
les abus serait encore le rétablissement de l'exercice « sans exception aucune, 
Paris compris ». Le Congrès de Montpellier voudrait que la prise en charge soit 
faite au volume en même temps qu'au degré. — C. R. 

Loi autorisant des avances aux sociétés coopératives agri- 
coles. — Le Journal officiel du 30 décembre 1906 a publié, sous la date du 
29 décembre, la loi autorisant des avances aux sociétés coopératives agricoles. Ces^ 
avances seront faites gratuitement aux Caisses régionales qui les remettront aux 
sociétés coopératives, sous charge d'un intérêt dont le taux devra être approuvé 
par le gouvernement. Kl les ne pourront dépasser, en totalité, le tiers des rede- 
vances versées annuellement par la Banque de France dans les caisses du Trésor, 
ni, pour chaque cas particulier, a le double du capital de la société coopérative 
agricole, versé en espèces ». Cette dernière disposition exclut, comme on le voit, 
du bénéfice des dispositions de la loi, les coopératives agricoles qui se fondent 
sans capital, sous la garantie seulement des engagements et emprunts qu'elles 
contractent par les membres qui en font partie. Le délai maximum de rembour- 
sement des avances ainsi prévues est fixé à vingt-cinq ans. 

Les coopératives viticoles semblent devoir se placer parmi les premières insti- 
tutions qui sont appelées à profiler des facilités accordées pour leur constitution 
et leur fonctionnement. La loi a donc, à ce point de vue, un intérêt particulier pour 
la viticulture. Kn voici le texte : 

ART. i**. — L'article 1 er do la loi du i lover sur lesredovances annuelles etremet- 
31 mars 1899 est ainsi complété. tre gratuitement auxdites caisses régionales 

« Le Gouvernement peut, én outre, pré* | des avances spéciales destinées aux sociétés 



ACTUALITÉS 



î>7 



coopératives agricoles et remboursables 
dans un délai maximum de vingt-cinq an- 
nées. 

(t Ces avances ne pourront dépasser le 
tiers des redevances versées annuellement 
par la Banque de France dans les caisses 
du Trésor, en vertu de la convention du 
31 octobre 1896, approuvée par la loi du 
17 novembre 1897. » 

Art. 2. — Les caisses régionales sont 
chargées de faciliter les opérations concer- 
nant l'industrie agricole, effectuées par les 
sociétés coopératives agricoles, réguliè- 
rement affiliées aune caisse locale decré- 
dit mutuel régie par la loi du o novem- 
bre 1894. 

Elles garantissent le remboursement, à 
l'expiration des délais, des avances spé- 
ciales qui leur sont faites pour les sociétés 
coopératives agricoles. 

Toutes opérations autres que celles pré- 
vues par le présent article et par la loi du 
31 mars 1899, leur sont interdites. 

Art. 3. — Les caisses régionales rece- 
vront des sociétés coopératives agricoles, 
sur les avances spéciales qu'elles auront 
remises à celles-ci, un intérêt qui sera 
fixé par elles et approuvé par le Gouver- 
nement, après avis de la commission pré- 
vue à l'article o. 

Art. 4. — Les demandes d'avances éma- 
nant des sociétés agricoles devront indiquer 
d'.une manière précise l'emploi des fonds 
sollicités ; elles seront présentées au Gou- 
vernement par l'intermédiaire des caisses 
régionales de crédit agricole mutuel. 

Pourrontseules recevoir les avances pré- 
vues à l'article 1 er de la présente loi, quel 
que soit d'ailleurs leur régime juridique, 
les sociétés coopératives agricoles consti- 
tuées par toutou partie des membres d'un 
ou plusieurs syndicats professionnels agri- 
coles, en vue d'etîectuer ou de faciliter 
toutes les opérations concernant soit la 
production, la transformation, la conser- 
vation ou la vente des produits agricoles 
provenant exclusivement des exploitations 
des associés, soit l'exécution de travaux 
agricoles d'intérêt collectif, sans que ces 
sociétés aient pour but de réaliser des bé- 
néfices commerciaux. 

Art. 5. — La répartition des avances 
aux caisses régionales de crédit agricole, 
tant en vertu de la présente loi que de la 
loi du 31 mars 1899, sera faite par le minis- 
tre de l'Agriculture sur 1 'avis d'une com- 
mission spéciale et dont les membres, à 
l'exception des membres de droit, sont 
nommés par décret pour quatre années, 
composée ainsi qu'il suit: 

Le ministre de l'Agriculture, président ; 

Quatre sénateurs ; 

Six députés; 

Un membre du Conseil d'État ; 



Un membre de la Cour des comptes ; 
Le gouverneur de la Banque de France ; 
Le directeur général de la comptabilité 
publique ; 

Le directeur du mouvement général des 
fonds ; 

Un inspecteur général des finances ; 

Le directeur général des eaux et forêts ; 

Le directeur de l'agriculture ; 

Le directeur du secrétariat, du person- 
nel central et de la comptabilité; 

Le directeur de l'hydraulique et des 
améliorations agricoles ; 

Le directeur des haras; 

Le chef du service des caisses régionales 
de crédit agricole mutuel ; 

Six inspecteurs généraux ou inspecteurs 
du ministère de l'Agriculture; 

Trois membres du conseil supérieur de 
l'agriculture; 

Huit représentants choisis parmi les 
membres des caisses de crédit agricole 
mutuel, régionales oulocales, ou des socié- 
tés coopératives agricoles ; 

En dehors des membres permanents de 
la commission, les inspecteurs généraux 
et inspecteurs de l'agriculture, les inspec- 
teurs des améliorations agricoles et les 
inspecteurs de caisses de crédit agricole 
mutuel chargés de rapport» sont appelés à 
les soutenir devant la commission avec 
voix consultative. 

Est abrogé l'article 4 de la loi du 31 mars 
1899. 

Art. 6. — Un décret rendu après avis 
de la commission de répartition des avan- 
ces, sous le contreseing des ministres de 
l'Agriculture et des Finauces, déterminera s 
limïtativement la nature des opérations 
que pourront entreprendre les sociétés 
coopératives agricoles susceptibles de 
recevoir des avances de l'État. 

La commission de répartition détermi- 
nera la durée de chaque prêt, ainsi que le 
montant de l'avance, qui ne pourra excé- 
der le double du capital de la sociéié coo- 
pérative agricole, versé en espèces. 

Cette avance spéciale deviendra immé- 
diatement remboursable en cas de vio- 
lation des statuts ou de modifications à ces 
statuts qui diminueraient les garanties de 
remboursement. 

Art. 7. — Des règlements d'administra- 
tion publique détermineront, pour les so- 
ciétés coopératives agricoles qui deman- 
deront des avances par l'intermédiaire et 
avec la garantie des caisses régionales de 
crédit agricole, en vertu de la présente loi, 
la procédure àsuivre, les dispositions éven- j 
tuelles que devront contenir les statuts, le 
mode et la forme des enquêtes préliminaires 
d'ordre économique et technique à ouvrir 
par les services intéressés du ministère de 
l'Agriculture, la surveillance à exercer sur 
l'emploi des avances qui ne devront pas 
être détournées de leur affectation, les 



o8 



REVUE COMMERCIALE 



garanties d'ordre général à prendre pour ces sociétés coopératives agricoles pour 
assurer le remboursement des prêts, ainsi sauvegarder les intérêts du Trésor, 
que les moyens de contrôle à exercer sur Fait à Paris, le 29 décembre 1906. 

Concours général agricole. — Par arrêté du 30 décembre 1906, le minis-tre de 

l'Agriculture a décidé que le concours général agricole de Paris, en 1907, se tiendra à 
la Galerie des Machines du 18 au 26 mars. Le programme de ce concours paraîtra vers 
le 10 janvier et sera tenu à la disposition des intéressés au ministère de l'Agriculture, 
78, rue de Varennes, à Paris, et dans toutes les préfectures et sous-préfectures. 

Informations : Le Congrès des associations viticoles dont nous avons donné 
le programme dans notre numéro du 13 décembre, se réunira à l'Hôtel Continental les 
jeudi 17, vendredi 18, et samedi 19 janvier. Le jeudi 17 janvier, avant l'ouverture du 
Congrès, aura lieu l'Assemblée générale ordinaire de la Société des viticulteurs de 
France. Le banquet de la Société, qui avait été prévu tout d'abord pour le dimanche 
20 janvier à midi, a dù être avancé pour diverses raisons; il aura lieu le samedi 19 jan- 
vier, à 8 heures du. soir, à l'Hôtel Continental. 

Société des viticulteurs de France. — Le siège social de la Société est trans- 
féré 28, rue Godot-de-Mauroy, à Paris. Les bureaux de la Société seront installés à 
cette adresse à partir du 15 janvier 1907. 

Essais publics de broyage de sarments. — La Société d' Agriculture de la Gironde 
organise pour les 14 et 15 janvier 1907 des essais publics de broyage de sarments avec 
des broyeurs mus : 1° par moteurs; 2° par des animaux; 3° à bras d'hommes en vue de 
la nourriture des animaux en temps de disette fourragère. 

La Foire aux vins du Loudunais aura lieu à Loudun le 15 janvier 1907. Comme 
les années précédentes, elle aura son siège maison Bourdilleau. Près de l'exposition des 
vins, une salle sera réservée pour les instruments, appareils et produits utiles à la viti- 
culture. Les demandes pour la foire doivent être adressées à M. Coquelin, secrétaire. 
+ 

REVUE COMMERCIALE 



Marché de Paris. — Nous venons de passer une fin d'année pendant laquelle 
la neige a considérablement gêné nos transports. Nous ne sommes pas encore à 
jour avec nos rentrages et nos expéditions, et la crue de la Seine nous oblige 
à enlever avec rapidité les fûts qui sont sur les ports. Dansla journéede vendredi, 
le niveau des eaux s'est élevé de près d'un mètre. Si cela continue, nos arrivages 
de Rouen, qui montent le fleuve déjà avec une lenteur désespérante, vont encore 
subir de nouveaux relards. Ces temps d'arrêt sont une mauvaise chose pour les 
marchandises envoyées à la vente, car lorsque la navigation reprend son cours 
normal, tout arrive à la fois. Il y a alors encombrement et offres de partout, ce 
qui amène souvent un fléchissement momentané des prix. 

Les achats continuent à se faire toujours par petites parties. Comme nous le 
faisions prévoir il y a deux mois, le commerce, à tort ou à raison, n'a pas con- 
6a oce dans ta qualité (Incertains vins de 1906. (Nous voulons parler, bien entendu, 
de vins courants seulement, et nous mettons tout à fait à part certains crus de 
différents vignobles qui ont été très appréciés puisqu'ils ont obtenu des prix 
très rémunérateurs.) Malgré c<4te fâcheuse impression, les cours se main- 
tiennent. On espérait, aux environs des fêtes, qu'il se produirait une détente 
comme souvent a pareille époque; c'est le contraire que nous avons eu : de la 
fermeté presque dans tous les vignobles. — X... 

VIGNOBLES ET VINS 
De nos Correspondants : 

Porto (Portugal). — C'est encore un peu tôt pour se prononcer sur l'exacte 
valeur des Portos de la dernière récolte; toutefois on est d'ores et déjà un peu 
d'accord pour la placer en second rang ce qu'on comprendra facilement sachant 
que les rintar/cs — c'est-à-dire les récoltes hors ligne — ne se succèdent jamais, 
venant tout au plus de cinq en cinq ans, fort souvent dix années se passant sans 
que le* Anglais, entre les mains «lesquels se trouve presque entièrement, depuis 
des siècles, ce commerce, arrivent à prononcer urbi et orbi que telle ou telle vin- 



REVUE COMMERCIALE 



:>9 



tctge est en droit de devenir célèbre. Pour les dernières années, c'est la récolte 
de 1904 qui a été poussée; les plus énergiques efforts ayant été mis en pratique 
pour la rendre renommée et, sans faveur, elle était en droit de prendre un beau 
rang parmi d'autres qui on fait leur chemin, peut-être avec moins de titres à la 
recommander. Mais hélas! qu'est-ce qui est arrivé? Au moment que les grands 
crus de 190-4 se vendaient couramment, en Angleterre, depuis JC 40 à e 52 la pipe 
550 litres , une inondation de vins est survenue à Londres pour des ventes 
publiques, exportés sous cette marque : « Vintage 1904. » C'étaient, bien entendu, 
des coupages de troisième ou quatrième ordre, ce n'étaient pas des produits du 
Haut-Douro, mais sans doute des vins fabriqués ad hoc avec des mistelles pour 
leur donner de la douceur et du moelleux. Ainsi ces 1904 d'imitation se sont 
vendus à t" 10 et à £ 12 et conséquemment une récolte qui devrait être considérée 
comme la première du xx e siècle, sera pour toujours perdue dans l'abîme. 

La situation de la viticulture du Haut-Douro devient donc de plus en plus dif- 
ficile avec la déloyale concurrence qu'on lui fait, non pas seulement à l'étranger, 
mais également dans le propre pays de production. Naturellement les viticul- 
teurs de cette région se trouvent très embarrassés pour placer leur produit qui 
revient énormément cher, et ainsi ils demandent au gouvernement d'interdire 
l'entrée des vins du Midi pour qu'ils ne puissent plus être exportés par notre 
port sous la fausse étiquelte de Porto. 

La question soulève de fortes discussions et doit être prochainement traitée au 
Parlement où l'on compte généralement qu'entière satisfaction sera donnée aux 
propriétaires du Douro. 

La viticulture dans ce pays montagneux est tout à fait suigeneris : elle n'a rien 
de commun avec la viticulture universelle. Après l'invasion phylloxérique, toutes 
ces montagnes ont été abandonnées à la végétation spontanée et quand les recons- 
titutions sont timidement commencées avec des porte-greffes sans la moindre 
résistance à l'aptère, les insuccès se sont produits : ainsi, encore une fois, on a été 
forcé de recommencer. 

On a alors planté des Riparia gloire de Montpellier; Grand glabre, divers Rupes- 
tris, Solonis, etc., etc., mais vraiment tels cépages ne sont pas l'idéal; ils sont 
encore loin de répondre aux besoins de la région. 

Depuis les dernières années, on plante du Rupestris du Lot et dans les terrains 
profonds il semble faire son chemin. Toutefois je suis convaincu qu'il faudra 
entrer dans les hybrides de Couderc Riparia X Rupestris pour s'assurer un meil- 
leur futur, le 3309 devant avoir la préférence sur le 3306 qui du reste n'aura qu'une 
réputation assez éphémère dans le Douro. 

En observant le géotropisme de ces deux plants, le fait est facile à s'expliquer 
de soi-même. Pour les terrains schisteux, caillouteux et sous un climat ardent, 
rarement étant baigné par la pluie, il en faut des cépages à racines plongeantes 
et le 3300, au contraire du 3309, les a superficielles, partageant dans ce carac- 
tère plutôt des Riparias que des Rupestris. J'ajouterai encore que plusieurs 
cépages producteurs du Porto s'adaptent fort mal sur le 3306. 

Je ' rois donc que dans un court délai on n'en voudra plus pour le Haut-Douro 
du 3306 : ce sera un plant banni. — Vade rétro. 

Le Rerlandieri X Riparia 420 A est en étude depuis deux ans et je remarque 
qu'il est d'une bonne végétation dans notre sol et sous notre climat, les greffes se 
soudant parfaitement et devenant très vigoureuses. 

Peut-être, cependant, que dans le Haut-Douro il faudrait entrer un peu plus 
dans les Cordifolias. M. Malègue m'a offert quelques boutures de 4406-51 (Cor- 
difolia Rupestris X Rupestris — Malègue X Riparia Glabre) qui me semble avoir 
une certaine valeur, mais il est encore trop tôt pour se prononcer en sa faveur 
avec connaissance de cause. Les boutures prennent assez bien. La viticulture 
portugaise est donc vraiment redevable de grands services qui lui sont rendus 
tous les jours par la France. Sans les travaux des professeurs français, elle 
n'existerait plus. 

Encore un mot sur l'état du vignoble pour conclure : les cépages qui ont reçu 
des engrais portent du bois excellent permettant une taille relativement longue, 
ce que fait prévoir une abondante récolte pour l'année prochaine. Ainsi soit-il! 
— José Duarte d'Oliveira. 



60 COURS DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES 



CÉRÉALES (le quintal métrique) 

BLÉS 



Part* 



Blés blancs 

— roux 

— Monter eau. 



Départements 

Lyon ..i. 

Dijon 

Nantes 

Marchés étrangers 

Londres 

New- York 

Chicago 



Paris , 



Part* 

Noire de Brie. 
Beaace 



Départements 

Dijon .......... 

Lyon 

Bordeaux 

Tonlouse..i 



DU 12 
AD 

18 DEC. 


DU 19 

AU 
25 DEC. 


du 26 

DEC. AU 
1 JANV. 


DU 2 
AU 
8 JANV. 


— 

23 25 
23 00 
22 75 


23 50 

22 75 

23 00 


23 75 

22 90 

23 60 


23 00 
22 75 
22 75 


23 00 

22 60 

23 00 


22 90 

22 80 

23 00 


23 00 

22 80 

23 50 


22 90 
22 10 
22 80 


16 50 
J5 72 
14 25 


16 60 
15 80 
14 20 


16 75 
15 42 
15 10 


17 00 
15 42 
13 91 



SEIGLES 

17 60 I 17 75 | 17 75 ! 17 50 
AVOINES 



21 75 
20 75 



20 00 

21 25 
21 50 
21 00 



21 75 
20 74 



20 10 

21 50 
21 50 

20 75 



21 80 
20 80 



21 00 

21 75 

21 75 

21 00 



21 50 
20 60 



20 00 

20 60 

21 00 
21 00 



FOURRAGES ET PAILLES 

A PARIS 
(Les 104 bottes de 5 kilogrammes) 



DANS PARIS 


18 DEC. 


24 DEC. 


31 DEC. 




23 à 26 


23 à 26 


23 à 26 




50 à 60 


52 à 62 


52 à 62 




50 à 60 


52 à 62 


52 à 62 


ESPRITS ET SUCRES 


PARIS 


18 DEC. 


24 DEC. 


31 DEC. 


Esprits 3/5 Nord fin 








90» l'hect., esc. 2 % 


40 00 


40 25 


41 00 


SUCRES 








Blancs n° 3 les 100 kil. 


27 25 


27 75 


28 00 


Raffinés — 


58 25 

■ 


58 75 


59 00 



8 JANV. 

23 à 26 

46 à 56 
45 à 55 



8 JANV. 



39 25' 



26 75 
58 25 



BÉTAIL 

MARCHÉ DE LA VILLETTE 
(Prix du kilogr. de viande, net) 

Marché du 8 janvier. 



Bœufs. . . 
Veaux . . 
Moutons. 
Porcs. . . 



f'qté 


2» qté 


3» qté 


1 00 


1 50 


1 30 


2 88 


2 50 


2 10 


2 14 


1 80 


1 50 


1 44 


1 32 


1 24 



Prix extrême 
an poids vif 

0 56 à 1 02 
0 84 à 1 42 
0 80 à 1 12 
0 84 à 1 26 



BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA SEMAINE 

du 30 décembre 4906 au o janvier 1907. 





Tempéra- 


Tempéra- 


Tempéra- 


Pluie 






Tempéra- 


Tempéra- 


Tempéra- 


Pluie 


JOURS 


ture 


ture 


ture 


DATES 


ture 


ture 


ture 


maxima 


minima 


moyenne 


enmillim. 






maxima 


minima 


moyenne 


enmillim, 










PARIS 














MONTPELLIER 






Dimanche. 


— 1. 


8 


— 8 


» 


— 4. 


9 


0 


... 30 




5 




— 4 


» 


0. 


5 


0 


Lundi 


2. 


8 


2. 


8 


2. 


8 


1 


... 31 




6 


» 


— 3 




1. 


5 


0 


Mardi .... 


8. 


1 


7 . 


7 


7. 


9 


2 


... 1 




14. 


7 


2 


» 


8. 


3 


0 


Mercredi . 


10 


2 


1. 


9 


6. 


» 


1 


2 




12. 


3 


— 1. 


6 


5. 


3 


0 




7. 


3 


1. 


7 


4. 


5 


1 


3 




6. 


7 


— 0. 


4 


3. 


2 


' 0 


Vendredi . 


6. 


5 


— 2. 


1 


2. 


2 


0 


... 4 




6 


» 


0 




3 


» 


0 


Samedi. . . 


4. 


4 


4. 


4 


4*. 


4 


1 


... 5 




5 


» 


1 


» 


3 


» 


0 










NANCY 
















ALGER 






Dimanche. 


— 3. 


» 


=*ï 


)) 


— 6. 


5 


0 


... 30 




12 


» 


5 


» 


8. 


5 


9 


Lundi 


4 


» 




» 


1. 


5 


3 


... 31 




17 


» 


10 


» 


13. 


5 


3 


Mardi .... 






4 


» 


5 


» 


4 


... i 




19 




11 




15 


» 


0 


Mercredi . 


7 




0 


)) 


3. 




6 


... 2 




21 




11 




16 


» 


0 




6 




0 


» 


3 


» 


5 


... 3 




19 


» 


12 


» 


15. 


5 


0 


Vendredi . 


2 


» 


2 


» 


0 




0 


... 4 




15 




8 


» 


11. 


5 


2 


Samedi. . . 


3. 


5 


— ï 


)) 


2. 


2 


1 


... 5 




13 


» 


7 


» 


10 


» 


1 










LYON 














BORDEAUX 






Dimanche. 


— 2. 


i 


—11 


)> 


— 0. 


5 


0 


... 30 




2. 


8 


— 0. 


9 


1 


» 


0 


Lundi 


3. 


6 


0. 


1 


1. 


8 


1 


... 31 




10! 


5 


8. 




9. 


6 


4 


Mardi.... 


4. 


6 


1. 


3 


3 


» 


1 


... 1 




12. 


2 


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l 'r Année. — Tome XXVII. 



N° 683. 



Paris, 17 Janvier 1907 



REVUE 

DE 

VITICULTURE 

ORGANE DE L'AGRICULTURE DES REGIONS VITIGOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA, 

Inspecteur Général de la Viticulture, - 
Professeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Membre de la Société Nationale d'Agriculture, Docteur ès sciences. 



SOMMAIRE 

PAGES 

A. Berget Les Pinots blancs vrais. 61 

Valéry Mayet. . . Les insectes lignivorés de la vigne (avec figures) (suite) 63 

Ed. Zacharewicz. Le fraisier et sa culture (avec figures) 68 

J.-B. Chapelle... La crise oléicole 72 



Actualités. — A nos abonnés et Correspondants. — Congrès des viticulteurs du 
Sud-Ouest, à Bordeaux (P. L.i. — L'emploi des bouillies arsenicales en 
viticulture (M. Cercelet). — Répression des fraudes : déclaration de 
récolte (0. Audebert). — Défoncement économique pour la vigne 
(J. Farcy). — Distillation des vins à la propriété (Martin). — Prairies 
temporaires (Ed. Zacharewicz). — Légion d'honneur : promotions et 
nominations. — Chaires départementales d'agriculture du Gard, Corse, 
Haute-Loire : concours. — Loi autorisant les communes viticoles à con- 
tracter des emprunts en dehors des formalités d'usage 77 

Revue commerciale. — Vignobles et vins ; correspondance du Midi (A.). — 
Avis d'adjudication. — Fruits et primeurs aux Halles centrales de 
Paris (O. D.). — Prix-courant des principaux produits agricoles 87 

Bulletin météorologique 88 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France, Prop. -Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticole de Cadillac, Propr. -Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant de la Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut, Président du Comice agricole de 
Nuits-St-Georges, Prop.-Viticult. (Côte-d'Or). 

F. Convert. Professeur à l'Institut national 
agronomique, Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon, Correspondant de l'Institut,Professeur 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P.Gervais. Membre de la Société Ni e d'Agricul- 
ture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitic. (Hérault). 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Directeur de la Station Viticole 
de Cognac, Prop. -Viticulteur (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de 1 Agri- 
culture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de droit 
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V (383. 



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LES PINOTS BLANCS VRAIS 



Nous avons exposé ici l'an dernier (1) les premiers résultats culturaux et œno- 
logiques que nous avaient donnés les différents Pinots blancs véritables dont nous 
avons entrepris l'étude depuis 1899. La campagne de 1906 nous a permis quel- 
ques observations nouvelles bonnes à relater pour préciser ou corriger partiel- 
lement nos conclusions provisoires d'alors. 

Elles portent sur les trois types généraux auxquels il nous semble qu'on peut 
pratiquement rapporter tous les autres : 1° le Gros Pinot blanc ou Klevner weiss, 
sélectionné par M. Oberlin en Alsace; 2° le Pinot blanc fin véritable, dérivé du 
type noir par décoloration; 3° le Pinot blanc précoce, obtenu de semis par 
Bronner. 

1° Le Gros Pinot liane, qu'il convient désormais d'appeler de ce nom pour le 
différencier de la variété suivante, dérive, par décoloration, de Pinots productifs 
déjà bien sélectionnés, ceux qu'on appelle dans la Côte-d'Or les Gros Pinots, 
ailleurs Pinots francs types le Pernand, le Pinot de Renevey, le Pinot du Jura, le 
Klevner schwarz d'Alsace). 

Il en a évidemment développé par sélection les aptitudes à une plus grande 
production, puisque nos seize ares d'essais nous ont donné cette année sur Ara- 
mon X Rupestris à taille longue modérée une récolte de treize hectolitres en sol 
maigre et peu fumé ! Evidemment, c'est trop, beaucoup trop pour un Pinot. 
Aussi n'avons-nous pas été surpris que M. Raoul Chandon, à qui nous avions 
envoyé un échantillon de son vin de 1904 pour avoir l'avis de sa haute compé- 
tence l'ait jugé inférieur à celui de Chardonnays cultivés dans les mêmes con- 
ditions, mais quatre fois moins productifs. Cette année, à sa production encore 
accrue a naturellement correspondu un abaissement du titre gleucométrique, 
comme on peut en juger en comparant nos analyses de 1906 à celles de 1904 que 
nous avions données : 



ÉLÉMENTS 


gros pinot blanc 
d'alsace 


PINOT BLANC VRAI 
DE LA 

côte-d'or 


IINOT BLANC 
PRÉCOCE 
DE BKONNER 

(récolte 15 jours 
plus tôt) 


MELON 

(raisin blanc 
ordinaire 
du pays) 




1.076 


1.090 


1.097 


1.072 




172 


210 


228 


162 


Alcool possible 


10<>1 


12° 3 


13°4 


9° 5 


Acidité en SO*H 2 


6*1 


6*1 


5*7 


7* 



(1) Numéros des 4-11 janvier et 22 février 1906. 



02 



A. BERGET. — 



LES PINOTS BLANCS VRAIS 



Son moût ne dépassait guère en richesse celui de notre cépage commun, le 
Melon, que le Klevner weiss égale d'ailleurs en fertilité, beauté et densité des 
grappes, et ce, en sol plus maigre. Cette variété de Pinot blanc ne doit donc pas 
être recommandée pour faire de grands vins, au moins dans ces conditions de 
culture. Son produit paraît devoir être classé à côté de celui des Gros Pinots noirs 
probablement un peu au-dessus, dans la catégorie des grands ordinaires. L'ha- 
bitat naturel de ce cépage paraît être les sols maigres des coteaux de crus ordi- 
naires où il arrive à donner un produit dont la quantité, qui ne serait pas 
atteinte dans ces sols avec des cépages communs, s'allie avec une qualité malgré 
tout supérieure à celle de leurs produits. C'est donc une acquisition culturale 
des plus intéressantes, mais à ne pas propager partout indifféremment. 

2° Le Pinot Petit blanc vrai, de type fin, n'a ni la même vigueur, ni surtout une pro- 
duction comparable. Son fruit plus modeste et moins serré, toujours mêlé de 
petits grains millerandés, rappelle exactement celui de son antécédent, le Pinot 
fin ordinaire. Sa production n'était pas supérieure, 25 à 30 hectolitres à l'hectare, 
d'un quart à peine au-dessus de celle du Chardonnay cultivé dans les mêmes con- 
ditions. Mais son moût était chez nous, en 1906, supérieur de 22 grammes de sucre 
par litre à celui du Chardonnay et de 19 à celui du Pinot noir. C'est donc le type 
dont l'expérience est à recommander dans les bons crus à vins rouges de Pinot 
noir où l'on veut tenter d'obtenir des vins blancs de qualité équivalente sans 
changer le cépage et sans avoir à craindre une coloration possible. 

3° Pinot blanc précoce de Bronner. — Cette variété, sur laquelle nous étions en 
désaccord avec M. Kùhlmann, un de ses premiers observateurs, a largement 
confirmé en 1906 nos impressions plus favorables puisque c'est elle dont le moût, 
quinze jours avant les vendanges de nos cépages de l rc époque, a atteint leplus haut 
titre gleucomé trique que nous ayons obtenu cette année. D'autre part, sa pro- 
ductivité s'est accentuée eta dépassé celle du type précédent. Ce fait paraît devoir 
être normal, car si sa grappe n'est pas plus forte ni moins serrée, en revanche 
son grain est plus gros quoique aussi parfumé. Nettement différenciée par sa 
feuille plus épaisse et plus entière, à page supérieure plus glaucescente, elle nous 
paraît décidément, malgré quelque sensibilité à l'Oïdium et à la Pourriture 
accentuées peut-être par notre climat plus chaud que son habitat normal, une 
acquisition des plus précieuses pour les bonnes expositions des coteaux septen- 
trionaux. Malheureusement, elle est encore rarissime et il n'y a pas possibilité 
de la multiplier assez vite pour que son expérimentation œnologique et sa sé- 
lection puissent être rapidement menées pour les^besoins de la pratique. 



Adrien Bek<;et. 



VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 63 
# . 

INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE ( 



LE TERMITE LUCIFUGE 

(Termes lucifugus Rossi) , 

Les grands dégâts occasionnés par les termites dans les Charentes, et qui 
pour Quatrefages sont dus à une espèce exolique encore mal étudiée, d'intro- 
duction accidentelle, ont été à tort imputés au Termite lucifuge. Chez l'espèce 
de la Saintonge, toujours commensale de l'homme, l'émigration, d'après Quatre- 
fages, a lieu dès le mois de mars, et chez le lucifuge, c'est en juin, d'après 
Latreille, que commencent les essaimages, et d'après Lespès, en juillet. Notre 
espèce vit toujours en plein air, et pour qu'on la trouve dans les habitations à la 
campagne, il faut que quelque pièce de la charpente soit exposée à la pluie. 

En dehors de ces différences biologiques, on reconnaîtra les Termes lucifugus 
aux caractères suivants : longueur du mâle, ailes non comprises, o millimètres; 
ailes comprises, 10 à 12 millimètres ; de la femelle 
non fécondée, G millimètre^»; de la femelle fécondée et 
pleine d'œufs, 9à 10 millimètres. Ailes étendues, l'enver- 
gure est de 18 à 20 millimètres. L'Ouvrier atteint 4 à 
o millimètres, le Soldat 5 à 6 millimètres. Le corps 
couvert de poils courts et bruns est de couleur brun 
très clair chez l'Ouvrier, tirant sur le roux chez le Sol- 
dat, beaucoup plus foncé et même d'un noir brillant 
chez les Sexués. Les femelles pleines d'œufs ont l'abdo- 
men distendu, d'un brun sale, sauf les plaques chiti- 
neuses des parties dorsale et ventrale qui restent brunes. 

Les appendices sont bruns, sauf l'extrémité jaunâtre 

.5" . . ' . J Fig. 21. — Soldat de Ter- 

des tibias, des tarses, des antennes et des palpes. mite lucifuge. 

Avant d'atteindre l'état de nymphe remarquable par 

ses moignons d'ailes, la larve qui est presque blanche, subit quatre mues dont 
les intervalles sont appelés stades par Lespès. 

Les caractères importants qui font placer le Termes lucifugus dans les Termes 
vrais sont : la tête sans saillie antérieure, la cellule marginale des ailes dépour- 
vue de nervure, les tarses sans pelotes en formes de ventouse entre les griffes. 

Le Termite lucifuge est répandu dans le Sud, surtout le Sud-Ouest de l'Europe 
et le Nord de l'Afrique. Il est signalé par Horvath en Serbie et dans le Sud de 
la Hongrie ; dans les vignes de Rersazka, sur les bords du Danube ; dans le Sud 
de l'Italie, la Sicile, la Calibre, les environs de Naples, par Targioni et Aloi. 
Ses régions préférées paraissent cependant le Sud et l'Ouest de l'Espagne, le 
Maroc, Madère, le Portugal et nos départements du Sud-Ouest. D'après Perris (2), 
l'espèce abonde dans les forêts de toute la côte des Landes, attaquant les souches 
des pins aussi bien que celles des chênes, des saules ou de la vigne. Nous 
l'avons vu cité de Provence comme attaquant les oliviers, la vigne el tous les 
vieux piquets ; mais nous n'avons jamais constaté sa présence en Languedoc où 
il est remplacé par l'espèce suivante. 

(1) Voir no» 681 et 682, pages 8 et 36. 

(2) Perri8, Observation n° 7183 (Manuscrits de l'École d'agriculture de Montpellier). 




U VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



LE TERMITE FLAVICOLLE 

(Termes flavicollis Fabricius) 

C'est la forme la plus répandue dans la région de l'olivier, celle qui neuf fois 
sur dix nous est signalée comme attaquant la vigne et dont nous avons figuré 
les dégâts dans une souche. Elle appartient au sous- genre Caïotermes, caractérisé 
par la présence d'yeux, simples accessoires, et de pelotes faisant fonction de 
ventouses entre les griffes des tarses. 

Ses mœurs rappellent très probablement celles du Termite lucifuge; mais si, 
pour peu qu'on démolisse en juillet les souches attaquées, on voit sans peine 
les Larves, les Ouvriers, les Soldats, les Nymphes et les Sexués émigrants; la 
grosse Reine pondeuse n'a pas été observée. Les Larves et les Ouvriers, longs de 
5 à 6 millimètres, sont d'un blanc pur et méritent bien le nom de fourmis 
blanches que l'on donne parfois aux Termites dans les colonies. Les Soldats 
atteignent environ 8 millimètres ; leur couleur est le blanc jaunâtre avec une 
énorme tête quadrangulaire tirant sur le roux, les mandibules dentelées en 
dedans, anguleuses extérieurement au niveau de leur base, sont moitié aussi 
longues que la tête. Le sexué émigrant, si commun en juillet, en Languedoc, se 
reconnaît de suite à sa couleur générale brun marron foncé. Le corselet, la 
bouche, les antennes et les pattes sont jaunes, les ailes dont l'envergure atteint 
parfois 20 millimètres sont légèrement enfumées. 

L'ère de dispersion est vaste, comprenant la Grèce, l'Italie, tout le Sud de la 
France, l'Espagne et l'Afrique du Nord. C'est la seule espèce que l'on rencontre 
en Languedoc ; mais elle abonde, il n'y a guère de saule creux, de vieux pieux 
un peu pourri qui n'en soit attaqué : de là, l'insecte passe facilement dans le 
bois mort des vieilles souches de vigne. En Provence, les deux espèces fran- 
çaises se rencontrent. 

Moyens de lutte. — Lesdégâts des Termites ne sont jamais très graves. Quand, 
sous l'action d'un choc ou d'un coup de vent, un cep évidé par eux se sera 
brisé, on en sera quitte pour le remplacer; mais si, pour des raisons particu- 
lières, la belle dimension d'un espalier par exemple, on veut conserver un vieux 
cep, malgré les Termites qui en rongent le cœur, on devra employer le sulfure 
de carbone. On pratiquera, au moyen d'une forte vrille, un trou aboutissant 
en pleine colonie et, par ce canal, quelques centilitres de sulfure seront intro- 
duits. Les Termites seront comme foudroyés sans aucun dommage pour la 
souche. 

LE GRILLON TRANSPARENT 

(Œcanthics pellucens Scopoli) 

Les Cigales ne sont pas les seuls insectes qui déposent leurs œufs dans les 
sarments mal aoûtés ou en train de se dessécher dans les pépinières: Bien 
souvent nous recevons comme attaqués, des sarments portant les pontes que 
nous représentons. Ce sont celles d'un Orthoplôre appartenant à la famille des 
Grillons, VCEcanthus pdlucens, que nous pouvons appeler en français le Grillon 
transparent. Dès le xvm° siècle, un Italien, Luigi Salvi (1), a signalé et dessiné 

Lrioi Salvi, Memnrie inforno le Locuste r/rillujote, Vcrona, 1750. 



VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 65 









/ 7V 















Fig. 22. — Grillon transparent. 



ces pontes qu'il avait observées dans des tiges de ronces. Elles ont été signa- 
lées pour la première fois sur la vigne par Perris, en 1869. Le genre Œcanthus 
est surtout américain, La seule espèce européenne 
est en réalité peu nuisible. Il n'en est pas de même 
en Amérique où, d'après Riiey, deux espèces, 
Œcanthus niveus et CE. latipennis, font périr les sar- 
ments et jusqu'aux raisins en entamant l'écorce et 
le pétiole. Rien de semblable n'a été signalé en 
France, et Perris, qui a tout d'abord observé la 
ponte dans des tiges de centaurée, ne l'a trouvée 
sur la vigne que parce qu'il a voulu dresser la liste 
de tous les végétaux à moelle pouvant la recevoir. 

Le genre Œcanthus est caractérisé par un corps 
grêle et une couleur très pâle. Notre espèce est 
parfois presque blanche, et ses téguments transpa- 
rents lui ont fait donner son nom. Le corselet, très 
allongé, est un peu plus étroit en avant qu'en 
arrière. Les ailes repliées enveloppent le corps lit- 
téralement, les antennes plus longues que le corps, 
ainsi que les pattes très développées, sont tellement 

fragiles qu'il est très difficile de saisir l'insecte sans que quelqu'un de ces appen- 
dices ne manque à l'appel. Les pieds antérieurs et intermédiaires ont trçis 

articles aux tarses, les postérieurs 
quatre. L'abdomen est terminé par 
un oviscapte ou tarière, long de 4 
à 5 millimètres. 

Cette tarière dont nous repré- 
sentons l'extrémité (fig. 23, 1) 
est l'instrument perforateur. Elle 
est formée de deux pièces chiti- 
neuses servant de protection à l'ovi- 
ducte a et terminées chacune par 
trois dents, elles-mêmes dentelées 
dont l'intermédiaire est fort petite. 
Les ouvertures pratiquées dans le 
sarment sont rondes et un peu sail- 
lantes. La coupe longitudinale du 
sarment que représente la fig. 9, 2 
montre le trajet parcouru par* la 
tarière et au fond de chaque cavité 
se voient deux œufs plantés dans la 
moelle. Il y en a jusqu'à trois sui- 
vant l'épaisseur de la moelle. Nous 
représentons (fig. 23, 4 b), fortement 
grossi, un de ces œufs. Ils sont 
longs d'environ 3,30 millimètres, avec un diamètre de 1 demi-millimètre, d'un 
blanc légèrement ambré, lisses, un peu arqués avec le bout antérieur l d'un brun 
jaunâtre et couvert de granulations perforées à leur sommet. Ces perforations 
sont des micropyles ou portes d'entrée des spermatozoïdes lors de la fécondation. 




Fig. 23. — Ponte du grillon transparent. 



66 VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



Ces œufs pondus en septembre passent l'hiver et éclosent vers le milieu de 
juin. En août, l'insecte est à l'état parfait et fait sa ponte, non dans les sarments 
secs, mais dans ceux qui, bien que verts encore, végètent mal. Les trous de 
ponte sont toujours pratiqués du côté du nord, ou en dessous du sarment, s'il 
est incliné, afin, sans doute, que les œufs soient abrités du soleil. 

En outre des sarments de la vigne, les tiges qui renferment le plus souvent 
les pontes de YŒcanthus sont celles des Ronces, des Centaurées, des Oseilles, 
de la Salicaire, du Millepertuis et de divers Chardons, toutes plantes à moelle 
pouvant bien abriter les œufs. 

LE CAPRICORNE SOYEUX 

(Hesperopha?ies série eus Fabricius) 

Comme pour le Cossus, ce n'est guère que depuis dix ou douze ans que des 
souches de vignes tuées parce Capricorne nous ont été soumises d'Algérie. Infor- 
mations prises, les terrains où se sont produites ces attaques sont à sous-sol 
mouilleux ou salé. Tels sont les cas que nous avons eu l'occasion de constater 
de visu aux environs d'Oran, à Saint-Cloud, à la Sénia, à Miserghin, etc. On ne 
peut donc considérer l'insecte comme cause première de la mort de la vigne. On 

doitaccuser le pourridié ou le sel remonlant 
par capillarité les années de sécheresse. 




Fig. 24. — Morceau de souche alta- Fig. 25. — Capricorne soyeux, 

quée par le Capricorne soyeux. 



Conseiller l'irrigation aux environs d'Oran serait une mauvaise plaisanterie. 
Dans ce département algérien où le sol si fertile en lui-même est pauvre en eau 
et riche en sel marin, on a eu tort de mettre de la vigne dans les bas-fonds 
mal dessalés où les plantes de surface comme le blé peuvent bien végéter, 
mais dans lequel des végétaux envoyant leurs racines à plus d'un mètre de 
profondeur puisent forcément la mort. 

Notre Capricorne polyphage, en quête de végétaux souffrants, arrive alors et 
achève l'u;uvre. 

C'est un insecte élégant (fig. 25), long de 2 centimètres à 2 pm 50; de couleur gris- 
clair, soyeux, unicolore chez la femelle, au corselet nacré chez le maie. lise ren- 



VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



07 



contre dans toute larégion de l'Olivier, pluscommunément pourtant dans l'Afrique 
du Nord et l'Europe du Sud. Assez fréquent en Provence, il est rare et localisé 
en Languedoc et en Roussillon. Les arbres préférés sont le lentisque et surtout 
le figuier ; ce n'est que récemment qu'on l'a vu attaquer la vigne. 

Les mœurs sont nocturnes, et comme l'insecte est attiré le soir par la lumière, 
on le trouve fréquemment dans les maisons. 

La larve que nous représentons dans sa galerie (fig. 24) attaque le cœur 
même du bois. Elle est blanche, cylindrique, en forme de pilon, c'est-à-dire 
renflée du coté antérieur, comme le sont généralement les larves de Longi- 
cornes. 

LE CALLIDIE A BANDES 

[Gallidium fasciatum Olivier) 

Les Callidium de Fabricius, nombreux en espèces, subdivisés en divers sous- 
genres, sont des Longicornes au corps large et aplati, revêtus généralement de 
jolies couleurs. Leurs antennes, variables, ont le troisième article plus long que 
les second et quatrième réunis. Le corselet est arrondi sur les côtés, les élytres 
planes et parallèles. Leurs larves, vivant entre le 
bois et l'écorce et ne s'atlaquant qu'au bois mort 
ou mourant, sont par le fait peu nuisibles. 

Trois espèces ont été signalées sur la vigne, deux 
ne l'attaquant qu'accidentellement, nous nous con- 
tenterons de les nommer. Ce sont : C. davipes, 
signalé par Mulsant, et G. femoratum,\)&Y Perris. La 
troisième, celle qui nous occupe, ne se trouve que 
sur la vigne et, comme tous les insectes spéciaux à 
un végétal, est moins à redouter que nombre d'enne- 
mis accidentels. 

Le Gallidium fasciatum (iîg.SG) est un gracieux petit 
insecte, long de 6 à 7 millimètres, large de2à 3; la 
teinte générale est le brun fauve, plus foncé sur Fi s- 26 - ~ Callidie à bandes 
les deux tiers postérieurs des élytres. Ceux-ci sont 

parés chacun, un peu au delà de la moitié de leur longueur, d'une bande 
transversale d'un blanc pur, moins développée vers la suture. Les antennes 
atteignent les deux tiers de la longueur; les cuisses, fortement renflées, sont 
comme pédicellées. 

Il n'y a qu'une génération par an. La larve, sortie de l'œuf pondu en mai, est 
blanche, trapue, assez fortement épaissie antérieurement. La nymphose, qui a 
lieu fin avril de l'année suivante, s'opère dans une loge pratiquée sous l'écorce, 
et l'insecte parfait paraît première quinzaine de mai. Il ne mange pas et vit 
juste les quelques jours nécessaires à la reproduction. 

On ne peut considérer l'insecte comme nuisible; ce n'est guère que sur la 
vigne sauvage, la lambrusque de nos haies, qu'il se rencontre. Nous ne l'avons 
observé qu'une fois sur la vigne cultivée; c'était, il y a vingt ans, sur un espa- 
lier fortement déprimé par le Phylloxéra. Il envahit parfois les piles de fagots 
de sarments et fait concurrence aux divers Apate dont nous parlons plus loin, ce 
qui n'a pas grand inconvénient. 

{A suivre.) Valéry Mayet. 
♦ 

4 




68 



ED. ZACHAREWICZ. — LE FRAISIER ET SA CULTURE 



LE FRAISIER ET SA. CULTURE 



I. — Origine : Plante très répandue dans le monde, spontanée en Europe, en 
Asie occidentale tempérée, en Amérique septentrionale, à l'Est. 

Les Grecs et les Romains n'ont pas cultivé le fraisier. C'est probablement dans 
le xv e et le xvi e siècle que la culture en a été introduite. Champier, auxvr 3 siècle, 
en parlait comme d'une nouveauté dans le nord de la France. 

II. — Appareil végétatif : Herbe vivace, stolonifère, émettant du bas de sa 
tige des stolons ou rejets rampants, grêles, filiformes, qui finissent par s'enraci- 
ner dans le sol et se séparent tôt ou tard de la plante-mère. 

Feuilles : A pétiole velu, à trois folioles ovales-oblongues, largement dentées, 
pubescentes en dessus, soyeuses et blanchâtres en dessous. Stipules longuement 
adhérentes. 

III. — Fleurs : Blanches, en cymes terminales peu fournies. Calice: Acinq sé- 
pales étalés à la maturité, pourvu d'un calicule à cinq folioles. Corolle : A cinq pé- 
tales largement obovales. Étamines : En nombre indéfini. Disque : Revêtant le 
tube du calice. Carpelles : En nombre indéfini, glabres, isolés sur un réceptacle 
convexe, à style ventral, court, persistant, à stigmate obtus. Ovule solidaire dans 
la loge unique de chaque carpelle, analrope. Réceptacle : Devenant charnu pen- 
dant la maturité, ovoïde ou subglobuleux, rouge, rarement jaune ou blanc, d'une 
odeur aromatique, portant de nombreux fruits. 

Fruits : Secs, indéhiscents. Achaims : très petits. 

IV. — Variétés : Fraisier des bois, petit et très parfumé ; Fraisier des quatre sai- 
sons, qui fleurit et fructifie presque toute l'année; Fraisier de Gaillon, remarquable 
par l'abser^ce des stolons ou coulants, etc. 

V. — Autres espèces : Fragaria elatior, Ehrahrt, espèce très voisine, taille plus 
élevée, pédicelles couverts de poils étalés, tandis qu'ils sont opprimés dans le 
Fragaria vesca, fruit dépourvu de carpelles à la base. Ordinairement dioïque, ce 
qui oblige d'avoir ensemble des pieds milles et des pieds femelles. Ce fraisier est 
moins cosmopolite que le précédent, répandu pourtant dans presque toute l'Eu- 
rope centrale. 

Variétés : Connues sous le nom de Capitons ou de Caprons, saveur musquée 
particulière. Fragaria Collina, Ehrahrt (fraisier des collines). Se distingue surtout 
à son calice appliqué sur le fruit à la malurité. A donné des variétés à peu près 
abandonnées aujourd'hui : Breslinges, Craquelins, Fraisiers étoiles. Fragaria J/agen- 
backiana, Lang etKoch, qu'on trouve quelquefois aux environs de Paris, ne serait 
qu'une variété du Fragaria colliria, ou un hybride du Fragaria coltina et du Fra- 
garia vesca. 1 1 .est rare dans les jardins. 

Variétés : Fragaria majaufe de /'rorence ou de liargemont. Fragaria Virginiana, 
Ehrahrt. Fraisier de Virginie. Fraisier écarlate des jardins français. Cette espèce 
est originaire du Canada et des Etats-Unis. A été introduite dans les jardins 
anglais en 1629. On la cultivait beaucoup en France dans ie .vviii* siècle, mais ses* 
hybrides, surtout avec l'espèce suivante, sont maintenant plus estimés. Cette 
espèce est dioïque, les feuilles sont coriaces. 



ED. ZACHAREWICZ. — LE FRAISIER ET SA CULTURE 



69 



Fragaria Chiloensis, Duchesne. Fraisier du Chili. Espèce commune dans le Chili 
méridional., souvent cultivée dans ce pays. Apportée en France par Frezier dans 
l'année 1715. Fruits énormes. Se distingue aussi par la grandeur de son feuillage 
et de ses fleurs. On a obtenu par divers croisements, surtout avec le Fragaria 
Yirginiana et le Fragaria elatior, des variétés dont la plupart sont cultivées dans 
les jardins maraîchers et que nous indiquerons plus loin. 

VI. — Famille : Rosacées. Tribu: Potentillées. 

CCLTURE EN PLEINE TERRE 

La culture de la fraise en pleine terre n'est faisable que si l'on a de l'eau d'ar- 
rosage à sa disposition. C'est à cause de cette circonstance heureuse qu'elle a 
pris dans le Yaucluse, depuis une quinzaine d'années, une aussi grande extension, 
car on ne la cultivait guère que dans quelques jardins maraîchers tandis qu'au- 
jourd'hui elle occupe 850 hectares. L'élan a été donné par Carpentras, qui a 
trouvé moyen d'acclimater cette culture dans des terrains rocailleux, incultes 
depuis longtemps, et cela grâce au canal de Carpentras qui, en permettant 
d'irriguer ces terrains, a pu les rendre cultivables et productifs. Depuis quel- 
ques années cette culture est aussi pratiquée dans >es terrains de Sorgues grâce 
au canal de Pierrelatte qui les traverse et permet leur irrigation. 

Dans les différents endroits affectés à cette culture, les sols sont d'origine et de 
constitution diverses: à Carpentras, Monteux et Sorgues, le terrain, formé par le 
diluvium des terrasses, remonte à l'époque quaternaire; il est caillouteux silico- 
argileux et ferrugineux; à Loriol et Aubignan, il est formé par des dépôts allu- 
viens de l'époque et est sablonneux; à Avignon, le terrain est formé par les allu- 
vions de la Durance, où l'argile domine ; aussi la même diversité se fait-elle 
remarquer dans la qualité des fraises. Dans les terrains semblables de Carpen- 
tras, Monteux, Sorgues, etc., elles acquièrent plus de fermeté, à cause du bon 
assainissement du sol et de l'élément ferrugineux, que celles des environs d'Avi- 
gnon qui sont plus juteuses, le sol étant argileux. Aussi les premières sont-elles 
expédiées à Paris, Londres, Berlin, tandis que celles récoltées dans les alluvions 
de la Durance ne dépassent guère Lyon, Saint-Étienne, Genève. Comme on le 
voit, la nature du sol joue un très grand rôle au point de vue de la qualité des 
fruits etpartant de leur expédition. Depuis dix-huit ans que nous nous occupons 
de cette culture, elle prend journellement plus d'extension et, malgré la grande 
quantité de fruits récollés, les prix se maintiennent rémunérateurs par suite de 
la création de nouveaux débouchés étrangers. 

La culture de la fraise dans le Vaucluse s'est bien perfectionnée soit dans le 
choix des meilleures variétés, soit dans les soins de culture et de fumure, puis 
dans les emballages et le transport, mais nous souhaiterions encore ce dernier 
plus rapide et moins onéreux. 

Ce que nous allons dire de cette culture si bien pratiquée ici pourra s'appli- 
quera toute la région du Sud et Sud-Est et l'exemple des résultats qu'on y atteint 
encouragera, nous en sommes persuadé, d'autres agriculteurs à faire dans des 
terrains semblables les mêmes essais qui aboutiront sans doute aux mêmes 
résultats. 

Les variétés de fraises de quatre saisons ne sont pas cultivées ici comme dans 
les Bouches-du-Rhône et le Var, on préfère les variétés appartenant au groupe 



70 



ED. ZACHAREWICZ. — LE FRAISIER ET SA CULTURE 




MB: 

Fig. 27. — Pied de fraisiers avec stolons 



des fraisiers à gros fruits que l'on reproduit par stolons ou coulants (fig. 27) et 
jamnis par le semis comme pour les fraisiers à petits fruits, ce procédé don- 
nant quelque variation dans les plantes que l'on obtient vu qu'elles sont le 
résultat d'hybridation artificielle généralement. 

Dans les terrains de Carpentras, de Pernes et de Monteux, on cultive de préfé- 
rence les variétés suivantes : 

VHéricart ou Reine des hâtives, fruit de moyenne grosseur, rouge vif, à chair 
ferme, sucrée et parfumée- Variété très estimée sur le marché de Paris où elle est 

payée un tiers de plus du prix des autres va- 
riétés (fig. 28). La Marquise, fruit de moyenne 
grosseur rouge, savoureux. Variété productive 
de première saison. La Miner, variété de pre- 
mière saison, à gros fruits, un peu acide; 
productive. La Paxton, gros fruit, ferme, un 
peu acide, couleur rouge, mûrit dans les pre- 
miers jours de mai. La Noble Laxton, est 
remarquable par la grosseur de ses fruits, de 
forme arrondie, devenant un peu pointus dans 
les terrains de Carpentras" (fig. 29), couleur 
assez foncée. Variété productive de bonne 
qualité. Préférée sur les marchés anglais. 
Docteur Morere, plante vigoureuse, demi- hâtive, 
fruits très gros, souvent irréguliers, rouge 
foncé, d'excellente qualité, très fermes. Docteur 
Marcelin, fruit de moyenne grosseur, un peu acide. Variété rustique et produc- 
tive. La Souveraine, plante d'une grande vigueur, fruit très gros, rouge, un peu 
allongé, supportant bien le transport, mais peu productive. Demi-hâtive. La 
grosse Ricarde présente des qualités analogues 
à la précédente. 

Dans les terrains d'Avignon, on cultive de 
préférence les varié- 
tés suivantes : 

La Marguerite Lebre- 
fon, variété précoce, 
très fertile ; donne des 
fruits très gros, allon- 
gés et pointus, d'un 
rouge pâle glacé, peu 
fermes et peu par- 
fumés. La Victoria, 
variété rustique, fruits 
très gros, ronds, ju- 
teux, parfumés, abondants, demi-hâtifs. Peut être cultivée dans les terrains 
pauvres. Bellê Lyonnaise, tardive, gros fruit, rond, chair blanche, sucrée, très 
parfumée, assez productive. La Noble Laxton et Docteur Morere, variétés déjà 
décrites plus haut. D'autres variétés que nous avions essayées en comparaison 
de (Milles mentionnées n'ont pas donné des résultats soutenus au point de vue 
de leur vigueur ou de la qualité et de la production des fruits. Ces variétés sont 
les suivantes : La Princesse Royale, le Crescend Seedling, le Triomphe de Liège, lu 




Fig. 28. — L'Héricart ou 
Reine dos hûtivos. 



Fig. 29. — Noble Laxton. 



ED. ZACHAREWICZ. 



— LE FRAISIER ET SA CULTURE 



71 



Capitaine, le Tonkin, le Caprice, Lucie Flamand , le Nec plus ultra, Valentin 
Lebœuf, Godefroy Lebœuf, la Princesse of Wales, la France, Edouard Lefort, Belle 
de Manchester, Reine Marie- Henriette, Duc d'Edimbourg, 

Comme on vient de le voir, toutes les variétés ne réussissent pas dans les 
mêmes sols : aussi ce n'est que par des essais que l'on pourra avec sûreté introduire 
de nouvelles variétés. 

Prendre autant que possible des sols de nature silico-argileuse, pas trop cal- 
caire, riches, autant que possible, en fer, à sous-sol perméable pouvant s'assai- 
nir facilement. Les sols trop riches en carbonate de chaux peuvent occasionner 
la chlorose chez les fraisiers; on peut bien combattre cette maladie par le sulfate 
de fer, mais si on peut les éviter, on doit le faire. Dans tous les cas, on évitera tou- 
jours les terrains humides. 

La préparation du sol consiste en un labour de défoncement de 25 à 30 centi- 
mètres de profondeur. Avant d'exécuter ce labour, si le terrain est pauvre en 
matières organiques, nous conseillons d'y incorporer du fumier de ferme auquel 
on associe du superphosphate de chaux. Ces engrais seront répandus en cou- 
verture avant le labour. Si le fumier de ferme n'est pas exigé par le sol, il 
faudra toujours y incorporer le superphosphate de chaux à la dose de 800 à 
1.000 kilos l'hectare. L'acide phosphorique ayant une action des plus manifestes 
sur la nutrition des fleurs empêche leur avortement ou coulure; il donne aussi 
de la fermeté aux fruits ce qui est à considérer pour leur expédition. Avant la 
plantation, le terrain est nivelé et divisé en planches de 0 m 70 à 0 m 80 de largeur 
séparées par un sentier de 0 m 4o à 0 m 50 qui sert aux arrosages et à la cueillette. 

Entre chaque deux ou trois de ces planches on établit des palissades en 
roseaux dirigées dans le même sens, soit de l'est à l'ouest. Ces palissades ont 
pour objet de préserver les plantes des effets fâcheux du vent du nord et de con- 
centrer la chaleur solaire afin d'activer la maturité. Elles sont aujourd'hui peu 
élevées, on leur donne tout au plus 1 mètre de hauteur ; mais on a soin, au 
commencement nord du terrain, de le border avec des cyprès ou thuyas, qui, 
par leur hauteur, formeront un abri suffisant pour garantir les planches éta- 
blies des bourrasques du vent. 

Dans le Midi, la plantation des fraisiers peut avoir lieu à deux époques, fin 
juin et fin septembre. Si l'on plante en juin, on a soin de conserver aux stolons 
une petite motte déterre qui aide à la reprise devenue difficile pendant les 
fortes chaleurs. Les stolons qui sont ainsi utilisés sont soignés durant le prin- 
temps en les recouvrant d'un pailliseten leur faisant subir des arrosages répétés. 

Si on tient à propager rapidement une bonne variété, on plante au printemps 
les quelques pieds que l'on possède sur un terrain richement fumé, en les met 
tant à une distance suffisante pour pouvoir étaler sur le sol les filets ou stolona 
qui ne tardent pas à s'enraciner et à fournir des plantes qui sont mises en place 
en fin juin comme nous l'avons indiqué. 

La plantation faite en septembre peut être réalisée pardes stolons sans mottes, 
on leur fait subir avant le repiquage l'opération du déshabillage des racines, qui 
consiste, avec un couteau bien tranchant, à rafraîchir les extrémités des racines, ce 
qui assure la reprise. La plantation opérée en juin donnera l'année d'après, au 
mois de mai, une bonne récolte, tandis que celle opérée en septembre ne pro- 
duira que quelques fruits. 

Les stolons sont placés sur les planches, soit au carré, soit en quinconce, on 
les met ordinairement à une distance de 0 m 25 à 0 m 30 sur trois rangées pa- 



12r 



J.-B. CHAPELLE. 



— LA CRISE OLÉICOLE 



rallèles. La mise en place a lieu avec le plantoir en ayant bien soin de ne pas 
trop enterrer les stolons afin d'éviter la pourriture par le manque d'air et de 
soleil. Il est toujours à conseiller de donner un arrosage aussitôt après la plan- 
tation pour assurer la reprise. 

(.4 suivre.) Ed. Zacharewicz. 
+. 

LA CRISE OLÉICOLE 

SES CAUSES, SES EFFETS, SES REMÈDES 



Nous ne devons pas perdre de vue que la crise oléicole tient, avant tout, à 
une série de conditions économiques, parmi lesquelles la fraude joue le rôle 
principal. Tromperie sur la qualité de la marchandise vendue, telle est, selon 
nous, la cause prépondérante de toutes méventes agricoles et, en particulier, le 
point de départ de la crise qui nous occupe. Le jour où des mélanges frauduleux 
ne concurrencerontplus les huiles d'olive naturelles dans la consommation, nos 
coteaux, parés d'une verdure inutile, constitueront, pour leurs possesseurs, 
une nouvelle source de revenus. Cette cause, la plus importante, n'est pourtant 
pas la seule. La décadence oléicole est également le résultat de plusieurs autres 
facteurs, de moindre importance, sans doute, mais qui tous ont une répercus 
sion plus ou moins fâcheuse suivant les circonstances. 

Nous allons les examiner successivement. Ainsi connaissant les causes de no- 
tre ruine, nous pourrons plus efficacement en déduire les remèdes et essayer 
de rendre à cette culture, essentiellement démocratique, une partie de sa pros- 
périté et de sa valeur d'antan. 

Disparition et abandon des oliviers. — Les très graves conséquences de cette 
situation économique nouvelle n'ont pas été longues à se manifester. En 40 ans, 
nos oliveraies ont perdu plus d'un quart de leur ancienne importance; cela ré- 
sulte des statistiques officielles, dressées à plusieurs années d'intervalle. 

Superficie totale des oliveraies : 

En 1840 (avant l'annexion des Alpes-Maritimes).. 121.299 hectares. 
En 1866 (après l'annexion des Alpes-Maritimes).. . 152.336 — 
En 1892 133.420 — 

Depuis 1802, les surfaces complantées en oliviers n'ont plus été totalisées offi- 
ciellement. Cependant, d'après les résultats de nombreuses enquêtes dans toute 
la région du littoral, cette intéressante culture aurait subi, ces dérnières années, 
une réduction nouvelle d'un cinquième à un sixième environ. Il ne resterait, 
donc, en 1005, que 118 à 120.000 hectares. Dans les plaines, les oliviers impro- 
ductifs ont été presque tous impitoyablement sacrifiés au moment de la recons 
titution des vignobles et de la création d'autres cultures (fruitières, florales et 
maraîchères) beaucoup plus lucratives. Actuellement, les oliveraies existantes 
se trouvent reléguées dans les coleaux arides et secs, impropres à toute autre 
production. Os plantations créées jadis par le travail de plusieurs générations 
sont, pour la plupart, incultes et infertiles. Elles n'en représentent pas moins, à, 
notre avis, un capital encore très important. 

Ne peut-on régénérer, parla mise en pratique d'améliorations cullurales ayaut. 



J.-B. CHAPELLE. — LA CRISE OLEICOLE 73 



fait leurs preuves dans d'autres régions, cette branche jadis si florissante de 
l'agriculture méridionale? C'est ce que nous examinerons plus loin. 

Le capital oléicole autrefois et aujourd'hui. — Vers 1860, le capital oléicole était 
évalué à un milliard environ; cette fortune foncière considérable a perdu, âe 
nos jours, les 75 ou 80 % de sa valeur maximum. Dans les Alpes-Mari limes, par 
exemple, les plantations estimées il y a quelque vingtans entre 10 et 12.000 francs 
l'hectare sont tombées à 2 et 3.000 francs l'hectare. Actuellement, dans le Var, 
les Bouches-du-Rhône, un hectare d'oliviers évalué, avant la crise oléicole, à 
4 ou. 5. 000 francs, se vend, le plus souvent, au prix de la terre nue. Comment 
expliquer cette diminution énorme du capital foncier? 

Récoltes et revenus oléicoles en 1866 et en 1906. — En 1866, nos 152.336 hectares 
d'oliviers rendaient, en moyenne 262 litres d'huile par hectare, ce qui représen- 
tait, pour toute région olivicole, une production de 40 millions de litres qui, au 
prix minimum de 1 fr. 50 le litre, correspondaient à plus de 60 millions de 
francs. Les chiffres suivants nous permettent d'établir la différence très grande 
existant entre la valeur des récoltes anciennes et celles de ces dernières années: 

Importance des récoltes Valeur des récoltes ' 

En 1866 Ces 10 dernières années En 1866 Ces 10 dernières années 

40.000.000 lit. 20.000.000 lit. 60.000.000 fr. 20 à 21.000.000 fr. 

Soit une différence en moins de 40 millions de francs environ. 
Comparons, maintenant, les revenus oléicoles par hectare aux deux époques 
bien distinctes de prospérité et de décadence : 



Dépenses annuelles f culture, 
cueillette, impositions). 

En 1866. 340 à 2/5 fr. 
En 1906. 260 à 345 fr. 

Dépenses annuelles (culture, 
cueillette, impositions). 

En 1866. 360 à 400 fr. 
En 1906. 120 à 150 fr. 



DANS LES ALPES-MARITIMES 
Recttes annuelles 



Bénéfices 



200 à 225 doubles décalitres d'olives 

à 3 fr. = 600 à 075 fr. 260 à 300 fr. 

150 à 200 Dd. à 1 fr. 80 et à 2 fr. = 

270 à 400 fr. 10 à 15 fr. 

DANS LE VAR 

Recettes annuelles Bénéfices 

175 à 200 doubles décalitres d'oiives 

à 2 fr. 75 = 480 à 550 fr. 120 à 150 fr. 

80 à 100 Dd. à i fr. 50 ou à 1 fr. = 

120 à 175 fr. 0 à 25 fr. 



Ces chiffres traduisent des récoltes moyennes ou normales. 

Il nous est facile de démontrer que les cultures oléicoles sont nettement oné- 
reuses de nos jours. Rappelons, pour cela, que, dans une période de 10 années 
consécutives, les récoltes peuvent être ainsi décomposées, l'inculture ou les 
dégâts causés par la Mouche venant souvent les influencer : deux bonnes récol- 
tes, trois moyennes ou normales; cinq médiocres ou mauvaises, presque nulles. 
Quelle est la situation oléicole de nos voisins par rapport à la nôtre ? 

Extension et prospérité de V olivier dans les principales contrées du bassin de la Médv- 
térannée. — Alors que les cultures oléicoles périclitent et tendent à disparaître 
en France, nous constatons, au contraire, qu'elles sont en plein essor dans les 
autres pays méditerranéens. Ceux de notre bassin ont, en effet, augmenté consi^ 



74 J.-B. CHAPELLE. — LA CRISE OLÉICOLE 



dérablement leurs plantations depuis trente ans. Grâce à un ensemble de condi- 
tions parfois égales, parfois plus favorables que celles du Midi de la France, leurs 
rendements ont été supérieurs. Leurs cultures sont devenues plus rationnelles et 
plus économiques, leur outillage olivicole plus perfectionné. Les produits obte- 
nus ont pu trouver de nombreux débouchés dus à leur bonté et aussi à l'initia- 
tive des producteurs. 

Diverses missions en Tunisie, en Italie, en Espagne, en Portugal, etc., nous 
ont permis d'étudier et d'apprécier toutes les causes de supériorité de nos voi- 
sins, parmi lesquelles une des principales est, sans contredit, l'appui généreux 
qu'ils ont trouvé auprès de leurs gouvernements respeclifs. Ceux-ci, sous forme 
de primes à la culture, d'encouragement à l'industrie et au commerce des 
huiles, par l'établissement de droits prohibitifs sur les huiles et graines oléagi- 
neuses exotiques, ont contribué, pour une large part, à cette renaissance. 

Les chiffres ci-après sont édifiants à ce sujet : 

Surfaces actuelles Augmentations réalisées Production moyene 

Pays complantées en oliviers ces 20 ou 30 dernières années des huiles d'olive 

Espagne. 
Italie .... 
Tunisie. . 
Algérie . . 
Grèce . . . 
Turquie . 
Portugal. 
Autriche 
France . . 

Les productions moyennes d'huile d'olive mentionnées pour les pays étran- 
gers ne tarderont pas à augmenter lorsque toutes les nouvelles olivettes seront 
en pleine production. Exception faite pour la France où elles tendent plutôt à 
baisser par suite de l'abandon des cultures. 

Insuffisance de notre production olivicole. — Est-il besoin de rappeler encore 
l'énorme place occupée par les huiles de graines dans la consommation de 
bouche, au détriment des huiles d'olive ? Si ces dernières étaient exclusivement 
réservées pour cet usage, leur consommation correspondrait à 1.660.000 quin- 
taux, à raison de 4 à 5 kilos par tête. Notre récolte moyenne annuelle de 
200.000 quintaux d'huile d'olive représente seulement le huitième des quantités 
utiles à notre consommation intérieure. Si l'on ajoute au chiffre de notre con- 
sommation celui de nos exportations annuelles, soit 188.000 quintaux (dernière 
moyenne quinquennale), notre production n'équivaut plus, dans ce cas, qu'à 
un neuvième (h; nos besoins. Toute question de surproduction intérieure mérite 
donc d'être écartée, même si l'on admet que les mélanges à base d'huile de 
graines continuent, sous de fausses dénominations, à jouir de la faveur du 
consommateur. 

En supposant, ce qu'il est permis d'espérer, que nos rendements augmentent 
très sensiblement, à la suite d'améliorations cullurales réalisées tôt ou tard, 
dans nos oliveraies, nous ne devons pas perdre de vue, en effet, que nos impor- 
tions annuelles d'huile d'olive s'élèvent à 345.01)0 quinlaux (dernière moyenne 

(i) Ce chiffre (le 21)0.000 quintaux est calculé d'après la quantité d'olives transformées en huile, 
défalcation laite des olivti de conserves réservées pour la table. 



1.153.819 ha. 179.464 ha. 2.256.080 qx. 

1.088.140— 187.829— 1.875.800— 

210.000 — 120 à 130.000 — 200 à 250.000 — 

100.000 — 50 à 75.000 — 200 à 300.000 — 

300.000 — » 400.000 — 

275.000 — » 500.000 — 

42.000 — » 90 à 95.000 — 

15.000 — » 20 à 25.000 — 

ijk a ion non Diminution depuis 1866 onA ftftA ,,v 

115 a 120.000 - ao.ooo ha. environ 200.000(1) 



J.-B. CHAPELLE. — LA CRISE OLÉICOLE 



75 



quinquennale)| sur lesquels 221.166 proviennent de l'Italie, de l'Esp^agne, de la 
Grèce et de la Turquie d'Asie. 

Pour lutter avec quelques chances de succès contre la concurrence étrangère, 
nos oléiculteurs se trouvent donc dans l'obligation : de diminuer le prix ]de 
revient de leurs produits par l'obtention de récoltes plus régulières el plus abon- 
dantes ; d'améliorer la qualité de leurs huiles et d'obtenir, si possible, en leur 
faveur, une protection plus efficace. 

Importations nécessaires pour combler le déficit de notre production. — Il est 
instructif de mettre en évidence, d'après le relevé de nos importations, ces 
dix dernières années, l'envahissement progressif de notre marché par les 
huiles d'olive étrangères. En même temps, nous relèverons les chiffres relatifs à 
notre commerce d'exportation. 



Mouvement des huiles d'olive en France de 1896 à 1905. 

Pays de provenance Totaux des 



Années 


Espagne 


Italie 


Algérie 


Tunisie 


Autres pays 


Importations Exportations 


1896 


49.316 


75.851 


18.484 


67.122 


3.652 


214.425 


65.271 


1897 


27.817 


78.667 


11.951 


100.501 


36.698 


255.634 


37.515 


1898 , , 


120.984 


46.755 


14.621 


39.206 


9.498 


231.064 


51.550 


1899 ,, , 


21.317 


56.977 


32.873 


163.909 


1.914 


'276.990 


86.437 


1900 


16.838 


20.806 


65.667 


62.350 


1.568 


167.229 


66.007 


1901 


64.854 


57.058 


37.670 


96.321 


30.034 


285.937 


187.830 


1902 


172.084 


85.297 


60.960 


52.411 


8.300 


379.052 


161.715 


1903. 


159.239 


55.036 


15.960 


55.930 


* 9.717 


295.882 


179.569 


1904 


182.260 


83.204 


47.325 


155.008 


5.100 


472.895 


195.955 




88.646 


47.773 


54.838 


93.438 


7.466 


292.161 


217.537 




Moyenne décennale de nos importations : 287.126 quintanx 












exportations : 124.938 quintaux 





Le tableau précédent fait ressortir la progression toujours croissante des 
mouvements de nos importations et de nos exportations pendant ces dix der- 
nières années. 

Les chiffres comparatifs des deux périodes quinquennales nous donnent les 
résultats suivants : 

Moyenne annuelle des 

Importations Exportations 

1896 à 1900 229.068 qx. 61.356 qx. 

1901 à 1906 345.185 qx. 188.521 qx. 

Ce résumé nous démontre que, pendant ces cinq dernières années, nos impor- 
tations ont augmenté de plus de 50 % et nos exportations de plus de 150 % par 
rapport à celles de la période précédente. 

Les pays exportateurs, qui viennent combler une partie du déficit de notre 
production olivicole, se classent comme suit, par ordre d'importance : 

1° L'Espagne avec une exportation moyenne quinquennale (1901 à 1905) de 133.416 qx. 

2° La Tunisie — — — 90.621 — 

3° L'Italie __ - 65.627— 

4* L'Algérie — — — 43.350 — 

5° Grèce et Asie Mineure — — — 12.124 — 



76 



J.-B. CHAPELLE. — LA CRISE OLEICOLE 



Nous ne nous occuperons que des huiles de coton, de sésame et d'arachide, 
employées, sur une très vaste échelle et depuis trop longtemps, pour la prépara- 
tion de la grande majorité des huiles de table. Sur un total de près d'un million 
de quintaux métriques d'huiles de graines oléagineuses importées annuellement 
en France, pour les besoins de notre industrie et de notre consommation inté- 
rieure,- les huiles de coton, de sésame et d'arachide figurent pour la plus large 
part, ainsi qu'on peut en juger par le tableau ci-après : 

Importations des huiles de graines. 

1899 1900 1901 1902 

Huile de coton 728.305 qx. 494.217 qx. 426.008 qx. 2831375 qx. 

— de sésame.... 74 — 108 — 103 — 74 — 

— d'arachides... 21 — 10 — 252 — 273 — 



Totaux 738.400 qx. 494.336 qx. 426.364 qx. 283.722 qx. 

Importations des graines oléagineuses, quantités d'huiles extraites de ces graines. 

1899 1900 1901 1902 





quintaux 


quintaux 


quintaux 


quintaux 


Graines de coton 


454.656 


501.251 


447.475 


459.591 


Huiles — 


72.744 


80 . 200 


71.596 


-75.134 


Graines de sésame 


768.266 


696.897 


737.909 


834.129 




376.450 


341.480 


361.576 


408.780 


Graines d'arachides (en cosses). . . 


944.055 


1.342.665 


1.204.082 


1.049.435 


Huiles — — 


292.936 


416.226 


37^.265 


325.324 


Graines d'arachides (décortiquées) 


117.867 


242.960 


581.322 


1,194.516 


Huiles — — 


47.146 


97.184 


232.528 


447.805 



Totaux : Graines 2.285.744 2.783.773 2.970. 7S8 3. 51 1. 671 

Huiles 781). 271) «J35.09O 1.038.964 1.287.043 

A ■ ••'•.•••••(1* 

Soit une moyenne générale de \ .430.000 à 1.570.000 qx. d'huiles de graines. 

Pour écouler ces stocks considérables de produits exotiques, on a persuadé les 
consommateurs que l'huile de table de qualité supérieure devait être, avant tout, 
très limpide, presque incolore et exempte d'odeur et de goût de fruit. Au- 
jourd'hui, il faut travailler à détruire cette légende, il faut réagir contre cette 
perversion du goût. Et ce résultat ne sera atteint qu'en mettant en vente des 
huiles d'olive fines, d'une saveur et d'un bouquet peu prononcés et agréables. 
Il faut proclamer hautement que les huiles d'olive ont une valeur nutritive et 
gustative nettement supérieures à celles des huiles de graines. Les quantités 
d'huiles de graines employées pour combler l'insuffisance de la production néces- 
saire à notre alimentation intérieure et à nos exportations nous sont indiquées 
par la comparaison des données statistiques figurant dans les chapitres pré- 
cédents. 

Consommation intérieure de la France ^. 660.000 quintaux 

Exportations (moyenne quinquennale) i 88.000 — 

Soit une quantité totale annuelle de 1.848.000 quintaux 

(1 ; L< s chilfres pointillé correspondent aux quantités d'huiles obtenue», apre^s traitement des 
graines oléagineuses par nos iudustiies locales., 



ACTUALITÉS 



77 



D'autre part, nous savons que : 

Notre production moyenne annuelle d'huile d'olive ne dépasse pas.. . 200.000 quintaux 
X - importations annuelles d'huile d'olive (dernière moyenne quin- 
quennale) s'élèvent à 34'). 000 — 

Soit un total de 545.000 quintaux 

D'après les évaluations ci-dessus, la quantité des huiles de graines utilisée 
pour la consommation serait donc de 1.303.000 quintaux métriques, ce qui revient 
à dire qu'à un litre d'huile d'olive correspondent 2 lit. 5 environ d'huiles de 
graines. 

Ces dernières, pures, ou le plus ordinairement mélangées à de minimes pro- 
portions d'huiles d'olive, sont généralement livrées au public sous de fausses 
étiquettes huiles extra vierge, vierge, surfine, fine, blanche, etc.). Leur prix de 
vente en gros ou au détail, variant entre 1 à 2 francs le litre, se traduit pour les 
industriels et leurs nombreux intermédiaires par de très sérieux bénéfices, alors 
que nos malheureux oléiculteurs éprouvent souvent les plus grandes difficultés 
à écouler leurs produits naturels aux environs de 1 franc le litre. 

(.4 suivre.) J.-B. Chapelle. 



ACTUALITÉS 



A nos abonnés et correspondants. — Congrès des viticulteurs du Sud-Ouest, à Bordeaux (P. L.). 

— L'emploi des bouillies arsenicales en viticulture (M. Cercelet). — Répression des fraudes : 
déclaration de récolte (O. Audebert). — Défoncement économique pour la vigne (J. Farcy). 

— Distillation des vins à la propriété (Martin). — Prairies temporaires (En. Zacharewicz). — 
Légion d'honneur : promotions et nominations. — Chaires départementales d'agriculture du 
Gard, Corse, Haute-Loire- concours. — Loi autorisant les communes viticoles à contracter 
des emprunts en dehors des formalités d'usage. 



.1 NOS ABONNÉS ET CORRESPONDANTS 

En présence du surcroît de travail qu'amène en ce moment le renouvellement des 
abonnements, et, en ions temps, les demandes froissantes de renseignements, dans le, 
but aussi d'éviter toute confusion et toute perte de temps, nous prions nos abonnés et 
correspondants de nous transmettre toujours sur des feuilles séparées tout ce qui 
concerne soit les abonnements^ soit les demandes de renseignements, soit les questions 
& annonces et d'affaires 1 . Nom leur demandons, en autre, pour les mêmes motifs, 
âf adresser, d'une manière impersonnelle, à Revue de Viticulture, rédaction, l,rue 
Le Goff, à Paris, les correspondances, relatives à la rédaction et aux demandes de 
renseignements ; et à Revue de Viticulture, administration, 1, rue Le Goff, à 
Paris, les correspondances qui ont trait aux abonnements et aux annonces. 



Congrès des viticulteurs du Sud-Ouest à Bordeaux. — Le Congrès 

des Viticulteurs du Sud-Ouest s'est réuni aujourd'hui à Bordeaux sur la convoca- 
tion du Syndicat des viticulteurs-propriétaires de la Gironde. 

Devant une salle archi-comble, contenant des représentants de toute la région 
sous-pyrénéenne depuis et y compris la Haute-Garonne jusqu'à Bordeaux, le pré- 
sident du Syndicat, M. Castéja, conseiller général du canton de Pauillac, a ouvert 
la séance par une de ces allocutions élégantes dont il a le secret. 

Après lui, M. Audebert, bien connu de vos lecteurs et de toutes les personnes 



78 



ACTUALITÉS 



qui s'occupent des questions viticoles, a fait, au nom du Syndicat, un magistral 
exposé de la situation de la viticulture en général, et de la viticulture girondine 
en particulier. lia passé successivement en revue toutes les mesures de quelque 
importance proposées déjà ici ou ailleurs en vue de remédier à la crise. Son tra- 
vail, aussi lumineux et aussi richement documenté que possible, a eu, auprès de 
l'assemblée, le plus vif et le plus légitime succès. 

Après lui, M. Landard, parlant au nom du comice agricole du Médoc, a 
demandé à combler une lacune, la seule que l'on ait regrettée dans l'exposé de 
M. Audebert. Mû, en effet, par un scrupule des plus honorables, mais peut-être 
excessif, le bureau avait résolu de ne pas soumettre à la réunion le système de la 
marque départementale sauvegardée par la Régie au moyen du double acquit et 
du double compte, par la raison que cesystèmepouvaitsembler favoriser le dépar- 
tement de la Gironde. Or, M. Landard avait à peine exposé ce système, réclamé 
jusqu'ici tant parla majorité des organisations agricoles du département que par 
nombre de conseils municipaux, que non seulement la presque unanimité de la 
salle applaudissait à ses déclarations, mais que les représentants des autres 
départements, et spécialement ceux du Lot-et-Garonne et de la Haute-Garonne, 
les appuyaient énergiquement. M. Lefèvre, avocat à Marmande, président du 
Syndicat viticole de l'arrondissement de Marmande, et M. Vincent, de la Haute- 
Garonne, ont à plusieurs reprises pris la parole dans ce sens avec le plus grand 
succès. 

M. Cailleux, conseiller général du canton de Bourg, et M. Mothes, maire de 
Saint-Laurent-de-Médoc, ont fait des observations très judicieuses et très utiles. 
Puis l'assemblée a passé au vote. 

Elle a d'abord demandé que le « règlement d'administration publique, prévu par la 
« loi du 1 er août 1905, donne aux viticulteurs toutes les garanties que le législateur a 
« entendu leur assurer, en ce qui concerne la protection des noms d'origine, et qu'il 
« soit publié très prochainement ; 

« Puis que ce règlement pose comme un principe inéluctable qu'il ne pourrajêtre 
« vendu par tout négociant, sous les appellations viticoles de chaque département, 
« qu'une quantité de vin équivalente à celle que ce négociant aura acheté dans ce dé- 
« partement; 

« Que l'application et la sauvegarde de ce principe sont confiés au zèle de la Régie et 
v que, dans ce but, il soit institué deux espèces d'acquits-à-caution: un acquit blanc 

réservé aux vins du département expéditeur pour les produits récoltés dans ses 
« limites, et un acquit de couleur destiné aux vins provenant des autres départements, 
« tous deux munis d'un talon détachable qui serait annexé à la pièce de mouvement et 
« suivrait le vin jusque chez le destinataire, tant en France qu'à l'étranger; 

« Que les receveurs buralistes soient tenus d'alïicher, chaque dimanche, la liste des 
« congés et acquits-à-caution qu'ils auront délivrés, durant la semaine écoulée, aux 
« récoltants non exercés; 

« Que le visa en cours de route des chargements de vin, prescrit par les lois des 
« 18 juillet 1904 et 6 août HWi, pour les quantités de 10 hectolitres et au-dessus, soit 
« étendu à tous les changements à partir de 2 hectolitres ; 

« Que les débitants de vin soient tenus de mentionner à l'extérieur et à l'intérieur de 
« leur établissement, à côté du prix de vente, le degré alcoolique du vin livré au détail ; 

»< Que l'exercice soit rétabli chez les débitants ; » 

Que tout propriétaire, fermier, métayer récoltant du vin sera tenu de faire la décla- 
ration de sa récolte dans le délai de 10 jours à compter des écoulagos; 

Cette déclaration sera recueillie sur un registre qui sera [communiqué à tout re- 
quérant; 



ACTUALITES 



79 



La recette buraliste ne pourra délivrer des acquits qu'à concurrence des quantités 
déclarées année "par année: 

Que toute expédition de sucres, glucoses et autres matières sucrées par quantité de 
25 kilos et au-dessus, qui n'est pas soumise à l'obligation de l'acquit-à-caution, ne puisse 
circuler qu'accompagné d'un laissez-passer ; 

Qu'une surtaxe soit établie sur les sucres déclarés pour le sucrage des vendanges 
(surtaxe dont le cours sera arrêté à la suite d'une entente avec les viticulteurs des 
autres régions); 

Que les articles 25 et 26 de la loi du 1 er août 1906 sur la garantie d'origine des eaux- 
de-vie et spiritueux soient appliqués le plus tôt possible ; 

Qu'il soit alloué aux eaux-de-vie provenant des vins naturels distillés sous le con- 
trôle de la Régie une somme de 50 francs par hectolitre d'alcool pur, payable dès sa 
prise en charge ; 

Que, pour couvrir le Trésor de cette dépense, il soit établi sur les vins une taxe spé- 
ciale qui sera perçue en addition au droit de circulation ; 

Que pour la première année la taxe soit de 0 fr. 50 par hectolitre et que, pour les 
années suivantes, elle soit fixée conformément aux dispositions de l'article 59 de la loi 
du 26 février 1901 concernant les alcools dénaturés; 

Que la prime sur les alcools dénaturés employés à l'éclairage, au chauffage et à tous 
les usages industriels soit portée de 9 francs à 20 francs par hectolitre d'alcool pur, et 
qu'elle soit payée par une surtaxe sur tous les alcools livrés à l'alimentation. 

Puis l'assemblée a nommé dix délégués pour la représenter au Congrès natio- 
nal de la viticulture à Paris. — P. L. 

L'emploi des bouillies arsenicales en viticulture. — En présence 
des dégâts considérables causés aux cultures diverses par de nombreux insectes, 
on s'est adressé principalement, depuis quelques années, aux produits arseni- 
caux pour les détruire : les résultats très encourageants obtenus dans cette voie 
ont provoqué une extension rapide du commerce de ces produits ; récemment 
les pouvoirs publics ont demandé au Conseil d'hygiène du département de la 
Seine s'il n'y avait pas lieu d'apporter quelques restrictions à l'emploi des insec- 
ticides a base d'arsenic et d'édicter quelques mesures à prendre afin d'éviter les 
accidents toujours possibles dans la manipulation de corps aussi dangereux. 

Ln principe, la vente et l'emploi de l'arsenic et de ses composés pour le chau- 
lage des graines, l'embaumement des corps et la destruction des insectes sont 
interdits rigoureusement par l'article 10 de l'ordonnance du 29 octobre 1846 
concernant la vente des substances vénéneuses, le seul applicable au cas 
présent. Y a-t-il lieu de maintenir intégralement ces dispositions législatives ou 
de transformer cette prescription en un règlement plus en accord avec les besoins 
actuels et les connaissances acquises depuis l'époque à laquelle l'ordonnance fut 
édictée ? Telle était la question qu'avait à résoudre le Conseil d'hygiène et snr 
laquelle M. Riche fut chargé d'éclairer ses collègues. 

L'utilisation de l'arsenic dans la lutte contre les insectes n'est pas nouvelle, cet 
élément étant employé couramment dans l'Amérique du Nord depuis une 
cinquantaine d'années pour protéger les plantations de pommes de terre et 
d'arbres fruitiers ; en Angleterre, les traitements aux bouillies arsenicales sont 
appliqués depuis une vingtaine d'année ; en France, l'arsenic a été employé dans 
les régions du Nord en 1888 et en 189(3 sous forme de bouillie à base d'arsenile de 
cuivre ; en 1896 également, sur les conseils de M. le D r Trabut, d'Alger, ces bouillies 
furent répandues dans les vignobles algériens pour détruire l'altise; depuis, 
M. Mares a indiqué une formule qui donne d'excellents résultats. 



80 



ACTUALITÉS 



Dans notre colonie, des quantités considérables d'acide arsénieux sont impor- 
tées de France, d'Espagne et d'Allemagne et circulent librement en dépit de 
l'ordonnance de 1846. Dans le midi de la France, la vente d'arsenites et d'arse- 
niates se fait aussi dans de grandes proportions. Toutefois MM. Andouard, 
Mathieu, Caries, consultés par M. Riche ont déclaré ne pas connaître l'emploi de 
cet insecticide dans la Loire-Inférieure, la Bourgogne, le Bordelais. L'arsenic 
toutefois est très bien vu des agronomes compétents : MM. Caillot, Roos, Prosper 
Gervais, D r Trabut, R. Marès voient en lui un produit bon marché permettant de se 
défendre facilement et sûrement contre les insectes et surtout de TAltise. 

La manipulation des bouillies arsenicales peut, il est vrai, entraîner des acci- 
dents dus à l'inexpérience des agriculteurs et au manque de précautions. Dans 
les matières alimentaires, ce corps peut se trouver introduit et être la cause 
d'empoisonnements: le professeur Trabut, consulté par M. Riche, n'a pas eu con- 
naissance d'accidents graves. M. Roos signale une méprise, MM. Gaillot, Ferrouil- 
lat, Marès n'ont pas non plus relevé de cas dempoisonnements. Toutefois 
MM. Imbertet Gély ont mentionné un vin qui renfermait des traces d'arsenic ; ce 
vin provenait de raisins de vignes traitées par des solutions arsenicales. 

Comme on le voit, les accidents sont plutôt l'exception, et en augmentant les 
précautions il est permis de penser que l'on peut éviter totalement les méprises 
et l'introduction dans les matières alimentaires de traces d'arsenic. Toutefois, en 
ce qui concerne la présence de cet élément dans les vins, il faut prendre garde 
que d'autres causes peuvent également en amener la présence. C'est ainsi que 
MM. Gibbs et James (1) ont trouvé des doses, très faibles il est vrai, d'arsenic 
allant jusqu'à 0,05 milligrammes par litre dans un certain nombre de vins ana- 
lysés par eux. Ils en attribuent l'origine à plusieurs causes : 

1° Les sols contenant de l'arsenic pourraient permettre à cet élément de s'ac- 
cumuler dans les fruits (les expériences de Stoklasa sur l'orge et l'avoine per- 
mettent cette hypothèse); 

2° Les insecticides à base d'arsenic, surtout dans les régions où les pluies sout 
rares durant les vendanges; 

3° L'acide sulfurique utilisé pour le nettoyage de la vaisselle vinaire (des 
bières anglaises il y a quelques années contenaient de notables proportions 
d'arsenic provenant de glucoses obtenus à l'aide d'acide sulfurique impur) ; 

\ L'emploi de toutes les substances dans la fabrication desquelles l'acide sul- 
furique intervient (les glucoses notamment) ; 

•? L'emploi de soufre, des mèches soufrées pour la conservation des futailles ; 
l'anhydride arsénieux moins volatil que l'anhydride sulfureux reste dans le vin; 

6° Les agents de collage, la gélatine, la caséine ; 

7° Le plomb de chasse employé dans le nettoyage des bouteilles. 

Les auteurs ont analysé 329 échantillons: 38 contenaient de l'arsenic. Toutefois 
la dose est trop faible pour être inquiétante. Comme on le voit, les causes qui 
peuvent amener de l'arsenic dans les vins sont multiples : il convient donc de ne 
pas être trop afïirmatif sur sa provenance. 

En présence de ces faits, doit-on prohiber l'emploi de ces insecticides? Ce n'est 
pas l'avis de M. le professeur Viala, pas plus que celui de MM. ttoos, D r Trabut, 
R. Marès, I*. Gervais eld'autres encore, qui d'ailleurs pour plus de garanties propo- 
sent .d'incorporer à ces produits soit un colorant, soit une substance qui par son 
odeur permette de reconnaître immédiatement la bouillie : on aurait recours à 

(\) Thé Journal of Ihe umerican Society, t. XX VU, 



ACTUALITÉS 



si 



une sorte de dénaturation. Toutefois MM. Andouard et Caries craignent que 
l'opinion publique émue ne s'éloigne davantage encore de la consommation du 
vin. 

Il résulte donc de l'enquête à laquelle s'est livré M. Riche que les bouillies 
arsenicales constituent un moyen de défense très efficace contre les altises, les 
sylphes, etc. ;que. d'autre part, les composés arsenicaux solubles brûlent en même 
temps les feuilles, inconvénient que ne présentent pas les bouillies arsenicales 
au cuivre ou au plomb. 

D'autre part, l'accumulation de l'arsenic pourrait-elle à la longue permettre à ce 
composé de pénétrer dans la plante ? Si l'on s'en rapporte àl'expérience, on peut 
conclure qu'il n'y a pas là un danger : la présence d'arsenic dans les vins de vignes 
traitées depuis déjà longtemps est une exception: des fruits, des pommes de 
terre venant de sols ayant reçu de l'arsenite de cuivre depuis plusieurs années 
contenaient des îraces de cuivre et pas d'arsenic. Les vins de vignes traitées au 
cuivre depuis longtemps ne contiennent pas davantage de cuivre: il peut être 
naturel de penser qu'il en est de même pour l'arsenic. 

Toutefois l'arseniate de plomb paraît plus efficace que l'arséniate de cuivre; 
mais ici se présente un autre danger : le plomb est pour l'organisme un dange- 
reux poison , c'est pourquoi plusieurs membres du Conseil n'ont pas voulu per- 
mettre l'usage de l'arseniate de plomb. En présence de ces faits, le Conseil a adopté 
les conclusions du rapport de M. Riche, en prohibant toutefois l'emploi des 
bouillies arsenicales à base de plomb et a soumis à M. le ministre de l'Agriculture 
le projet suivant qui paraît concilier le mieux les intérêts de l'agriculture et de 
l'hygiène : 

1 L'emploi des composés arsenicaux solubles pour la destruction des insectes 
en agriculture est prohibé ; 

2° L'emploi d' j s bouillies arsenicales insoluble? ou peu solubles, au cuivre, est 
autorisé moyennant l'exécution des conditions suivantes: 

I. Le traitement aux bouillies arsenicales ne sera effectué que pendant la pre- 
mière période de la végétation, laquelle est d'ailleurs celle qui correspond d'or- 
dinaire à l'invasion d'insectes. 

II. Les bouillies seront dénaturées par une substance de couleur intense, 
choisie de façon qu'on ne puisse les confondre avec une matière alimen- 
taire ; 

III. Cne instruction minutieuse sera établie à l'usage du personnel chargé du 
travail aux champs. Elle sera inscrite en caractères apparents sur une feuille de 
papier placée dans le paquet contenant le vase où est enfermée la préparation. 
Ce vase portera l'étiquette rouge et noire avec le mot «Poison». — M. Cercelet. 

Répression des fraudes : Déclaration de récolte, rapport de M. 0. 
Audebert. — La déclaration de récolte est un des points les plus discutés des 
combinaisons à l'étude sur la répression des fraudes. On voit facilement sur 
quels principes elle repose*; ce serait un obstacle à la fabrication des vins arti- 
ficiels à la propriété, et cette première considération est tout d'abord celle qui 
frappe l'attention. Mais, quand on veut étudier de près ses moyens d'appli- 
cation et les résultats qu'on peut en attendre, de très nombreuses et très sérieuses 
objections imposent la réflexion. La llevue n'a jamais dissimulé ce dernier côté 
de la question et ses observations, nous devons le reconnaître, n'ont pas tou- 
jours eu le don de plaire à tous ses lecteurs. En fait, la déclaration a ses partisans 



82 



ACTUALITÉS 



et ses adversaires. M. Octave Audebert s'est déclaré très, nettement contre son 
adoption au Congrès qui vient de se tenir dimanche à Bordeaux. De son très 
intéressant rapport nous détachons, sur ce sujet, le passage suivant : 

Nous sommes particulièrement bien placés pour émettre un avis sur la valeur com- 
parée de ces deux propositions, parce que notre Syndicat a fait l'essai de la première. 
En effet, la déclaration de récolte était la base de l'organisation de la marque d'origine 
Bordeaux. Or, nous avons pu constater la répugnance invincible des paysans à confier 
à des tiers le chiffre exact de leur récolte. Cependant, cette indication consignée sur 
nos registres n'était point rendue publique. 

Pour que la déclaration devienne générale, il faudra évidemment établir des pénalités 
contre les propriétaires qui négligeront de la faire en temps voulu. Puis, ces décla- 
rations seront-elles toujours exactes? les fraudeurs ne prendront-ils pas leurs précau- 
tions en exagérant leur récolte? 

Dans la séance de la Chambre du 26 novembre dernier, l'honorable M. du Périer de 
Larsan. député de la Gironde, protestait contre les évaluations de la récolte des vins 
en 5906 dont le total lui paraissait trop élevé. 

« Je demande, disait-il, lorsqu'il s'agira d'établir les statistiques, que les employés 
de l'Administration — qu'il s'agisse du département de Y Agriculture ou de celui des 
Finances — n'acceptent pas trop les yeux fermés les déclarations de certains produc- 
teurs intéressés à faire croire qu'ils ont de très grosses récoltes, afin de pouvoir aug- 
menter par des moyens artificiels le rendement naturel ae leur exploitation. » 

«La déclaration de récolte établie, on sera donc amené à prévoir un contrôle et l'on 
exposera ainsi une foule de petits récoltants à des formalités dont ils ne comprendront 
jamais l'utilité. Comment s'exercera le contrôle : par les soins de la régie, de la munici- 
palité ? Mettra-t-on en doute certaines déclarations plutôt que d'autres ; sur quoi se 
basera-t-on pour cela? 

Ensuite, la régie ouvrira un compte à chaque récoltant, année par année. Il y avait 
en France, au 31 mars 1906, 1.560.183 récoltants de vin, dont 81.891 dans la Gironde; 
qui tiendra une pareille comptabilité? Assurément, ce ne seront pas les raceveurs-bura- 
listes mal préparés à ce travail et trop peu rétribués, en général. Il faudra donc créer 
une organisation nouvelle de la régie dans les communes rurales? 

Mais voici qui est plus grave, et dont les partisans de la déclaration ne paraissent 
guère se douter. S'il était possible d'établir le bilan des récoltes et des sorties pour 
chaque propriétaire, la régie ne manquerait pas un jour de demander aux récoltants 
de justifier l'emploi des vins récoltés. On ne .saurait ignorer, en effet, que dans la plu- 
part des départements où la culture de la vigne n'est qu'accessoire les récoltes ne vien- 
nent qu'en partie sur le marché : elles alimentent non seulement les propriétaires et 
leur famille, mais aussi quelques voisins qui n'ont pas de vigne. 

Quand la récolte est grande, cette consommation en franchise absorbe des quantités 
considérables de vin : c'est autant de moins à mettre en circulation ; dans certaines 
années, 40 % et plus de la récolte disparaissent ainsi. Même dans le Midi, il est visible 
qu'une bonne partie de la population s'approvisionne sans passer par la recette buraliste, 
car la consommation imposée, qui, il y a trente ans, était de 120 litres par habitant, tom- 
bait en 1900 à 95 litres, et en 1905, à 86 litres, perdant ainsi près de 30 % . H est inutile 
d'insister plus longuement sur ce point. 

D'autre part, il faut bien reconnaître que la déclaration sans contrôle et sans l'inter- 
vention de la régie serait la répétition de ce qui se passe dans la délivrance dos passa- 
vants. Pour les obtenir, les propriétaires doivent déclarer leur récolte ; mais le plus sou- 
vent c'est le buraliste qui, afin de simplifier les choses, écrit lui-môme sur le registre 
un chiffre quelconque, que personne ne contrôle et n'a le droit de contrôler. 

Cette déclaration est un leurre ; quant à la déclaration suivie de la prise en charge par 
la régie, ce serait Le plus grand danger qui puisse menaoer la viticulture française. 

Le résultat moral que l'on recherche, auquel pour notre part nous attachons le plus 



ACTUALITÉS 



83 



grand intérêt, sera obtenu plus sûrement par Y affichage des conr/és et acquits délivrés 
aux récoltants. A ceux-ci on n'impose aucune obligation, on ne demande rien : tout se 
passe entre les directeurs des contributions indirectes et leurs receveurs buralistes. 

Défoncement économique pour là vigne. — Même avec la mévente 
actuelle des vins, il peut se présenter des cas où la culture de la vigne reste 
encore avantageuse. Mais le succès n'est cependant assuré, même dans ces cir- 
constances exceptionnelles, qu'à la condition que la reconstitution puisse se 
faire très économiquement, afin que les capitaux engagés dans l'opération soient 
convenablement rémunérés, malgré le 1 bas prix de vente du produit. Il faut 
pour cela viser l'obtention de vins de qualité, dont l'écoulement sera certain, et 
surtout les produire avec le moins possible de frais. 

Dans ce but, l'économie doit évidemment porter d'abord sur le défoncement, 
qui constitue la principale dépense de la reconstitution. 

Heureusement qu'aujourd'hui cette opération peut s'effectuer à meilleur 
marché qu'autrefois : les entrepreneurs de défoncement à la vapeur, voyant 
chaque année diminuer leur clientèle, se montrent beaucoup moins exigeants 
que par le passé, et font pour 150 francs le défoncement de l'hectare à 60 ou 
70 centimètres de profondeur, pour lequel ils exigeaient 250 à 300 francs au 
moment de la prospérité viticole. C'est l'inflexible loi de l'oiïre et de la demande 
qui s'exerce, au profit des planteurs courageux, confiants malgré tout dans 
l'avenir de la viticulture. 

Lors donc qu'on a des terres profondes, sans roches dans le sous-sol, pas trop 
compactes pour que le passage de la défonceuse puisse les ameublir suffisam- 
ment sans y soulever de grosses moites, et disposées en clos d'une étendue de 
2 ou 3 hectares au moins et sans grande pente, il est avantageux d'y amener la 
défonceuse à vapeur, qui fait rapidement un bon travail. 

Cependant il est nécessaire pour cela de choisir un moment où la terre soit 
plutôt sèche qu'humide, surtout quand elle est forte, et il est indispensable 
aussi que la surface en ait été au préalable soigneusement purgée de chiendent, 
s'il s'en trouvait. Cette affreuse mauvaise herbe ne serait pas détruite du tout 
par son enfouissement, même à grande profondeur, réalisé par la défonceuse. 
Elle s'arrangerait toujours pour revenir à la lumière, et deviendrait dès lors défi- 
nitivement inextirpable, à cause de l'enracinement très profond que lui aurait 
assuré le défoncement. 

Un procédé commode pour se débarrasser du chiendent consiste à faire dans 
Tannée qui précède la plantation de la vigne une culture d'avoine ou de pasquié 
(avoine mélangée à de la vesce pour fourrage). Après la moisson de la céréale 
ou la coupe du fourrage, qui ont lieu de bonne heure, on fait au cours de l'été 
deux, trois ou même quatre labours, en approfondissant chaque fois légèrement 
la couche arable, et dans lesquels la charrue est suivie d'un cultivateur, d'un sca- 
rificateur, d'une houe canadienne ou même d'une forte herse, afin de déraciner 
complèlement le chiendent, de l'amener à la surface et de l'y rassembler en 
bourrelets, qu'on réunit ensuite en tas pour y mettre le feu dès que la plante 
est sèche. 

La simple série des labours successifs pourrait suffire quelquefois à la des- 
truction du chiendent quand l'été est très sec, non entrecoupé de pluies, car 
cette plante adventice craint beaucoup le retournement par la charrue et l'expo- 
sition au soleil, mais les labours seraient inefficaces et n'aboutiraient qu'à la mul- 



84 



ACTUALITÉS 



tiplication de la plante par marcottage, pour peu que la saison fût pluvieuse : il 
est donc toujours plus prudent d'extirper et de brûler le chiendent, après l'avoir 
soulevé avec la charrue. 

Dans le cas où l'on se propose de faire un grand vignoble en plusieurs années 
et où l'on habite une région où Tonne trouve pas à louer de défonceuse à vapeur, 
il est très pratique de faire l'acquisition d'une défonceuse à treuil. Cet appareil, 
malgré son prix d'achat un peu élevé, permettra de réaliser, par rapport à. la 
défonceuse à vapeur, une économie dans le défoncement, parce qu'on pourra se 
servir pour l'actionner des chevaux de l'exploitation, dont on peut regarder le 
travail comme n'ayant qu'une faible valeur, puisque, comme qu'il en soit, ces 
animaux sont toute l'année entretenus sur la ferme et entraînent à des frais à 
peu près fixes, quelle que soit l'importance des services qu'on leur demande. Le 
travail à la défonceuse à treuil est aussi bon que celui de la défonceuse à vapeur, 
quoique effectué généralement à une profondeur un peu moindre : 50 à 60 cen- 
timètres au lieu de 60 à 70. Le temps employé est aussi beaucoup plus considé- 
rable : il faut huit à dix jours pour faire 1 hectare, tandis que la défonceuse à 
vapeur à bascule avec deux machines laboure aisément 1 hectare par jour. 

Enfin dans les terrains accidentés, par exemple sur les coteaux, où le transport 
des défonceuses serait difficile, et où l'exiguïté de chaque parcelle ne permet pas 
l'évolution aisée de ces instruments encombrants, on emploie plus simplement 
les fortes charrues avec attelage direct des animaux. 

On pourrait alors se servir d'une petite défonceuse capable de faire un labour 
de 45 à 50 centimètres; mais il faudrait pour l'actionner huit à dix chevaux, ce 
qui complique beaucoup la conduite de l'attelage et n'est pas favorable à la 
bonne utilisation des efforts des animaux. Il est préférable de diviser le travail 
et de l'exécuter en deux fois. 

On commence alors par ouvrir une raie de 20 à 25 centimètres de profondeur 
par une charrue ordinaire, munie d'un large soc pour pouvoir prendre une 
bande de 40 centimètres environ. Cette première charrue est suivie par une 
autre, une charrue Bonnet par exemple, qui, attelée de six chevaux, est chargée 
de ramener à la surface ce sous- sol jusqu'à une profondeur de 45 centimètres. 
On peut aussi faire usage pour ce travail d'un brabant double, dont un des corps 
à l'aller ouvre la raie, que le second, spécialement construit dans ce but, appro- 
fondit au retour. 

Le défoncement ainsi exécuté est assez vite fait, et, quoique n'atteignant pas 
une bien grande profondeur, permet cependant l'établissement d'un bon 
vignoble, à condition d'espacer un peu plus les plants. 

Enfin, lorsque le sous-sol est pierreux et que le fonctionnement des défon- 
ceuses serait difficile, on se contente de faire d'abord, sur la surface entière du 
champ, un labour à la charrue ordinaire, aussi profond que possible, à Ik) ou 
35 centimètres, puis on achève le travail par l'ouverture à la main de tranchées 
ayanl 50 à 60 centimètres de profondeur sur l m 25 de largeur. Il va sans dire 
qu'alors, plus encore que dans le cas précédent, les souches doivent être 
espacées en conséquence, puisque la préparation du sol est encore moins 
parfaite. 

Ce dernier mode de défoncement est assez coûteux, à cause de l'intervention 
du travail de l'homme, et par conséquent les terrains où il devrait être adopté 
seront en général plus avantageusement consacrés arbre- fruitiers (aman- 
dier», oliviers, abricotiers) qu'à la culture de la vigne. — J. Famcy. 



ACTUALITÉS 



8S 



Distillation des vinjs à la propriété. — M. Martin, directeur général 
des Contributions indirectes, a adressé à M. Lauraine, député de Saintes, une 
lettre qui précise les conditions dans lesquelles, pour les Charentes, la distilla- 
tion des vins pourra se faire. Cette lettre présente un réel intérêt pour d'autres 
régions et c'est à ce titre que nous croyons devoir la reproduire. En voici le 
texte : 

Monsieur, vous avez bien voulu me demander quel serait le régime applicable, au cas 
où un récoltant de la région des Charentes, ne possédant pas d'alambic, distillerait les 
vins de sa récolte chez un propriétaire voisin. 

En principe, quiconque, dans un local lui appartenant, distille ou laisse distiller des 
produits ne provenant pas de sa récolte, ouvre, en fait, un établissement de distillation 
et, pour ce motif, est soumis aux obligations des bouilleurs de profession ; mais l'ad- 
ministration est disposée à apporter des tempéraments à cette règle, en considérant 
comme un atelier public le local où les opérations auraient lieu. Dans Jes ateliers 
publics ordinaires, le nombre des bouilleurs, de ceux qui apportent, soit simultanément, 
soit successivement, leurs matières premières, est plus ou moins considérable, et pour 
éviter les abus, il a été reconnu nécessaire d'exiger la tenue d'un carnet sur lequel est 
consigné le délai des opérations relatives à chaque producteur. 

Dans les Charentes, où les distillations chez le voisin n'auront sans doute qu'un 
caractère accidentel, isolé, il parait possible de dispenser le récoltant, aussi bien que le 
propriétaire de la brûlerie, de l'obligation de servir le carnet de chauffe, eu égard aux 
garanties que donne la prise en charge, basée sur la déclaration globale de tous les 
vins, et celle du rendement d'après leur teneur effective en alcooL II est bien entendu 
que le récoltant qui utilisera l'installation et le matériel d'un voisin devra faire, au 
bureau de la Régie, une déclaration de fabrication indiquant le volume et le degré des 
vins qu'il compte passer à l'alambic, et se soumette, dans le local de distillation, 
pendant le cours des opérations, à toutes les vérifications que le service jugera 
utiles. 

Le transport des vins à la brûlerie et celui des eaux-de-vie ramenées au domicile du 
producteur donneront lieu à la délivrance d'acquits-à-caution de 0 fr. 50. Advenant le 
cas où le propriétaire de la brûlerie aurait lui-même des eaux-de-vie en sa possession, 
déclarer ces eaux-de-vie et les laisser prendre en charge pendant la durée des travaux. 

Agréez, etc. — % Le Conseiller d'Etat, directeur général, Martin. 

Prairies temporaires. — Les prairies temporaires ne diffèrent des prai- 
ries artificielles que parce qu'elles ne sont pas exclusivement composées de légu- 
mineuses. Elles admettent un certain nombre de graminées variables suivant le 
sol et produisent aussi des fourrages artificiels. 

Ces sortes de prairies établissent le trait d'union entre les prairies naturelles 
et les prairies artificielles, puisqu'elles sont temporaires comme ces dernières et 
composées des mêmes graminées et légumineuses que les prairies naturelles. 
D'ailleurs avec le temps les prairies artificielles deviennent temporaires puis- 
qu'elles se recouvrent spontanément de graminées et d'herbes diverses. 

11 est regrettable que ces prairies ne soient pas plus répandues, car elles ren- 
dent de grands services. Elles sont intercalées dans les assolements des terres 
arables et exigent moins de soins pour leur création que les prairies permanen- 
tes, tout en produisant relativement à bon compte d'excellents et souvent abon- 
dants fourrages. Elles laissent aussi le sol en bon état de fertilité dont ne pour- 
ront que profiter les récoltes futures. On y sème des espèces à développement 
rapide, telles que le fromental, le ray-grass, la fétuque des prés, associées au 
trèfle, à la lupuline, au sainfoin, etc. 



86 



ACTUALITÉS 



La composition suivante donne de très bons résultats, dans les terrains ar- 
gilo-calcaires des environs d'Avignon, terrains formés par les alluvions de la Du- 
rance : 

Fromental ou avoine élevée.. 90 kilos par hectare 

Trèfle des prés 4 — — 

Trèfle blanc 3 — — 

Lupuline 3 — — 

Total 7Ô0 

Pour obtenir un fourrage abondant, il faut avoir soin d'appliquer pour un ter- 
rain de moyenne composition l'engrais ainsi composé : 

Nitrate de soude 2<"0 kilos à l'hectare 

Chlorure de potassium 150 — — 

Superphosphate de chaux 18/20. 500 — — 

Plâtre 400 — — 

Cet engrais est mis en hiver, sauf la moitié du nitrate de soude qu'on gardera 
pour être répandue aussitôt après la première coupe. — Ed. Zacharewicz. 

Légion d'honneur ; PromotioiNs et nominations. — Par décrets en date du 
12 janvier 1907, rendus sur la proposition du ministre de l'agriculture, ont été 
nommées ou promues dans la Légion d'honneur les personnes ci-après désignées : 

Grade de commandeur. — M. deLagorsse, secrétaire général de la Société natio- 
nale d'encouragement à l'agriculture. 

Grade d'officier. — MM. Bordas, chef des services des laboratoires du ministère 
des Finances; Lafosse, conservateur des eaux et forêts, chef de la section duper- 
sonnel à la direction générale des eaux et forêts ; 

Grade de chevalier. — MM. Brémond, chef du service vétérinaire sanitaire dépar- 
temental à Oran ; Chiris, propriétaire agriculteur à Boufarik (Algérie) et indus- 
triel à Grasse (Alpes-Maritimes) ; Couzinet, agriculteur et éleveur à Toulouse ; 
Delpeyrou, agriculteur et éleveur à Feytiat (Haule-Vienne); Faure, inspecteur des 
améliorations agricoles au ministère de l'agriculture; Manoury, vétérinaire prin- 
cipal au dépôt de Saint-Lô; Poisson (Etienne), agriculteur éleveur, maire de 
Saint-Maur-sur-lndre (Indre); Raynal chef adjoint du cabinet du ministre de 
l'agriculture; Séguin, directeur de l'école nationale d'agriculture de Rennes. 

Dans la liste des promotions dans la Légion d'honneur du ministère des Finan- 
ces nous relevons celle de M. Taquet, secrétaire général de la commission extra- 
parlementaire de l'alcool, directeur de la Revue viticole, au grade d'officier. 

Chaires départementales d'agriculture : Concours — Par trois arrêtés 
du ministre de l'agriculture, en date du 8 janvier, insérés au Journal officiel du 9, des 
concours sont ouverts à la préfecture de cliaque département intéressé, pour la nomi- 
nation de titulaires des chaires départementales d'agriculture actuellement vacantes, 
savoir: pour la chaire de la Corse, le lundi 29 avril, à Ajaccio; pour la chaire du 
Gard, le lundi 15 avril, à Nîmes; pour la chaire de la Haute-Loire, le lundi 20 mai, 
au Puy. 

Le programme des épreuves et l'avis contenant les conditions imposées aux candidats 
pour leur admission au concours seront délivrés aux personnes qui en adresseront la 
demande au ministère de l'agriculture (direction de l'agriculture, bureau de renseigne- 
ment agricole) ou à la préfecture du département intéressé. 

Loi autorisant les communes viticoles à contracter des em- 
prunts en dehors des formalités d'usage. — On se rappelle qu'au 
moment de la crise viticole de l ( )0:i, une loi spéciale a autorisé les communes à 
contracter des emprunts pour presser des travaux d'utilité locale au prolitdesou- 
vriers réduitsau chômage. Il auraitété intéressant de savoir dans tjuo.lles limites il 
a été fait usage de cette faculté; nous ne croyons pas qu'aucun rapportait 



REVUE COMMERCIALE 



87 



été publié sur cetle question. En tout cas, le délai prévu pour le maintien de cette 
dérogation allait expirer. Une loi, votée sans débals, et que beaucoup de per- 
sonnes apprendront seulement par la publication de son texte à Y Officiel du 
10 janvier, proroge pour une nouvelle période de deux ans les dispositions tran- 
sitoires antérieures. Elle est ainsi conçue : 

Loi renouvelant pour deux ans les dispositions de la loi du 5 mars 1902, autorisant les 
communes des départements éprouvés par la crise viticole à contracter des emprunts, en 
dehors des formalités d'usage, pour remédier au chômage. 

Article unique. — Pendant deux ans, à partir de la promulgation de la présente loi, 
les communes des départements éprouvés par la crise viticole pourront, avec la seule 
approbation du préfet, dans les limites et sous les conditions fixées par la loi du 5 mars 
1902, voter des emprunts destinés à des travaux d'utilité communale pour les ouvriers 
privés de travail, ainsi quelesressources nécessaires au remboursement de ces emprunts. 
Fait à Paris, le 8 janvier 1907. 

+ 

REVUE COMMERCIALE 



VIGNOBLES ET VINS 
De nos Correspondants : 

Midi. — Même calme sur les marchés, mais non tendance malgré cela à la 
baisse, par suite de la résistance des viticulteurs; que cette résistance se main- 
tienne encore jusqu'en février et l'on arrivera à coup sûr à la reprise des achats 
avec une amélioration importante des prix. Le vin continue à quitter journelle- 
ment les caves achetées, ce qui fait voir que la consommation n'est pourvue 
qu'au fur et à mesure des besoins, mais tout a une fin et il faudra bien revenir à 
de nouveaux achats, sauf que nos cours d'eau se transforment en vin. 

Les travaux sont activés dans le vignoble grâce au temps sec régnant : taille, 
labour, fumures hélas 1 délaissées par la plupart, et pour cause, tout marche en 
ce moment-ci de pair. Dans les vignobles exposés aux gelées, faire la taille lon- 
gue en prévision des dégâts que peuvent occasionner ces dernières. Puis, à la 
retaille, toucher les plaies avec une dissolution de sulfate de fer à 20 % , afin 
d'empêcher l'épanchement de sève qui peut résulter de cette opération. Au cel- 
lier, ne pas oublier les ouillages. Tenir les foudres pleins, c'est empêcher la 
fleur de vin, première étape de la piqûre. — A. 



Avis d'adjudication : Marine nationale. — A Toulon, le 4 avril 1907, à deux heu- 
res du soir, dans la salle des adjudications de la Marine, pour les fournitures ci- 
après, nécessaires au service des subsistances, savoir : 1° 1.000.000 litres de vin 
rouge à 10 degrés, non logé, en vingt lots de 50.000 litres chacun; 2° 200 000 litres 
de vin rouge à 9 degrés, non logé, en huit lots de 25.000 litres chacun. Pour plus 
amples renseignements, voir le cahier des charges au bureau du commissaire aux sub- 
sistances, à Toulon... ainsi qu'à Paris, au Ministère de la Marine (bureau des subsis- 
tances et hôpitaux). 



LES FRUITS ET PRIMEURS AUX HALLES CENTRALES DE PARIS 

Cours du 12 janvier 1907. — Artichauts : Algérie, 15 à 25 fr. le cent. — Tomates: Algé- 
rie. W) à 70 fr. les 100 kilos. — Pommes de terre : Grenadine, 35 à 38 fr. les 100 kilos. — 
Haricots : Algérie, 120 à 180 fr. les 100 kilos. — d'Espagne, 200 à 250 fr. les 100 kilos. 

— Epinards : 15 à 20 fr. les 100 kilos. — Scaroles et Chicorées : Midi, 7 à 18 fr. le cent. 

— Laitues : Midi, 8 à 18 fr. le cent. — Choux-fleurs : 10 à 50 fr. le cent. 

Avec la continuation d'une température humide et douce, la vente des salades et 
légumes du Midi et autres provenances est toujours gênée par l'abondance de nos envi- 
rons et les prix restent modérés ; seule la belle et bonne marchandise s'écoule. Les 
courriers d'artichauts d'Algérie ont un peu augmenté, la tendance n'est pas aussi 
ferme. Les livraisons aujourd'hui n'ont eu lieu qu'à partir de sept heures. La demande 
est calme pour la pomme de terre grenadine aussi bien du Var que de l'Algérie. Il en 
est de pème des tomates d'Algérie de deuxième choix. Les choux-fleurs sont peu abon- 
dants, les extra gros sont demandés. — O. D. 



88 



COURS DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES 



CÉRÉALES (le quintal métrique) 

BLÉS 





DU 


19 


DU 


26 


DU 


2 


1 DU 9 




AU 


DEC 


. AU 


A 


u 


AD 


Paris 


25 DÉC. 


1 JA 


NV. 


S JANV. 


15 JANV 




23 


30 


23 


75 


23 


00 


ai-, a 
■^3 00 




22 


75 


22 


90 


22 


75 


22 50 




23 


00 


23 


50 


22 


75 


22 25 


Départements 


















22 


90 


23 


00 


22 


90 


23 25 


22 


80 


22 


80 


22 


10 


22 10 




23 


00 


23 


50 


22 


80 


23 00 


Marché» étrangers 


















16 


60 


16 


75 


17 


00 


17 10 




15 


80 


15 


42 


15 


42 


15 68 




14 


20 


15 


10 


13 


91 


14 51 



Paria 



Paris 

Noire de Brie. 
Beauce 



SEIGLES 
I 17 75 | r 
AVOINES 



Département» 
Dijon ..... ..... 



75 | 17 50 ' 17 25 



21 60 
20 75 



21 


75 


21 


80 


21 


50 


20 


74 


20 


80 


20 


60 


1 20 


10 


21 


00 


20 


00 


21 


50 


21 


75 


20 


60 


1 21 


50 


21 


75 


21 


00 


| 20 


75 


21 


00 


21 


00 



19 00 

20 50 

20 60 

21 00 



FOURRAGES ET PAILLES 

A PARIS 
(Les 104 bottes de 5 kilogrammes) 



DANS PARIS 



Paille de blé. 

Foin 

Luzerne 



24 


DÉC. 


31 DEC. 


■ -''.*> \ 

8 JANV. 


15 JANV. 


23 


à 26 


23 à 26 


23 à 26 


21 à 27 




à 62 


52 à 62 


46 à 56 


46 à 56 


52 


à 62 


52 à 62 


45 à 55 


45 à 55 



ESPRITS ET SUCRES 

PARIS |24 DÉC. J 31 DÉC 



Esprits 3/5 Nord fin 
90» l'hect., esc. 2 % 



Blancs n° 3 les 100 kil 
Raffinés — 



40 25 



27 75 
58 75 



41 00 



28 00 
59 00 



8 JANV. ( 15 JANV. 



39 25 



26 75 
58 25 



39 25 



26 25 
57 75 



BÉTAIL 

MARCHÉ DE LA VILLETTE 
(Prix du kilogr. de viande, net) 

Marché du 15 janvier. 



Bœufs... 
Veaux . . 
Moutons. 
Porcs... 



1" qté 


qté 


3» qté 


1 90 


1 50 


1 30 


2 72 


2 40 


2 00 


2 20 


1 80 


1 60 


2 48 


2 40 


2 32 



Prix eitrPtut 

au poids vif 

0 56 à 1 02 

0 80 à 1 40 

0 74 à 1 14 

0 94 à 1 28 



BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA SEMAINE 

du 6 au 42 janvier 1907. 



JOURS 


Tempéra- 
ture 
maxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 
enmillim. 








PARIS 






Dimanche. 


9. 4 


— 1. 


2 


4. 


1 


3 




3. 6 


3. 


6 


3. 


6 


0 


Mardi .... 


7. 5 


1 


» 


4. 


2 


0 


Mercredi . 


5. 8 


2 


». 


3. 


9 






4. 2 


3. 


2 


3. 


7 


2 


Vendredi . 


•7. 3 


1. 


2 


4. 


2 


0 


Samedi. . . 


4. 4 


4. 


3 


4. 


3 


0 








NANCY 






Dimanche. 


5 » 


0 


» 


2 


5 


0 


Lundi .... 


4 » 


1 


)> 


2. 


5 


0 


Mardi .... 


4 » 


2 


» 


3 


» 


0 


Mercredi . 


4 » 


1 


)) 


2 # 


5 


0 




3 » 


1 


» 


i' 


)> 


0 


Vendredi . 


3 » 


— 1 


> 


1 


)> 


3 


Samedi. . . 


3 » 


1 


» 


2 


)> 


1 








LYON 






Dimanche. 


3. 9 


2 


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2. 


9 


4 


Lundi 


5 » 


1. 


9 


3.' 


4 


0 


Mardi .... 


(i. 3 


2 


» 


4. 


1 


0 


Mercredi . 


4. 5 


1 


5 


3 


» 


0 




3. 1 


0. 


9 


2 




0 


Vendredi . 


2. 9 


1 


» 


— i. 


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5 


Samedi... 


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0. 


1 


2. 


5 


0 






MAKSEILLE 






Dimanche. 


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1 




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l 


0 


Lundi .... 


12 » 


— 1 


» 


5. 




0 


Mardi 


il » 


1 




li 


» 


0 


Mercredi . 


9 » 


1 


» 






0 


Jeudi 


S » 


2 








0 


Vendredi . 


9 » 


— 1 




4 




II 


8amedi. . . 


1 1 » 




» 


i . 







DATES 



6 
7 
8 
9 
iÔ 
11 
12 

6 
7 
8 
9 
li) 
H 
12 

6 
7 
8 
9 
II) 

u 

12 



Tempéra- 
ture 
maxima 



Tempéra- 


Tempéra- 


ture 


ture 


minima 


moyenne 



Pluie 
en millim, 



MONTPELLIER 



9 
H 
12 
12 
12 
12, 
10 

12 
16 
14 
15 

lé 

18 
13 

11 

9. 
7. 

6. 



. 3 



ALGER 



10. 5 

13. S 

12 » 

12 » 

12 »> 

12. 5 

10. 5 



BORDEAUX 

7, 



3. 1 
2. 8 
2./3 
0. 1 



6. 7 



ANGERS (LA BAUMETTu) 



6. 
0. 

2. 

2. 
3. 
— 0, 



0 
0 
0 
0 
0 
0 

0 

0 

(I. I. 

0 
0 
0 
0 



L* Administrateur- < Gérant : G. Fleuby 



VàKII. — IMPRUfBMB ?. LBVft, 17, *UB OA88UTTF 




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lui demander des boutures, ni racines de producteurs directs; elle a cru devoir aban- 
donner la culture de ces derniers pour ne s'occuper uniquement que des moilleurs 
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14 e Année. — Tome XXVII. 



N° t)8i. 



Paris, 24 Janvier 1907 



REVUE 

DE 

VITICULTURE 

ORGANE DE L'AGRICULTURE DES REGIONS VITIGOLES 

PUBLIÉE ^SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA, 

inspecteur Général de la Viticulture, 
Professeur rie Viticulture à l'Institut National Agronomique,'' 
YemriTe de la Société Nationale d'Agriculture, Docteur ès science?. 



SOMMAIRE 

■■i ; . PAGES 

P. Marsais Le Congrès des associations yiticôles à Paris 89 

P. Pacottet La foire aux vins d'Epernay 94 

Valéry Mayet. . . Les insectes lignivores de la vigne (suite, avec figures) 98 

L. Fontaine Les machines et la préparation des aliments du bétail (avec 

figures) 102 



Actualités. — A nos abonnés et correspondants. — Greffage et conservation 
des greffons (Ed. ZachaRkwicz). — Les boissons de moins de deux degrés 
et leur régime légal : rapport de M. Génie (C. R.). — Jurisprudence : droit 
d'intervention des syndicats en justice. — Analyses des vins : méthode à 
employer. — Primes à la culture du lin et du chanvre. — Nécrologie : Morlot. 10 6 

Revue commerciale. — Livraisons des vins de la propriété. — Vignobles et 
vins; correspondances de l'Anjou (E. V.); du Lot-et-Garonne (E. R.) ; du 
Jura (Parisot). — Engrais, soufre, sulfates, lies, tartres. — Fruits et pri- 
meurs aux Halles centrales de Paris (O. D.). — Prix-courant des princi- 
paux produits agricoles 111 

Bulletin météorologique 116 



CONSEIL DE 

Jean Gazelles, Membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France, Prop. -Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticole de Cadillac, Propr. -Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant de la Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut, Président du Comice agricole de 
Nuit?.-St-Georges, Prop.-Viticult. (Côte-d'Or). 

F. Convert. Professeur à l'Institut national 
agronomique, Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon,Correspondant de l'Institut, Professeur 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P.Gervais, Membre de la Société N le d'Agricul- 
ture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitic. (Hérault). 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Directeur de la Station Viticole 
de Cognac, Prop. -Viticulteur (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de i' Agri- 
culture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de droit 
de Paris, Propriétaire-Viticulteur (Gers). 

A. Mùntz, Membre de l'Institut, Professeur 
à l'Institut national agronomique, Proprié- 
taire-Viticulteur (Dordogne). 

P. Pacottet, Chef des travaux à l'Institut agro- 
nomique, Maitre de conférences à l'Ecole d'a- 
gricult. deGrignon, Prop.-Vitic. (Bourgogne). 

Ch. Tallavignes, Inspecteur de l'Agriculture, 
Propriétaire-Viticulteur (Aude). 

A .Verneuil, Correspondant delà Société nationale 
d'Agriculture, Lauréat de la Prime d'honneur. 
Propriétaire-Viticulteur (Charente-Inférieure) . 



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14 e Année. — Tome XXVII. 



N° 684. 



Paris, 24 Janvier U 07. 



REVUE DE VITIC ULTURE 

LE CONGRÈS DES ASSOCIATIONS VITICOLES A PARIS 



Le Cpngrès des Associations viticoles organisé par la Société des Viticulteurs de 
France a tenu ses assises à l'hôtel Continental, les 17, 18 et 19 janvier 1907. 

L'entente si parfaite et si digne d'éloges qui avait présidé l'an dernier aux 
travaux d'un Congrès identique avait porté ses fruits, et satisfaction avait été 
donnée sur un point considéré comme le plus urgent à solutionner et désigné 
par l'unanimité des délégués. 

Malgré le rétablissement du privilège des bouilleurs de crû voté avec la loi 
de finances de 1906, malgré l'élaboration des premiers règlements d'adminis- 
tration publique complétant la loi du 1 er août 1905 sur la répression des fraudes, 
malgré la récolte déficitaire et la qualité supérieure des vins produits l'an der- 
nier, malgré la diminution du stock, la crise viticole, loin de diminuer d'in- 
tensité, s'étend et devient tous les jours plus désastreuse. Tel est le fait indé- 
niable qui a été présenté aux délégués dè toutes les régions viticoles. 

La nécessité absolue pour les viticulteurs d'obtenir de nouvelles réformes 
exige une politique nouvelle; l'appui unanime des représentants des régions 
viticoles au Parlement, s'il est obtenu, n'est plus suffisant pour faire triompher 
les revendications du Congrès, expression des souffrances et des désirs de la 
France vilicole entière, pour faire donner à ses vœux la sanction pratique légale 
qui doit être le seul but à viser. 

Il faut trouver des alliés en dehors des régions productrices de vin, et, pour 
cela, faire appel non seulement aux sentiments conciliants entre les diverses 
contrées viticoles, mais, afin de continuer des pourparlers avec d'autres membres 
du Parlement, leur consentir des concessions; en un mot, il est de toute urgence 
de faire une entente loyale entre viticulteurs, de consentir des accords avec les 
producteurs ou les commerçants dont les intérêts ont été jusqu'ici opposés aux 
nôtres. Xa réussite possible des revendications à présenter, leur valeur pratique 
à ce sujet doivent être envisagées avant tout. Le succès ne sera atteint que si les 
viticulteurs font à nouveau appel à la conciliation, à l'abnégation, à la 
discipline. 

Tel esl le raisonnement limpide, étayé sur des faits incontestables, qui a été 
tenu aux congressistes au début de leurs travaux; la simple logique faisait 
espérer que dans la situation actuelle, si inquiétante pour tout le monde viticole, 
ces précieuses indications seraient suivies; malheureusement, la crise a des 
raisons que la raison ne connaît pas; l'imminence même du danger est venue 
contrarier ce résultat. 

Il semble résulter, en effet, de l'ensemble des travaux effectués dans les nom- 
breux et récents Congrès de Nîmes, de Béziers, de Beaune, de Mâcon, de Perpi- 
gnan, de Lyon, de Montpellier et de Bordeaux que l'entente s'est faite dans 
chaque centre, entre des intérêts cependant divergents, avec assez peu de diffi- 
culté. La réunion des délégués de toutes les régions à Paris présente dès 



90 P. MARS AIS. — 



LE CONGRÈS DES ASSOCIATIONS VITICOLES A PARIS 



l'abord un caractère différent, des délégués apportant des mandats — mandats 
impératif s, ont dit quelques-uns — de tendances contraires, les vœux adoptés dans 
une région s'opposant nettement à ceux que d'autres délégués poussés par des 
exigences non moins impérieuses avaient pour mission de faire ratifier. Demander 
à ces congressistes, chargés de défendre des intérêts viticoles opposés, de se 
faire des concessions mutuelles, était déjà beaucoup ; leur demander, au surplus, 
de respecter les intérêts du commerce et ceux des agriculteurs du Nord, disposés 
à continuer des conversations du plus haut intérêt, semble avoir dépassé 
le but. 

La méthode si logique, basée sur une connaissance exacte, une étude appro- 
fondie des milieux parlementaires appelés à sanctionner les vœux émis, la 
méthode conseillée avec la dernière instance par M. Jean Dupuy et les organi- 
sateurs éminents du Congrès, s'est donc trouvée en présence d'une difficulté 
prévue, mais qu'il était permis de considérer, étant donné le bel exemple de 
discipline fourni en 1906, comme plus facilement réductible. 

On peut dire que, malgré de nombreux rappels à l'union, aux concessions, 
au sentiment de la valeur pratique des motions présentées, la discussion si vive, 
si tumultueuse parfois, si intéressante- toujours; n'a pas souvent eu pour objectif 
l'union qui fait la force, et c'est bien à regret qu'il nous faut constater ici que, 
dans le feu des débats et devant le caractère extrêmement grave de la crise, la 
grande majorité des congressistes n'a pas tenu compte de l'intérêt qu'il y avait 
pour tous à suivre les enseignements que des hommes entièrement dévoués à la 
cause de la viticulture française leur avaient apportés. Quelques-uns, même — et 
la chose est triste à dire — bien que convaincus de la valeur de l'entente conseillée, 
bien que désireux de voir, à tout prix, la situation changer, engagés, semble-t-il, 
dans un cercle qui les étreint de jour en jour davantage, n'ont pu faire ces sacri- 
fices à cause de la crise elle-même. La misère effrayante qui règne dans le Midi 
a pu empêcher les délégués de ces régions de voter le principe de la surtaxe au 
droit de circulation du vin, corollaire nécessaire et seul pratique du principe de 
la prime à la distillation. Il ne conviendrait donc pas de parler ici de mauvaise 
volonté, d'indifférence ou de légèreté, mais bien d'impossibilité matérielle. 
D'ailleurs, si la réussite avait été possible, nous sommes certain que les 
membres du Comité de direction l'auraient assurée. 

.Tout a été fait pour y atteindre, et si la voie tracée a été abandonnée, si les con- 
cessions exigées n'ont pu être faites, c'est qu'une pensée, inspirée par la situa- 
tion désespérée de la viticulture, l'a emporté sur toutes les autres : il faut sortir 
de la crise par un moyen où la viticulture, ne pouvant plus rien perdre, n'ait pas 
d'aléa à courir. L'argumentation acharnée de M. Honoré Leygue, qui, avec une 
énergie remarquable, a soutenu le vote de la taxe différentielle, n'est pas étran- 
gère au sentiment de crainte qui a fait repousser la solution présentée par 
M. Jean Cazelles comme celle qui avait seule une valeur plus que spéculative. 

Kn résumé, il semblerait, qu'en présence d'une situation de jour en jour plus 
précaire, sans issue nettement désignée, les délégués aient manqué du sang- 
froid qui leur aurait été si précieux en cette occasion, et que, liés par leur mandat 
impératif (l), ils n'aient pu suivre l'exemple de l'un des leurs qui, en présence des 
faits nouveaux, ;i courageusement dénoncé le sien, el profiter ainsi des révélai ions 
qui permettaienl de s'engager dans une voie nouvelle avec chance de succès. 

Le programme adopté par le Comité de Direction envisageait le régime des 
sucres, des vins et des alcools. Deux résumés, l'un de M. Ch. Vavasseur sur le 



P. MARS AT S. — 



LE CONGRÈS DES ASSOCIATIONS VITIOÔLES A PARIS 91 



régime des sucres, l'autre de M. P. Gervais sur les questions connexes du régime 
de l'alcool et du régime des vins, ont indiqué les réformes qu'il serait désirable 
de voir ratifiées par le Parlement, deux commissions se sont formées dans le but 
de discuter l'efficacité de ces réformes. La Revue a publié et les documents rela- 
tifs à l'argumentation en faveur des diverses modifications à apporter au régime 
actuel et les résolutions des Congrès antérieurs qui furent présentées à l'appro- 
bation du Congrès des Associations viticoles. Nous n'y revenons pas. 

Cependant, nous ne pouvons passer sous silence le si remarquable exposé 
que M. Jean Cazelles a fait à la deuxième Commission, après que MM. Augé, 
Razimbaud et Leygue, dans une belle joute oratoire, eurent plaidé, le premier 
la cause de la prime à la distillation qui fait l'objet de son projet de loi, les 
seconds celle de la taxe différentielle. M. Cazelles a voulu éclairer la question (et 
toute la discussion confuse qui a rempli les autres séances n'a plus apporté 
aucun argument nouveau à cet effet, bien au contraire), en apportant des affirma- 
tions d'une valeur incontestable pour faire admettre le seul procédé actuellement 
possible qui permettra de remédier à la crise. 

— La taxe différentielle, a-t-il dit en substance, a été réclamée par nous avec la 
plus grande énergie; si nous l'obtenions, notre rôle pourrait être considéré 
comme à peu près terminé. Elle serait encore demandée par tous aujourd'hui 
si nous avions quelque espoir de l'obtenir : en une occasion, à la Commission 
interparlementaire des alcools, nous aurions peut-être réussi sur ce point si les 
représentants des Charentes n'avaient démissionné la veille. Aujourd'hui nous 
aurions tout contre nous, si nous l'exigions à nouveau: le commerce des vins et 
spiritueux, tout-puissant, sera irréductible sur ce point; les agriculteurs du Nord, 
pour ne citer que les plus redoutables de nos adversaires sur la question, n'en 
veulent à aucun prix. Or ceux-ci sont prêts à voter avec nous, viticulteurs, pour 
que des avantages pécuniaires à la distillation nous soient accordés, sous une 
autre forme que la taxe différentielle. Que conclure? Comme avantages réci- 
proques, les agriculteurs demanderaient une prime pour les alcools allant à la 
dénaturation, payée par tous les alcools de bouche, le débouché industriel qu'ils 
trouveraient ainsi étant bien plus considérable que celui qu'ils ont sur le marché 
des alcools de bouche. Ils demanderaient aussi l'abolition du privilège des 
bouilleurs de cru, mais il ne faut voir là qu'une attitude nullement irréductible. 
En revanche, ils seraient disposés à voter une surtaxe sur le sucre égale au droit 
de l'alcool contenu en puissance; la suite des sucres ne les trouverait peut-être 
pas aussi intransigeants que précédemment et le principe d'un encouragement 
à distiller est admis dès maintenant par eux. Des conversations très sérieuses 
ont été engagées entre les viticulteurs, le commerce en gros des vins et spiri- 
tueux et les agriculteurs du Nord, ces derniers conseillés par MM. Jonnart, pré- 
sident du Conseil général du Pas-de-Calais, et Noël, sénateur, qui successivement 
ont montré la nécessité d'une entente entre eux et nous. Cette entente désirable 
est tout au moins possible. 

Telles sont les données sensationnelles que M. Cazelles a apportées aux débats. 
Elles auraient dû avoir un très grand poids sur la décision des délégués; elles 
en auraient eu un plus grand encore si les conversations avaient été plus 
avancées, si l'horizon avait été un peu plus certain; mais d'autre part, les con- 
versations ne pouvaient être poussées plus avant sans connaître l'opinion des 
délégués. Cette circonstance a fortement influé sur la portée des raisons expo- 
sées par M. Cazelles; M. Honoré Leygue a su en tirer parti. En commission, 



92 P. MARSAIS. — LE CONGRÈS DES ASSOCIATIONS VITICOLES A PARIS 



malgré sa défense très vive, la prime à la distillation au taux de 50 francs par 
hectolitre fut adoptée»; mais la contre-partie, indiquée par M . Cazelles comme 
devant être logiquement payée par le vin si l'on voulait aboutir, a été repoussée 
par une différence de voix des plus minimes. 

A partir de ce moment, et pour cette Commission, la discussion a pris un carac- 
tère incohérent, chacun s'ingéniant à trouver des ressources à proposer en face 
des 30 à 40 millions exigés pour le paiement de la prime. Une motion 
sage, mais impraticable dans ce Congrès, est déposée, demandant que le 
Congrès s'en remette au Bureau du soin de trouver une solution à cette ques- 
tion, d'accord avec les représentants des régions avec qui il faut faire l'union. 
Son auteur, M. Astier, ne peut obtenir satisfaction. Les appels à l'union ne sont 
plus entendus et les intérêts que l'on devait ménager ne sont plus considérés. 
M. Leygue propose d'abandonner le privilège des bouilleurs, mais seulement si 
la taxe de 50 francs par hectolitre est payée d'avance. M. le D r Grandclément 
veut la faire porter à 110. L,es membres du Parlement présents, et ils sont nom- 
breux, sauf M. Leygue, assurent en vain que le privilège des bouilleurs de crû 
que M. Leygue offre comme rançon de la taxe ne sera jamais supprimé par la 
Chambre actuelle ; la discussion s'anime de plus en plus. Les projets de faire 
couvrir les frais de primes à la distillation par une surtaxe à la circulation, 
allant à une caisse spéciale, repris par M. Augé, ou par les mesures de police 
viticole, indiquées par M. du Périer de Larsan, ou par diverses mesures telles 
que l'établissement d'une taxe de surveillance chez le détaillant, de taxes sur les 
pétroles, produits étrangers, de surtaxe sur les sucres, et indirectement les 
mesures à prendre contre la fraude, sont chaleureusement attaqués et défendus. 
Malgré la véhémence qui caractérise les débats où MM. Leygue, Poubelle, 
Augé, Audebert, Despetits, Aubry, Coufry, Verneuil, Chaigne, Jalabert, Four- 
nier et Palazy rompent de nombreuses lances, ces propositions faites comme au 
hasard ne sont acceptées que comme des moyens inapplicables ou insuffisants. 

En assemblée générale, après lecture du rapport remarquable de M.Semichon, 
M. Leygue reprend sa motion ; il la défend habilement, surtout en attaquant la 
prime à la distillation et cette fois, par un revirement inattendu, se proclame le 
défenseur du privilège. « C'est avec les bouilleurs, avec qui nous avons combattu 
et vaincu, que nous devons faire alliance, dit-il, et nous vaincrons encore. » 

Les délégués, trop peu éclairés, nous a-t-il semblé, sur la valeur des éléments 
nouveaux apportés à la discussion par M. J. Cazelles, ont émis un vote contraire 
à celui de la Commission. Le principe d'un avantage à la distillation une fois 
admis, c'est le système de la taxe différentielle qui l'emporte, tandis que celui de 
la prime à la distillation n'est admis que suhsidiairement. La surtaxe sur les droits 
de circulation des vins, même réduite àO fr. 50 par hectolitre, est repoussée. 

Par un sort semblable, le principe d<; la déclaration de récolte, adopté en 
Commission, est repoussé par l'assemblée générale, tandis que 1 'affichage des 
sorties, le droit de surveillance de 1 franc chez le détaillant sont adoptés a 
l'unanimité. 

Au cours de cette discussion tumultueuse, des propositions très intéressantes 
ont été produites, mais elles ne tenaient pas compte des avertissements donnés et 
leur valeur n'était que spéculative. 

Quoiqu'il en soit, il ne faudrait pas conclure de ces observations, ni même des 
vœux émis, qu'aucun effort n'a été fait dans un but de conciliation par les délé- 
gués. Des vœux contraires aux intérêts du commerce ont été spontanément reti- 



P. MARS AI S. — LE CONGRÈS DES ASSOCIATIONS VITICOLES A PARIS 93 



rés par leurs auteurs, des congressistes ont tenu à faire savoir qu'ils faisaient 
des concessions; il faut simplement regretter que deux procédés reconnus bons 
tous deux, mais classés différemment au point de vue de leur réalisation pra- 
tique, aient divisé une fois pour toutes les congressistes des diverses régions. 

La Commission du sucrage a poursuivi ses travaux avec plus de régularité. 
Elle a pris, ainsi qu'elle y avait été invitée, des résolutions énergiques. Son rap- 
porteur M. Ch. Vavasseur, d'accord avec M. Roy-Chevrier, président, a pro- 
posé à l'assemblée générale de se montrer encore plus catégorique en demandant 
que les sucres employés à la chaptalisation acquittent le droit plein de circula- 
tion de l'alcool contenu en puissance, au lieu du demi-droit. Les conclusions du 
rapport ainsi modifiées ont été adoptées sous la forme suivante : 

Régime des sucres. — Le Congrès émet le vœu : 1° que le suc rage des moûts et des 
vins soit interdit, sauf en ce qui concerne la chaptalisation qui reste autorisée pendant 
les vendanges, telle qu'elle est réglementée actuellement ; 2° que cette chaptalisation 
soit effectuée sous le contrôle et sous la surveillance de la Régie, les sucres employés 
à cette opération devant acquitter le plein droit de circulation de l'alcool qu'ils contien- 
nent en puissance ; 3° que, pour assurer l'efficacité de l'interdiction du sucrage, les 
sucres ne puissent circuler que munis d'une pièce de Régie; seuls, les sucres raffinés 
en quantités inférieures à 15 kilogrammes pourront circuler librement. 

La deuxième Commission, après la très vive discussion que nous avons cons- 
tatée, a voté les vœux suivants : 

Régime des vins et régime des alcools. — i° Qu'une prime à l'exportation soit accordée 
aux vendanges en fermentation, à raison de 1 fr. 50 les 100 kilos, les ressources né- 
cessaires étant prises sur le budget général ; 2° Que, dans les traités de commerce à 
intervenir, les eaux-de-vie possédant l'acquit d'origine établi par la loi de 1903 béné- 
ficient de droits abaissés ; 3° Que toutes les mesures utiles soient prises pour assurer 
la sincérité des marques; 4° Que la loi soit appliquée strictement eni ce qui concerne 
la nécessité d'un auteur de pourvoi en cassation pour un jugement le condamnant a 
plus de six mois d'emprisonnement, de se constituer prisonnier; 5° Que le ministre de 
la Guerre ordonne que dans chaque régiment des coopératives soient instituées, à 
l'exemple du 26 e dragons de Dijon, et que les ressources servent à donner du vin au 
soldat; 6° Le vœu relatif à l'affichage des sorties (texte du rapport de M. Cazeaux- 
Cazalet); 7° Que le débitant soit obligé d'afficher le degré du vin qu'il met en vente; 
8° Que la sanction de cette obligation soit l'établissement d'une taxe de 1 franc par 
hectolitre de vin mis en vente chez le débitant ; 

9° Vœu tendant à ce que la distillation soit avantagée, en principe (texte du rap- 
port de M. Audebert) ; 10° Une taxe différentielle de 50 francs par hectolitre sera éta- 
blie, au moyen de détaxe sur les alcools de vin, entre ceux-ci et les alcools d'indus- 
trie (texte de M. Honoré Leygue) ; 11° Subsidiairement, qu'une prime à la distillation 
à raison de 50 francs par hectolitre d'alcool soit instituée ^dès la prise en charge (texte 
du rapport de M. Augé) ; 12° Que les articles 25 et 26 de la loi du 1 er août'1905 soient 
appliqués dans le plus bref délai ; 13° Que dans le règlement d'administration publique 
à intervenir, comme suite à la loi du 1 er août 1905, des mesures soient prises pour 
authentifier le produit. 

Il semble qu'il aurait été bien préférable de voir le moyen indiqué par un des 
membres dirigeants de la Société des Viticulteurs de France,qui a étudié la question 
avec la compétence qui le caractérise, adopté à l'unanimité parle Congrès. Mais 
faut-il considérer qu'une année au moins est perdue, ce qui serait grave, l'ave- 
nir étant des plus incertains ? Nous ne le pensons pas. Nous espérons que les 



94 



P. PACOTTET. 



— LA FOIRE AUX VINS D'ÉPERNAY 



pourparlers d'un si haut intérêt auront une suite et une conclusion, et que si la 
taxe différentielle ne peut être obtenue, la prime à la distillation présentée 
subsidiairement sera accordée. Le Comité de Direction se trouvera alors dans la 
même situation que l'assemblée générale de clôture. Il lui faudra trouver des 
ressources à indiquer au Parlement en regard des primes demandées ; la sur- 
taxe de circulation étant écartée, le problème se complique, mais nous pensons 
que l'un des projets mis en avant pourra ne pas porter atteinte aux intérêts 
nationaux et qu'il pourra, avec la surtaxe sur les sucres, suffire à faire face aux 
dépenses engagées. 

Le Comité de Direction agira au mieux des intérêts de la viticulture ; malgré 
la situation difficile où le vote du Congrès fa placé, nous pensons qu'il mènera 
à bien sa nouvelle mission. M. le Ministre de l'agriculture a assuré son prési- 
dent, au banquet de clôture qui réunit tous les délégués dans une entente par- 
faite, que sa haute bienveillance était tout acquise aux intérêts qu'il défend avec 
une si grande autorité. Des vœux qu'il est censé ne pas connaître, se dégagera,, 
dit M. Ruau, l'harmonie générale que son oreille exercée saura percevoir. 

P. Mars aïs. 
♦ 

LA FOIRE AUX VINS D'ÉPERNAY 



Heureux pays que celui des vignerons de Champagne! Au moment où fut dis- 
cutée la Foire aux vins, les organisateurs durent reconnaître que son but : faire 
connaître les vins de 1906 et permettre leur transaction, était supprimé. Tous 
les vins de cuvée avaient pris le chemin des grandes maisons de commerce 
champenoises dès la vendange ou les semaines qui suivirent. Les vins de suite, 
première et seconde taille, qui représentent à peine un tiers de la production 
étaient eux-mêmes rares, car les fabricants de mousseux allemands ont fait des 
achats exceptionnellement importants de ces vins, tant à cause de leur qualité 
que du fait d une récolte excessivement diminuée en leur pays. On parle de 
10.000 à 12.000 barriques qui auraient déjà été expédiées. 

Les prix s'étaient ressentis de ces achats et je rappelle que la barrique de cuvée 
avaient trouvé preneur à des prix fort rémunérateurs de 500 à 700 francs le fût 
de 228 litres. N'ayant plus rien à vendre, les vignerons ne demandaient qu'une 
chose : retomber dans cette belle et orgueilleuse indifférence, qui est le propre 
des pays vi ticoles prospères et d'où ils avaient dû sortir l'année précédente devant 
la mévente et le bas prix de leurs vins. Aussi, c'est l'honneur des organisateurs 
d'avoir compris qu'il ne fallait pas supprimer, en 1907, une manifestation 
commerciale, qui avait fait ses preuves les deux années précédentes. On décida 
donc de faire quand même cette foire, afin qu'elle devînt partie des mœurs viti- 
coles du pays et grâce au dévouement du comité composé de MM. Puisard, maire 
de Cramant, président, Lourdaud, conseiller général de Dormans, le père de la 
foire, Martin, maire de Cumières, Depuiset, professeur de viticulture à Eper- 
nay, etc., on put mener au succès cette œuvre qui, les deux premières années 
de sa création, avait été organisée et présidée par le D r Péchadre, député de 
l'arrondissement. 

On arriva à grouper près de 000 échantillons, 350 blancs, 50 rouges et 150 vins 



P. PACOTTET. — LA FOIRE AUX VINS D'ÉPERNAY 



95 



vieux , assoeiés à des vins champagnisés. Ce n'étaient pas les 1 .600 échantillons de 
1904, les 1.050 de 1905, mais c'était largement suffisant pour permettre d'appré- 
cier les vins et d'en discuter la valeur marchande. Le jury même se montra très 
satisfait de se trouver en présence d'une tâche rendue possible par le chiffre 
raisonnable des échantillons. Les jurés champenois sont des plus consciencieux ; 
la plupart, commissionnaires, sont des dégustateurs émérites, car leur fortune 
dépend de leur faculté à discerner dans un vin d'apparence saine le plus petit 
défaut qui, multiplié par dix, lors du dégagement du gaz carbonique après la 
fermentation en bouteille, suffira à faire écarter le vin comme taré. 

Les discussions de tous ces connaisseurs font ressortir un fait très net ; c'est non 
seulement la supériorité, des vins de vignes blanches en Pinot Chardonnay sur 
les vins de vigne rouge, mais aussi la faveur très grande dont jouissent, près du 
grand commerce, les vins complètement blancs des premières au détriment des 
vins légèrement teintés des secondes. Avize et Cramant battent Ay en ce moment. 

En 1906, les vins de vignes récoltées les dernières ont tous été tachés et se sont 
trouvés de ce fait un peu dépréciés, quoique leur qualité intrinsèque fût en réalité 
supérieure. 

Le jury a exprimé ainsi son appréciation sur les vins exposés à la 3 e foire 
d'Epernay : a Les conditions climatériques exceptionnelles de l'été et de l'automne 
« ont donné une maturité parfaite du raisin avec une quantité moyenne. La tem- 
« pérature du mois d'octobre a favorisé les fermentations et les premiers froids 
'< ont amené une clarification complète des vins. Tous les facteurs de la qualité 
« ont donc concouru à faire, des 1906, des vins de qualité supérieure. Us réu- 
« nissentà la fois une tenue parfaite, la limpidité, un bouquet dont la finesse va 
« en se développant et qui permet d'affirmer que les vins se classeront parmi 
« les meilleures récoltes de la Champagne. » 

L'énergie des Champenois méritait bien cette belle vendange. Surpris et quelque 
peu mis en déroute par le Mildiou en 1905, les vignerons ont traité d'une façon 
parfaite en 1906. Des bouillies bien appliquées, jointes à des écimages intelligents, 
ont fait que, malgré un temps extrêmement favorable au Mildiou fin juillet, dé- 
but d'août, comme en témoignent les appareils enregistreurs de la chaire dépar- 
tementale à Chalon, la maladie a eu un développement nul et a permis à des feuil- 
les parfaitement saines et belles de mûrir la récolte. La culture intense du sol, et 
non l'inculture, a protégé aussi le vignoble contre la sécheresse. J'avais parcouru 
le vignoble champenois, en août, avec M. Paillard. Rien n'égalait la magnificence 
de ce vignoble, surtout si l'on veut comparer à ce qui passait dans un vignoble 
voisin, celui de l'Est, où, au milieu de l'herbe, les souches disparaissaient portant 
des sarments sans grappes et défeuillés par ce Mildiou. 

L'exposition des vins d'Epernay se fait dans la salle des Fêtes dont les galeries, 
au premier étage, se prêtent bien à cet usage. La salle même est réservée aux 
expositions des fabricants de machines viticoles et des pépiniéristes. 

On fait des greffes en Champagne, on en fait même beaucoup et on les fait très 
bien. Il y a dix ans, la Bourgogne était considérée comme le pays limite des 
pépinières, et ni les greffages ni les cultures des pieds mères ne devaient réus- 
sir plus au nord. La maison Moët et Chandon a montré qu'on pourrait réussir si 
l'on sortait des chemins tracés. On a créé une technique spéciale, surtout une 
stratification parfaite, et les pépiniéristes du Midi ont dû venir réapprendre, 
en ce pays, en échange des premières leçons qu'ils avaient données, un métie* 
devenu scientifique. 

4 



9G 



P. PACOTTET. — 



LA FOIRE AUX VINS D'ÉPERNAY 



Cinq pépiniéristes locaux avaient répondu à l'appel des organisateurs : 
MM. S. Goyard, d'Epernay, Thibault de Verneuil, Chaurion, de Vertus, Vaillant, 
de Dammery, et Loriot, de Festigny. Les pépinières avaient été visitées par la 
plupart des membres du jury qui purent certifier que ce que nous voyons n'était 
pas le résultat d'un triage. Les greffes étaient pourvues de pousses développées, 
très bien aoûtées, mais les racines surtout formaient une couroune extrême- 
ment garnie. 

Les greffons employés sont uniformément le Pinot et ses variétés. Les porte- 
greffes qui s'affirment de plus en plus sont les 3306, 3309, 1202, Aramon X Ru- 
pestrisGanzinn°l, mais surtoutles hybrides de Berlandieri, 41 B, 420A, 34 E. La 
Champagne plante volontiers des greffes de deux ans. Ces greffes ne sont pas 
soulevées à la fin de la première année et remises en pépinière comme on pro- 
cède généralement. On se contente de les laisser en place. Elles valent 10 francs 
de plus le mille que les premiers choix de Tannée. Les pépiniéristes trouvent 
leur bénéfice, non pas dans cette plus-value dérisoire du prix du mille, mais 
dans la vente facile des greffes faibles qui se fortifient dans le sol durant la 
deuxième année. Mes collègues du jury, viticulteurs de la région, ne redoutent 
pas de planter ces greffes, ils les apprécient au contraire. N'avons-nous pas fait 
comme cela, en Bourgogne, au début de la reconstitution, pour revenir à la 
greffe premier choix de l'année ! Il faut reconnaître cependant que plus l'on 
monte vers le nord, moins les plants à pousse réduite souffrent de leur séjour, 
pendant deux ans, en pépinière. 

Le matériel vinicole champenois a son importance considérablement accrue 
par le côté industriel de cette vinification. En outre, tout ce qui concerne la ven- 
dange et le pressurage est propre à cette région. Point de broyeurs, point d'égrap- 
peurs, c'est seulement à des pressoirs puissants que l'on demande le vin de cuvée. 
Ces pressoirs sont tout en bois, sans vis intérieure, tant le contact du métal est 
redouté. Les tabliers supérieurs, à volets, se relèvent avec la vis et c'est un dispo- 
sitif pour le relèvement rapide de ces tabliers, que présente la maison Dubois, 
de Cumières. M. Darcq-Flamain, dans une collaboration féconde avec M. Neveux, 
a muni ses pressoirs, excellemment fabriqués, d'un piston hydraulique pour assu- 
rer la pression. Malheureusement il a négligé les accumulateurs de pression si 
utiles avec ce mode de pression. La pompe hydraulique nécessaire à ce dispo- 
sitif est fort curieuse. Le piston peut avoir son calibre réduit instantanément, si 
bien que l'on commence à travailler avec un gros piston à débit important; puis, 
lorsque la pression augmente, le même effort exercé sur une pression plus faible 
a son action multipliée. Le grand bras du levier, qui constitue le balancier de 
la pompe de compression, peut aussi être augmenté. Sous un cadre sont des 
reproductions photographiques fort curieuses des vieux pressoirs champenois, 
ancêtres du type actuel. 

Une grosse nouveauté en champagnisation de la maison Jost-Collard se 
charge de signaler sa présence. Mue par l'électricité, une électriseuse d'un 
genre complètement nouveau remplace l'ancienne bricole. Celle-ci est une boite 
oscillante où se logent les bouteilles. Elle est munie de petils marteaux qui vien- 
nent heurter les parois des bouteilles, masquées par des dépôts adhérents, et 
ceux-ci se détachent. Toute La journée, un homme fait mouvoir celle caisse. Dans 
lélectriseuse nouvelle, on peut obtenir automatiquement des rotations entières 
ou des parties de rotation des bouteilles, et les marteaux sont remplaces par des 
jougons mobiles et dirigés suivant les rayons d'une roue dans laquelle ils sont 



P. PACOTTET. — LA FOIRE AUX VINS D'ÉPERNAY 



97 



logés. La force centrifuge de cette roue les projette violemment contre le verre 
pendant que le liquide, déplacé d'avant en arrière, lave, grâce à la bulle de gaz, 
des bouteilles, les points du verre où le dépôt est détaché. Avec une semblable 
machine, le rendement journalier est très accru et plus régulier, car la machine 
ne sait pas négliger son travail. Un treuil destiné au gerbage des fûts, très 
robuste, très élégant, complète avec les appareils courants, machines à agrafer, 
à museler, etc., l'exposition de cette maison. 

En Champagne, l'outillage viticole du vignoble renferme des autoclaves géants 
à échalas que l'on n'oserait pas, dans d'autres régions, confier à des vignerons : 
ici les bombes d'acide carbonique ne font pas peur et les pulvérisateurs à 
acide carbonique se répandent, notamment celui de Kusnick et G ie présenté par 
MM. Laurent et Carré, du Comptoir de l'industrie de Reims. Cet établissement 
présente aussi une vieille connaissance, la pompe électrique la « Balladeuse» de 
Daubron, pompe dont on peut régler la pression à la sortie à volonté. Les 
brosses pour souches, système Bonnet, dont les manches sont des réservoirs à 
insecticides, sont des plus pratiques. 

La maison Jeeger présente ses tireuses et ses doseuses perfectionnées, appa- 
reils de précision, objets d'orfèvrerie à la fois, tant ils sont, sous leur revêtement 
d'argent, finement montés. 

Sulfure de carbone liquide, vapeurs de sulfure de carbone se disputent en 
ce moment, dans le vignoble, la puissance désinfectante et l'innocuité pour les 
souches souterraines. M. Veinmann expose le pal Parent qui émet un mélange 
d'air et de vapeurs de sulfure de carbone. Cette injection peut se faire sans 
danger, en tout temps et sans brûlure des racines. Il serait peut-être utile 
d'augmenter sa puissance. 

Au mois d'août dernier, je voyais, près d'Ay, des vignes côte à côte, les unes 
chargées de récoltes et les autres presque privées de grappes à la suite de gelées 
printanières. La plus-value des récoltes des premières comparée aux autres n'a pas 
été inférieure à 5 ou 6.000 francs à l'hectare. C'est seulement avec ces chiffres 
en tête que l'on peut accepter de discuter l'emploi d'abris paragelées dont l'in- 
stallation, à l'hectare, représente 4 à 5.000 francs. Le système des paillassons 
Bonnet à renversement nous est montré installé et fonctionnant automatique- 
ment pour la maison Becker-Bertrand, de Reims. Un thermomètre surveille le 
domaine et commande, dans tout le vignoble, les paillassons qui, sous son action, 
s'étendent horizontalement au dessus des souches. Ce thermomètre agit à un 
certain degré, grâce à un courant électrique qui lui obéit lorsque le niveau du 
mercure est arrivé au-point fixé. Des déclanchements se produisent alors et, 
grâce à des contrepoids, les paillassons s'étalent. Il en est de même de toiles 
tendues devant des espaliers, de paillassons couvrant des serres. La protection 
assurée, une sonnerie annonce que tout a bien fonctionné. C'est vraiment très 
ingénieux. 

La Champagne consomme énormément de bois pour ses vignes (échalas), ses 
caves (barriques, pupitres, caisses, lattes) : aussi le commerce des bois est très 
prospère. La maison Roger fils, d'Ay, et la maison Gaston Michelot présentent, 
outre des pupitres excellemment construits, des chantiers, etc. 

La foire aux vins comportait le banquet d'usage qui se termine par des toasts. 
Le président du comité d'organisation, M. Puisard, remercie avec une grande 
amabilité tous ceux qui sont venus du dehors apporter leur concours et rappelle 
deux vœux déjà émis, mais qui tiennent de plus en plus au cœur de tout 



98 VALÉRY MAYET. - INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



Champenois : la répression des fraudes, la protection du nom de Cham- 
pagne. 

Le D r Pechadre, député d'Epernay, lui répond. « La répression des fraudes 
« s'organise, mais la protection du nom de Champagne a pour base la délimita- 
« tion et cette délimitation présente en Champagne quelques difficultés. Cette 
« délimitation, dit-il, est nécessaire ; car le vigneron champenois est moins favo- 
« risé quand il vend son vin 500 francs la barrique que les vignobles du Lan- 
« guedoc quand ils vendent celle-ci 25 francs, tant les frais de culture sont élevés 
« ici. Cette délimitation est possible, car elle se base sur la géologie et la Cham- 
« pagne délimitée comporte des vignobles qui sont cultivés de même façon, 
« plantés d'un même cépage, le Pinot et ses variations. Le nom de vin de Cham- 
« pagne s'applique du reste à un vin, association des vins de divers crus du 
« pays, et ces mariages de raison nécessaires consolident encore le droit au 
« nom générique de Champagne. 

« Un double acquit suffit pour défendre tous ces vins tandis que la Bourgogne 
« et le Bordelais sont obligés, à cause de leurs crus si nombreux et si différents, 
« d'en réclamer plusieurs dizaines; la difficulté est augmentée pour la Régie. » 
En un mot, la délimitation de la Champagne est possible; elle ne présente là 
aucune difficulté. Elle doit être expérimentée sur la Champagne, car son usage 
servira de base pour les autres pays. M. Couanon, inspecteur général de la Viti- 
culture, rappelle enfin les difficultés qu'éprouvent les commissions qui s'oc- 
cupent de fraude et de délimitation devant des intérêts locaux opposés. Dans 
tous les :as, il faut que la Champagne défende ses vignobles, pour que, derrière 
cette défense, on puisse préparer la reconstitution le jour où l'on seraitobligé d'y 
recourir. Avec ces deux moyens employés parallèlement, la Champagne ne doit 
jamais perdre de son importance comme vignoble. 

En résumé, la foire aux vins d'Epernay a été un gros succès. Faciliter les 
ventes, permettre aux vignerons de comparer leurs produits, aux fabricants de 
montrer les progrès annuels de leur industrie, échanger des idées, les résultats 
culturaux, telle était la destination de cette foire-exposition dont le programme 
a été bien rempli. 

P. Pa COÏT ET. 

> 

INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE (,) 

LE CLYTE BIGARRÉ 

(Cl y tus varias Fabricius) 

Les Clytus sont d'élégants Longicornes, au corps cylindrique, aux antennes 
relativement courtes, aux patios développées, aux couleurs voyantes, portant 
sur leur robe de velours des bandes, des points et des chevrons jaune d'or ou 
blanc d'argenl sur fond noir, d'un noir de jais sur fond jaune. 

Aussitôt éclos, c'est-à-dire en juin et juillet, ils sortent du bois et vont 
butiner sur les fleurs, principalement les ombelles,, où il est facile de les 
capturer. 

(1) Voir n°» 681, 682 et 688, pages 8, 36 et 63. 



VALÉRY MAYET. — 



INSECTES LTGNIVORES DE LA VIGNE 



00 



Leurs larves, vivant en plein bois, comptent quatorze segments, y compris la 
tête et le mamelon anal. Le corps blanc un peu incarnat n'est pas cylindrique, 
mais coupé carrément, sensiblement renflé anté- 
rieurement, pourvu, sous chacun des trois segments 
thoraciques, d'une paire de pattes relativement 
longues; toutes celles du genre se ressemblent. 

Celle de notre espèce longue de 14 à 18 millimè- 
tres subit sa nymphose en juin et l'insecte parfait 
sort du bois en été. Le 'trou pratiqué est absolu- 
ment rond, comme produit par une vrille, et seul il 
révèle les dégâts commis à l'intérieur. 

Le Çlyius varius n'est pas difficile sur l'essence 
du bois auquel il confie ses œufs. A peu près tous 
les bois non résineux lui sont bons. Le saule, le 
robinier, le châtaignier utilisés pour les piquets 
introduisent l'insecte dans les vignes et le bois 
mort de celle-ci reçoit ses pontes aussi bien que les 
piquets d'où il est sorti. 

Dans nos éducations en laboratoire, c'est le seul Clytus que nous ayons obtenu 
du bois mort de la vigne. On reconnaîtra l'insecte aux caractères suivants : 
Longueur 10 à 13 millimètres, largeur 2 à 3, corps allongé, cylindrique, entière- 
ment revêtu d'un duvet jaune un peu verdâtre, antennes atteignant à peu près 
la moitié de la longueur du corps, corselet globuleux, un peu oblong, paré sur 
son disque d'une bande transverse (femelle), ou de trois taches en rangée 
transverses (mâle). — Ely très ornés chacun, près de la base, d'un anneau incom- 
plet ouvert extérieurement et postérieurement de deux bandes noires, la pre- 
mière arquée d'avant en arrière. 

L'insecte, n'attaquant jamais le bois vivant, est assez peu nuisible pour qu'il 
ne soit rien conseillé pour sa destruction. 




Fig. 30. — Clyte bigarré. 



LA PSOÉE VIENNOISE 

(Psoa vimmnsis Herbst) 

Les Psoées sont d'élégants insecies aux couleurs voyantes ou métalliques, au 
corps allongé, aux téguments assez mous, butinant sur les fleurs et dont les 
larves, jusqu'à ces dernières années, n'étaient signalées vivant aux dépens du 
bois de la vigne qu'aux États-Unis (1). Le travail récent de Lesne (2), citant un 
mémoire publié à Linz en 1860 (3), range décidément les deux espèces d'Europe 
dans les Ampélephages. 

« L'adulte, dit Lesne, apparaît de bonne heure au printemps; il vole déjà à 
la fin d'avril et devient abondant première quinzaine de mai. On ne le trouve 
guère que dans les localités où l'on cultive la vigne, car c'est dans les sarments 
de cette plante, taillés du printemps et déjà secs, qu'il passe ses premiers états. » 

Par les temps calmes et lorsque le soleil donne, on le voit voler par milliers et 
s'accoupler; mais cette saison est de courte durée, si bien qu'il est difficile d'en 
trouver un exemplaire vivant au commencement de juillet. 



(1) Horn, Trans. Am. Ent. Soc, 1887, p. 135. 

(2) P. Lbsne, Ann. Soc Ent. de Fr., 1896, p. 98. 

(3) Gustav Henschel (Zwanzigst. Bêr. tiber das Mus. Franc. Carol., Linz, 1860, p. 43). 



100 



VALÉRY MAYET. 



— INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



Quelques jours après l'accouplement, la femelle dépose ses œufs isolément 
dans le voisinage des bourgeons. Elle manifeste alors une sorte d'inquiétude et 
son abdomen est continuellement en mouvement. Henschel ouvrit le corps d'une 
dizaine de femelles et constata qu'il contenait en moyenne une vingtaine d'œufs. 
Ceux-ci sont un peu pyriformes, d'une couleur jaune rougeâtre clair. 

L'éclosion, dans le cas observé par Henschel, eut lieu au bout de 14 jours 
dont 8 de grande chaleur. La petite larve toute blanche, à peine longue d'une 
demi-ligne, demeure environ 2i heures à l'endroit de sa naissance, comme pour 
prendre des forces. Pendant ce temps elle absorbe très peu de nourriture et racle 
seulement l'écorce fine du sarment; elle mue pour la première fois et pénètre 
ensuite dans l'intérieur du rameau. La durée du stade larvaire s'étend du milieu 
de juillet jusqu'au commencement d'octobre, époque de la nymphose. 

La larve figurée par Henschel mesure, quand elle est adulte, 8 à 9 millimètres. 
Le corps est cylindrique et l'extrémité sacciforme de l'abdomen est recourbée 
en dessous, le thorax renflé porte trois paires de pattes. A partir de fin octobre, 
toutes les nymphes sont transformées, et en hiver on ne trouve que des insectes 
parfaits en fendant les sarments. Il n'y a, comme on le voit, qu'une seule géné- 
ration par an. 

Comme nous l'avons dit à propos du Callidium, les ennemis naturels sont 
moins dangereux que les parasites d'occasion. C'est le cas de nos Psoées, insectes 
inféodés dans les deux mondes à la vigne sauvage ou cultivée, et qui se conten- 
tent d'attaquer les sarments secs, sans grand dommage pour le viticulteur. Il en 
est quitte pour vendre ses piles de fagots le plus tôt possible. 

La Psoa vi ennemis répond à la description suivante : Corps long de 8 à 10 mil- 
limètres, large de 2 à 3, assez mou, couleur générale bronzé verdâtre, avec les 
élytres rousses présentant parfois aussi une teinte métallique, l'extrémité abdo- 
minale rougeâtre. Des poils blonds assez longs sur la tête, le thorax et les pattes, 
courts et couchés en arrière sur les élytres. Tête fortement inclinée verticale- 
ment, antennes de dix articles dont les trois derniers aplatis et claviformes. 

Distribution géographique : Europe centrale et orientale tempérée, Haute et 
Basse Autriche, Bohême, Croatie, Bosnie, Dalmatie, Transylvanie, Caucase, 
Morée, Asie Mineure, Anatolie. 

LA PSOÉE ITALIENNE 
[Psoa sanguinea Giorna, italica Serville) 

La seconde espèce, qui s'est rencontrée sur la vigne sauvage et sur la vigne 
cultivée, diffère assez de la première. Le corps est relativement plus svelte, la 
longueur est la même, la largeur un peu moindre. La robe est jolie, corps d'un 
bleu d'acier, élytres rouges fortement ponctués et hérissés d'une villosité noire, 
assez longue, le ventre au contraire revêtu d'une fine pubescence à reflets blonds. 

L'aire géographique est moins orientale que celle de la P. vimnensls. Son 
centre paraît être l'Italie du Nord, de là le nom donné par Serville. Lesne cite 
les régions suivantes : Piémont, Milanais, Lombardie, Toscane, Tyrol méri- 
dional, Provence chaude d'Ilyères à Nice, Hongrie, Basse-Autriche, Grèce. 

LES A PATES 

Les Psoées mises à. part, les mangeurs de bois qui réduisent en poussière les 
tas de fagots de sarments, ainsi que les souches arrachées et entassées comme 
bois de feu et qui fréquemment attaquent sur pied les souches malades, appar- 



VALÉRY MAYET. 



— INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



101 



tiennent tous à la famille des Térédiles, à la tribu des Apatides, et peuvent être 
ramenés au genre Apate créé par Fabricius. Ce sont des insectes qui ont embar- 
rassé les classificateurs. Leurs caractères généraux sont : un corps cylindrique, 
allongé, parallèle, la tête verticale implantée en dessous du corselet, celui-ci 
globuleux, les pattes et les antennes courtes, celles-ci terminées par une massue 
d'articles aplatis, l'extrémité des élytres coupée en bec de sifflet, souvent munie 
d'épines. Ils ont, comme on le voit, les plus grands rapports avec les Xylophages 
ou Lignivores et ont même été rangés autrefois dans cette famille à côté des 
Bostriches. Ils en diffèrent par le nombre d'articles de leurs tarses, cinq au lieu 
de quatre, et la présence de pieds chez leurs larves, celles des Xylophages 
étant apodes. Ces caractères les ont fait ranger dans les Térédiles à côté des 
Vrillettes (AnoMum), ces petits perce-bois qui jusque dans nos maisons 
criblent nos meubles des petits trous bien connus. Ce sont de grosses Vrillettes 
dont certaines, dans les régions tropicales, atteignent et dépassent 2 cen- 
timètres. 

Les espèces trouvées le plus fréquemment sur la vigne sont les suivantes : 
Apate monacha, A. capucina, A. bimaeulata, A. sexdentata, A. perforans et 
A. refusa (i). Aucune n'est exclusivement ampélophage. Ce sont des polyphages 
qui s'abattent sur la vigne parce qu'ils y trouvent du bois de l'année, coupé en 
pleine vigueur, c'est-à-dire riche en principes nutritifs. 

L'APATE MOINE 
(Apate monacha Fabricius, francisca Fabricius) 

C'est la plus grande espèce européenne du genre. Elle atteint 16 à 19 milli- 
mètres. Le corps est entièrement noir, mat sur la tête et le corselet, brillant sur 
les élytres. La tête est couverte de poils roux, broussailleux, occupant toute la 
surface chez le mâle, ne dépassant pas l'épistome et 
le front chez la femelle. Le corselet renflé, qua- 
drangulaire, plus dilaté en avant qu'en arrière, est ^ 
couvert en avant de spinules dont les antéro- y ^JÊÉËL 1 

extérieures sont un peu recourbées. - 

Décrit tout d'abord comme parasite du palmier ^^Wm^ ' 

dattier, l'insecte a été retrouvé non seulement sur de ;A \Sj|f\ ! 

nombreux palmiers des deux mondes, mais suç .■ MlBB^N 

l'oranger (Palestine), sur le lilas et sur la vigne ^/bI^B\ ^ 
(Algérie). ^ / 1111 A 

La distribution géographique comprend le sud de l ^Jpp 
l'Europe, la Palestine, tout le nord de l'Afrique, de 
l'Abyssinie au Maroc, le Sénégal, le Congo, les An- 
tilles où l'insecte a été bien certainement importé Fig. 31. — Apate moine. 
d'Afrique. 

Les attaques sur le bois mort de la vigne se produisent en Algérie un peu 
partout où croît le dattier, l'arbre préféré. Nous les avons observées à Oran, à 

(1) Les Apatides pouvant se développer accidentellement sur la vigne sont nombreux. Lesne 
(Revision des Bostrichides (Apatides), Ann. Soc. ent., 1899, p. 606) cite plusieurs espèces améri- 
caines comme ampélophages à l'occasion. L'une d'elles, décrite sous le nom de Bostriculus 
puncticollifs Lesne, originaire du nord de l'Amérique méridionale, Colombie, Venezuela, Brésil, 
a été trouvée en Allemagne, sur un vieux cep, aux environs de Hambourg, il y a quelques 
années; mais son acclimatation ne s'est pas maintenue. 

D'Oran nous est venu, une seule fois, un sarment attaqué par Y Apate coronata Marseul, 
espèce qui n'avait été rencontrée jusque-là que sur le lauricr-rose. 



102 L. FONTAINE. — LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 



Relizane, à Alger et à Djidjelli. Les localités d'où nous sont venues les souches 
vivantes attaquées sont : Oran, Miserghin, Saint-Cloud, c'est-à-dire à peu près 
les mêmes qui nous ont procuré le Capricorne soyeux. Comme pour les attaques 
de ce dernier, nous pensons que la salure du sol est pour quelque chose dans 
l'affaiblissement des souches, qui sont achevées par les Apate. 

L'APATE CAPUCIN 
(Apate capucina Linné) 

L'Apate capucin peut être considéré comme le type du genre. Il est de taille 
moyenne, fort commun dans les vieilles souches de chêne et de châtaignier, et 
sa robe voyante attire l'attention. 

C'est un insecte long de 6 à 15 millimètres, ayant la tête et le corselet noirs, 
les élytres et l'abdomen rouges. Le thorax globuleux, bien que quadrangulaire, 
un peu bilobé, est entièrement couvert de spinules émoussées. Son nom lui 
vient de ce que son corselet noir, tranchant sur ses élytres roux, rappelle la robe 
d'un moine. Une variété entièrement noire [A. luctuosus) se présente dans la pro- 
portion de cinq pour cent environ. L'évolution complète demande deux années. 

La distribution géographique comprend à peu près toute la région des chênes, 
en Europe, en Asie, et dans le nord de l'Afrique, de Tunis à Tanger. 

C'est aux environs de Lunel (Hérault) et en Camargue (Bouches-du-Rhône) 
que nous avons vu, fin mai et juin, l'insecte sortant en masse de souches 
emmagasinées comme bois de feu. — Lesne (F Abeille, t. XXX, p. 89) cite comme 
attaqués, en dehors du chêne T'essence préférée, les arbres suivants : châtai- 
gnier, arbousier, jujubier, myrte, prunelier, mûrier et vignes. 

(A suivre.) * Valéry Mayet. 


LES MACHINES ET LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 



La sécheresse prolongée que nous avons subie cette année, en France, a com- 
promis dans une très large mesure la production fourragère. Les secondes 
coupes de trèfle, de luzerne et les regains des prés naturels ont été à peu près 
nulles partout. Quant aux plantes sarclées, betteraves, pommes de terre et topi- 
nambours, qui forment un appoint important pour l'alimentation hivernale du 
bétail, leur rendement est très peu élévé. L'année 1906 peut donc être comptée 
parmi celles des plus funestes à la production animale. 

Devant cette situation, les cultivateurs doivent mettre en œuvre, cet hiver, 
toutes les ressources que procure la ferme et certains résidus d'industries. Les 
régions du Midi et du Sud-Ouest, après la pléthore de vignobles où la reconsti- 
tution les a entraînées, doivent, à notre humble avis, faire intervenir de nou- 
velles forces de production agricole. Dans l'ensemble général auquel nous nous pla- 
çons, les céréales, les fourrages, les racines alimentaires et le bétail, doivent re- 
prendre actuellement une certaine importance dans les domaines viticoles, afin 
de fournir un équilibre de productions variées. Combien sont nombreuses les 
propriétés vignobles où les chais sont remplisjde vin, mais dont les greniers et 
les granges sont vides de fourrages, pour nourrir les animaux d'exploitation! 
La viticulture connaît mieux ses maux que nous; c'est donc à elle d'asseoir, 



L. FONTAINE. — LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 103 



suivant les conditions économiques locales, un système de culture approprié au 
sol des parcelles de terre, non plantées en vigne. Le bétail et les céréales, alliés 
dans une certaine proportion avec le vignoble, donnent de bons résultats. Ceci 
revient à conseiller l'association d'une ferme agricole avec la vigne. De très bons 
résultats ont été déjà obtenus dans cette voie en Gironde. Le sujet de la prépa- 
ration des aliments à la ferme peut donc à plus d'un titre intéresser les viticul- 
teurs, pour que nous l'abordions dans la Revue de Viticulture. 

Suivant que l'on envisage le problème de l'alimentation des animaux desti- 
nés à l'élevage, à l'engraissement ou à la production du lait, il faut établir, cet 
hiver, des rations alimentaires dans lesquelles il entrera certaines substances, 
telles que pailles, balles, ajoncs, etc., qui en temps ordinaire sont moins recher- 
chés. La question du lest de l'estomac est de première importance pour la 
digestion normale, que des aliments grossiers peuvent fournir. 

En conservant ses animaux pendant cette'période critique, jusqu'au printemps 
prochain, le cultivateur intelligent gagnera certainement à plus d'un point de 
vue économique et industriel. Il est inutile d'insister sur les pertes que cause 
une mévente, et sur celle que peut donner une famille d'animaux bien sélec- 
tionnée. Ce dernier côté pratique doit être envisagé, car le problème intéresse 
l'avenir de la ferme. 

Beaucoup de cultivateurs ignorent que les différents [aliments destinés aux 
animaux doivent leur être présentés sous une certaine forme, pour qu'ils pro- 
duisent tout leur effet utile. Pour eux, du foin entier ou coupé, du grain entier ou 
concassé, des racines crues ou cuites, nourrissent aussi bien un animal. Ces 
idées sont cependant fausses, car un aliment quelconque, préparé d'une cer- 
taine façon, voit son coefficient de digestibilité augmenter, tout en ne contenant 
que la même quantité de principes nutritifs. 

Le hachage, le concassage, la cuisson, facilitent la mastication à l'animal, donnent 
plus d'étendue d'action aux sucs digestifs/et, partant, une plus grande assimila- 
tion d'éléments nutritifs. 

Tenant compte de ce principe, l'éleveur, l'engraisseur ou le nourrisseur ont 
donc tout avantage à faire absorber à l'animal le maximum de l'aliment, pour en 
retirer le plus de viande ou de lait possible. 

Mais, pour apporter tous les soins de préparation physique ou physico-chi- 
mique que comportent les différents aliments de la ferme, certaines machines 
d'intérieur sont indispensables. On peut ranger celles-ci en quatre catégories : 

1° Appareils servant à cuire les aliments ; 

2° Appareils servant de chauffage aux boissons ; 

3 e Appareils servant à couper les aliments : 

4° Appareils servant à broyer les aliments. 

L — APPAREILS A CUIRE LES ALIMENTS. 

Depuis longtemps, on a reconnu l'utilité de la cuisson de certains tubercules 
(pommes de terre et topinambours) ; une cuisine spéciale leur est nécessaire 
avant de les distribuer aux animaux. Les indigestions sont ainsi combattues. 
Cette pratique s'est beaucoup répandue dans Je nord de la France, pour l'alimen- 
tation du gros bétail. Une partie de la ration est fournie en cuisson, aux veaux 
d'engraissement, vaches laitières ou bœufs de boucherie. Les expériences de 
Weber, de Dudgeon, de Walker, de Pluchet, de Low, de Girard, etc., ont 
démontré, pour différents aliments, que la cuisson élève notablement la 



104 L. FONTAINE. — LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 



digestibilité et le coefficient digestif. Mais comme cette préparation augmente 
nécessairement le prix de revient de la ration, il importe de la pratiquer avec 
économie, c'est-à-dire avec de bons appareils cuisant rapidement et utilisant 
d'une manière suffisante le combustible employé. 

Disons quelques mots de l'action physico-chimique opérée par la chaleur sur 
les éléments nutritifs des aliments. La cuisson se fait de deux façons : 1° à l'eau 
bouillante ; 2° à la vapeur d'eau. Les deux procédés n'ont pas la même valeur, 
suivant le but recherché dans la préparation. Dans une masse d'eau bouillante, 
les aliments perdent par diffusion une certaine quantité de substances solubles, 
de l'amidon de la fécule, ce qui diminue leur richesse alimentaire. On est obligé 
de faire absorber aux animaux les eaux de cuisson pour utiliser entièrement les 
éléments. Ce genre de préparation est au contraire très pratique, pour fabriquer 
des soupes formées de tubercules, farines, tourteaux, en mélange avec des 
balles, du foin ; il en est de même des thés de foin. L'ébullition N produit un 
mélange intime des matières, dont la masse est plus appétissante pour ranima). 

La cuisson à la vapeur évite au contraire la déformation des substances ali- 
mentaires et conserve à l'intérieur des tissus tous les éléments nutritifs. Elle 
convient à tous les tubercules (pommes de terre, topinambours), aux racines et 
aux grains. 

Il résulte de ces considérations générales que le cultivateur doit, pendant la 
saison d'hiver, s'attacher à faire des préparations alimentaires pour ses ani- 
maux, où la cuisson entrera dans une large proportion, ce qui facilite le travail 
de la digestion tout en donnant un surcroît de production. 



SYSTEMES DE CUISEURS 

1° Cuiseurs à Veau bouillante. — Ces appareils sont les plus répandus dans les 
fermes. Pendant longtemps on s'est servi de la marmite suspendue à la cré- 
maillère de l'âtre ; les aliments baignent dans une certaine quantité d'eau, le 
tout est recouvert par un couvercle. Les flammes du foyer lèchent les parois de 

la chaudière, mais une grande quantité 
de chaleur est perdue. 

On a ensuite noyé la chaudière en 
fonte A (fig. 32), dans un fourneau en 
maçonnerie TT. En dessous se trouve le 
foyer à grille m, sur laquelle se place le 
combustible. Les flammes et les gaz 
chauds circulent sous le fond et le long 
des parois de la chaudière par des car- 
neaux latéraux, puis viennent sortir dans 
une cheminée h. Le tirage est réglé par un 
registre t. Quant à la charge de la grille, 
elle se fait par la porte />, et les résidus 
de la combustion tombent dans le cen- 
drier K. Ce système d'installation, quoique ancien, est encore bon, car les déper- 
ditions de chaleur sont en grande partie arrêtées par la maçonnerie ; eniin le 
montage est très simple. 

Il a été également utilisé, pour la cuisson des aliments, un long cylindre noyé 
dans un fourneau en briques, mais cette installation est peu pratique et doit être 
abandonnée, à cause de la difficulté de vidange. 




Fig. 32. 



Chaudière en fonte montée dans 
foyor en maçonnerie . 



L. FONTAINE. — LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 105 



Nous arrivons à des systèmes mobiles, très répandus aujourd'hui dans nos 
fermes. La construction se fait entièrement en fonte; beaucoup de modèles 
existent, mais les plus perfectionnés sont ceux à retour de flamme. Dans la 
figure 33, nous donnons en coupe le principe de l'un de ces modèles. On y dis- 
tingue deux parties principales : 1° la chaudière] 2° le fourneau. La chaudière A 
est à fond plat, munie d'un tube de vidange à eau m et d'une hausse mobile H ; 
la contenance ordinaire atteint 200 litres. L'ensemble repose, par un rebord, sur 
la partie supérieure du fourneau proprement dit. Ce dernier est en deux parties; 
l'inférieure B contient le foyer avec grille en fonte, dont les parois circulaires 
sont ondulées, afin de faciliter la répartition de la chaleur et éviter les causes de 




Fig. 33. — Coupe verticale d'une chaudière mobile, Fig. 34. — Vue d'ensemble d'un 

avec foyer en fonte. cuiseur ordinaire, muni de 

sa hausse. (Pilter, Paris.) 

rupture lors des dilatations et des contractions. Une porte />, d'assez grandes 
dimensions, permet l'introduction du combustible dont le cendrier u recueille 
les débris et sert en même temps à régler le tirage . 

La chaudière proprement dite A repose par son fond sur une couronne annu- 
laire interrompue en T, près de la porte du foyer, afin de permettre le passage 
aux gaz chauds. La marche de ceux-ci est la suivante : après s'être élevés jus- 
qu'au fond de la chaudière, ils reviennent en avant, passent par T et se divisent 
en deux suivant x y dans les carneaux circulaires DD, puis sortent par la 
cheminée C. Dans cette circulation, les gaz sont arrêtés par les changements de 
direction et ont le temps de céder beaucoup de chaleur. En un mot, le retour 
de flamme économise du combustible, que Ton peut évaluer à 60 et 70 %, sur le 
chauffage à feu nu. La figure 34 montre dans son ensemble un fourneau en fonte 
mobile, muni de sa hausse pour cuire les aliments, du système Pilter, 24, rue Ali- 
bert Paris). La hausse cylindrique surmontant la chaudière proprement dite 



106 



ACTUALITÉS 



peut augmenter la capacité de cuisson de 40 à 200 litres, dans laquelle la vapeur 
d'eau s'élève, pour retomber ensuite à la chaudière. Les deux sortes de cuisson, 
à l'eau et à la vapeur, sont ainsi combinées. Nous verrons plus loin que ces 
appareils de ferme peuvent servir également au chauffage de l'eau pour les bois- 
sons des animaux à l'étable. 

(A suivre.) L. Fontaine. 



ACTUALITÉS 



A nos abonnés et correspondants. — Greffage et conservation des greffons (E. Zacharewicz). — 
Les boissons de moins de deux degrés et leur régime légal : rapport de M. Génie (C. R.). — 
Jurisprudence : droit d'intervention des syndicats en justice. — Analyses des vins : méthode à 
employer. — Primes à la culture du lin et du chanvre. — Nécrologie : Morlot. 



A NOS ABONNÉS ET CORRESPONDANTS 

En 'présence du surcroît de travail qu'amène en ce moment le renouvellement des 
abonnements, et, en tous temps, les demandes croissantes de renseignements, dans le 
but aussi d'éviter toute cori fusion et toute perte de temps, nous prions nos abonnés et 
correspondants de nous transmettre toujours sur des feuilles séparées tout ce- qui 
concerne soit les abonnements, soit les demandes de renseignements , soit les questions 
d'annonces et d'affaires. Nous leur demandons, en outre, pour les mêmes motifs, 
d'adresser, dune manière impersonnelle, à Revue de Viticulture, rédaction, l,rue 
Le Golf, à Paris, les correspondances relatives à la rédaction et aux demandes de 
renseignements; et à Revue de. Viticulture, administration, 1, rue Le GofF, à 
Par is, les correspondances qui ont trait aux abonnements et aux annonces. 



Greffage et conservation des greffons. — Grand nombre de viticul- 
teurs se préoccupent en ce moment-ci de transformer une partie de leur vignoble 
raisins de cuve en raisins de table hâtifs ou tardifs. Peut-on arriver à des ré- 
sultats par le surgreffage de vignes âgées? Oui, si on prend les précautions 
voulues. 

On a vu par des essais nombreux de pieds de vignes américaines ayant 
produit du bois pendant un certain temps, que leur transformation par le 
greffage en vigne française n'avait occasionné que des déboires, sauf cepen- 
dant pour le Jacquez qui, lui, peut être greffé à tout Age avec chance de succès. 
Avec les autres variétés, ce n'est qu'à un an ou tout au plus à deux ans que la 
réussite peut être parfaite. Tandis que chaque fois qu'on a opéré sur souche fran- 
çaise, on a réussi : il faudra donc, pour les vieilles souches à greffer, avoir la pré- 
caution de n'obérer la nouvelle greffe que sur le pied français et non sur le pied 
américain, quitte à faire le greffage à quelques centimètres au-dessus du sol; ce 
dernier accompagné d'une bonne butte de terre aura sa reprise assurée. Mais 
pour que cette opération puisse bien réussir, faut-il encore se préoccuper du meil- 
leur mode de greffage, des soins à donner aux greffons et de l'époque la plus fa- 
vorable à choisir pour l'effectuer. 

On peut faire la greffe en fente simple ou la greffe en fente double suivant le 



ACTUALITES 



107 



diamètre des souches à greffer. Si les souches ont un faible diamètre, on fait la 
greffe en fente simple. On coupe le sujet horizontalement au moyen d'un séca- 
teur ou d'une scie, mais on a eu soin auparavant de déchausser; on le fend au 
moyen d'un ciseau sur un côté seulement, on arrête la fente au milieu du dia- 
mètre. Le ciseau qui sert à cette opération a la forme d'une lame de couteau. On 
laisse ordinairement au greffon deux bourgeons, trois lorsque les mérithalles 
sont rapprochés. On le taille de manière que les deux biseaux soient inégaux et 
ne laissent voir la moelle que d'un seul côté, afin que la partie amincie conserve 
une plus grande solidité. 11 doit être placé un peu obliquement sur la souche 
afin que les deux écorces se croisent ; la pointe se trouvera ainsi à l'extérieur de 
la souche. 

Lorsque le sujet possède un fort diamètre, au lieu de le fendre sur un seul 
côté, on doit le fendre complètement ; pour cela on appuie le ciseau au milieu de 
la surface horizontale et on l'enfonce en y frappant dessus au moyen d'un petit 
maillet. Lorsque la fente a quelques centimètres de profondeur, on retire le 
ciseau et on introduit au milieu un petit coin en bois pour la maintenir ouverte. 
On place alors aux deux extrémités un greffon, comme nous l'avons déjà indiqué 
pour la greffe en fente simple. Cette dernière opération faite, ©n enlève avec pré- 
caution le coin en bois. 

Les sarments choisis comme greffons, tels que nous l'avons indiqué dans un 
article précédent, ne pouvant rester au contact de l'air sans se dessécher, on est 
obligé, pour les conserver jusqu'au moment du greffage, de les mettre en stra- 
tification dans du sable. Cette opération est des plus simples. On creuse sous un 
hangar ou dans un local une fosse dont la profondeur et la largeur varient sui- 
vant la quantité de sarments que l'on a à conserver. On y met une couche de 
sable sec et par. dessus une couche de sarments placés horizontalement, puis 
encore une couche de sable et une autre couche de sarments, et ainsi de suite 
jusqu'à leur épuisement. On termine alors le tas par une couche épaisse de sa- 
ble. L'air et la chaleur ne pouvant dès lors arriver jusqu'au bois, sa vitalité se 
trouve stationnaire. 

Ces sarments peuvent rester là pendant plusieurs mois et même un an, sans 
perdre leur faculté végétative. Ce n'est qu'au moment du greffage qu'on les reti- 
rera du sable, en ayant soin de ne pas les laisser trop longtemps exposés à l'air. 

Pour s'assurer de leur bonne conservation et en même temps de leur vitalité, 
on en coupe à l'avance quelques fragments que l'on met dans un verre d'eau 
exposé au soleil pendant plusieurs jours ou dans un appartement chauffé; si 
l'on voit les bourgeons se gonfler et l'eau perler à une section faite, on est 
assuré de leur bonne conservation ; si au contraire la coupe faite au moyen d'une 
lame tranchante présente une couleur un peu jaunâtre ou quelques points noi- 
râtres sur le pourtour de la moelle, c'est que le plant aura souffert et l'on devra 
le rejeter. 

On greffe ordinairement trop tard, il ne faut pas attendre que la sève soit en 
mouvement : la bonne époque se trouve entre le 10 février et le 1 er mars. Avec le 
buttage qu'on fera, la soudure s'effectuera avant le départ de la sève, ce qui en 
assure la reprise. Si des circonstances empêchent d'opérer à cette époque et que 
la sève soit déjà en mouvement, il faudrait, 5 à 6 jours avant de pratiquer le gref- 
fage, sectionner la souche pour laisser épancher la sève, et, au moment de l'opé- 
ration, on n'aura qu'à rafraîchir la plaie pour placer les greffons comme il a été 
dit. — Ed. Zacuakewicz. 



108 



ACTUALITÉS 



Les boissons de moins de deux degrés et leur régime légal : 

Rapport de M. Génie. — La concurrence que font les vins factices aux vins 
naturels se manifeste sous les formes les plus diverses. Dans un rapport pré- 
senté à la Chambre de commerce de Carcassonne, M. Génie, président du 
syndicat des intérêts viticoles de l'Aude, revient, après l'avoir signalée dans des 
mémoires antérieurs, sur une de ses formes à laquelle on n'a peut-être pas fait 
jusqu'à présent assez d'attention, celle des boissons à très faible degré. 

Le lendemain même du jour (18 juillet 1904) où la Chambre s'était prononcée 
nettement, après une brillante discussion, contre le commerce des vins artificiels, 
paraissait une circulaire de la Régie (n° 572, 19 juillet 1904), qui autorise formel- 
lement les débitants et les épiciers de Paris vendant par 10 litres, à emporter, à 
fabriquer des boissons factices de 2 à 3 degrés. Interrogé sur cette disposition 
par M. Ém. Brousse, M. Poincaré, alors ministre des Finances, a cru pouvoir sou- 
tenir que l'interdiction formulée par l'article 3 de la loi du 1 er juillet 1904 de toute 
préparation, dans Paris, des liquides fermentés autres que la bière ne visait nul- 
lement les boissons légères déménage. C'était, de l'avis des représentants de 
la viticulture, rendre en partie par mesure administrative une faculté supprimée 
par mesure législative. Mais, quelque opinion que l'on ait de la décision de la 
Direction des Contributions indirectes, elle n'a pas moins été appliquée. Les 
épiciers détaillants ont pu ouvertement, sans crainte d'être inquiétés, fabriquer, 
comme ils l'entendent, de petits vins. Ils le pourraient encore, d'après M. Génie, 
et c'est d'ailleurs l'opinion que M. Em. Brousse vient d'exprimer à la Chambre 
au cours de son interpellation sur les fraudes. De là à arriver aux pseudo-vins 
de consommation courante il n'y a évidemment qu'un pas, délictueux sans doute, 
mais trop facile à franchir pour ne pas tenter des industriels peu scrupuleux, 
comme on est sûr d'en trouver partout où il y a quelque chose à gagner sans 
courir grand risque. 

C'est du côté du vignoble qu'on est tenté de tourner les yeux quand on parle 
de falsification. Si, à un certain moment, des abus ont pu se produire à la pro- 
priété, ils ne sont évidemment plus possibles maintenant dans le Midi, 
sans du moins la connivence du commerce, tant en raison du bas prix 
des vins que de la sévérité de l'opinion. L'avilissement continuel des cours 
tient essentiellement aux vins fabriqués. Quelques personnes comptent sur les 
résultats de la loi du 1 er août 1905. M. Ge'nie est au moins sceptique ; il n'est pas 
éloigné de craindre « qu'elle ne soit plus préjudiciable qu'utile aux intérêts des 
régions viticoles ». Son application permettra de la tourner contre d'honnêtes 
viticulteurs qui ne feront que suivre les conseils des professeurs d'agriculture, 
quand les fabricants de boissons artificielles de Paris, avec leurs laboratoires 
savamment et pratiquement organisés, sauront se mettre à l'abri de toute pour- 
suite. 

, La taxe différentielle des alcools risquerait d'encourager « un grand nombre 
de bouilleurs, d'une surveillance difficile, à se procurer des primes illicites en 
mélangeant dans leurs produits, pour la distillation, des matières saccharifiées 
très riches en alcool quoique bon marché ». Klle n'apporterait, d'après M. Génie, 
aucune solution à la crise. 

Ce qu'il faut, à son avis, c'est la surveillance du sucre et sa taxation comme 
alcool en vinification ; c'est le retrait de la circulaire n° 572 ; c'est enfin et surtout 
le rétablissement de l'exercice pour tous les débitants de France, sans en excepter 
ceux de Paris, car c'est chez eux que peut se pratiquer le plus facilement la fraude. 



ACTUALITÉS 



109 



Suivant un de nos correspondants, M. Génie se tromperait en considérant la cir- 
culaire n° 572 comme étant toujours en vigueur; elle aurait été abrogée par l'ar- 
ticle 11 de la loi du 6 août 1905 qui interdit « dans la ville de Paris toute prépa- 
ration de liquides fermentés autres que la bière ». Peut-être, mais cela ne nous 
paraît pas démontré. Le paragraphe ainsi invoqué de la loi de 1905 n'est que la 
reproduction du paragraphe correspondant de l'article 3 de la loi du 18 juillet 1904, 
qui autorisait dans Paris, en même temps que la fabrication des bières, celle des 
cidres. Or, si on continue à pouvoir faire de la bière dans la capitale, on ne peut 
plus y faire de cidre. Sauf cette restriction, complétée par la prohibition de l'in- 
troduction des raisins de vendange, les choses restent vraisemblablement les 
mêmes. Gela est si probable que, dans leur commentaire de la loi nouvelle, 
MM. Simon Auteroche etDoassans, ce dernier étant inspecteur des Contributions 
indirectes, estiment que, « ainsi qu'il résulte de la discussion à la Chambre de 
la loi du 18 juillet 1904, l'interdiction de préparer dans Paris des liquides fer- 
mentés ne s'applique ni aux boissons de ménage (boissons légères de 2 degrés) 
fabriquées dans l'intérieur de la famille et non destinées à la vente » ni au 
vin de quinquina et autres produits pharmaceutiques. Il y a donc au moins 
indécision. 

Mais ce qu'il serait intéressant de savoir, c'est l'usage qui a été fait de la tolé- 
rance concédée par la Régie, conformément à la doctrine du ministre. Que sont, 
ou, si l'on veut, qu'ont été ces boissons de 2 degrés? Quelle a été l'impor- 
tance de leur préparation? Que sont-elles devenues? 

Suivant notre même correspondant, qui est bien placé pour être exactement 
renseigné, les fermentations clandestines qui, en effet, se sont certainement prati- 
quées avec ampleur en 1904, quand les vins se payaient dans le Midi jusqu'à 

3 francs le degré, ont été totalement abandonnées depuis, sous la* double 
influence du bon marché du vin, et de l'article 11 qui a été introduit dans la loi 
de 1905 « sur l'insistance de la Chambre syndicale des vins en gros ». Et pour- 
quoi ferait- on des vins de 2 degrés qui s'altèrent dans la semaine, ajoute-t-il, 
alors que l'on trouve des vins de 7 à 8 degrés, qu'ils soient d'ailleurs mouillés ou 
non, à raison de 0 fr. 20 le litre? Il serait impossible d'établir des boissons 
factices au-dessous de ce prix. La petite bière, dite bière de Paris, pèse de 3 à 

4 degrés; elle est fabriquée avec des cassonnades et se vend en proportion de sa 
richesse. 

Soit. Mais puisqu'on a demandé à une certaine époque la faculté de préparer 
en toute liberté ,des boissons de 2 degrés, c'est apparemment qu'on y avait 
intérêt. Or, cet intérêt a-t-il disparu en raison de la diminution du prix du vin? 
C'est ce qu'il faudrait savoir. Et puis, n'a-t-on pas vu des négociants de Paris, 
dans le groupe qui n'a malheureusement pas disparu des marchands à tous prix, 
acheter et payer ce qu'ils appelaient eux-mêmes, et ce qu'on a appelé couram- 
ment, le volume? Cette question de la cuisine des vins sera-t-elle jamais 
complètement élucidée ? — C. R. 

Jurisprudence : Droit d'intervention des syndicats en justice. — La juris- 
prudence ne semble pas très bien fixée encore sur le droit d'intervention des 
syndicats en justice ou,, tout au moins, sur les limites de ce droit. D'assez 
récentes affaires témoignent d'une orientation beaucoup plus favorable qu'autre- 
fois dans le sens de leur action, non seulement près des tribunaux ordinaires, 
mais près du Conseil d'État et de la Cour de cassation. Nous avons reproduit en 



no 



ACTUALITÉS 



ce sens, dans notre numéro du 6 décembre 1906, un arrêt de la Chambre crimi- 
nelle de la Cour de cassation qui consacre d'une manière formelle ce droit d'in- 
tervention dans la poursuite d'opérations illicites qui « font éprouver un dom- 
mage certain aux viticulteurs honnêtes... membres du Syndicat, partie civile 
dans l'instance. » Certes, il ne s'agissait et il ne pouvait s'agir que d'un cas spé- 
cial, mais le principe ne paraissait pas moins bien établi. La Cour d'appel de 
Paris, sans contester précisément peut-être cette décision, a soulevé, dans un 
arrêt rendu vendredi passé, sur la même question, des restrictions et des dis- 
tinctions assez subtiles qui ont abouti à une solution contraire. 

La loi du 21 mars 1884, dit notamment l'arrêt, a permis aux personnes qui exercent 
la même profession industrielle, commerciale ou agricole, de former des syndicats pour 
la protection de leurs intérêts économiques. Mais ces groupements ne jouissent pas 
d'une situation juridique privilégiée et doivent, dans la défense de leurs intérêts, se 
conformer au droit commun. 

Dès lors, de même qu'un préjudice personnellement souffert est nécessaire pour per- 
mettre à un particulier de se constituer partie civile, ce droit n'appartient à un syndicat 
que dans les poursuites relatives aux infractions pénales, qui, au moment où elles se 
commettent, ont causé directement une lésion aux intérêts collectifs qu'il représente. 

D'autre part, un syndicat ne peut pas agir devant les tribunaux comme représentant 
des intérêts individuels ou collectifs qui, bien qu'identiques aux siens, ne sont pas 
compris dans cette association. 

Donc un syndicat de viticulteurs, spécialement créé pour la recherche et la répres- 
sion des fraudes commises dans le commerce des vins, n'a pas, par le seul fait de son 
titre, le droit .d'intervenir dans toutes les poursuites relatives à la mise en vente de vin 
falsifié, pas plus qu'une société fondée pour la répression du braconnage dans tous les 
procès pour délits de chasse. 

Selon toute probabilité, la Cour de cassation sera appelée à dire le dernier 
mot dans l'affaire. 

Analyses des vins : Méthodes a employer. — Par un arrêté en date du 18 jan- 
vier 1907, inséré au Journal officiel du 22, M. le Ministre de l'Agriculture vient de pres- 
crire les méthodes à suivre par les laboratoires admis à procéder à l'examen des échan- 
tillons prélevés. Nous en donnerons le texte dans notre prochain numéro. 

Primes à la culture du lin et du chanvre : Arrêté ministériel. — La loi du 
31 mars 1904 a alloué, à partir de l'exercice 1904 et pendant une période de six ans aux 
cultivateurs de lin et de chanvre, des primes dont le montant annuel y compris les frais 
de vérification, ne pourra dépasser 2.500.000 francs, et qui seront fixées, à concur- 
rence de cette somme, au prorata des superficies ensemencées, sans toutefois que la 
prime; allouée puisse être supérieure à G0 francs par hectare. Par arrêté du ministre de 
l'Agriculture en date du 19 décembre, publié au Journal officiel du 20, c'est à ce chiffre 
maximum de 00 francs par hectare qu'a été fixé le montant de cette prime pour 
l'année 1900. 

Nécrologie : Mohlot. — Nos lecteurs ont appris par les journaux politiques la 
mort de M. Morlot, député radical de l'Aisne, maire de Charly depuis 1888. M. Moi lot 
. l ut né en 1859. On se rappelle que cVst à son initiative qu'est du 1 article 21 de la loi 
du 31 mars 1903 qui a sauvegarde à un moment où il était sérieusement menacé, le 
privilège <li se petits bouilleurs de cru. La réserve qu'il a réussi à faire introduire dans 
le texte législatif a soulevé bien des discussions ; elle a certainement rendu plus facile 
le rétablissement intégral de ce privilège au prolit de tous les viticulteurs par la loi du 
27 lévrier 1900. 

» 



REVUE COMMERCIALE Ht 



REVUE COMMERCIALE 



Livraisons des vins de la propriété. — Le tableau suivant donne les 
résultats comparés des quantités de vins enlevées de chez les récoltants et des 
stocks existant chez les marchands en gros au 31 décembre des deux dernières 
campagnes viticoles. 

CampagDes 
1905-1906 ~^ 1906-1907 

hectolitres hectolitres 

Récolte de l'année 56. 666.000 52.000.000 

Quantités de vins sorties des chais des récoltants 
(droits garantis ou acquittés) : 

Pendant le mois de décembre 3.330.092 3 . 409 . 027 

Du 1 er septembre 1906 au 31 décembre 44.988.334 15.238.047 

Stock commercial, au 31 décembre 16.054.720 16.242.977 

Pour les quatre départements grands producteurs du Midi, l'Hérault, l'Aude, 
le Gard et les Pyrénées-Orientales, les livraisons de la propriété ont été de 
7.243.701 hectolitres depuis le 1 er septembre 1906, contre 8.253.567 hectolitres 
pendant la période correspondante de 1905; et le stock commercial est passé 
de 2.517.443 hectolitres, au 31 décembre 1905, à 2.386.400 hectolitres à même 
date 1906. Les évaluations de récoltes ont été respectivement de 21.153.000 hec- 
tolitres pour 1905, et de 16.536.000 hectolitrees pour 1906. 

VIGNOBLES ET VINS 
De nos Correspondants : 

Anjou. — La Foire aux vins d'Angers a été, cette année, comme le faisait pré- 
voir la qualité, une manifestation vinicole très importante. Les produits des 
régions les plus variées du département de Maine-et-Loire se trouvaient être re- 
présentés; toutefois les échantillons de grands vins des coteaux prédominaient, 
les vins communs de plateaux et de plaines n'étaient pas aussi bien représentés. 
Il faut dire que l'Anjou produit une assez forte proportion de vins fins. Si nous 
nous reportons aux statistiques officielles, nous voyons que le Maine-et-Loire, 
avec ses 320.000 hectolitres de vins fins sur une production totale d'environ 
1.600.000 hectolitres, vient au deuxième rang, après la Gironde, pour la produc- 
tion des vins de qualité. 

Déjà au moment de la vendange le mustimètre annonçait une bonne année. 
Pour fournir des chiffres, nous empruntons à la Station œnologique de Maine-et- 
Loire quelques résultats d'analyse de moûts prélevés dans divers centres viticoles. 
Ces résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous: 

Moûts de Chenin blanc en 1906. ALCOOL 

possible NOMBRE 
SI CRE ACIDITÉ TOTALE MOYENNES (1 ' a p F è S d'échan 

REGIONS maxim. minin. maxim. minim. sucre acidité moyenne examinés 



Angers, Trélazé 216,6 196,0 6,17 5,19 206,8 5,64 12°,2 3 

Savennières, La Possonnière 247,6 208,0 5,60 4,60 229,9 5,04 13°,4 4 

Montjean 200,0 173,8 4,90 4,8o 188,7 4,85 11°,0 3 

Rochefort, Chaumes 224,0 200,0 5,97 4,99 210,1 5,68 12<\3 4 

Beaulieu, Faye 273,0 189,0 6,07 3,60 228,6 4,55 13°,4 9 

Saint-Lambert, Le Champ, Rablay. 241,8 162,5 6,76 4,90 192,54 5,97 11», 3 3 

Thouarcé, Bonnezeaux 276,5 216,6 5,68 3,92 251,7 4,92 14°,7 0 

Le Vaudelnay, Le Puy-Notre-Dame. 192,5 179,3 6,95 6,07 185,7 6,54 10<>,8 5 

Corné, Mazé, Jarzé 208,0 173,3 8,91 4,90 190,7 6,59 H°,l 7 

Tiercé, Etriché 208,0 200,0 7,05 5,97 205,3 6,39 12°,0 3 

Huillé, Durtal 200,0 157,5 6,07 5,09 176,9 5,49 10°,3 3 

TÏ^tpfô::::::::::::::::::! «m «m w m »m «• 



112 



REVUE COMMERCIALE 



Les moûts dont la teneur en sucre était inférieure à 200 grammes par litre 
ont fait des vins secs. Ceux qui avaient de 220 à 230 grammes ont pu, suivant 
les procédés de vinification employés, donner des vins secs, demi-liquoreux et 
même liquoreux. Enfin, dans les grands crus du Layon et sur les coteaux du 
Saumurois, une forte proportion des moûts ayant eu plus de 230 grammes donne- 
ront sans contredit de grands vins liquoreux. L'acidité, cette année, est inférieure 
à la moyenne; elle sera cependant suffisante, sauf dans des cas exceptionnels. 

Pour tous ces vins de Chenin, liquoreux et secs, il est un caractère commun 
qui frappe au premier abord, c'est le fruité et le bouquet spécial tenant princi- 
palement au cépage, et qui donne aux produits de l'Anjou un caractère bien par- 
ticulier. A l'heure actuelle, presque tous ces vins ont subi deux soutirages; ils 
sont relativement clairs. 

La production des vins blancs, bien que prédominante, n'est pas exclusive. 
A côté du Chenin on cultive des cépages rouges, les vins fins : Cabernet, Sauvi- 
gnon, Breton (Cabernet franc), Pinots, Gamays, les autres ordinaires : Groslot, 
Othello, etc. La région de Champigny prend place en tête pour la production des 
grands vins rouges. Ce sont des vins d'une extrême finesse, ^hautement bouqueté 
et possédant des qualités de fonds analogues à celles des vins de Bourgogne ou 
de Bordeaux. Sur bien des points du département, notamment sur la rive droite 
du Layon, dans le Saumurois, etc., des* espaces sont réservés à la culture des 
cépages fins énoncés plus haut. 

La Foire aux vins, en les réunissant, a permis de comparer tous ces produits. 
Suivant leurs caractères de fond et leurs propriétés organoleptiques, les vins 
ont été cotés à des prix variant aisément du simple au sextuple. Les vins blancs 
ordinaires de plaine valaient de 50 à 70 francs; les bons ordinaires de table de 
70 à 90 et 100 francs et les grands vins — ceux qui ont été le plus demandés — de 
125 à 350 francs la barrique. Des celliers entiers de vins de cru sont vendus, à 
l'heure actuelle, au prix uniforme de 200 et 250 francs la barrique, dans le Layon. 
C'est un beau résultat ; c'est dire aussi que pour ces grands vins il n'y a pas de 
mévente. 

En dehors des Champigny, qui valent jusqu'à 300 francs et plus la barrique, 
les Cabernets purs se vendent de 70 à 100 francs nus ; les Gamays, de 80 à 125 fr. ; 
le rouge ordinaire, mélange de Gamay, Pinot et Groslot, de 50 à 60 francs ; enfin 
les bons Groslots trouvent preneur à 60 francs. Dans leur ensemble, les prix ont 
l'air de bien se maintenir et même de tendre vers une légère hausse. — E. V. 

Lot-et-Garonne. — Le rendement en vin de 1906 est supérieur à la moyenne 
des dix dernières années. Il est supérieur aussi à la récolte de 1905. La surface 
plantée en vignes continue à s'accroître dans de faibles proportions et surtout 
chez les agriculteurs qui ne récoltent pas encore leur provision. Par contre, j'ai 
assisté, dans l'arrondissement de Nérac, aune opération assez impressionnante, 
l'arrachage de plusieurs hectares de ceps de végétation superbe qui devaient 
faire place au blé. En 1906, le rendement a été diminué sur quelques points par 
la sécheresse, qui a particulièrement atteint l'Olhello, et par l'Oïdium, facile- 
ment combattu. Mais dans l'ensemble, et particulièrement dans le Nord du dépar- 
tement, la récolte a subi une augmentation marquée par suite de l'absence des 
invasions de Mildiou et de Black Kot. La qualité est excellente, et les vins de 
10 à 12° sont nombreux. On signale quelques ventes à 28, 30, 35 et 40 francs la 
barrique. — E. K. 



REVUE COMMERCIALE 



413 



Jura. — La publication officielle du rendement des vignobles français nous a 
laissés fort sceptiques dans le Jura. Ce genre de statistique n'a même plus un 
succès d'estime, car depuis longtemps, l'on s'est aperçu de son inexactitude! 
C'est, du reste, fort compréhensible lorsque l'on examine de quelle façon l'éva- 
luation est faite et sur quelles bases, fausses le plus souvent, elle est établie. 
Cela nuit néanmoins beaucoup aux affaires, parce que ni la propriété ni le 
commerce ne savent au début sur quelle assise fonder leurs demandes et leurs 
offres. Il en résulte une hésitation nuisible aux intérêts de l'un et de l'autre. 

Malgré cet inconvénient, on constate une reprise sensible. Chez nous, de même 
qu'un peu partout, un mouvement commence à se dessiner en faveur des vins 
de choix ; on se lasse visiblement des producteurs directs, des vins d'abondance 
que les plaines de tout notre pays, les malais de la Camargue et d'ailleurs 
déversent si généreusement sur le consommateur infortuné qui, surpris, tenté 
par le bon marché, ignore volontairement le bon vin de crû que les efforts du 
viticulteur local a préservé de la disparition. 

On était sur le point de se décourager et bien des vaillants, fatigués par des 
tentatives stériles allaient abandonner la partie, quand, de l'excès du mal, ils 
virent poindre un horizon plus riant. Maintenant, le courage renait ; on sent que 
la destruction des vignobles ne produisant que des vins grossiers est désormais 
fatale, et que, devant la renaissance du goût et surtout que devant les exigences 
du commerce, que nous devons rendre de plus en plus difficile, le vrai vin de 
France va brillamment reprendre sa faveur. 

Notre salut à tous est d'enseigner à l'univers entier que l'on peut trouver chez 
nous des vins incomparables et que l'on doit les exiger. Il n'y aura donc plus 
d'écoulement pour la vulgaire camelote et sa production cessant, l'équilibre 
sera rétabli. 

C'est notre ferme espoir, le seul but que nous poursuivons et vers lequel il faut 
reconnaître que nous avons déjà fait un grand pas, car tout ce qui est réellement 
bon se vend bien ou très bien, les grands vins sont recherchés et souvent introu- 
vables. Quant aux ordinaires, surtout les 1905, ils souffrent toujours de la même 
mévente. Comme les mêmes causes produisenttoujoursles mêmes effets, je dirai 
un jour combien souvent, au cours de notre histoire vinicole franc-comtoise, 
nous avons passé par des phases identiques, subi des crises plus cruelles encore 
pour un motif semblable. L'ambition de gagner rapidement beaucoup nous a 
souvent entraînés à supprimer nos vieux cépages pour les remplacer par les 
plants qui ont causé la mévente et la ruine! La leçon nouvelle que nous rece- 
vons ne servira probablement point à nos descendants qui tomberont dans les 
mêmes fautes... N'est-ce pas le fond du caractère humain? — Parisot. 



ENGRAIS, SOUFRES, SULFATES, LIES, TARTRES. 

Le marché des engrais reste stationnaire pour ce qui concerne les matières 
fertilisantes d'origine minérale, à l'exception de l'azote qui accuse une légère 
diminution, et d'origine animale. Il n'en est pas de même des engrais d'origine 
organique, les tourteaux de colza manquent, ceux de ricin sont en hausse vu la 
faible quantité disponible, ceux de coton, vu leur stock, sont plus abordables. 
De même les sésames sulfurés qui nous viennent des Indes : le stock existant 
de l'automne dernier étant élevé, les commerçants préfèrent diminuer leur prix 
pour vendre et ne pas garder pour la campagne de l'automne prochain. 

On prévoit encore des variations au-dessous des prix actuels en février la pro- 
priété boudant au point de vue des fumures, pour la meilleure des raisons que 
les avances manquent. C'est ici que le crédit agricole peut jouer un grand rôle 



114 



REVUE COMMERCIALE 



pour venir en aide aux agriculteurs peu fortunés mais portés de bonne volonté 
à suivre le progrès. 

On cote gare Marseille : sésame sulfuré (6 à 7 % azote), 13 fr. 75 ; colza (5 à 
6 % azote), 13 fr. 50; ricin (4à 5 % azote), 12 fr. ; coton (4 à 5 % azote), 11 fr. ; ara- 
chides Bombay en plaques 17 fr. 50; colza russe vert en plaques 14 fr. 50; 
sésame noir des Indes en plaques 14 fr. 50 ; sésame noir du Levant en plaques 
17 fr. 50 les 100 kilos. 

On cote gare Avignon : sésame sulfuré (6 à 7 % azote), 15 fr : colza sulfuré (5 à 

6 % azote), 14 fr. 75; ricin sulfuré (4 à 5 % azote), 13 fr. pour 100 kilos. 

On cote gare Montpellier : sésame sulfuré (6 à 7 % azote), 15 fr. 75 ; colza sul- 
furé (5 à 6 % azote), 15 fr. ; ricin sulfuré (4 à 5 % azote), 13 fr. 25 par 100 kilos. 

Tourteaux de lies de vin (3 1/2 à 4 % azote organique, 1/2 à 1 % de potasse, 
1/2 à 1 % acide phosphorique), 3 fr. 95 les 100 kilos moulus, en sacs, gare Agde. 

Fumier de bergerie : crottin de mouton pur en sacs à vendre franco gares de 
Montpellier et Lunel 2 fr. 50 les deux hectos ; Béziers etPézénas 3 fr. 25 les deux 
hectos. Croûtes en vrac mêmes gares, 3 fr. et 3 fr. 25 les 100 kilos ; en gare 
Nîmes 3 fr. 25. 

Fumier de cavalerie, gare Nîmes, 10 fr. la tonne. Fumier d'écurie, gare Mar- 
seille 6fr. la tonne. Fumier de balayures, gare Nîmes, 25 fr. le wagon. Fumier 
de balayures, gare Marseille, le wagon franco, gare Nîmes 45 fr. Terreaux triés 
à la main, le mètre cube, gare Nîmes, 2 fr. Terreaux triturés mécaniquement, en 
vrac sur wagon départ Nîmes la tonne 4 fr. 25, en sacs 5 fr. 50. 

Autres engrais organiques sans variation de prix : viande desséchée (7 à 9 % 
azote), 1 fr. 80 à 1 fr. 85 le degré; sang desséché (10 à 13 % azote), 1 fr. 85 à 

I fr. 95; cuir torréfié (6 à 7 % azote), 1 fr. 35 à 1 fr. 85; frisons de corne (13 à 
15 % azote), 1 fr. 60; corne torréfiée (12 à 15 % azote), 1 fr. 60 à 1 fr. 75; 
rognures de feutre (11 à 13 % azote), 1 fr. 10; chiquettes -de lapin sèches (10 à 

II % azote), 1 fr. 50 à 1 fr. 60; Marc de colle trituré (2à 3 % azote, 5 à 7 acide 
phosphorique), 6 fr. les 100 kilos ; chrysalides de ver à soie (9 à 10 % azote), 
1 fr. 85 à 1 fr. 90 le degré ; déchet de laine de la fabrication des tapis (7 à 8 % 
azote), 7 fr. les 100 kilos, gare l'Isle-sur-Sorgue. 

Quelques changements dans les prix des engrais minéraux : nitrate de potasse 
(13 azote, 44 potasse), 49 fr. 50 gare Avignon ; 47 fr. gare Bordeaux ; 47 fr. gares 
de Marseille et Cette : nitrate de soude (15 à 16 % azote), 29 fr. 50 gare Avignon ; 
29 fr. 75 gare Montpellier; 30 fr. gare de Lyon; 29 fr. 25 gare Nîmes ; 28 fr. 50 
gare Marseille au-dessus de 5.000 kilos, 29 fr. au-dessous. Livrable février-mars 
à l'arrivée des bateaux, logé en sacs d'origine brut pour net. Nitrate disponible 
31 fr. les 100 kilos, fait défaut en ce moment-ci chez la plupart des commerçants. 

Sulfate d'ammoniaque (20 à 21 % azote), gare Narbonne 32 fr. 75 ; gare Nîmes 
33 fr. 50; gare Pontet 34 fr. ; gare Avignon 34 fr. ; gare Lyon 34 fr. ; gare Mar- 
seille au-dessus de 5.000 kilos 34 fr. 50; gare Cette 33 fr. ; gare Bordeaux 35 fr. 
les 100 kilos. 

Chlorure de potassium (48 à 51 % potasse), départ du Pontet, 23 fr. 25; Avi- 
gnon 23 fr. , Cette 23 fr. ; Narbonne 21 fr. 50 ; Marseille 23 fr. ; Bordeaux 22 fr. 50 . 
Lyon 23 fr. les 100 kilos. 

Sulfate de potasse (48 à 51 % azote), Avignon 28 fr. ; Nîmes 26 fr. ; Cette 
26 fr. 7."i ; Narbonne 25 fr. 75 ; Marseille 26 fr. ; Bordeaux 25 fr. 50 ; Lyon 26 fr. 50 
les 100 kilos. 

Kaïnile (12 à 13 potasse), gare Nîmes 6 fr. 50; gare Cette (10 à 12 % potasse), 

7 fr. 25; Bordeaux (14 % de potasse), 7 fr. ; Lyon 6 fr. 75 les 100 kilos. 

Acido Départ Départ Départ Départ 
phosphorique Pontet Avignon Cette Marseille 



Superph. minéral, les 100 kilogrammes. 


13 à 15 


6.4b 


6. 


30 


6.:u) 


6 


.30 




14 à 16 


6. OS 


6. 


80 


6 . (»:> 


6 


.86 




16 à 18 


7.9!» 


7 . 


80 


7.45 


7 


.80 




18 à 20 


S. 85 


8. 


00 


8.45 


8 


.70 


Superph. d'o.sdégélalinés, — 


16 à 18 


11.10 


10. 


50 


10.50 


10 


«>:; 


— cendres d'os — 


14 à 16 


7.70 


H 




7.35 


7. 


,55 




16 ù 18 


8.70 






8.20 


8, 


55 




18 à 20 


* 






9.20 


9. 


45 



REVUE COMMERCIALE 



115 



Engrais phosphatés départ Lyon; phosphate précipité d'os pur 39/40, acide 
phosphorique 20 francs; superphosphate d'os pur 13/15, 1/2 à 1 azote, 7 fr. 75; 
16 18, 12 azote, 8 fr. 75; superphosphate d'os noir 13/15, 1/2 azote, 6 fr. 75; 
superphosphate noir organique 1*3/15, 1 à 1 1/2 azote; 7 fr. 50 ; poudre d'os dégé- 
latinés 10 fr. 50; plâtre phosphaté 2 fr. 85; superphosphate minéral 13/15 ; Saint- 
Fons 6 fr. 60 les 100 kilogrammes. 

Scories du Creusot (14 à 18 % ), la tonne prise à Nîmes 49 francs; à Avignon 
54 francs; au Creusot 43 francs. 

Étoile (17 %) par 5.000 kilogrammes, la tonne, gare Nîmes 59 fr. 50; gare 
Marseille 65 fr. 50; gare Bordeaux 65 francs. 

Scories Thomas (14 à 18 %) la tonne, gare Narbonne 56 francs; (15 % ) Lyon 
52 fr. 50. 

Comme majoration pour le détail des tourteaux, toute commande inférieure à 
1.000 kilogrammes subit une augmentation de prix de 0 fr. 50 les 100 kilogram- 
mes départ gare Marseille; les prix des superphosphates et engrais chimiques 
sont majorés de 0 fr. 50 par 100 kilogrammes pour les commandes inférieures à 
5.000 kilogrammes départ gare Cette. Les superphosphates livrés dans les sacs 
de l'acheteur sont facturés 0 fr. 50 de moins par 100 kilogrammes. Il est fait un 
escompte 2 % pour payement au comptant sur les superphosphates expédiés des 
gares Pontet et Avignon. 

Soufre sublimé 16 francs; trituré 13 francs les 100 kilogrammes gares Marseille 
et Cette. 

Sulfate de cuivre anglais 85 francs Marseille; sulfate de cuivre français 80 fr. 
gare Sorgues; marque de Salindres par 5.000 kilogrammes 78 francs; par 
1.000 kilogrammes 78 fr. 25 et par 500 kilogrammes. minimum 78 fr. 50. Départ 
Nîmes franco gares destinataires P. L. M. Livraison courant février. 

Sulfate de fer en cristaux 4 fr. 90, en neige 5 fr. 40, gares Pontet-Avignon ; 
gare Bordeaux en cristaux 6 fr. 25, en neige 6 fr. 75; gare Cette 4 fr. 75 par 
par 5.000 kilogrammes; 0 fr. 50 en plus par 100 kilogrammes; gare Lyon en 
neige ofr. 50 les 100 kilogrammes. 

Verdet 190 francs à Avignon; 185 francs Marseille les 100 kilogrammes. 

Tartres 80 à 100 francs; lies 70 à 80 francs suivant richesse et degré à Avignon. 

Acide tartrique premier blanc 245 francs, acide citrique 420 francs les 100 kilo- 
grammes Montpellier; Narbonne, acide tartrique 250 francs les 100 kilogrammes, 
au détail, 2 fr. 55 le kilogramme; Nîmes acide tartrique 2 fr. 60 le kilogramme, 
acide citrique 4 fr. 30 le kilogramme. — A. 



LES FRUITS ET PRIMEURS AUX HALLES CENTRALES DE PARIS 

Cours du 19 janvier 1907. — Pommes de terre : Grenadine, 32 à 38 fr. les 100 kilos. — 
Artichauts : Algérie, 20 à 28 fr. le cent. — Epinards : 15 à 21) fr. les 100 kilos. — 
Laitues : Midi, 8 à 18 fr. le cent. — Scaroles : 8 à 18 fr. le cent. — Choux-fleurs : 40 à 

fr. le cent. — Poires : à cuire. 25 à 40 fr. les 100 kilos. — Pommes : Canada extra, 
80 à 100 fr. les 100 kilos ; belles, 45 à 60 fr. les 100 kilos. 

Le beau temps sec et frais que nous avons eu cette semaine a favorisé la vente des 
légumes verts et salades, et comme les apports de nos environs sont plutôt en décrois- 
sance, il en est résulté une petite amélioration portant principalement sur la grosse et 
belle marchandise. Les arrivages de salades du Var sont plus importants ; les scaroles 
ne sont pas aussi recherchées que les chicorées, la tendance est moins soutenue ; il en 
est de même des laitues, car certains lots arrivent un peu avariés. Les livraisons de la 
Compagnie P.-L.-M. se sont poursuivies ce matin jusqu'après 8 heures, et bien des 
expéditions manquent encore à 10 heures. Les choux-fleurs de Bretagne et du Midi sont 
peu abondants; il y abonne demande pour les extra gros. Les artichauts d'Algérie nous 
ont encore été livrés aujourd'hui à partir de 8 heures, ce qui occasionnera une petite 
resserre. Nous réclamons énergiquement auprès des Compagnies pour ces retards si 
préjudiciables aux intérêts de nos expéditeurs. Les oranc/es en caisses se ressentent tou- 
jours de l'abondance du vrac, toutefois nous espérons une petite reprise dans le courant 
de la semaine prochaine. Les demandes de mandarines se poursuivent assez faciles. — 
0. D. . 



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CULTURE SPÉCIALE 

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LAURENS LADEVÈZE 

Propriétaire à MOISSAC (Tarn-et-Garonne) 

Abandonne, après expériencesdécisivcs, luculturedes producteurs directs connus pour agrandir eucore 
• s \.i L< champs de pieds-mères en vignes Américaines et Franco-Américaines porte -greffes sélec- 
tionnés. En variétés 3306, 3309, 101 n , 106 H Mupestris du Lot, ltipariu Gloire, 1£02, Aramou 
RupestrisG. n° 1, Hybrides de Berlandicri 4 1 -13. 420-A, 34 E-M, 157-11. 

Se» produits, boutures, racines et greffes -soudées sont toujours tenus dans les magasins à l'abri 
de* Intempéries, livrés en bon état de fruicheuret garantis absolument authentiques, paiements facul- 
tatifs sur de. bonnes références. Très bon vin rouge naturel et sans mélange de produotcurs directs 
depuis DO fr. la barrique do 220 litres nu. 

Certaine de ce mie lu qualité sera toujours recherchée et avantageuse au producteur comme nu 
consommateur, la Maison informe son honorable clientèle qu il sera à l'avenir inutile de 
lui demander des boutures, ni racines de producteurs directs; elle a cru devoir aban- 
donner la culture de ces derniers pour no s'occuper uniquement que des meilleurs 
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N° 685. 



Paris, 31 Janvier 1907 



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DE 

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ORGANE DE L'AGRICULTURE DES REGIONS VITIGOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA, 

Inspecteur Général de la Viticulture, 
Professeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Membre de la Société Nationale d'Agriculture, Docteur ès sciences. 

SOMMAIRE 

PAGES 

p Mazé La crise viticole aux points de vue industriel et agricole 117 

L Fontaine Les machines et la préparation des aliments du bétail (avec 

figures) 122 

J.-B. Chapelle. . . La crise oléicole 129 

Actualités. — La viticulture au Parlement: répression des fraudes. — La vinai- 
grerie et les vins piqués (R.). — Jurisprudence : droit de poursuite des 
syndicats contre les fraudeurs. — Vœux du Congrès des Associations viti- 
C oles. — La réglementation de la culture de la vigne en Tunisie. — Mé- 
thodes d'analyse des vins : arrêté ministériel. — Institut agronomique : 
nominations de professeurs. — Bibliographie : Sucrage des vins, vins arti- 
ficiels, régime des spiritueux, etc 134 

Revue commerciale. — Vignobles et vins : correspondance de la Gironde 
(R. Brunkt). — Vignes américaines (X.). — Soufres (E. Fog). — Avis 
d'adjudication : marine. — Fruits et primeurs aux Halles centrales de Paris 
(0. D.). — Prix-courant des principaux produits agricoles 141 

Bulletin météorologique 144 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France. Prop. -Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticole de Cadillac, Propr.-Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant de la Société 
nationale d'agricuiture, Vice-Prés, des Vitic. 
d« France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut. Président du Comice agricole de 
Nuits-St-Georges, Prop.-Viticult. (Côte-d'Or). 

F. Convert. Professeur à l'Tnstilut national 
agronomique, Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon, Correspondant de l'Institut, Professeur 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P.Gervais, Membre de la Société N le d'Agricul- 
ture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitic. (Hérault). 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Directeur de la Station Viticole 
de Cognac, Prop. -Viticulteur (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de l'Agri- 
culture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de droit 
de Paris, Propriétaire-Viticulteur (Gtrs). 

A. Mùntz, Membre de l'Institut, Professeur 
à l'Institut national agronomique, Proprié- 
taire-Viticulteur (Dordogne). 

P. Pacottet, Chef des travaux à l'Institut agro- 
nomique, Maître de conférences à l'Ecole d'a- 
gricult. de Grignon, Prop.-Vitic. (Bourgogne). 

Ch Tallavignes, Inspecteur de l'Agriculture, 
Proprie! aire- Viticulteur (Aude). 

A. Verneuil, Correspondant de la Société nationale 
d'Agriculture, Lauréat de la Prime d'honneur. 
Propriétaire-Viticulteur (Charente-Inférieure) . 



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Professeur de Viticulture à l'Institut national 
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Membre de la Société nationale d'agriculture. 



V. VERMOREL, 

Président du Comice agricole et viticole 
du Beaujolais, 
Lauréat de la Prime d'Honneur du Rhône, 
Correspondant de la Société nationale d'agriculture. 



Cet ouvrage considérable, auquel les ampélograpbes les plus estimés du 
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A. Custillon du Perron, négociant à zieux (Charente). 



Cognac. 

A.Guérin,àSalles-d'Angles(Charente). 
Boutinet, à La Sentinelle, par Cbâ- / 



Rullier, Touzac, par Barbezieux. 
Pailloux, Malaville, par Châteauneuf 



teauneuf (Charente). 
Viala, 1, rue Le Gott', Paris. 



(Charente). 
Rémy Martin, négociant à Cognac 



(Charente). — Etc. 



Pana. — Imprimerie F. Levé, 17, rue Cassette. 



i 



IV Année. — Tome XXVII. N° &l. Paris, 31 Janvier 



REVUE DE VITIC ULTURE 

LÀ CRISE VITICOLE . 

ENVISAGÉE AUX POINTS DE VUË INDUSTRIEL ET AGRICOLE 



J'ai suivi avec intérêt la remarquable étude de M. P. Gervais sur la situation 
présente et l'avenir de la culture méridionale; et en cela, j'ai partagé la profonde 
impression qu'elle a dû, je pense, exercer sur l'esprit des nombreux lecteurs de 
cette Revue. 

C'est toujours un spectacle réconfortant que celui d'un homme qui met au 
service de l'intérêt général tout son savoir et tous ses efforts. 

Le plaidoyer de M. P. Gervais est d'autant plus captivant qu'il compte surtout 
sur l'initiative individuelle renforcée par l'entente collective, pour assurer l'ap- 
plication effective des mesures qu'il préconise. Il est à peu près certain que leur 
mise en pratique procurerait à nos viticulteurs une sécurité suffisante dans le 
présent, et une certaine garantie en face de l'avenir. 

Je dis une certaine garantie, car. malheureusement, l'avenir n'appartient ni 
aux lois, ni aux règlements, îà même à l'initiative individuelle; il est, qu'on 
me pardonne la brutalité de l'expression, Vë d'une équation dont on ne connaît- 
pas les termes. 

Mais, en procédant par élimination, il estaisé de prévoir que sa solution est du 
domaine de la science. M. P. Gervais n'ignore pas le pouvoir de ce facteur; 
mais il l'accuse plutôt de partialité vis-à-vis de nos vignerons ; ce sont, en somme, 
les chimistes qui ont appris h faire foisonner le vin ; et l'on ne voit guère, en 
face de ce mal qu'ils ont engendré, le moindre remède qu'on puisse attendre de 
leur intervention. 

La science est en effet bien capricieuse; elle frappe à tort et à. travers, et ses 
coups, s'ils profilent à quelques-uns, causent souvent la ruine de toute une ré- 
gion. Les intéressés n'en sont informés que lorsqu'il est déjà trop tard. Il Sem- 
ble que nos départements du Midi soient à la veille d'une fin de cette nature. En 
admettant qu'il en soit ainsi, n'est-il pas préférable de regarder le mal en face? 
C'est, à mon avis, le meilleur moyen de l'éviter, et c'est pour cela que je me suis 
permis d'apporter à cette question les quelques réflexions que l'état de notre 
viticulture m'a suggérée depuis longtemps. 

Au point de vue économique, le problème (fui se dresse devant les viticulteurs 
peut s'énoncer de la façon suivante : Un hectare de terre planté en betteraves 
rapporte b.000 kilogrammes de sucre ; un hectare de terre planté en Aramon 
peut produire 500 hectolitres de moût à ff % de sucre, ce qui fait aussi 
8.000 kilogrammes de sucre. Quelle est la culture la plus économique? 

Si l?i réponse est en faveur de la betterave, l'Aramon doit disparaître. Aucune 
loi, aucune réglementation ne peut prôv&krfrr cotttfece résultat. 

Nous avons assisté dans ces dernière» année* à d'autres révolutions économi- 
ques ; nous avons vu disparaître la garance et ruiner le département qui s'adon- 
nait à sa culture; mais, après quelques années de désarroi, la population agri- 



118 



P. MAZÉ. — LA CRISE VITICOLE 



cole du Vaucluse se remettait à l'ouvrage et adoptait un système de culture qui 
lui apportait de nouveau la prospérité et l'aisance. 

En ce moment même, la culture de l'indigo est menacée, et son sort est fort 
compromis; son adversaire, la chimie, n'a pas, en effet, la réputation de perdre 
de vue les buts qu'elle poursuit. 

Dans un autre ordre d'idées, la margarine a jeté quelques troubles dans l'in- 
dustrie du beurre; et voici qu'un autre concurrent, la végétaline, réclame aussi 
sa place sur les marchés. Il est facile de concevoir que ces concurrences achar- 
nées ne sont pas faites pour rassurer les producteurs de beurre. Le résultat de 
cette situation est clair : le beurre devient de plus en plus une denrée de luxe ; 
mais comme on en produit trop, les prix baissent (je n'envisage pas les prix 
exceptionnels de cette année). 

On peut se demander, dans ces conditions, <ce que l'avenir réserve à cette 
industrie. Eh bien ! je pense qu'on s'appliquera de plus en plus à vendre le beurre 
à l'état de fromage. Le producteur et le consommateur ne peuvent trouver que des 
avantages à celte combinaison. La caséine se vendra au même prix que la ma- 
tière grasse du lait au lieu de constituer, comme aujourd'hui, un résidu encom- 
brant et sans valeur. On verra donc les plus intelligents de nos agriculteurs se 
livrer à l'industrie fromagère. On reviendra, de plus en plus, à la consommation 
du lait en nature, en quelque sorte; à l'utilisation d'un mélange intime de 
caséine et de crème, deux éléments qui ne devraient jamais être séparés puisque 
leur réunion constitue un aliment qui s'impose par sa richesse et son assimilabi- 
lité comme l'un des meilleurs dont nous puissions disposer. 

Mais dans cette voie, la surproduction pourrait encore se faire sentir; 
lorsqu'une industrie prospère, elle trouve toujours de nombreux et fervents par- 
tisans qui ne demandent qu'à s'y livrer. Si cette éventualité se réalise, on offrira, 
comme toujours, l'excédent de sa production à ses voisins; on fera valoir les 
qualités nutritives de la denrée et on insistera d'autant plus que la chose est 
parfaitement exacte et qu'il ne se rencontrera pas un chimiste pour soutenir le 
contraire, encore moins un médecin. 

Je m'écarte de mon sujet, mais c'est un peu à dessein ; j'estime, en effet, 
qu'on saisit mieux le jeu des lois économiques lorsqu'elles s'appliquent à une 
queslion à laquelle on n'est pas trop directement intéressé. Je m'autorise de cette 
observation pour continuer dans la même voie. 

A qui incombe la responsabilité de la situation actuelle de l'industrie laitière? 
A la science, évidemment; c'est elle qui a inventé la margarine, qui lui a donné 
l'aspect extérieur du beurre; c'est encore elle qui a trouvé la végétaline; bien 
mieux, elle soutient, non sans raison, qu'au point de vue alimentaire, les huiles, 
les graisses, le beurre, ont exactement la même valeur; mais elle n'a pas dit 
cela dans le but de nuire aux producteurs de beurre; elle s'est attachée simple- 
ment à établir la vérité et elle est la première à reconnaître que le beurre pos- 
sède des qualités guslatives qui le placent, au point de vue commercial, au- 
dessus de ses rivales ; elle le considère comme un produit de lùxe et elle cherche 
activement a lui assurer cette supériorité en apportant toutes les améliorations 
possibles à sa fabrication. Ainsi elle fait le bien ou le mal avec la même insou- 
ciance, suivant le point de vue où l'on se place; mais elle n'entre pas dans ces 
détails parce qu'elle ne voit qu'une chose, les lois naturelles, et qu'elle se refuse 
à admettre que celles-ci aient été faites pour le bonheur des uns ou le désespoir 
des autres. 



P. MAZÉ. — LA CRISE VITICOLE 



lit 



Elle aborde avec le même sans-gêne le problème viticole et elle dit : la vigne 
produit du sucre de raisin ; la betterave produit du saccharose ; l'un et l'autre se 
transforment en alcool sous l'influence d'une diastase sécrétée par la levure que 
tout le monde sait cultiver aujourd'hui; qu'il provienne de l'un ou l'autre sucre, 
cet alcool est toujours le même, donc il doit toujours se payer le même prix. 

Cette conclusion n'est pas du goût de tout le monde; les vignerons ne veulent 
l'admettre qu'autant qu'on leur permet de sucrer leur vendange ; mais si tout le 
monde se met à sucrer, ce ne sera plus la vigne qui fournira le vin, ce sera la 
betterave. 

De là la nécessité de prohiber l'emploi du sucre, pour faire monter le prix du 
vin; mais alors le consommateur dira : on me fait payer le vin trop cher; je 
boirai de la bière; et pour attirer la clientèle et satisfaire ses préférences, qui 
sont pour le bon marché, le brasseur sucre aussi ; le fabricant de cidre en fait 
autant dans les mauvaises années, toujours pour conserver sa clientèle et l'aug- 
menter au besoin. Va-t-on aussi demander la suppression du sucrage en bras- 
serie et en cidrerie? Mais alors on créera une nouvelle boisson qu'on appellera 
d'un nom quelconque, et on lui fera remplir le même rôle vis-à-vis du vin que 
celui que nous voyons tenir à la margarine en regard du beurre. 

Or l'abus de la réglementation aboutit, en droite ligne, à l'absence de régle- 
mentation. 

On ne serait pas plus heureux du côté de l'alcool; il est tout aussi aisé de faire 
foisonner l'alcool que de multiplier le vin. 

Bien entendu, le consommateur ne raisonne pas comme je viens de le supposer, 
mais c'est l'industriel qui fait pour lui ces raisonnements ; c'est lui qui établit la 
balance du prix et fait entrer dans la consommation les produits concurrents, en 
leur assignant des rôles pour lesquels ils ne semblaient pas fails; et il faut bien 
aujourd'hui se pénétrer de cette idée que les produits de consommation courante 
comme le vin ordinaire par exemple, ne peuvent plus aspirer à des prix élevés. 

Le vin est la boison nationale, mais pour conserver ce caractère* il est néces- 
saire qu'il reste accessible aux bourses les plus modestes ; une boisson fabriquée 
de toutes pièces offerte sous son étiquette sera toujours bien accueillie si elle 
«onte moins cher et si elle plaît autant. 

À l'étranger, le vin reste un produit de luxe, même lorsqu'il est obtenu par 
sucrage; la masse de la population consomme de la bière; les chimistes portent 
leurs efforts sur d'autres boissons que le vin parce que celui-ci ne leur procure- 
rait pas assez de profits. 

Pour résumer, je dirai qu'il faut bien se pénétrer de cette idée que toutes les 
mesures législatives n'empêcheront pas le sucre etl'alcool fournis par la betterave 
de jouir de la faveur des industriels, des commerçants et même des vignerons. 
Pour leur faire concurrence sur ce terrain, il est indispensable : 1° de développer 
les production sucrière de la vigne, 2° et, en attendant, de procurer à l'alcool indus- 
triel les débouchés auxquels il peut légitimement prétendre. 

Je dis « en attendant », car il faut prévoir en même temps que si la production de 
l'alcool d'industrie devient une source de bénéfices pour le cultivaleur, on abou- 
tira, dans un avenir plus ou moins éloigné, à la situation difficile dont tout le 
monde se plaint aujourd'hui. Cette dernière condition relève directement d'une 
mesure législative, car elle ne se présente pas comme une mesure de faveur 
accordée à une région au détriment d'une autre. Mon but n'est pas de discuter 
cette face du problème. 



m P. MAZÉ. - LA CRISE VITICOLE 

——————— -r— : 1 — : : — — — ■ ..., .■ ) 

La première condition apparaît, au contraire, comme une question d'ordre 
purement scientifique. Peut on orienter la vigne vers une production intensive 
de sucre et par conséquent d'alcool? Si on n'envisage que la richesse saccharine 
du raisin, la réponse est toute faite. On sait qu'en réduisant la récolte par une 
taille appropriée, on augmente la teneur du raisin en sucre; mais on réduit le 
rendement. 

Il s'agit, au contraire, d'augmenter l'une -et l'autre, et c'est là le point dont on 
ne s'est pas assez préoccupé. 



Placée sur ce terrain, la question trouve pourtant un argument précieux dans 
l'histoire de la betterave. 

On connaît cette histoire et on sait les résultats merveilleux de la sélection 
demi-séculaire dont la betterave a é-té l'objet. D'une richesse initiale de 5 à 6 % de 
sucre, elle est passée aujourd'hui à %).% et même plus; mais au point de vue 
morphologique, la plante ne se présente plus sous le même aspect. La racine est 
régulière, le collet estréduit au minimum; les feuilles, aulieud'être dressées, sont 
horizontales; elles s'étalent aussi près que possible du sol, parce qu'il y fait plus 
chaud; elles le recouvrent entièrement de façon à présenter à la lumière la sur- 
face maximum. Tout est disposé, en somme, de manière à utiliser les deux fac-* 
teurs les plus importants de la synthèse des sucres : la chaleur et la lumière. 
Quant aux labours et aux fumures, on les fait ou on les donne sans compter. 

I\n viticulture, on ne connaît pas ces pratiques et elles semblent en contradic- 
tion avec celles qui sont admises. Il est certain, en effet, que les soins que récla^ 
ment les vignobles réputés pour les vins qu'ils produisent se justifient par une 
expérience assez longue pour que personne ne songe à les modifier; mais il ne 
s'agit ici que de la production des vins de consommation courante et de la 
recherche des procédés susceptibles de favoriser la synthèse des sucres dans les 
feuilles de la vigne et leur accumulation dans le fruit. 

Le buta atteindre est donc entièrement subordonné à une question de physio- 
logie végétale ; on peut faire, jusqu'à un certain point, abstraction de l'espèce bota- 
nique et dire à priori que les facteurs qui ont été mis en œuvre dans la sélection 
de l;i betterave doivent réussir dans l'amélioration de la vigne; mais il reste à 
savoir si celle-ci présentera une souplesse aussi grande que la betterave: c'est 
probable; et il est certain, d'autre part, que le chemin à parcourir est moins long, 
car, actuellement, les cépages les moins renommés produisent un raisin qui 
renferme toujours plus de 12 % de sucre. 

t On est parvenu aujourd'hui à faire produire à l'Aramon, en particulier, des 
recolles très abondantes; mais malheureusement l'accroissement en richesse 
saccharine ne marche pas de pair avec l'augmeutation de rendement: c'est là 
que réside la difficulté. Il faudrait corriger ce défaut par sélection; mais lia vign* 
n'est pas une plante annuelle ; les recherches seront longues et coûteuses ; les dé-* 
parlements du Midi ne peuvent pas aujourd'hui supporter les charges d u ne expé- 
rimentation aussi onéreuse ; il faut laisser ce souci à d'autres régions moins 
éprouvées, a celles qui ont profité des moyens d'éviter la crise phylloxéri<v*e v 
moyeus dont le Midi a fait les frais. Le problème se posera aussi p.uir elles uu 
jour ou L'autre. 

11 faut des remèdes pLus prompts et moins aléatoires. On a préconise la cita* 
lion de nouveaux crus, l'extension des vignobles producteurs de vins liquoreux ; 



P.-MAZÉ. — LA CRISE VITICOLE 



121 



mais on se heurte toujours aux frais élevés que ces modifications entraîne* 
raient. . , . , v.ak 

En recherchant du côté des méthodes de vinification, il serait possible, du 
moins autant que je peux le prévoir, de faire acquérir à des vins blancs ordi- 
naires des qualités qui les placeraient peut-être au niveau des vins renommés. 
En formulant cette opinion, je ne fais pas allusion à l'emploi des levures pures 
en vinification ; il s'agit uniquement du rôle que joue le Botrytis cinerea dans la 
production des vins blancs les plus réputés. 

On sait, en effet, que ce champignon possède la curieuse propriété de détruire 
de préférence l'acide tartrique et déconcentrer le sucre du raisin en produisant 
l'évaporation de l'eau. Il en résulte que le moût obtenu avec ces raisins « figués » 
est peu acide et très riche en sucre ; il fournit un vin riche en alcool, plus ou moins 
liquoreux, agréable à boire à cause de sa faible acidité. 

Si l'action du Botrytis se bornait à ces deux résultats, il serait facile de les 
généraliser par des procédés physico-chimiques; mais les vins obtenus ai* 
moyen des raisins « figués » recouverts d'une véritable peau mycélienne comptent 
parmi les plus renommés des vins blancs ; ce sont les vins de Sauterne et les vins 
du Khi n. 

Il est légitime de supposer que le Botrytis y est pour quelque chose. Il fait 
subir au raisin une sorte de fermentation aérobie où les phénomènes de 
combustion prédominent. Mais à côté des transformations que j'ai indiquées, 
il s'en produit d'autres moins faciles à mettre en évidence et dont l'action ne 
doit pas être négligeable. 

Le mycélium détruit l'acide tartrique et probablement une faible portion du 
sucre; mais en même terrips, il prend une portion importante de l'azote de là 
pulpe et le met sous une forme difficilement assimilable pour la levure, et 
inaccessible même à son action tant qu'il fait partie constituante du mycélium: 
L'appauvrissement du moût en azote assimilable, son enrichissement en sucre 
par concentration, ont pour conséquence immédiate une fermentation lente, 
pénible, qui dure des mois et des années. Pendant ce temps, le Botytis, introduit 
dans le moût plus ou moins directement, intervient aussi dans la fermentation ; 
il subi t à l'abri de l'air, une sorte de protéolyse, accompagnée de phénomènes 
de fermentation intracellulaire, de solubilisation de diastases, différentes de 
celles de la levure, dont faction concourt aux phénomènes d'éthérification, qui 
se produisent dans un moût soumis à une fermentation lente. 

Malgré l'intérêt théorique de cette question, l'étude n'en a pas été faite, du 
moins a ma connaissance. Personne n'a tenté non plus d'affranchir, des données 
un peu confuses acquises par l'observation empirique cette méthode de vinifi- 
cation qui, à mon avis, est appelée à jouer un certain rôle économique. 

La généralisation des invasions de pourriture noble serait très facile à obtenir 
dans les vignobles qui se prêtent à cette opération ; mais les conditions climaté- 
riques auraient «ur les résultats d'une intervention de ce genre une influence 
trop grande. D'un autre côté, toutes les espèces de raisin ne se prêtent pas à cette 
intervention ; les raisins noirs envahis par le Botrytis produisent des vins 
malades; beaucoup de raisins blancs ont une peau trop dure; ils sont plutôt 
réfraclaires au développement du Botrytis. 

Il n'en va plus de même des moûts : un moût quelconque obtenu par pressurage 
des raisins noirs ou blancs, préalablement chauffé pour détruire les levures 
qu'il renferme, peut être soumis avec facilité à l'action du Botrytis einerea. Reste 



122 L. FONTAINE. 



— LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 



à savoir quel en serait le résultat sur la qualité des vins. Les stations œnologiques 
pourraient entreprendre facilement des recherches de cette nature. Toutes les 
innovations qui auraient pour résultat l'industrialisation de la vinification, 
doivent attirer l'activité des chercheurs, surtout lorsqu'elles tendent, comme 
celle que j'envisage, à la production de vins de bonne qualité, en partant d'une 
matière première de peu de valeur. 

C'est ainsi que nos vins de l'Est sont trop acides, trop pauvres en alcool et 
généralement privés de bouquets ; ils sont tout désignés pour être traités par le 
Botrytis cinerea, le jour où on aura reconnu les avantages de l'opération. 

En résumé, la création de crus renommés autant par l'amélioration des mé- 
thodes de vinification que par le choix de cépages et les soins culturaux, la 
sélection des variétés en vue de l'enrichissement du raisin en sucre, doivent 
constituer la préoccupation constante de nos vignerons. C'est le plus sûr moyen, 
non pas de sortir de la situation actuelle, mais de prévenir le retour de sem- 
blables crises. 

(A suivre.) P. Mazé, 

Chef de service à l'Institut Pasteur. 

♦ ; 

LES MACHINES ET LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 1 



2° Cuismrs à vapeur. — Dans la cuisson à la vapeur, les aliments ne baignent 
plus dans l'eau; de ce fait, ils conservent toute leur saveur, car l'eau de conden- 
sation n'entraîne qu'une faible partie des principes solubles. Un appareil cuiseur 
du genre qui nous occupe, comprend donc une chaudière produisante vapeur, 




Fig. 35. — Coupe verticale 
d'un cuiseur à vapeur à 
foyer en maçonnerie et 
à hausse en Lois fixe. 




Fig. 36. — Coupe verticale 
d'un cuiseur à vapeur à 
foyer en maçonnerie et 
à hausse en bois mobile. 




Fig. 31. — Principo d'un 
cuiseur à vapeur à bas- 
cule (chaudière et foyer 
solidaires). 



et un récipient contenant les substances à cuire. Ces deux parties peuvent être 
solidaires l'une de l'autre, ou indépendantes. 

En petite et moyenne culture, on utilise des cuiseurs dont la chaudière est sur- 
montée d'un récipient contenant les tubercules ou les racines. La vapeur monte 
dans la masse en traversant un faux-fond percé de trous: il faut toujours recou- 
vrir de toiles grossières cette masse pour maintenir la vapeur dans toutes les 



{\) Voir n« (14, page 102. 



L. FONTAINE. — LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 123 



parties. Beaucoup d'appareils de ce genre existent, ils peuvent cuire 100 à 
250 litres de tubercules. 

La figure 35 indique un système fixe, où la chaudière A, contenant l'eau d'ébul- 
lition, repose dans un massif en maçonnerie XX, avec foyer en dessous. Cette 
chaudière est recouverte d'un tonneau en bois M, dont le fond est percé d'un 
trou R, par où monte la vapeur. Une claie en bois t supporte les tubercules ou 
les racines à cuire. Deux robinets 1 et 2 servent à évacuer l'air et les eaux 
de condensation. 

Dans le système (fig. 36), on a cherché à obtenir la mobilité du cuiseur. Pour 
cela, un grand levier L, à poignée /, soulève la cuve de cuisson P, un peu au- 
dessus de la chaudière N, ce qui 
permet de la basculer pour la 
vidange. 

Le foyer S est situé dans une 
maçonnerie comme dans le sys- 
tème précédent. — On a construit 
dans la suite des chaudières métal- 
liques à bascule, pour faciliter la 
vidange des matières cuites. Ainsi 
la chaudière K (fig. 37), montée par 





Fig. 38. — Principe d'une chaudière 
basculante, sur foyer indépendant. 



Fi-. 39. 



- Vue d'ensemble d'un cuiseur Egrot, 
au moment de la vidange. 



ses tourillons /, sur des supports A A, porte en dessous un foyer solidaire H, 
auquel s'adapte la cheminée I. Ce foyer est traversé par un bouilleur m, en commu- 
nication avec l'eau supérieure E. Sur un faux-fond en tôle perforée se placent les 
racines. Lorsque la cuisson est terminée, on fait basculer tout l'ensemble en 
avant (foyer et chaudière). 

Dans le dispositif (38), on a rendu indépendantes l'une de l'aulreles deux parties 
du cuiseur. Le foyer en tôle KK contient en dessous la grille F avec son 
cendrier. A l'avant de la chaudière U est rivée une portion découpée du 
foyer C, munie de chaque côté d'un secteur à saillies e, reposant sur un rail à 
trous L Après chaque cuisson, la vidange s'opère en tirant sur le leviers, lequel 
fait tourner les secteurs e, et basculer la chaudière en avant. 

Ce genre de cuiseur est construit par la maison Egrot de Paris (19, rue Mathis); 
la figure 39, représente la machine au moment de la vidange de la chaudière. On 
peut cuire des légumes ou opérer le chauffage de l'eau, du lait, en pratiquant le 



124 L. FONTAINE. — LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 



nettoyage du récipient, qui. peut être en tôle galvanisée ou étamé à l'intérieur. 
La capacité utile de cuisson varie entre 100, 200, à 600 litres. 

1 Avec le cuiseur à retour de flammes (fig. 40et41), le fourneau en fonte est en deux 
parties. L'inférieure contient le foyer P, garni d'un enduit réfractaire x; la supé- 
rieure N est rivée au cuiseur E, pour former le carneau ab. Le cuiseur pro- 
prement dit est un cylindre à fond légèrement courbe, fermé en haut par un 
couvercle à vis dépression y. Dans l'intérieur est placé un tube d'arrosage d, 
surmontant un cône renversé R, baignant dans l'eau. Cette disposition rappelle 
celles des lessiveuses, car lorsque la pression devient trop élevée, une certaine 
quantité d'eau et de vapeur sort en haut du tube d par une soupape et des petits 
trous irriguant toute la masse. Quant aux gaz chauds, ceux-ci passent du foyer au 
carneau ab\ puis de là à la cheminée L. Le déchargement du cuiseur se fait par 

un système de bascule autour de deux 
tourillons. On peut se procurer cette 
machine à la Maison Faulj 47, rue Ser- 
van, Paris. 

Enfin, signalons un système de cui- 
seur à bascule autrichien, mis en vente 
depuis quelques années par la Maison 





Fig. 40. — Coupe verticale, du cuiseur 
basculant à foyer ea deux parties, Faul. 



Fig. 41. — > Vue d'ensemble du cuiseur 
Faul, au moment de la vidange. 



Pilh i . Les ligures \± et 43 montrent cet appareil en coupe et dans son ensemble. 
On y distingue trois parties : 1° le foyer F; 2° la chaudière C; 3" le cylindre 
cuiseur R. 

Le foyer inférieur est à retour- de flammes, monté sur un socle en maçon- 
nerie S; les gaz chauds lèchent le fond et le pourtour de la chaudière avant de- 
sortir par un tuyau vertical h. 

La chaudière cylindrique repose par un rebord sur le foyer ot se continue par 
leux tuyaux. de vapeur l)D, boulonnés sur le dôme. Pour la cuisson, on intro- 
duit de l'eau dans lu chaudière par le tube vertical /, muni d'une éprouvetto K, 
jusqu'au, niveau du robinet i, afin que la vapeur se dégage sous le dôme. Ge tube 
alimentaire sert également do manomètre de pression et évite les explosions. Du 
reste, la vapeur n'est produite que sous une pression de évaluée en une 

colonne d'eau. (Juant au cylindrique cuiseur II, il repose sur les tourillons bbi 
terminant les tubes Ut). 'Sur un faux-fond on entasse les tubercules ou les 
racines, puis- on. terme lo couvercle w, par une tringle (J, munie d'une vis do 
pression u. 



L. FONTAINE. — LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL fâS 



Par l'ébullition de l'eau, la chaudière alimente deux jets de vapeur, qui la 
répandent au centre de la cuve. Les eaux de condensation se recueillent en des- 
sous du faux-fond a, d'où on les extrait par un robinet. 

L'appareil vendu par la maison Pilter (24, rue Alibert, Paris), se construit en 
trois modèles de 100, 200 et 480 litres de capacité. Chaque cuisson dure environ 
trente à quarante-cinq minutes. Pour la vidange, on enlève le couvercle u, puis 
on fait basculer le cuiseur en avant, au moyen de la poignée p. On peut immé- 
diatement procéder à une nouvelle charge. 




Fig. 42. — Coupe verticale d'un cuiseur à Fig. 43. — Vue d'ensemble du cai- 

vapeur Pilter. seur à vapeur basculant (Pilter). 



Dans les grands appareils atteignant plus de 2 mètres de haut, on installe le 
foyer dans une fosse, pour faciliter le basculage du cuiseur. 

Toutes les machines que nous venons de décrire deviendraient insuffisantes, 
dans les fermes où l'engraissement se fait sur une grande échelle. Aimé Girard 
a démontré, dans ses expériences de Joinville-le-Pont, que les racines cuites 
peuvent entrer dans les deux tiers de la ration journalière. Avec 40 ou 50 ani- 
maux, il serait impossible d'opérer la cuisson sans une chaudière indépendante 
servant de générateur, pour alimenter une batterie de cuiseurs. C'est en Angle- 
terre, où les premières installations de ce genre furent employées; on importa 
en France les machines de Stanley, de Barford et Perkins, etc. La chaudière est 
à basse pression, munie d'une soupape de sûreté et d'une pompe alimentaire à 
main (fig. 44). Les cuiseurs sont du type à bascule et reçoivent la vapeur du 
générateur par deux tuyaux latéraux, la marmite gauche est à chauffage direct, 
tandis qne celle de droite est muni d'un serpentin courant sous un faux 
fond. 

La Maison Egrot construit également ce genre de machine pour grandes 



126 L. FONTAINE. — 



LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 




Fi<r. — 44. Guiseu s à vapeur directe, système anj 
Barford et Perkins (Pilter). 



fermes (fig 45). Un générateur vertical (système Field), muni de tous les appa- 
reils de sûreté exigés par la loi, fournit la vapeur à la pression de 2 kgr. à deux 
tuyaux se rendant aux cuiseurs à bascule. Les prises de vapeur sont munies à« 
leur départ de robinets, pour l'arrêt ou la mise en marche de la cuisson. L'ali- 
menlalion d'eau du régénérateur s'opère [par une pompe à main, très visible sur 

le dessin. Chaque marmite est 
construite en forte tôle galva- 
nisée ou étamée, pour opérer 
la cuisson à la vapeur directe, 
ou pour le chauffage au ser- 
pentin. En outre, les réci- 
pients sont basculants autour 
de tourillons creux avec joints 
hermétiques, pour les rac- 
cords. On peut faire des ins- 
tallations à. une ou deux mar- 
mites, coûtant, avec le géné- 
rateur et ses accessoires, 800 à 
1.200 francs. 

Les grandes exploitations 
qui possèdent la vapeur pour 
actionner régulièrement des 
machines auront toujours avan- 
tage à établir des cuiseurs à 
bascule du type de la figure 46. Sur deux flasques en fonte DD on fait reposer 
par deux tourillons &ô, dont l'un est creux, une cuve P, munie d'un faux-fond 
en bois perforé F 
et d'une fermeture G. 
L'ensemble peut bas- 
culer autour de l'axe 
de suspension en agis- 
sant sur le levier m. 
Un tuyau V, relié au 
générateur, amène la 
vapeur dont l'admis- 
sion au cuiseur se fait 
par la vanne r. 11 faut 
25 à 30 minutes pour 
cuire 2 hectolitres de 
tubercules. 

On a également pro- 
posé, pour les fermes 
industrielles, desappa- 
reils cuiseurs rotatifs. 

Dans le système Albaret, de Liancourt (Oise), un gros cylindre B (fig. M) 
te charge par l'autoclave A. L'appareil repose sur le bAti H 11 par deux 
tourillons, dont l'un est creux pour admettre la vapeur venant du tuyau p. 
Au début de la cuisson, on a soin d'ouvrir le robinet purgeur r, pour 
laisser échapper l'air. Une courroie ce met lentement en mouvement lo 




Fig. 45- — Appareil Egrot, cuisant à la vapeur à basse p 



L. FONTAINE. 



— LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 127 



cylindre par une vis sans fin e et un engrenage hélicoïdal /*, claveté sur le 
tourillon de droite. 




Fig. 46. — Cuiseur à vapeur indépendant, alimenté par une 
conduite prise sur un générateur quelconque. 

La vidange s'opère en rotation, après avoir enlevé l'autoclave et débrayé; la 
masse cuite tombe dans un wagonnet V, monté sur rails. 

APPAREILS DE CHAUFFAGE DES BOISSONS 

La question des boissons chaudes est également de première importance en 
hiver, pour les animaux. Avec des buvées lièdes, de nombreuses expériences ont 
démontré que les vaches laitières arrivent à fournir au moins 1/3 à 1/4 de lait en 
plus par jour qu'avec des boissons froides. 




Fig. 47. — Appareil de cuissoi rotatif, 
système Albaret. 



Fi; 



48. — B ic récliaufîom* d'eau, 
avec injecleur à vaptur. 



Au-dessous de 10 degrés centigrades, l'eau peut occasionner des coliques et 
des troubles dans la digestion des animaux. 

La chaleur de l'eau peut être aussi utilisée pour arroser des aliments secs 
afin de les ramollir et ramener leurs tissus à un état voisin de la période de 
récolte. Non seulement on leur restitue de l'eau de constitution, mais en outre, 



128 L. FONTAINE. 



— LA PRÉPARATION DES ALIMENTS DU BÉTAIL 



la chaleur modifie sensiblement les principes immédiats, lesquels deviennent 
plus assimilables (amidons, fécules, inuline, etc.). 

Pratiquement, on arrose avec de l'eau bouillante, dans des bacs, les débris de 
graines, sons, tourteaux, grains entiers; puis on recouvre les récipients, afin 
qu'il se produise une sorte de décoction et de macération. En Angleterre, ces 
préparations sont couramment employées pour l'avoine, l'orge, le maïs ou les 
féverolles donnés aux chevaux, qui s'en trouvent très bien. En Allemagne et en 

Suisse, les cultivateurs 

_[ ^ ^ j I j font des sortes de sou- 

pes. 

Les appareils desti- 
nés au chauffage des 
boissons varient beau- 
coup. Dans les petites 
exploitations, on pourra 
utiliser les chaudières 
ordinaires, que nous a- 
vons étudiées précédem- 
ment. Quelques seaux 
d'eau bouillante peuvent 
élever la température de 
la boisson contenue dans, 
une auge métallique ou 
4 en maçonnerie. 

Quand la ferme est importante et pourvue d'une chaudière à vapeur, le chauf- 
fage peut s'opérer dans un bac métallique B, Le tuyau de vapeur R pénètre 
à l'intérieur et porte à son extrémité un barbotteur d'injection T (fi g. 48). Il 
se produit une absorption d'eau froide par les ouvertures e, laquelle est refoulée 
violemment dans la masse en a. Le chauffage se fait comme avec un thermo- 
siphon. L'installation du bac doit être surélevée pour donner une circulation en 
charge vers les auges d'abreuvage des écuries. 




Pii 



Auge d'abreuvage, intallée dans une étable 
ou dans une écurie. 




Fig. 50. — Auges d'abreuvage des étables des Charentcs. 



Nous signalons, pour terminer ce sujet, des installations plus simples. 'Dans les 
pays froids, où l'eau abonde, les étables sont organisées pour donner les bois- 
sons au local. A l'extrémité du trottoir central, on place une grande auge en 
pierre ou en maçonnerie H, dans laquelle l'eau se déverse par le robinet R 
(lig. '<!)). Quand le liquide a pris la tempérai ure de l'élable, on abreuve les -ani- 
maux par groupes de trois ou quatre. A défaut d'eau sous pression, une pompe 
remplace le robinet. 



J.-B. CHAPELLE. — LA CRISE OLÉICOLE 



129 



Dans le Sud-Ouest, les étables des encaisseurs présentent la disposition indi- 
quée dans la figure 50. Chaque animal possède dans sa stalle et près du râtelier, 
une auge en pierre ABC. remplie d'eau par une canalisation, ou apportée au 
seau. De cette façon, le bœuf boit suivant ses besoins au cours du repas, mais il 
a l'instinct d'attendre que l'eau se mette en équilibre de température avec le 
local, avant de la prendre. L. Fontaine, 

Professeur à l'École pratique de l'Oisellerie. 

— ■ 1 ; — 

ÏA CRISE OLÉICOLE ( " 



Remèdes a la situation actuelle. — Ces remèdes, à notre avis, doivent être 
de deux sortes : 1° d'ordre économique ; 2° d'ordre cultural et industriel. 

Leur application prochaine et les résultats favorables qu'on doit en attendre 
sont subordonnés au bienveillant accueil du gouvernement. 

Remèdes d'ordre économique. — Protection plus efficace de nos huiles d'olive. — 
Depuis fort longtemps, nos oléiculteurs réclament une protection plus prévoyante 
et plus efficace contre l'envahissement progressif de nos marchés par les huiles 
étrangères de toutes sortes. Malheureusement, toutes leurs doléances à ce sujet, 
exprimées sous forme de vœux par les Sociétés, Comices et Syndicats agricoles, 
tous les projets de lois visant le relèvement des droits d'entrée sur les différentes 
huiles étrangères et sur les graines oléagineuses, sont restés lettre morte jusqu'à 
ce jour. Pour les rejeter, on a invoqué, en haut lieu, les perturbations qu'ils 
provoqueraient au point de vue industriel et commercial. On s'est retranché der- 
rière nos accords commerciaux antérieurs avec les nations rivales. Bref, les 
intérêts des oléiculteurs ont été sacrifiés, sans compensation aucune. 

En Tunisie, au contraire, ces mêmes intérêts sont largement sauvegardés par 
une loi, du 9 mai 1808, frappant, à leur entrée dans la Régence, les huiles de 
graines d'un droit de 33 francs par 100 kilogrammes, et les graines oléagineuses, 
d'un droit de 12 francs par 100 kilogrammes. 

Dans La plupart des autres pays oléicoles, en Espagne, en Turquie, par 
exemple, des droits prohibitifs élevés protègent égalementles produits nationaux 
contre toute concurrence étrangère. 

En Algérie, on a demandé au gouvernement : 1° d'exiger sur les connais- 
sances d'expéditions d'huiles la nature et la destination de celles-ci : huiles de 
bouche ou d'alimentation, huiles de graissage et industrielles ; 2° d'imposer aux 
huiles industrielles la dénaturation en douane, en les faisant bénéficier d'une 
détaxe, lorsqu'elles sont de provenance étrangère; 3° de frapper les huiles de 
graines, dites de bouche, de provenance étrangère, d'une taxe suffisante pour les 
faire admettre dans cette classe par leur prix. 

Mais, de tous ces remèdes, le plus radical, sans, .contredit, consistera dans 
Ya/pplie&tifffi rigoureuse et énergique de la loi contre. Us. fraudes votée dernièrement 
par le Parlement. Le règlement d'administration publique de ladite loi étant 
en préparation, son application ne saurait tarder. - 

Améliorations à réaliser au point de vue cultural, industriel et commercial. — 
Une triple évolution culturale, industrielle et commerciale s'impose pour 
rendre à nos populations agricoles une part de l'aisance qu'elles retiraient autrè- 

(1) Voi* n° 683, page 72. 



130 



J.-B. CHAPELLE. — CRISE OLÉICOLE 



fois de la culture de l'olivier. Etant donné le cadre forcément restreint de cette 
étude, nous nous contenterons d'énumérer les principales : 

1° Au point de vue cultural, l'abandon et l'état de délabrement de nos olive- 
raies ont eu pour conséquence de réduire considérablement la qualité et la 
quantité aux récoltes. Le retour à une meilleure culture rendra à nos vieilles 
plantations épuisées et improductives leur vigueur et leur fertilité. Un pro- 
verbe italien dit : « En labourant une olivette, on la prie de produire du fruit; 
en la fumant, on l'en supplie ; on la taillant, on l'y force. » Ces trois pratiques 
sont absolument indispensables pour l'obtention de rendements élevés. Deux 
exemples, entre tous, nous paraissent utiles à citer pour faire ressortir les réels 
avantages résultant de l'application des bonnes méthodes de culture. 

Premier exemple : M. Arlaud Louis, propriétaire à Vacqueyras (Vaucluse), a 
réussi, dans l'espace de trois ou quatre ans, à décupler les rendements d'une 
vieille plantation inculte et infertile. En 1901, ces 48 pieds de Verdale, répar- 
tis sur une surface d'un tiers d'hectare, étaient envahis par de nombreux cryp- 
togames et insectes. À cette époque, ils produisaient seulement 8 doubles déca- 
litres de fruits. En 1902, la première année de transformation, leur rendement 
total s'est élevé à 12 doubles décalitres. 

En 1903, ils ont donné 30 doubles décalitres; en 1904, ils ont donné 70 doubles 
décalitres; en 1905, ils ont donné 65 doubles décalitres; en 1906, ainsi que j'ai 
pu le constater, on peut évaluer leur récolte à 80 doubles décalitres. 

Pour arriver à ce résultat encourageant, les principales améliorations cultu- 
rales exécutées ont été les suivantes: 

Au début, taille très sévère complétée : 1° par deux pulvérisations à l'aide 
d'une solution composée de : sulfate de cuivre, 1 kilogramme ; savon noir, 
1 kilogramme; pétrole, 4 litres; eau, 100 litres; 2° par une fumure à base de : 
tourteau de sésame, 2 kilogrammes; superphosphate de chaux 10 % , 1 kilo- 
gramme, par pied; chlorure de potassium, 500 grammes; 3° par quatre labours 
annuels et deux façons au pied des arbres : chaussage et déchaussage. Depuis 
1902, on sulfate régulièrement chaque année, vers le 15 avril et le 20 mai; on 
fume tous les deux ans avec des engrais commerciaux; on laboure quatre fois 
l'an, sans oublier les deux façons supplémentaires au pied des arbres. 

On taille tous les trois ans. Pendant la période qui suit cette opération, les 
résultats se décomposent comme suit: une récolte faible l'année de la taille (20 à 
30Moubles décalitres environ); une récolte abondante l'année après la taille (80 à 
100 doubles décalitres environ); une récolte moyenne la deuxième année après 
la taille (50 à 70 doubles décalitres environ). Le bilan de cette exploitation 
s'établit comme suit, d'après les données du propriétaire : 



Frais annuels de culture 



Recettes annuelles 



4 labours 

Taille ('/j de la dépense) 

Déchaussage dos pieds 

% Sulfatages 

Frais de cueillette 

Engrais (la moitié de la dépense*). 
Chaussage des oliviers 



14 fr. 
10 — 

2 — 
18 — 
20 — 
10 — 

3 — 



Moyenne des trois dernières années, 
55 Dd. d'olives à 2,50 ou \\ fr. l'un, 
soit 55 Dd. à â fr. 75 = 140 fr. 25. 



Bénéiice net : 57 fr. 25. 



Impositions 



77 fr. 

0 — 



h:j i'r. 



Soit par hectare : 171 fr. 75. 



J.-B. CHAPELLE. — LA CRISE OLEICOLE 131 



L'olivette en question ayant été payée 1.200 francs, le revenu actuel de 57 fr. 25 
représente donc un placement de près de 5 % , susceptible d'augmentation avec 
l'accroissement très probable des récoltes à venir. 

Deuxième exemple : Nous nou"5 trouvons en présence d'une régénération complète 
et vraiment remarquable, entreprise depuis 1897, à Puget-Ville (Var), par 
M. Frédéric Dolonne, un oléiculteur de très grand mérite. Ses plantations 
modèles, que nous avons eu plusieurs fois l'avantage de visiter, s'étendent sur 
une surface de 3 hectares. Elles sont situées en demi-coteau, dans un sol peu 
fertile et peu profond, reposant sur une couche dure de poudingue. Deux 
variétés locales, bien distinctes, par leur port et par leur dimension : le Cayon et 
le Brun ou Pendoulier, se partagent exclusivement ce terrain ingrat et peu 
propice à toute autre culture. 

Il y a une douzaine d'années, ces oliviers étaient dans un véritable état de 
délabrement. Comme ceux de toute la région, dont les conditions n'ont malheu- 
reusement pas changé, leur végétation et leur fructification étaient ralenties par 
de très nombreux parasites. A cette date, leurs rendements maxima variaient 
entre 80 et 100 doubles décalitres de fruits, tandis que les neuf dernières 
récoltes accusent une moyenne de 600 doubles décalitres par an. Cette heureuse 
transformation est due à l'application rationnelle des meilleurs procédés cultu- 
raux, parmi lesquels nous devons citer: Deux sulfatages annuels à la bouillie 
bordelaise nicotinée. Fumure au fumier de ferme, tous les quatre ans, à raison 
de 60 à 80 kilogrammes par pied de Cayon et de 180 kilogrammes par pied de 
Pendoulier. Taille des Cayons tous les quatre ans. Taille des Pendouliers tous 
les huit ans, complétée par un élagage vers le milieu de la période. Deux à trois 
labours réglementaires, suivis de binages et de piochages autour des pieds. Le 
bénéfice de cette exploitation intelligente nous est fourni par lacomparaison des 
chiffres suivants : 

Dépenses annuelles Recettes annuelles 

Frais de culture pour 3 hectares : 



20 journées de labour à 6 fr loft fr. 

Piochage et binage 50 — 

Pulvérisation (journées, liquide) 75 à 100 — 

Taille 20 — 

Engrais 100 — 

Cueillette à 0 fr. 35 le double. ... 210 — 

Cil à 636 fr. 

Impositions, 18 fr. parhect. 54 54 — 

Total 66;3 à 690 fr. 

•oit pour un hectare 222 à 230 — 



600 doubles décalitres à une moyenne 
de 2 fr. l'un == 1.200 fr., soit 400 francs 
pur hectare. 

Bénéfice : 

400 fr. — 220 fr. == 174 fr. par hectare et 
par an, qui, au taux de 4 % , équivalent 
à un capital de 4.350 francs l'hectare. 



M. Dolonne nous a avoué lui-même qu'il ne retirerait pas plus de 5.000 francs 
àa ces 3 hectares, s'il consentait à les vendre au prix d'estimation local. Ce 
•apital représenterait, pour les 535 francs de revenus annuels, un placement de 
10 fr. 70 % . 

Tels sont les bénéfices bien tentants, par ces temps de mévente de la plupart 
des produits agricoles, que pourraient obtenir les oléiculteurs en suivant les 
mêmes pratiques culturales. 

Contre la multiplication désastreuse des nombreux parasites et insectes, il est 
nécessaire, à l'exemple des Italiens, d'appliquer des traitements préventifs et 



j. B. CHAPELLE. — LA CRISE OLÉICOLE 



curatifs. Ces derniers ont entrepris, depuis 4903, des expériences très con- 
cluantes contre le Dacus Olese. Pour prévenir les dégâts considérables causés, 
chaque année, par la larve de la Mouche, il y aurait grand intérêt à essayer, 
chez nous, l'efficacité des traitements ayant déjà fait leurs preuves. 

Dans le but de vulgariser les procédés culturaux les plus rationnels, la créa- 
tion $ olivettes expérimentales rendrait les plus grands services. On y entrepren- 
drait, avec profit, les démonstrations suivantes : façons culturales réglemen- 
taires : labours, binages, piochages; essais de différentes formules de fumure ; 
systèmes de taille les plus recommandables. Traitements divers contre les 
maladies cryptogamiques et insectes. Enfin, les meilleures variétés d'olives de 
table seraient greffées dans ces champs d'études, afin d'encourager la produc- 
tion des fruits de conserve. Cette industrie, si prospère chez nos voisins, gagne- 
rait beaucoup à être développée dans nos régions, à cause des bénéfices qu'en 
retireraient sûrement nos cultivateurs. 

2° Au point de vue industriel. Si l'on compare l'installation rudimentaire de 
nos moulins à huile avec les fabriques modèles de la Tunisie, de l'Italie, etc. , on 
en conclut que les procédés de l'extraction de l'huile sont encore très primitifs 
en France. Cette fabrication représente, cependant, une véritable industrie qui 
retirerait les plus grands avantages d'un outillage perfectionné. Les rende- 
ments en huile y gagneraient en qualité et en quantité. 

Pour obtenir des huiles fines, capables de reconquérir la faveur dont elles 
jouissaient autrefois, il est indispensable : 1° d'observer une propreté minu- 
tieuse dans ïio< moulins; 2° d'éviter toute fermentation- des olives avant leur 
trituration ; 3° de séparer nettement, avant cette opération, les olives saines de 
celles avariées ; 4° de faire subir aux huiles toutes les manipulations capables 
d'activer leur clarification et de les mettre à l'abri de toute altération. 

Pour réaliser toutes ces conditions utiles, l'organisation de moulins coopéra- 
tifs semble tout indiquée dans les principaux centres oléicoles. Dans ces sortes 
d'huileries modèles, de création récente, les fruits sont traités suivant les der- 
niers perfectionnements de la technique olivicole. 

Les meilleurs systèmes de broyeurs, de presses, d'appareils décanteurs, de 
filtres, etc., y sont réunis. Ils permettent aux propriétaires -de produire économi- 
quement des huiles de qualité supérieure, caractérisées par une agréable fraî- 
cheur de goût et une saveur fruitée très légère. 

3° Au point de vue commercial. — En ce qui concerne f orientation à donner au 
développement de nos débouchés intérieurs et extérieurs, nous avons le devoir 
d'imiter encore les Italiens. Ceux-ci, pour donner toujours plus d'ampleur à la 
vente de leurs produits, usent très largement d'une intelligente publicité. Tous 
leurs envois à l'étranger sont l'objet de soins remarquables au point de vue de 
l'emballage et de la présentation des huiles destinées à Ta vente directe au con- 
sommateur. Nous conseillons vivement à nos premières coopératives de pro- 
duction el de vente d'entrer résolument dans la même voie. Pour cela, elles doi- 
vent s'efforcer de produire, tout d'abord, des types vraiment marchands, c'est*- 
a-dire ayant toujours sensiblement le même goût. Ce caractère d'invariabilité, 
d'uniformité est très apprécié du commerce el de la clientèle de détail. Eftles 
doivent ensuite marquer leurs produits d'une estampille d'origine, afin d'empê- 
cher leur adultération, leur mélange avec des huiles inférieures, comme, par 
exemple, l'huile de coton. Le jour où leurs marchandises seront authentifiées, 
le plus grand succès sera réservé à leur écoulement. La réclame, sous dos 



J.-B. CHAPELLE. — LA CRISE OLÉICOLE 



133 



formes variées, l'installation de dépôts dans les grandes villes, chez les mar- 
chands de denrées alimentaires, sont aussi indiqués pour faciliter et étendre les 
transactions. 

A côté de la consommation familiale, il existe, en France, un autre marché 
très important : celui des conserves de sardines. Cette industrie, localisée en 
Bretagne et sur les côtes de l'Ouest, absorbe annuellement, plus de 4 millions 
de kilos d'huile de provenance italienne. Les types de Bari, poivrés, fruités, 
d'une conservation parfaite, sont particulièrement réputés pour cet usage. Les 
coopératives ont le plus grand intérêt à faire connaître et apprécier leurs huiles 
aux fabricants de conserves. 

Conclusions. — Les- pertes subies par l'oléiculture depuis quarante ans se résu- 
ment ainsi : Disparition de 30 à 35.000 hectares d'oliviers sur une surface de 
152.000 hectares. Dépréciation presque totale (70 à 80 % ) du capital olivicole, 
évalué, autrefois, à un milliard de francs environ. Réduction de 40 millions de 
la valeur des récoltes annuelles. Perte complète des revenus oléicoles. Dépopu- 
lation croissante de nos campagnes. 

Tel est le bilan de cette triste situation. Elle menace de s'aggraver encore si 
l'on ne se décide bientôt à venir en aide à cette branche importante de notre 
agriculture méridionale, que tant d'intérêts recommandent à la bienveillante 
attention du gouvernement de la République. 

L'œuvre à entreprendre, pour la sauver de la ruine qui la menace, est immense 
et difficile, mais elle n'est point irréalisable. L'avenir tout entier de notre impor- 
tant commerce olivicole est trop intimement lié au relèvement de l'oléiculture 
pour que l'on tarde à prendre toutes les mesures pour atteindre ce résultat. Il 
faut se hâter, pendant que nos huiles jouissent encore d'une réputation uni- 
-ulle plus facile à conserver qu'à rétablir, si elle élait à jamais perdue. Et 
elle le serait à bref délai, si la persistante disparition des oliviers procurait à nos 
rivaux l'arme la plus dangereuse de la concurrence jalouse ou déloyale, celle de 
la contestation de l'authenticité de nos produits. 

La plupart de ces mesures sont réclamées depuis longtemps sous forme de 
vœux émis par les Conseils généraux et par les Associations agricoles de la 
région. Elles visent principalement : le relèvement des droits d'entrée sur les 
huiles étrangères et sur les graines oléagineuses; la répression "très énergique 
de la fraude ; le dégrèvement de l'impôt foncier des terres plantées en oliviers 
durant la période de leur reconstitution ; la surveillance plus sévère des entre- 
pôts fictifs ; l'interdiction du trafic des acquits fictifs et des marchés fictifs des 
huiles en bourse ; l'organisation du crédit agricole à long terme, de nature à. 
faciliter l'installation des moulins coopératifs; enfin, la création de services 
spéciaux pour la vulgarisation des meilleurs procédés de culture et de fabrica- 
tion. 

Vaste et très intéressant programme, comme on le voit. Doit-on s'arrêter 
devant Les difficultés de son exécution ? Je ne le pense pas. Les efforts remar- 
quables déployés par les viticulteurs, à l'époque de la reconstitution, nous 
montrent que rien n'est impossible. Les progrès oléicoles réalisés par nos 
voisins et par quelques cultivateurs de notre région, doivent être également 
pour tous un réconfortant et précieux exemple. Que l'État encourage la culture 
de 1 olivier, comme il l'a fait pour la betterave, pour le lin, pour le chanvre et 
pour la sériciculture, etc., etc. Qu'il répande un peu de ses faveurs sur nos 



134 



ACTUALITÉS 



oliveraies en décadence; et nos agriculteurs méridionaux, reprenant courage, 
prodigueront à leurs arbres tous les soins qu'ils méritent. Nous verrons alors, 
pour le plus grand profit du pays, renaître l'oléiculture, jadis source de vie et de 
prospérité. 

J.-B. Chapelle, 

Professeur départemental d'agriculture du Var. 

; 

ACTUALITÉS 



La viticulture au Parlement : répression des fraudes. — La vinaigrerie et les vins piqués (R.). 
— Jurisprudence : droit de poursuite des syndicats contre les fraudeurs. — Vœux du Congrès 
des Associations viticoles. — La réglementation de la culture de la vigne en Tunisie. — Mé- 
thodes d'analyse des vins : arrêté ministériel. — Institut agronomique : nominations de pro- 
fesseurs. — Bibliographie : Sucrage des vins, vins artificiels, régime des spiritueux, etc. 



A NOS ABONNÉS ET CORRESPONDANTS 

En présence du surcroît de travail qu'amène en ce moment le renouvellement des 
abonnements, et que nécessitent, en tous temps, les demandes croissantes de rensei- 
gnements, dans le but aussi d'éviter toufe confusion et toute perte de temps, nous 
prions nos abonnés et correspondants de nous transmettre toujours sur des feuilles 
séparées tout ce qui concerne soit les abonnements, soit les demandes de renseigne- 
ments, soit les questions d'annonces et d affaires. Nous leur demandons, en outre, 
pour les mêmes motifs, d'adresser leurs correspondances de toute nature, d'une 
manière impersonnelle, à Revue de Viticulture, 1, rue Le Goff, à Paris. 



La viticulture au Parlement : Répression des fraudes. — M. Emmanuel 
Brousse, député des Pyrénées-Orientales, a développé devant la Chambre, au 
cours des séances du 18 et du 25 janvier, l'interpellation qu'il avait déposée anté- 
rieurement sur les fraudes viticoles et le défaut de répression dont bénéfi- 
cient leurs auteurs. Ses deux discours ont porté sur de nombreux cas manifestes 
d'infraction à la loi, imputables à de grands fabricants de vins factices. Quel- 
ques-uns, parmi les plus importants, ont été négligés après commencement 
de poursuites; d'autres ont été couverts par la prescription, par la grâce ou 
encore par voie d'amnistie; d'autres n'ont pas même fait l'objet de recherches. 
C'est d'abord la grosse affaire Dayon dont s'est si vivement préoccupée l'atten- 
tion publique à Nîmes; il s'agissait d'une usine de vins artificiels organisée dans 
des proportions jusqu'alors inconnues; de multiples et fortes condamnations 
sont restées sans conséquences. C'est, à Perpignan, la découverte, en 1904, de 
stocks de plusieurs milliers d'hectolitres de vins de moins de 5°; les échantillons 
ont disparu après éclatement des flacons qui les contenaient, par suite, dit-on, de 
fermentation. C'est, dans les Pyrénées-Orientales, un négociantconvaincu d'avoir 
fait usage d'acquits fictifs qui a pu obtenir de transiger à 240 francs. C'est, dans 
le département de Maine*et-Loire, un gros propriétaire qui a reçu, eu 1904 et 
en 11)03, des chargements considérables de sucre. C'est la retentissante affaire 
des acquits fictifs du Beaujolais, arrêtée par la prescription. Kt qui plus est, un 
fraudeur de marque a réussi a se faire attribuer d'abord la décoration du Mérite 
agricole, puis celle de la Légion d'honneur, cette dernière au titre, il est vrai, 
d'officier de l'armée territoriale. 



ACTUALITÉS 



Or, pendant que la fabrication industrielle échappait à toute investigation, la 
Régie persécutait sans pitié de tout petits délinquants : une nommée Vissouze sur- 
prise dans le Gard transportant une bonbonne d'alcool, une autre malheureuse 
qui portail dans son panier un bocal d'eau-de-vie, une autre femme encore 
saisie avec trois quarts de litre destinés à un usage médical, un débitant de 
Bugey muni d'une licence avec autorisation de vendre en plein air, qui, chassé de 
sa buvette par la neige, s'était avisé de s'abriter dans une grange à proximité 
d'une cave, etc. Ces délits ont entraîné des amendes de 400, de 700 et de 
800 francs, dont le recouvrement a été poursuivi avec la plus extrême rigueur. 
Un propriétaire de Coursan, victime d'un vol de 176 hectolitres d'alcool, s'est vu 
condamner, d'autre part, en dépit de la reconnaissance du fait dont il a souffert, 
à 27.000 francs d'amende; il ne lui reste que l'espoir du succès d'un recours en 
cassation. 

M. E. Brousse a mis une grande vigueur dans l'exposé des faits qu'il a ainsi 
portés à la tribune. M. le ministre de la Justice a demandé, avant de prendre 
la parole, le temps de vérifier des allégations ainsi produites dont il n'avait pas 
eu connaissance. Sa réponse ne peut manquer d'être intéressante, nous en don- 
nerons un résumé. — C. ft. 

La vinaigrerie et les vins piqués. — Les vins piqués et autres encom- 
brent le marché dont ils écrasent fatalement les cours. Si un écoulement rationnel 
leur était assuré en vinaigrerie., ce fait ne se produirait plus avec une semblable 
intensité et tout le monde y trouverait son compte. 

Déjà, il y a dix-sept ans, M. David Rojat avait proposé une modification dans 
ce sens au régime de la vinaigrerie; malheureusement le projet Jamais, qui la 
mentionnait, a soulevé une ardente opposition de la part de la distillerie du Nord 
qui, à priori, semble, en effet, sacrifiée. En réalité, il n'en est rien, car les vins 
inférieurs qui iront en vinaigrerie échapperont aux bouilleurs de cru, ses plus 
redoutables concurrents. Il esl regrettable qu'on ne se soit pas rendu compte 
de ce fait, car, depuis le moment où cette combinaison a été soumise à l'attention 
du Parlement, une énorme quantité de vins défectueux aurait trouvé un écoule- 
ment assuré en dehors de la consommation directe, soit sous forme de boisson de 
qualité inférieure, soit sous forme d'eau-de-vie de vin. 

Aussi, le Syndicat régional du Commerce des vins et spiritueux en gros du Midi, 
saisi de nouveau de la question de M. David Rojat, demande-t-il : 

1° Que les alcools d'industrie destinés à la fabrication des vinaigres soient frappés 
d'un droit de 100 francs par hectolitre à 100°; 2° que les alcools de vins destinés à cet 
usage soient frappés d'un droit de 50 francs par hectolitre à 100°; 3° que les vins em- 
ployés par les vinaigreries soient exonérés des droits de consommation; 4° qu'il soit 
créé trois dénominations distinctes pour les trois qualités différentes de vinaigres : 
A. Vinaigre de vin, B. Vinaigre d'alcool de vin, C. Acide acétique d'alcool; et enfin, 
5° que toute vente de vinaigres opérée sous une dénomination autre que la réelle 
soit soumise aux lois qui régissent les falsifications de denrées alimentaires. — R. 

Jurisprudence : Droit de poursuite des syndicats contre les fraudeurs. — 
La Cour de Paris par un arrêt du 11 janvier (1) vient de déclarer qu'un Syndicat 
de Viticulteurs, dans le cas présent le Syndicat national de défense de la Viticulture 
française, n'a pas le droit d'intervenir comme partie civile dans les poursuites 
contre des débitants accusés de mouillage. 

1, Voir Revue, t. XXVIII, n° 684, p. 109 



136 



ACTUALITÉS 



Elle a justifié sa décision en considérant « que de même qu'un préjudice per- 
sonnellement souffert est nécessaire pour permettre à un particulier de se cons- 
tituer partie civile, ce droit n'appartient à un Syndicat que dans les poursuites 
relatives aux infractions pénales qui, au moment où elles se commettaient, ont 
causé directement une lésion aux intérêts collectifs qu'il représente ». 

La doctrine de la Cour de Paris est absolument contraire à une jurisprudence 
conslante et qu'on peut dire unanime. De très nombreuses décisions de justice 
émanant de tribunaux et de cours d'appel ont, en effet, reconnu le droit d'inter- 
vention des Syndicats professionnels de toutes sortes. La Cour de cassation par 
deux fois a reconnu la recevabilité du Syndicat national (affaires Dayon et Rey 
et Sizaire). Tout récemment encore, le 18 janvier, c'est-à-dire après l'arrêt de 
Paris, la Cour de Nîmes a admis cette recevabilité. Aussi a-t-il été formé contre 
l'arrêt de Paris un pourvoi devant la Cour de cassation qui sans aucun doute se 
prononcera une fois de plus en faveur du Syndicat. 

Congrès national des associations viticoles : Vœux émis. — La 
Revue a donné, dans son dernier numéro, le compte rendu du Congrès viticole 
de Paris. Si, sur divers points, l'assemblée s'est montrée très hésitante et très 
partagée, elle aadopté cependant de fort importantes résolutions dont M. P. Mar- 
sais a déjà donné une analyse sommaire. Nous en reproduisons aujourd'hui le 
' texte complet : 

I. Régime des Sucres. — Le Congrès, considérant que, parmi les causes qui ont 
engendré la crise que traversent en ce moment la Viticulture et le Commerce des Vins, 
il faut incontestablement placer au premier rang le régime fiscal des sucres; que le 
bon marché de cette denrée et la possibilité de son emploi en vinification ont donné 
naissance à une industrie nouvelle qui, grâce à ses prix de revient plus avantageux, 
tend à substituer les pseudo-vins de fabrication du vin naturel et constitue une cause 
permanente et chronique de l'avilissement des prix au vin naturel ; que le remède le 
plus simple et le plus efficace à la crise actuelle consisterait dans le relèvement géné- 
ral du droit sur les sucres, cette mesure offrirait l'avantage de supprimer radicalement 
la fabrication des vins de sucre et de fournir à l'Etat des nouvelles ressources; que ce 
relèvement ne grèverait que dans de très faibles proportions les petits ménages ouvriers 
dans leur consommation familiale de sucre, et que ces mêmes ménages ont tout intérêt 
à empêcher la fabrication des vins artificiels dont ils sont Jes premiers consomma- 
teurs et les victimes ; qu'en attendant la réalisation de cette mesure, il est indispen- 
sable de mettre un terme à l'intolérable concurrence de la fabrication artificielle à 
l'aide du sucrage ; 

Considérant, d'autre part, que, pour donner satisfaction aux besoins de certaines 
régions où la chaptalisation des moûts constitue une pratique consacrée par l'usage, il 
y a lieu de maintenir le principe de la chaptalisation, envisagée exclusivement comme 
procédé d'amélioration des moûts; Emet le vœu : 

1° Que le sucrage des moûts et vins soit interdit, sauf pour la chaptalisation qui 
demeure autorisée pendant les vendanges telle qu'elle est actuellement réglementée; 
2" que cette chaptalisation soit effectuée sous le contrôle et la surveillance de la Régie, 
les sucre» employés à cet effet devant payer une. surtaxe égale au droit de consomma- 
tion de l'alcool qu'il* contiennent en puissance; 3° que, pour assurer l'efficacité de 
cette interdiction et de ces mesures, les sucres ne puissent circuler que munis d'une 
pièce de régie; pourront seuls librement circuler les sucres raffinés par quantités infé- 
rieures à lî> kilos. 

II. RÉGIME DES vins : Affichage des sorties. — Le Congrès émet le vœu : que les 
receveurs-buraliste* soient tenus d'afficher, chaque dimanche, la liste de» congés» et 



ACTUALITÉS 



137 



acquits-à-caution qu'ils auront délivrés durant la semaine écoulée aux récoltants non 
exercés. Ces listes, qui indiqueront uniquement les nom et adresse de chaque expédi- 
teur et le nombre d'hectolitres porté sur le titre de mouvement, seront conservées penr 
dant deux ans dans les recettes-buralistes où tout intéressé pourra en avoir communi- 
cation gratuitement. 

Affichage du degré des vins. — Le Congrès émet le vœu : que les débitants de vins 
soient tenus de mentionner à l'extérieur et à l'intérieur de leur établissement, à côté 
du prix de vente, le degré alcoolique du vin livré au détail. 

Surveillance des débits de boissons. — Le Congrès émet le vœu : qu'une surveillance 
rigoureuse des débits de boissons soit exercée, conformément à l'article 5 de la loi du 
29 décembre 1900, et que, pour justifier cette surveillance, il soit établi une taxe de 
contrôle à déterminer par hectolitre de vin mis en vente. 

Suppression des transactions de la Régie. — Le Congrès émet le vœu : 1° que soit 
enlevé à la Régie le droit de transaction dont elle dispose pour les procès-verbaux 
établis en matière de fraude commerciale; 2° que le Journal officiel publie régulière- 
ment la liste des transactions effectuées. 

III. Régime des alcools. Encourugemc nis à la distillation des vins. — Le Congrès 
émet le vœu: a) Que les articles 25 et 26 de la loi du 1 er août 1905, sur la garantie 
d'origine des eaux-de-vie et spiritueux mis en vente, soient appliqués le plus tôt pos- 
sible : 6j Qu'il soit établi une taxe différentielle de 50 francs en faveur des alcools de 
vin. Subsidiairement : c) Qu'il soit alloué aux producteurs d'esprits et d'eaux-de-vie 
provenant des vins naturels distillés sous le contrôle de la Régie une bonification de 
50 francs par hectolitre d'alcool pur, payable dès la prise en charge. 

IV. Voeux divers. Avantages donnés à V exportation des eaux-de-vie. — Le Congrès 
émet le vœu : Que, dans les conventions commerciales ou négociations douanières à 
intervenir entre le- Gouvernement français et les pays étrangers, celui-ci essaie d'obte- 
nir des droits d'entrée abaissés pour les eaux-de-vie françaises authentifiées par le certi- 
ficat d'origine créé par l'article 23 de loi du 31 mars 1903. 

Facilités données à la distillation. Le Congrès émet le vœu : Que les pièces de Régie à 
0 fr. 50 accompagnant les petits alambics ambulants soient ramenées à 0 fr. 10. 

Application des peines en matière de fraude. — Le Congrès émet le vœu : Qu'en cas de 
condamnation pour fraudes alimentaires ou vinicoles, le pourvoi du condamné ne soit 
jugé par la Cour de Cassation que si le condamné est constitué prisonnier. 
• Le vin au soldat. — Le Congrès émet le vœu : Que M. le Ministre de la Guerre or- 
donne dans toute l'armée française l'organisation de coopératives destinées à donner du 
vin au soldat. 

La protection des oiseaux. — Le Congrès émet le vœu : Que la convention internatio_ 
nale pour la protection des oiseaux utiles à l'agriculture soit maintenue. 

La réglementation de la culture de la vigne en Tunisie. — Dans le but 
de prévenir l'invasion du Phylloxéra et de pouvoir arrêter ses progrès en cas de néces- 
sité, les viticulteurs sont soumis, en Tunisie, en vertu d'une loi de la Régence, en date 
du 29 janvier 1892, à la déclaration obligatoire des surfaces complantées en vignes et 
des changements qui surviennent dans leur étendue, ainsi: que des mutations de pro- 
priétaires. Ces déclarations doivent être faites avant le 15 mars; elles- servent de base, 
après vérification, à l'établissement de la taxe phylloxérique. A défaut de cette forma- 
lité, une double taxe est imposée d'office; lés contrevenants sont passibles, en outre, 
d'une amende de 50 à 500 francs et ils perdent enfin leurs droits à toute indemnité en 
cas de destruction obligatoire-de leurs vignes. 

De plus, d'après un décret du 18 décembre 1906, aucune plantation do vignes (même 
en pépinière) ne peut avoir lieu sans être précédée d'une déclaration faite au moins un 
mois à l'avance au contrôleur civil, commandant de cercle ou chef d'annexé de la cir- 
conscription dans laquelle la.plantation doit être effectuée. Cette déclaration doit com- 



138 



ACTUALITÉS 



porter des indications relatives à la nature de la plantation, son emplacement, son 
étendue, la nature et la provenance des cépages, le mode de multiplication employé s'il 
s'agit de plants américains. 

Le déclarant ne devra pas négliger de s'entourer de toutes les garanties nécessaires 
pour prouver l'origine des plants de vignes utilisés dans sa plantation. Il devra notam- 
ment, conserver pour être présentés à toute réquisition des agents du Service phylloxé- 
rique, les certificats d'origine, qui témoigneront de la provenance des plants. A défaut 
de cette preuve ou si la déclaration exigée n'est pas faite, ou est faite inexactement, la 
plantation sera détruite et tout ce qui aura servi au transport des plants, les embal- 
lages, les voitures et le terrain lui-même seront désinfectés aux frais du propriétaire, 
sans préjudice des poursuites qui pourront être exercées contre lui en vertu de l'ar- 
ticle 31 du décret du 29 janvier 1892, ni des responsabilités qui résultent pour lui des 
articles 1382 et suivant du Code civil. 



Méthodes d'analyse des vins : Arrêté ministériel. — MM. les ministres 
de l'Agriculture et du Commerce viennent de prendre, au sujet des méthodes à 
employer dans l'analyse des vins, l'arrêté suivant que nous avons signalé dans 
notre précédent numéro, et dont le texte a été publié au Journal officiel du 22 
janvier : 



Le ministre de l'agriculture, le ministre 
du commercé et de l'industrie, 

Vu la loi du 1 er août 1905 sur la répres- 
sion des fraudes dans la vente des mar- 
chandises, et des falsifications des denrées 
alimentaires et des produits agricoles, et 
notamment l'article 11 de ladite loi; 

Vu le règlement d'administration publi- 
que en date du 31 juillet 1906, rendu pour 
l'application de la loi. 

Vu notamment l'article 12 dudit décret 
établissant que, pour l'examen des échan- 
tillons, les laboratoires admis à procéder 
aux analyses ne peuvent employer que 
les méthodes indiquées par la commission 
technique permanente; 

Vu l'avis de la commission technique 
permanente ; 

Sur le rapport du chef du service de la 
répression des fraudes, 
Arrêtent : 

Article unique. — Les laboratoires admis 
à procéder à l'examen des échantillons 
prélevés ne pourront employer, pour l'ana- 
lyse des vins ordinaires, que les méthodes 
décrites ci-après : 

ANALYSE DES VINS ORDINAIRES 

EXAMEN PRÉALABLE 
DÉGUSTATION — EXAMEN MICROSCOPIQUE 

Dcr/ustation. — La dégustation doit être 
faite sur le vin aussitôt après le débou- 
chage de la bouteille : elle donne des indi- 
cations utiles sur la nature du vin et celle 
des altérations qu'il a pu subir. 

Examen microscopique. — Après avoir 
noté l'aspect du vin, sa couleur, son état 
de limpidité, l'aspect du dépôt s'il y <'n a 
un, on examine au microscope le vin et le 
dépôt obtenu par centrifugation ou après 
douze heures île repos. On note en parti- 



culier la présence des levures, des bactéries 
de l'acescence, de la tourne, etc., etc. 

ANALYSE CHIMIQUE 

Alcool. — Dosage par distillation. — 
Dans une fiole jaugée on mesure 200 cen- 
timètres cubes de vin à une température 
aussi voisine que possible de 15 degrés. On 
verse le vin dans le ballon d'un appareil 
dislillatoire relié à un réfrigérant. On neu- 
tralise par addition d'une petite quantité 
de soude, si c'est nécessaire; on ajoute un 
peu de poudre de pierre ponce, puis on 
distille. La réfrigération doit être suffisante 
pour que le liquide condensé s'écoule à 
une température aussi voisine que possible 
de 15 degrés. 

A l'extrémité du tube du réfrigérant on 
adapte, au moyen d'un tube de caoutchouc, 
un tube de verre qui plonge jusqu'au centre 
d'un ballon jaugé de 200 centimètres cubes 
destiné à recueillir le distillât. On arrête 
la distillation quand on a recueilli les deux 
tiers environ du contenu du ballon. On 
amène le ballon et son contenu à une 
température aussi voisine que possible de 
15 degrés, on complète le volume à 200 cen- 
timètres cubes et, après agitation, on prend 
la température et le degré alcoolique avec 
un alcoomètre soigneusement vérifié; on 
fait La correction. 

Extrait dans le vide. — Dans une 
capsule cylindrique de verre à fond bien 
plat et à bords rodés, mesurant 70 milli- 
mètres de diamètre sur 25 millimètres de 
hauteur, on fait couler au moyen d'une 
pipette à deux traits 5 centimètres cubes 
de vin. On place la ou les capsules dans 
un cloche à vide, dans une position bien 
horizontale. Dans la cloche on met un vase 
cylindrique à fond plat ayant une surface 
au moins double de celle de la ou des 



ACTUALITÉS 



13$ 



capsules et dans laquelle on met Je l'acide 
sulfurique à 66 degrés Baumé sur une 
hauteur de 6 à 7 millimètres. On fait le 
vide dans la cloche et on abandonne le 
tout pendant quatre jours à une tempéra- 
ture voisine de 15 degràs. On pèse alors 
l'extrait, après avoir recouvert la capsule 
d'une plaque de verre tarée. On déduit du 
poids trouvé le poids d'extrait par litre de 
vin. 

Sucre réducteur. — 100 centimètres 
cubes de vin, placés dans un ballon jaugé 
100- HO centimètres cubes, sont saturés au 
moyen de bicarbonate de soude en poudre, 
puis additionnés d'un peu de solution de 
sous-acétate de plomb à 10 %, en évitant 
d'ajouter un excès de ce réactif. On amène 
à 110 centimètres cubes, on agite et on 
filtre ; on ajoute dans le liquide filtré un 
peu de bicarbonate de soude, on agite et 
on filtre. Si le liquide ainsi obtenu n'était 
pas suffisamment décoloré, on ajouterait 
une pincée de noir décolorant pour achever 
la décoloration. On agite, on laisse en con- 
tact pendant un quart d'heure environ, puis 
on filtre. 

Pour faire le dosage on emploie 5 centi- 
mètres cubes de liqueur de Fehling (cor- 
respondant à 25 centigrammes de glucose). 
Si le volume de vin décoloré nécessaire 
pour obtenir la réduction est inférieur à 
5 centimètres cubes, on étend le liquide 
d'une quantité connue et de manière qu'il 
faille en employer entre 5 et 10 centimè- 
tres cubes. 

On calcule en glucose le pouvoir réduc- 
teur observé qu'on ramène parle calcul à 
1 litre de vin. 

Essai polarimétrique. — On examine 
au polarimètre, dans un tube de 20 centi- 
mètres, le liquide décoloré, avant son 
utilisation pour le dosage du sucre. Le 
résultat est exprimé en degrés polarimé- 
triqueset fractions centésimales de degré. 

Saccharose et dextrine. — Si le vin 
présente un pouvoir rotatoire droit no- 
table, il y a lieu de rechercher le saccha- 
rose et la dextrine. Dans ce but, on me- 
sure, dans un ballon jaugé de 100-118 cen- 
timètres cubes, 100 centimètres cubes de 
vin, on ajoute 2 centimètres cubes et 
demi d'acide chlorhydrique à 10%, on 
agite et on plonge le mélange dans un 
bain-maric bouillant pondant cinq mi- 
nutes. On laisse refroidir et on effectue 
un nouveau dosage au moyen de la liqueur 
de FehliDg en opérant comme ci-dessus. 
La différence entre ce dosage et le précé- 
dent, multipliée par 0,95, donne le saccha- 
rose. Si l'on n'a pas trouvé de saccharose, 
on examine au polarimètre; on conclura 
à la présence probable de dextrine si le 
pouvoir rotatoire dextrogyre n'a pas sen- 
siblement diminué. 

Acidité totale. — On peut employer 
l'un des trois procédés suivants : 

1° On mesure 5 centimètres cubes de 



vin au moyen d'une pipette à deux traits; 
on les place dans un vase de verre à fond 
plat de 7 centimètres de diamètre; on 
amène à 80 degrés environ en plaçant 
pendant un instant sur le bain-marie* de 
manière à chasser CO 3 , on laisse refroidir 
et on ajoute cinq gouttes de solution alcoo- 
lique de phénolphtaléine à 1%, puis on 
verse de la soude N/20 placée dans une 
burette. On a soin de placer le vase de 
verre au-dessus d'une feuille de papier 
blanc et à une distance de quelques centi- 
mètres. En se plaçant en face de la 
lumière, on saisit ainsi très facilement les 
variations de la couleur du liquide. On 
verse la soude goutte à goutte et en agi- 
tant. On observe le virage de la couleur 
du vin qui se produit avant la saturation 
complète. Lorsque celle-ci est terminée, 
la dernière goutte^ de soude que l'on 
ajoute donne une coloration rose qui ne 
disparaît pas par l'agitation du liquide. 

Soit n le nombre de centimètres cubes 
de liqueur alcaline employés rcX 0,49 
donne l'acidité totale exprimée en SO'H 2 
par litre ; 

2° On se sert, comme indicateur, de 
papier sensible de tournesol, en procédant 
par essais à la touche ; 

3° Au lieu de liqueur titrée de soude, 
on emploie l'eau de chaux titrée, sans 
ajouter d'indicateur ; la neutralisation est 
indiquée par l'apparition d'un trouble et 
de flocons foncés qui se rassemblent très 
vite. 

Acidité fixe. — On utilise l'extrait 
dans le vide. On ajoute à celui-ci 5 centi- 
mètres cubes d'eau environ; on porte le 
vase à une douce chaleur et, quand la dis- 
solution de l'extrait est entièrement obte- 
nue, on effectue le titrage comme ci-des- 
sus. 

Acidité volatile. — En soustrayant 
l'acidité fixe de l'acidité totale, on obtient 
l'acidité volatile. 

Acidité volatile lirre et comrinée. 
— Quand le vin renferme une grande 
quantité de cendres et que celles-ci sont 
riches en carbonates alcalins, on peut 
soupçonner que le vin a été partiellement 
saturé par une substance alcaline. On 
n'obtient pas alors dans l'essai précédent 
la totalité des acides volatils. On effectue, 
dans ce cas, une autre opération dans 
laquelle on met en liberté ces acides vola- 
tils par un excès d'acide tartrique. 

!') centimètres cubes de vin placés dans 
un vase de verre de 7 centimètres de dia- 
mètre et 25 millimètres de hauteur sont 
additionnés de 5 centimètres cubes de 
solution N/10 d'acide tartrique dans l'al- 
cool à 20 degrés. On opère ensuite comme 
o p le fait pour la détermination de l'ex- 
trait dans le vide. Sur le résidu, on verse 
5 centimètres cubes de solution de soude 
N/10 (ou si le titre des solutions n'est pas 
absolument exact, on emploie le volume 



140 



ACTUALITÉS 



de soude nécessaire pour neutraliser exac- 
tement les 5 centimètres cubes de solution 
tartrique employés), on opère la dissolu- 
tion du résidu et on titre comme précé- 
demment. L'acidité ainsi obtenue, défal- 
quée de l'acidité totale, donne l'acidité 
correspondant aux acides volatils totaux 
(libres et combinés). 

En opérant ainsi sur des vins normaux, 
on' obtient pour les acides volatils totaux 
un chiffre un peu plus élevé que pour les 
acides volatils directs (0,1 à 0,3 en plus); 
mais la différence entre les deux chiffres 
est plus considérable dans les vins qui ont 
été partiellement saturés ou dépiqués. 

Acide tartrique total. — Au moyen 
d'une pipette à deux traits, on mesure 
20 centimètres cubes de vin qu'on place 
dans une fiole conique à fond plat de 
250 centimètres cubes; on ajoute 1 cen- 
timètre cube d'une solution de bromure 
de potassium à 10 % et 40 centimètres cubes 
d'un mélange à volumes égaux d'éther 
à Qo° et d'alcool à 90°, on bouche la fiole, 
on agite et on laisse la fiole au repos 
pendant trois jours à la température ordi- 
naire. Au bout de ce temps on décante le 
liquide sur un petit filtre sans plis, on 
lave la fiole et on le filtre avec une petite 
quantité de mélange éthéro-alcoolique, 
puis on introduit le filtre dans la fiole ; on 
ajoute environ 40 centimètres cubes d'eau 
tiède pour redissoudre le précipité de 
tartre qui est resté pour la plus grande 
partie adhérent aux parois de la fiole 
conique. On maintient pendant quelques 
instants à une douce chaleur; puis, quand 
la dissolution est opérée entièrement, on 
ajoute 1 centimètre cube d'une solution 
alcoolique de phénol-phtaléine à 1 % , et 
on titre l'acidité au moyen d'une solution 



N/20 de soude caustique. Soit n le nombre 
de centimètres cubes de cette solution nêS 
cessaire pour obtenir la saturation ; 

(nX 0,47) + 0,2 
donnera la teneur en tartre correspondant 
à l'acide tartrique total par litre de vin. 

Potasse. — On opère comme ci-dessus, 
mais au lieu d'ajouter une solution de bro- 
mure de potassium on ajoute 1 centimètre 
cube d'une solution à 10 % d'acide tartrique 
dans l'eau alcoolisée à 20°. Le lavage doit 
être fait plus soigneusement que dans 
l'essai précédent. Pour éliminer les der- 
nières traces d'acide tartrique libre qui 
pourraient être restées sur le filtre, on 
verse goutte à goutte sur les bords de 
celui-ci de l'a cool à 95°. 

Le titrage s'opère comme le précédent; 
le calcul est identique et donne la teneur 
en tartre correspondant à la potasse totale. 

Cendres. — Dans une capsule de pla- 
tine à fond plat et de 7 centimètres de 
diamètre on évapore 35 ou 50 centimètres 
cubes de vin. On chauffe le résidu à une 
température modérée environ une demi- 
heure sur une plaque de terre réfractaire. 
L'extrait est ainsi carbonisé entièrement 
et n'émet plus de vapeurs. On place alors 
la capsule dans le moufle, qui ne doit être 
porté qu'au rouge naissant; quand l'inci- 
nération est complète, on laisse refroidir 
la capsule dans un exsiccateur et on pèse 
rapidement. Si l'incinération ne s'effectue 
pas facilement, on laisse refroidir la cap- 
sule, on humecte les cendres encore 
charbonneuses avec quelques centimètres 
cubes d'eau, on dessèche et on chauffe à 
nouveau au rouge naissant. On répète au 
besoin cette opération jusqu'à disparition 
de tout résidu charbonneux. 

(A suivre) , 



Institut agronomique : Nominations de professeurs. — Par arrêté du minis- 
tre de l'agriculture, en date du 16 janvier 1907, les chaires d'hydraulique agricole 
et de machines agricoles et constructions rurales à l'Institut national agrono- 
mique, ainsi que les conférences de mathématiques et topographie au même 
établissement, ont été supprimées et remplacées par une chaire du génie rural 
(50 leçons), une chaire d'aménagement agricole des eaux (18 leçons) et une chaire 
de mathématiques appliquées (2'i leçons). 

Par un arrêté du même jour, ont été nommés titulaires de ces nouvelles chai- 
res : M. Ringelman (Maximilien), ancien professeur de machines agricoles et 
constructions rurales , pour la chaire de génie rural ; M.Faure (Pierre), inspecteur 
du service des améliorations agricoles, pour la chaire d'aménagement agricole 
des eaux; et M. Pelissier (Kugène), ancien maître de conférences de mathémati- 
ques et topographie, pour la chaire de mathématiques appliquées. 

Bibliographie. — Sucrayc des vins, vin* artificiels, régime des spiritueux, etc. Broch. 
grand in-8° de :t J |i;igi»s à deux culmines. Extrait de la collection du Bullet in-cmnnien- 
taire des lois et. décrets, Paris, 103, boulevard Saint-Michel. Prix : 1 fr. 7ÎJ. — Nos proprié- 
taires les plus attentifs se perdent dans la série des lois relatives au régime des boissons 
La publication que nous signalons ;i nus lecteurs aura le mérite de préciser la situation 



REVUE COMMERCIALE 



141 



actuelle. Dans une 'première partie, elle trace les règles concernant la détention et la 
circulation des sucres, le régime des sucrages, des vins artificiels, des raisins de ven-v 
danges et des lies sèches, le transport des chargements de plus de 10 hectolitres de vin, ; 
les formalités de régie. La seconde partie est consacrée au rétablissement du régime 
de bouilleurs de cru et à l'exposé de ses conséquences. 

— ♦ — • — 

REVUE COMMERCIALE 



VIGNOBLES ET VINS 

De nos Correspondants : 

Gironde. — Les travaux sont très avancés au vignoble, parce que le temps a été 
favorable et parce que la superficie cultivée se trouve bien réduite par les arra- 
chages, toujours plus importants. Les vins ont beaucoup gagné dans ces journées 
d'hiver et se sont très bien présentés dans les soutirages qui ont été déjà faits. 
On peut présumer maintenant d'une façon absolument certaine que les vins de 
191)1» seront des vins de grande qualité. Ils seront certainement supérieurs à tous 
ceux que nous avons récoltés depuis 1898. 

Cette opinion est maintenant acquise à l'étranger. Il nous a été donné de lire; 
de nombreuses chr< -niques viticoles, surtout en Belgique et en Angleterre, dans 
lesquelles on reconnaît la grande qualité de nos vins nouveaux et dans lesquelles 
on annonce, en raison de ce fait , une grande hausse pour le printemps. 

Cette hausse se réalisera-t-elle? C'est à espérer, caries vignerons ont fait des 
frais importants; ils sont en possession d'une excellente marchandise et demandent 
des prix raisonnables. Ils ont donc le droit de souhaiter un grand courant d'af- 
faires. En ce moment tout est absolument calme, mais il n'y a pas lieu de s'en 
inquiéter, car les affaires sont toujours rares en cette saison. Si elles reprennent* 
ce sera probablement dans le courant de mars prochain. Les vins vieux sont 
devenus plus rares et assez recherchés pour les besoins immédiats. On s'occupe 
de I influence que la grande Exposition maritime, qui aura lieu à Bordeaux cet 
été, pourra avoir sur le marché des vins, en raison de l'importance des notabilités 
étrangères qui viendront visiter le vignoble girondin. Si l'on examine ce qui est 
arrivé dans des circonstances précédentes et analogues, on peut conclure que 
cette influence sera très salutaire et très importante. L'avenir du marché des vins 
de la Gironde semble donc un peu moins noir. — R. Brunet. 



VIGNES AMÉRICAINES 

0» ne se serait pas douté, au début de la saison, du mouvement d'affaires 
qu'il y a actuellement sur les plants américains. La crise viticole épouvantait les 
pépiniéristes-viticulteurs. Ils se demandaient, avec inquiétude, s'ils arriveraient 
à écouler leurs stocks de marchandises sur des marchés vinicoles aussi pauvres, 
aussi peu florissants que ceux de France! Les vins ne se vendaient point; on 
vendait à vil prix! la hausse tant désirée, que la sécheresse semblait devoir faire 
naître inévitablement, n'arrivait point, cependant que tout haussait : fourrages, 
grains, fruits et légumes! Pouvait-on espérer vendre des plants de vignes à des 
gens qui étaient si malheureux?... N'était-ce pas folie de penser qu'on planterait 
encore?... 



142 



, 4. 

REVUE COMMERCIALE 



Eh bien! on plante, puisque les plants se vendent fort bien, et que les prix 
sont à la hausse! Que s'est-il passé? les vins sont-ils partis? les propriélaires ont- 
ils fait de l'argent? Nous constatons simplement ce fait, c'est que le commerce 
des plants américains dans le Midi marche fort bien cette année! 

On dit que la sécheresse a réduit la récolte des bois de greffage et que les 
pépinières sont peu productives de plants racinés ou de plants bien soudés. En 
effet, d'après nos informations, la moyenne de la récolte des boutures de gref- 
fage est inférieure d'un tiers à celle de l'an dernier, les pépinières de racinés ont 
très mal repris, et celles de greffés n'ont pas donné du 25 % en moyenne. 

L'exportation, avec laquelle il faut compter, a enlevé des stocks importants de 
marchandises. Depuis l'automne, des maisons travaillent pour l étraneer; elles 
envoient des trains complets, des bateaux chargés de plants de vignes pour les 
pays où cette culture trouve des horizons nouveaux. C'est une bonne fortune 
pour les propriétaires-récoltants et pour les maisons d'exportation. 

La sécheresse d'un côté, l'exportation aidant, les marchés sont moins encom- 
brés de marchandises, et tout s'écoule fort bien, à des prix qui tendent à s'élever 
chaque jour. Les plants greffés du Midi s'écoulent à 90, 100, 120 francs le mille; 
les plants racinés, qui ont débuté à 20 francs le mille, sont à 40, 45 francs le mille 
à cette heure. Les boutures de greffage suivent le même mouvement; les Riparia 
gloire, que l'on pensait brûler, sont à 10, 12 francs le mille; à la propriété, les 
Riparia-Rupestris, les Rupestris, les Aramons-Rupestris sont à 30 francs le mille ; 
les 1202 à 45, 50 francs ; les 41 B et 420 A, rois des porte-greffes , sont à 80 francs le 
mille, et deviennent de plus en plus rares! 

(Ah! ce 420 A, jamais on neje vantera assez ! c'est lui qui détrônera tous les 
Monticola et Riparia-Rupestris, nul n'est plus fructifère! ni plus résistant à la 
sécheresse ! et ne donne des raisins d'une richeresse saccharine aussi grande ! On 
s'imagine que ce cépage est destiné aux seuls terrains calcaires; pour les terrains 
à Rupestris du Lot et à 3309, il est encore supérieur à tous les points de vue.) 

Comme la vente des plants américains marche très bien dans le Midi, il n'y a 
pas de raison pour qu'elle marche plus mal dans le Centre ou dans le Nord, qui, 
n'étant pas encombrés par la production méridionale, trouveront certainement 
une vente facile pour leurs produits. On vend fort mal les vins dans le Midi, et 
les planls de vignes s'y vendent fort bien : il serait absurde de prétendre l'inverse 
dans le Nord où les vins se paient cher! 

Les pépiniéristes de ces régions sont prudents cette année : ils ont été 
échaudés ces dernières années, et ils ne font phis de spéculation sur les bois de 
greffage; ils achètent au furet à mesure de leurs besoins : bravo! Mais qu'ils 
suivent le mouvement, et qu'ils se prémunissent contre la hausse importante qui 
ne manquera pas d'arriver d'ici quelques jours. Les vignes ne rendent rien, les 
clients demandent du 0 millimètres, ce qui fait gaspiller le 40 % de la récolte; 
Inévitablement les bois manqueront cette année, et les retardataires qui espèrent 
obtenir des boi8 pour rien en tin d'année seront déçus ! 

Du reste, il n'y a qu'à suivre les marchés du Midi pour se rendre compte 
qu'au pessimisme du mois d'octobre a succédé un optimisme débordant chez la 
plupart des marchands de plants. On les retrouve tous joyeux, dans la fièvre 
des jours de marché, comme tous ceux qui vendent ce qui leur a coûté tant 
d'argent pendant tant de mois. Nous tenons à renseigner fidèlement les lecteurs 
de la Revue et nous n'exagérons rien dans ce court exposé de la situation des 
pépinières américaines. — X... 



REVUE COMMERCIALE 



14* 



Soufres: de Messine. — Le stock fin décembre 1906 est de 508.336 tonnes 
contre 455.174 tonnes fin décembre 1905, différence qui provient du fléchissement 
de l'exportation pour les Etats-Unis d'Amérique. L'administration définitive du 
consortium en formation entrera en vigueur probablement en février. Elle de- 
vra se mettre à l'œuvre pour trancher les questions vitales pour la Sicile. Sa 
tâche consistera à chercher un terrain d'accord avec les Américains pour assurer 
l'écoulement de la surproduction amenée par la diminution d'exportation, et 
aussi parla prospérité des mines. Pour arriver à la restriction du stock on a le 
choix entre deux voies: on peut limiter la production ou chercher à créer de nou- 
veaux débouchés à l'étranger. C'est ce dernier moyen, qui sera vraisembla- 
blement adopté. Avec de nouveaux marchés, la Sicile trouverait un champ plu» 
que suffisant pour écouler ses approvisionnements sans avoir à' recourir aux 
marchés américains, et V Union Sulphur C°, qui, de son côté, n'a aucun intérêt à 
produire une baisse, s'entendraassez facilement sur la répartition des fourniture» 
a faire dans l'intention de soutenir les prix. C'est le mois prochain qui nous 
fixera sur les décision qui seront adoptées. 

En attendant, on cote en vrac: 2 e belles sans mélange 10 fr. 10; 3 e belles uso 9 fr. 70; 
:i L ' courantes 9 fr. 55 les 100 kg lab. Sicile et en sacs: Souffre raffiné en pains, à 
il fr. 10 ; soufre trituré Floristella I a 11 fr. 30; soufre trituré Floristella ll a , 11 fr. 15; 
sublimé garanti pur fleur 12 fr. 75; sublimé extra pur fleur 12 fr. 40 les 100 kg. brut, 
pour net, fab. Sicile, au comptant moins 1 % d'escompte, agent 1 %. Frets: pour Mar- 
seille, St-Louis sur Lestaque 7 fr. ; pour Cette 8 fr. 50; pour La Nouvelle 8 fr. 25, 
plus 5 % chapeau. — Emil Fog et Figli. 



Avis d'adjudication. Marine nationale. — A Paris, le 18 février 1907, à 2 h. 1/2 du 
soir, dans la salle des adjudications, au Ministère de la Marine, pour les fournitures ci- 
après, nécessaire au service Marine, à la Martinique, savoir: 150.000 litres au mini-, 
mum de vin rouge à 12 degrés. — Pour plus amples renseignements, voir les cahiers 
des charges, à Paris, au Ministère de la Marine (Bureau des subsistances et hôpitaux). 



LES FRUITS ET PRIMEURS AUX HALLES CENTRALES DE PARIS 

Cours du 26 janvier 1907. — Raisins : Thomery, 100 à 500 fr. les 100 kilos. — Arti- 
chauts : Algérie, 18 à 26 fr. le cent. — Petits Pots : 90 à 100 fr. les 100 kilos. — 
Haricots : d'Espagne 90 à 150 fr. les 100 kilos. — Pommes de terre : Grenadine, 35 à 
40 fr. les 100 kilos. — Laitues : Midi, 6 à 14 fr. le cent. — Chicorées : 8 à 20 fr. le 
cent. — Scaroles : 8 à 16 fr. le cent. — Choux-fleurs : 45 à 65 fr. le cent. — Pissenlit : 
30 à 40 fr. les 100 kilos. — Epinards : 20 à 50 fr. les 100 kilos. — Crosnes : 40 à 60 fr. 
les 100 kilos. — Poirei : d'hiver, 80 à 150 fr. les 100 kilos. — Pommes : Canada extra 
80 à 100 fr. ; ordinaires, 15 à 30 fr. les 100 kilos. — Châtaignes : Verdière, 15 à 20fr.; 
Ordinaires, 10 à 12 fr. les 100 kilos. — Noix : Corne sèche, 55 à 62 fr. les 100 kilos. 

Aux fortes gelées de mercredi et jeudi (le thermomètre est descendu jusqu'à 10 et 12» 
au-dessous de zéro) succède hier et ce matin une température moins froide qui donne 
un peu plus d'animation à notre marché. Les salades du Var sont abondantes; elles 
s'écoulent à des prix moins soutenus, les lots ayant souffert des gelées ont dû être 
vendus au mieux. Aujourd'hui encore plusieurs wagons différés en cours de route ne 
sont pas livrés à 10 heures. Nous réclamons de nouveau très énergiquement auprès de 
la Compagnie P.-L.-M. Les artichauts d'Algérie deviennent un peu plus abondants, les 
cours fléchissent. Les gros et beaux choux-fleurs ont bonne vente. On constate une 
petite reprise dans la vente des pommes. — O. D. 



144 COURS DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES 



CÉRÉALES 



(le qdintal métrique) 

BLÉS 



Part* 



Blés blancs 

— roux 

— Montereau. 



Département $ 



Lyon .. 
Dijon .. 
Nantes. 



Marchés étrangers 

Londres 

New-York 

Chicago 



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DU 16, | DU -23 

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Paris , 



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17 10 


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15 68 


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14 51 


14 58 


14 


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SEIGLES 








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21 60 


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20 


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21 00 


21 00 


21 


25 



FOURRAGES ET PAILLES 

A PARIS 
(Les 104 bottes de 5 kilogrammes) 



DANS PARIS 

Paille de blé... 

Foin 

Luzerne 



' I ' 

8 JANV. 45 JANV. 22 JANV. j 29JANV. 

23 à 26 21 a 27 ! 23 à 26120 a 25 
46 à 56 46 à 56 46 à 56,46 à 56 
,45 à 55i45 à 53 



ESPRITS ET SUCRES 



Esprits 3/5 Nord fin 
90» l'hect., esc. 2 % 



Blancsn°3 les 100 kil 
Raffinés — 



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26 75 
58 25 



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5g 


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29janv 



40 50 



25 7i: 
57 21 



BÉTAIL 

MARCHÉ DE LA VILLETTB 
(Prix du kilogr. de viande, net) 

Marché du 29 janvier. 



Bœufs... 
Veaux . . 
Moutons. 
Porcs. . . 



1" qté 


2- qté 


3» qté 


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1 40' 


1 18 


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2 30 


2 00 


2 30 


2 10 


2 05 


1 82 


1 78 


1 70 



Prix eïCr&me 

au poids vif 

0 56 a 1 00 
0 80 A l 42 
0 72 à I 14 
0 90 à 1 28 



BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA SEMAINE 

du 20 au 26 janvier 1907. 



JOURS 


Tempéra- 
ture 
raaxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 
enmillim. 


DATES 


Tempéra- 
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maxiraa 


Tempéra- 
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minima 


Tempéra- 
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moyenne 


Pluie 
en millim, 










PARIS 














MONTPELLIER 






Dimanche. 


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Tome XXVll. 



iN° 686. 



Paris, 7 Février 1907 



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DE 

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ORGANE DE L'AGRICULTURE DES REGIONS VITIGOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA, 

Inspecteur Général de la Viticulture, 
Professeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Membre de la Société Nationale d'Agriculture, Docteur ès sciences. 

SOMMAIRE 

PAGES 

P. Pacottet L'ercissement de la vigne 145 

J.-M. Guillon L'état actuel des porte- greffes : Riparias, Rupestris, Ber- 

landieris (avec figures) 149 

p Mazé La crise viticole envisagée au point de vue industriel et 



agricole lb 



ACTUALITÉS. — Greffage sur boutures et surracinés (Ed. Zacharewicz). — Le 
budget de 1907 : loi de finance. Taxes sur les assurances ; régime des 
vins de liqueur et des absinthes; surveillance des bouilleurs de cru; délai 
de prescription des procès-verbaux de régie. — La viticulture à la Chambre : 
enquête sur la crise vinicole. — Méthodes d'analyse des vins : arrêté 
ministériel (fin). — Mérite agricole : promotions et nominations. — Nécro- 
logie : Robert Pilter. — Grandes réunions agricoles de Paris. — Concours 
de raisins de table, de cultures adjointes à la vigne et de pompes à Mont- 
pellier. _ Foire aux vins de Saumur. — Bibliographie : Arboriculture 
fruitière, par L. Bussard et G. Duval. Utilisation à la ferme des déchets 
et résidus industriels, par J. Fritsch. Annales de l'Institut national agro- 
nomique • • 1^8 

Revue commerciale. — Vignobles et vins : correspondances du Midi (A.); de 
la Corse (J. Farcy); de la Charente (J.-M. Guillon) ; du Beaujolais (F. de 
Saint-Charles); de la Loire-Inférieure (A. Fontaine). — Fruits et pri- 
meurs aux Halles (0. D. ) . — Prix courant des principaux produits agricoles. 168 

Bulletin météorologique > 172 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén 1 des Viticul- 
teurs de France, Prop. -Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticole dp Cadillac, Propr.-Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant de la Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut, Président du Comice agricole de 
Nuite-St-Georges, Prop.-Viticult. (Côte-d'Or). 

F. Convert, Professeur à l'Institut national 
agronomique, Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon, Correspondant de l'Institut, Professeur 
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P.Gervais, Membre de la Société N lc d'Agricul- 
ture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitic. (Hérault). 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Directeur de la Station Viticole 
de Cognac, Prop. -Viticulteur (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de l'Agri- 
culture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 
. F. Larnaude, Professeur à la Faculté de droit 
de Paris, Propriétaire-Viticulteur (Gers). 

A. Mùntz, Membre de l'Institut, Professeur 
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Tome XX VIL 



N° 686. 



Paris, 7 Février '907. 



REVUE DE VITICULTURE 



L'ERCISSEMENT DE LA. VIGNE 



Au milieu de juillet et d'août, lorsque les grappes arrivent au moment delà vérai- 
son, la matière chlorophyllienne verte disparaît etla peau du raisin devient trans- 
parente s'il s'agit de raisins blancs, ou se colore s'il s'agit de raisins rouges. Acette 
période de sa végétation, la vigne est 1res sensible aux actions atmosphériques; on 
compare volontiers cette sensibilité à celle d'un animal en état de gestation ; c'est 
en effet, le moment où elle termine la maturation physiologique de ses pépins, qui 
sont, dès ce moment, propres à reproduire l'espèce. 

La sécheresse, air sec ou vent sec, est particulièrement redoutable et, si peu 
excessive qu'elle soit, la plante en souffre. La vigne est stupéfaite, comme disent 
les vignerons, et les grains erassent ou s'enferrent, c'est-à-dire ne subissent pas 
l'accroissement rapide, normal à ce moment. Leur couleur vert clair devient 
vert bleu et ces grains ercis font redouter une diminution de quantité et de qualité, 
surtout si une pluie ou un vent bienfaisant ne viennent pas permettre au grain 
de grossir. 

Le vigneron, préoccupé seulement de sa récolte, ne voit pas que cet ercisse- 
ment n'est pas dû seulement à l'action de l'.atmosphère sèche sur la grappe, mais 
qu'il est bien le résultat d'une souffrance générale de la plante. Cette misère 
physiologique, de plus ou moins de durée, a sa répercussion sur la maturité des 
bois qui commencent à jaunir, c'est-à-dire à mûrir, à s'aoûter, dès la véraison 
des grappes. Les nombreux accidents, qu'on nous signale de toutes parts, de 
non-maturation des bois, cette année d'excessive sécheresse, nous amène, à 
cause de leur anomalie apparente, à émettre quelques considérations sur un 
sujet que nous étudierons plus complètement, M . Viala et moi, dans une étude sur 
le forçage de la vigne. 

Tous les êtres, quels qu'ils soient, ont besoin pour vivre d'une certaine humi- 
dité dans l'atmosphère. Dans les contrées désertiques, les rares plantes qui s'y 
développent ont non seulement un développement très réduit, mais leurs feuilles 
présentent une structure qui restreint les échanges gazeux entre les cellules in- 
ternes et l'atmosphère de façon à éviter la dessiccation de leurs tissus. 

Les plantes d'appartements n'ont aucune durée, malgré qu'elles soient ar- 
rosées abondamment, surtout en hiver, à cause de la dessiccation de l'air par 
les différents modes de chauffage. 

Dans les salles où le chauffage est obtenu par les calorifères à air chaud, 
l'action de l'air sec est multipliée par les mouvements constants de cet air et 
maints salons ne peuvent conserver ni fleur ni même les plantes de la 
famille des palmiers, susceptibles de résister au siroco d'Afrique. De long- 
temps encore le maître de maison ne saura associer au thermomètre qui lui 
donne la température, l'hygromètre qui lui révèle si Tair chaud qu'il respire, trop 
desséché, ne rend pas anormaux et excessifs les échanges de la peau et des pou- 
mons avec l'atmosphère ambiante. 

Le professeur Gharrin, dans son cours au Collège de France, montre que les 



146 



P. PACOTTET. — L'ERGISSEMENT DE LA VIGNE 



échanges cellulaires, qui sont la base de la vie normale de chacune des cellules 
qui nous composent, sont notablement diminués par l'air très humide. Nos 
cellules se nourrissent mal et surtout n'évacuent pas les produits résiduels des 
combustions dont elles sont le siège. Elles s'empoisonnent. Il nous suffit souvent 
d'aller chercher à une certaine altitude un air plus sec pour tout que rentre 
dans l'ordre. Nous connaissons tous l'oppression et la diminution de vitalité que 
provoquent les journées chaudes et humides. 

Puisque les êtres vivants souffrent d'un excès de sécheresse ou d'humidité 
dans l'air, il serait intéressant de savoir quelles sont les conditions optima 
d'hygrométrie nécessaires aux hommes, aux animaux et surtout aux plantes 
que nous cultivons. Les modifications dans l'hygrométrie d'un lieu apportées 
par le déboisement, le reboisement, la création ou la suppression d'étangs, la 
culture de telle ou telle plante montreraient certainement, mieux encore que les 
variations de température en résultant, le rôle bienfaisant ou néfaste des fac- 
teurs énoncés plus haut, celui des nappes d'eau, des rivières, etc. Ces considé- 
rations ne sont nullement d'un ordre abstrait. C'est l'hygrométrie continue et 
appropriée du pays de Sauternes, de l'Anjou, des bords du Rhin, qui permet la 
condensation de nos moûts par la pourriture noble due au Botrytis Cinerea, 
devenu la moisissure utile au lieu d'être le pourri redoutable, fantasque et non 
maniable des autres pays viticoles. 11 sera montré aussi combien, dans le déve- 
loppement des maladies cryptogamiques et la lutte contre celles-ci, l'hygromé- 
trie joue un rôle important et déconcevant. Ce facteur a été jusqu'ici négligé au 
profit de la température à laquelle on rapportait tout. 

Si nous ne pouvons peu, ou point, modifier en grande culture cet état hygromé- 
trique, il n'en est plus de même dans le forçage de la vigne, des pêchers et de tous 
les arbres fruitiers, car nous nous trouvons en présence d'un air confiné que 
nous pouvons changer. Le problème n'est pas. comme on le croit communé- 
ment, de forcer la végétation en la soumettant à des températures tropicales 
dans un sol inondé. Il consiste au contraire à réaliser, hors de la saison nor- 
male de végétation, d'une façon continue et sans à-coup, les températures les 
plus favorables aux différentes évolutions de la vigne, et ces températures sont 
loin d'être excessives si l'on admet, avec les plus grands forceurs, qu'un cerisier 
forcé doit fleurir à 8-10°, un pêcher à 42-14°, une vigne aux environs de 20°. 

Ces températures s'obtiennent facilement, mais les différents moyens de 
chauffage amènent des perturbations considérables dans l'hygrométrie de l'air 
ambiant et si la plante souffre de trouver une température ambiante inférieure 
ou supérieure au degré optimum correspondant au stade de sa végétation, elle 
éprouve des troubles fonctionnels plus considérables, plus graves — parce qu'ils 
ne deviennent apparents que le mal accompli — si la plante ne vit pas dans un 
air ambiant à hygrométrie optima. 

Ces accidents (X ercissement — nous conserverons ce nom, car sa phonétique 
traduit le phénomène — se produisent du débourrement à la maturation du bois 
et des fruits. Citons quelques exemples : Le débourrement de la vigne est irré- 
gulier, beaucoup de bourgeons avortent si l'hygrométrie est inférieure à .'H)". 
La floraison des Muscats, et mémo la fécondation artificielle, est impossible 
si au contraire elle atteint ce chiffre-la. De 20 a 40° la véraison ne fait aucun 
progrès. L'a OÙ te ment se fait bien de 50 à 80°. Si l'ou tombe au-dessous de ce 
point, le bois se dessèche, durcit, est cassant, et cela au détriment de la 
vigueur des souches l'année suivante. 



P! PACOTTET. — L'ERCISSEMENT DE LA VIGNE 



147 



Avec les autres arbres de forçage, cerisiers, pêchers, les mêmes faits se 
répètent avec des modalités différentes. On n'obtient des pêches de gros calibre, 
juteuses et parfumées que dans une atmosphère presque saturée. La réussite 
des champs de pêchers de la vallée du Rhône, humide, étroite, nébuleuse est 
un exemple démonstratif. La qualité des fruits du bassin de la Seine, et des 
environs de Paris en particulier, trouve aussi sa cause dans l'humidité moyenne 
et constante de cette région. 

Dans le domaine des fleurs, on obtient une floraison pathologique excessive, 
au détriment du feuillage en plaçant la plante, que l'on a fait souffrir par des- 
siccation partielle, dans une atmosphère à température élevée saturée d'humi- 
dité: c'est le mode d'obtention du lilas blanc avec des touffes de lilas rose. 

M. Schribaux a montré que les variations diurnes et nocturnes de tempé- 
rature sont pratiquement plutôt favorables à la germination des graines et à 
Tévoiution des jeunes plantes qu'une température rigoureusement constante. 
Il en est de même de l'hygrométrie. Des phénomènes vitaux d'ordre mécanique, 
tels la chute des capuchons floraux si indispensables à la fécondation, sont consi- 
dérablement aidés. Nous savons, M. Viala et moi, quelle influence bienfaisante 
ont les variations de température et d'hygrométrie sur la fructification des végé- 
taux parasites, quelquefois ces dernières seules étant suffisantes pour déter- 
miner l'apparition des fruits. N'est-ce pas aussi à une hygrométrie trop élevée et 
trop constante que sont dus, en juin, à la suite de pluies chaudes, fines, répétées, 
saturant l'atmosphère, ces développements si rapides de la vigne durant les- 
quels, négligeant à notre détriment ses jeunes grappes, bases de la conservation 
de l'espèce, elle les refond en vrilles. Tout son essor, toute sa vitalité la pousse 
à faire des tissus nouveaux défectueux et que les maladies guettent parce qu'ils 
sont poussés trop vite dans une atmosphère trop humide. 

Assez constantes la nuit ou de progression régulière à mesure que la tem- 
pérature s'abaisse, les courbes qui dans la journée, enregistrent cette hygrométrie 
ont au contraire des courses folles dues non seulement à des réchauffements 
variables de l'atmosphère, mais dues aussi à des déplacements insoupçonnés de 
masses d'air humide que seuls les appareils peuvent révéler. Sur l'hygrométrie 
générale d'un lieu des recherches nombreuses sont faites, mais en revanche nous 
ne connaissons nullement l'atmosphère ambiante de notre vignoble modifiée et 
par la dessiccation du sol et par la transpiration même de la plante. Cette humi- 
dité seule intéresse la végétation. Jusqu'à présent on a au contraire toujours 
placé les hygromètres' dans des conditions telles qu'ils ne soient pas influencés, 
autant que possible, par le sol et les cultures d'un lieu. 

Après cet aperçu général, il sera relaté maintenant des accidents de forçage 
qui permettront de faire mieux comprendre les dommages dus à une série de 
jours chauds et secs comme ceux qu'a supportés le vignoble en juillet et 
août 1906. 

Aux Forceriesde la Seine, où nous suivons, M. Viala et moi, ces questions si 
attrayantes de physiologie viticole, un certain nombre de serres sont chauffées 
par le système à gaz chaud dit système flamand. Il consiste à brûler du charbon 
dans un fourneau extérieur àla serre par une combustion aussi lente que possible. 
Les gaz chauds circulent à travers un tuyau de gros calibre — 20 à 30 centimètres 
de diamètre — légèrement incliné et fixé, par des crampons, au mur latéral des 
serres. Le tirage ralenti dans la serre par la situation presque horizontale du 



148 P. PACOTTET. — L'ERCISSEMENT DE LA VIGNE 



tuyau est facilité lorsque ce dernier a traversé la serre dans sa longueur. Il se 
redresse à sa sortie sur une longueur de l m 50 à 2 mètres pour constituer une 
petite cheminée verticale de tirage. Le refroidissement des gaz, dans leur circu- 
lation, au contact de la tôle, est bon puisque, lorsque le chauffage a lieu à feu 
couvert, la température de la partie verticale atteint à peine loà 20°. 

Le tuyau de tôle est l'origine, sur toute sa longueur, d'un courant d'air 
réchauffé, transversal par rapport à la serre, qui est d'autant plus chaud et 
partant plus sec que Ton se rapproche de sa base. Le sol est uniformément 
arrosé avec léger excès vers la base du tuyau. On peut donc admettre, comme 
prépondérant sur la végétation, si celle-ci présente des divergences, l'influence 
de ces couranis d'air sec. 

Au début du forçage, lorsqu'il ne s'agit que de tenir une température voisine 
de 8-10, 10-12, cet air sec n'a aucun inconvénient, car le tuyau a besoin de peu 
chauffer et des bassinages fréquents maintiennent une humidité compensatrice. 
Aussi le débourrement, la floraison (favorisée par le déplacement de l'air sec), la 
nouaison, se passent sans accident avec une avance de 15 jours au profit des 
souches situées près de la base et celles à l'extrémité du tuyau. Mais la véraison 
arrive. Il faut cesser les bassinages qui souillent le raisin et tenir une température 
moyenne de 22°. Le tuyau de tôle doit alors fournir plus de chaleur et le courant 
d'air devient à la fois plus sec et plus violent. Immédiatement la végétation est 
stupéfaite. Aucun caractère extérieur ne le montre, sauf l'apparition d'un insecte, 
la Grise, le Tetranychus tellarius, attiré par cet air sec et chaud, et la fatigue de 
la plante. Le feuillage ne se flétrit pas. Il ne réagit pas en colorant son limbe en 
rouge sous la piqûre de cette Grise, cause de la Maladie rouge. Il durcit et cesse 
de fonctionner, c'est-à-dire de produire les matériaux de réserve : sucre, par- 
fums, qu'attend le grain après sa véraison, et les feuilles tombent prématuré- 
ment. 

Le grain, au lieu de se décolorer lentement par migration de la chloro- 
phylle des cellules de la peau, devient vert bleu. Au lieu de se dorer ou de 
devenir bleu, noir, à mesure que la maturation avance, il est vert transparent. 
Il a tendance à rester petit ou grossit, à force d'arrosage au pied de la souche, 
sans se sucrer. Sa dégustation montre bien qu'il ne prend pas la saveur caracté- 
ristique du cépage, mais il donne un arrière-goût étrange. Son acidité reste 
assez élevée parce que les cellules du grain l'utilisent mal pour leur vie propre. 

Les sarments jaunissent tout d'un coup, souvent par plaques, au voisinage des 
nœuds ; puis ils prennent la teinte du bois mûr d'une façon prématurée. On est tout 
étonné de les trouver avec les caractères desboismalaoûtés.Ilssontcassants,d'un 
vert trop accusé, et leur moelle est brune ou noire. Les yeux sont petits, resserrés, 
trop pointus; le liège excessif. A la chute de l'écorce, au printemps suivant, 
celle-ci se détache mal, comme si la plante n'avait pas la force d'expulser les 
tissus dont elle doit normalement se débarrasser. Ses jeunes pousses naissent 
aplaties, fasciées, malingres, et ne se rétablissent que par la suppression du 
chauffage. Que l'on tempère ce courant d'air sec ou mieux que l'on se contente 
par des dispositifs divers de le rendre humide et d'une humidité croissant avec 
sa température, et tous ces accidents disparaissent comme par enchantement. 

Kn 1906, nous avons pu constater, en avril, des accidents semblables non plus 
avec le chauffage; flamand, mais avec des radiateurs à vapeur. Ces radiateurs 
identiques a ceux qui servent à chauffer les appartements et surtout les grands 
h < aux son! des tubes de fonte a ailettes. Dans les serres, ils sont disposés 



J.-M. GUILLON. — L'ÉTAT ACTUEL DES PORTE-GREFFES 



149 



longitudinalement et courent sur le sol, supportés à quelques centimètres de ce 
dernier. Ils ont le même inconvénient que les tuyaux de tôle en ce sens que leur 
émission de chaleur est dégressive du point où arrive celle-ci à l'autre extré- 
mité. 

Recevant de la vapeur sans pression qui se détend encore, leur température 
est toujours inférieure à 100°, tandis que les tuyaux de tôle, du chauffage 
flamand peuvent atteindre 200° et plus. Il en résulte qu'ils émettent un cou- 
rant d'air moins chaud que ce dernier et ne dépassant pas 45° au voisinage 
immédiat du tuyau, 30° dans la zone du feuillage, mais le courant d'air chaud 
est plus violent à cause de la surface considérable des ailettes. Malgré tous les 
artifices créés pour élever l'hygrométrie de la serre si ce courant d'air sec n'est 
pas lui-même rendu plus humide, il entretient autour des souches une atmo- 
sphère renouvelée d'air chaud et sec. 

Or, dans une serre ainsi chauffée, les radiateurs à ailettes débutaient par un 
tuyau de fonte de 2 m 50 de long dépourvu d'ailettes. Au-dessus de ce tuyau, le 
chauffage était moins puissant et il y eut jusqu'à la véraison un retard de 
végétation de quinze jours à trois semaines par rapport aux souches situées 
au-dessus des tuyaux à ailettes. Non seulement ce retard fut regagné, à la 
véraison, par les souches et les grappes qui ne supportaient pas le courant d'air 
sec, mais ces grappes arrivèrent à maturité très dorées, à grains gros et suc- 
culents, tandis que dans l'autre tranche de la serre, délimitée comme au cordeau 
par le début des ailettes, les raisins mûrirent tardivement et de la façon la plus 
irrégulière. Ils restèrent petits, durs, et de vert bleu devinrent vert transparent 
sans se colorer. Beaucoup s'affaissèrent en un point, comme s'ils étaient frappés 
de coup de pouce. Sous cette dépression de la pellicule, la pulpe était dure, 
sclérifiée, vert jaune foncé ou brune. Peu juteux, à peine sucrés, la partie de la 
pulpe durcifiée non comestible, ils laissaient dans la bouche une certaine amer- 
tume. Cette amertume différait notamment de celle que prennent les grains 
meurtris par les grêlons. Elle avait quelque analogie avec le goût de cuit, de 
raisiné acerbe, que prennent les raisins à véraison lorsqu'ils sont gelés ou 
frappés d'un coup de soleil. 

Rappelons que ces deux derniers accidents ne frappent pas les raisins à ma- 
turité, mais surtout les grappes et grains en véraison. 

(.4 suivre.) P. Pacottet. 

♦ 

L'ÉTAT ACTUEL DES PORTE-GREFFES 



La question des porte-greffes est loin d'être épuisée et elle n'a pas cessé 
d'offrir un intérêt des plus passionnants. 

La plupart des plantations faites jusqu'à maintenant avaient surtout pour but 
de produire immédiatement et en quantité. Avec la situation économique ac- 
tuelle, on demande aux porte-greffes, non seulement de produire abondamment 
et sûrement, mais aussi des vins possédant de réelles qualités. Nous en sommes 
arrivés à un point où l'on peut affirmer d'une façon absolue qu'on a la possibi- 
lité de reconstituer avec chance de succès tous les sols, quelle que soit leur ori- 
gine géologique, leur situation, etc. Les expériences les plus récentes montrent 
qu'il est possible, avec un choix judicieux de certains porte-greffes, d'obtenir à 



150 J.-M. GUILLON. — L'ÉTAT ACTUEL DES PORTE-GREFFES 



la fois la quantité et la qualité. Mais pour arriver à ce double résultat il faut au 
viticulteur une connaissance sur l'adaptation plus étendue que par le passé. Or, 
ces mêmes connaissances ne peuvent s'acquérir qu'avec le temps, c'est-à-dire 
après de longues et patientes recherches. 

Toutes les observations qui précèdent ne sont au fond que des redites, et per- 
sonnellement j'aurais hésité davantage à présenter les quelques remarques qui 
vont suivre, si je n'y avais été poussé par les nombreuses demandes de rensei- 
gnements, qui me viennent un peu de tous points sur le choix des porte-greffes. 

Toutes les personnes susceptibles, par leur situation, d'être appelées à fournir 
des renseignements aux viticulteurs se montrent généralement assez surprises 
de voir que, même dans la crise économique actuelle, c'est encore de toutes les 
questions culturalescelle des porte-greffes qui intéresse le plus. Pour peu qu'ony 
réfléchisse, la chose est au fond très naturelle, car le porte-greffe joue un rôle dont 
le viticulteur apprécie toute la grande importance à mesure que le vignoble avance 
en âge et à mesure surtout que la baisse des prix nécessite une culture de plus 
en plus intensive. 

Pour ma part, je suis convaincu que les résultats véritablement dignes de 
remarque obtenus en 1906 dans les Charentes sont dus presque uniquement à 
l'intelligence et au savoir qui ont présidé au choix des porte-greffes dans des 
terrains souvent très difficiles. M. Verneuil, dans un récent article (1) sur les 
porte-greffes et la récolte de 1906 dans les Charentes, cite des rendements qui 
dépassent parfois 200 hectolitres à l'hectare, avec un degré alcoolique moyen 
de 8, 9 -et même 10°. Or, ces rendements sont beaucoup moins exceptionnels 
qu'on pourrait le supposer et les sols les plus crayeux de la Grande-Champagne 
où l'on a longtemps désespéré de créer de vignoble, ont donné, malgré la séche- 
resse exceptionnelle de cette année, des résultats très souvent comparables à ceux 
qui ont été cités plus haut. Les soins de labours, de fumures, de taille, etc., ont 
certainement leur importance, mais ils comptent pour un facteur bien moindre 
que l'adaptation. 

L'étude des porte-greffes ne passionne pas seulement ceux qui vont recons- 
tituer, mais elle intéresse aussi les nombreux viticulteurs dont le vignoble est 
fort ancien, c'est-à-dire créé fréquemment avec des porte-greffes mal adaptés. 
Dans ce dernier cas, le vignoble cesse d'être rémunérateur, et on ne saurait trop 
répéter cette grande vérité, cependant des plus élémentaires, que le choix du 
porte - greffe est une chose définitive et irrémédiable, que son rôle est très grand 
et que le viticulteur n'est jamais trop renseigné sur leur valeur. 

Le but essentiel de la station viticole de Cognac étant précisément de guider 
l'opinion des viticulteurs sur le choix des porte-greffes, c'est toujours dans ce 
sens qu<; nous avons dirigé nos efforts. Il fallait d'abord reconstituer les terrains 
crayeux. Or, les sols calcaires étant fréquemment superficiels et peu riches en 
matières organiques, il en est résulté que les porte-greffes qui se sont montrés 
supérieurs dans ces milieux ont une tendance, par suite de leur sélectioa rigou- 
reuse, à être étudiés même sur les points dépourvus de carbonate de chaux. C'est 
pour cela que les cépages qui nous ont donné les meilleurs résultats, dans le 
champ d'expériences de Marsville (sol très riche en carbonate de chaux et à cal- 
caire très friable) et dans celui de Lafont (sol moyennement riche en carbonate 
de chaux et à calcaire plus dur) ont été expérimentés depuis plusieurs années 

(i) A. Vernblik. Les |><>rto-i{ro(Tos et la récolte t\c 1!)06 «Inns les Chorontos (lievue de Viticulture, 



J.-M GUILLON. — L'ÉTAT ACTUEL DES PORTE-GREFFES 151 



aussi dans le champ d'expériences de Crouin (alluvion dépourvue de carbonate de 
chaux) et plus récemment à Champblanc dans un sol dépourvu de carbonate de 
chaux également, mais particulièrement humide et compacte. 

Les Charentes offrent, en effet, cette particularité intéressante au point de vue 
des études de toute sorte que le sol y est très varié. De Test à l'ouest, c'est-à-dire 
depuis la région granitique du Confolentais, ramification du Plateau centrai, 
jusqu'aux sables quaternaires des bords de la mer, presque tous les étages y 
sont représentés, et Cognac se trouve assez exactement à cheval entre le Juras- 
sique et le Crétacé. Ces sols etces situations très différents ne permettent pas seu- 
lement de poursuivre des études très variées, mais elles ont aussi pour consé- 
quence de donner aux recherches poursuivies dans la région une application très 
étendue, on pourrait presque dire générale. 

Les quatre champs d'expériences cités plus haut mériteraient chacun une 
étude spéciale et j'espère en donner prochainement le plan, l'organisation et les 
résultats. Je me contenterai, pour aujourd'hui, d'y faire de temps en temps allu- 
sion lorsqu'un porte -greffe aura manifesté, dans l'un ou l'autre de ces champs 
d'expériences, une attitude particulière. 

Il est peut-être nécessaire de répéter dès maintenant que tous les porte- 
greffes étudiés comparativement l'ont été dans des conditions permettant d'éta- 
blir entre eux une comparaison sérieuse pour éviter, le plus possible, toute cause 
d'erreur. Pour des porte-greffes différents, le greffon était le même, la taille 
identique et les soins culluraux semblables. 

Je suivrai pour ces observations Tordre habituel de classement des cépages 
américains, purs ou 
hybridés, et je ne 
m'arrêterai , dans 
chaque catégorie , 
qu'aux plus intéres- 
sants. 



RlPARIAS, RUPESTR1S, 

Beklandieris 

En ce qui concerne 
le Riparia, nous ne 
parlerons que du Ri- 
paria gloire de Mont- 
pellier, le seul répan- 
du à l'heure actuelle. 
Dans le champ d'ex- 
périences de Mars- 
ville, le Riparia dis- 
paraît très rapide- 
ment et cela n'est pas 
surprenant puisqu'il 
ne supporte pas des 
doses de calcaire dé- 
passant iO à 12 % . 
Dans le champ d'ex- 




Fi*. 51. 



Riparia Gloire de Montpellier. 

périences de Crouin, il est devenu avec l'âge manifestement inférieur malgré 

4 



152 J.-M. GUILLON. — L'ÉTAT ACTUEL DES PORTE-GREFFES 



l'absence de carbonate de chaux et la richesse assez grande du sol. Tandis que 
le Rupestris du Loi aune vigueur notée 18 (le maximum étant 20), celle du Riparia 
estnotée 10 seulement. Lesrangsdes cépages greffés sur ce dernier porte-greffe sont 
d'ailleurs facilementreconnaissablespar la dépression qu'ils forment dansla ligne 
horizontale passant par l'extrémité de tous les sarments. On peut donc répéter 
que le Riparia demande pour prospérer des terrains riches, profonds, frais et 
pas trop compacts. C'est dans ces milieux seulement qu'il présente ses hautes 
qualités de fructification abondante et régulière. Même dans ces conditions, il 
faut modérer sa production si on ne veut pas e voir s'épuiser très rapidement. 
Cette année, de nombreux viticulteurs sont venus' nous demander le moyen de 
donner de la vigueur à leur vignoble, planté en bonne terre, mais greffé sur Ri- 
paria, car ce dernier dépérissait après quelques années de très belle production 
malgré des soins très sérieux. 

Le Riparia reste donc un cépage très délicat, nécessitant des terres de premier 
ordre et des fumures abondantes, et cela explique pourquoi son rôle dans la 
reconstitution des vignobles va en diminuant tous les jours. 

Le Rupestris du Lot est aujourd'hui tellement répandu que, dans le langage cou- 
rant, lorsqu'on parle de Rupestris, il est convenu que c'est du Lot dont il est ques- 
tion. Les Rupestris Martin et Ganzin sont loin d'être dépourvus de qualité, mais 
sauf dans certaines contrées du centre de la France, on les emploie de moins en 
moins. 

Le Rupestris du Lot est plus résistant à la chlorose que tous les autres 
Rupestris. A condition de lui administrer quelques traitements au sulfate 
de fer sur les sections de taille, surtout pendant les premières années de 
plantation, il peut- végéter dans des sols presque crayeux. Quoique jau- 
nissant dans certains points, il se maintient assez bien dans le champ d'expé- 
riences de Marsville où la dose de calcaire ne descend jamais au-dessous de 50 % . 
Au champ de Lafont, les résultats sont bien meilleurs. Il est aussi plus vigoureux 
que les cépages de la même espèce. Sa résistance au Phylloxéra est bonne ; la 
reprise à la greffe est suffisante, seulement il faut avoir soin, les premières an- 
nées, de déchausser et d'enlever les drageons qui se développent très facilement. 
La fructification du Rupestris du Lot, quoique n'étant pas aussi régulière que celle 
du Riparia, est très bonne, àcondition de lui appliquerune taille longue. C'estavant 
tout un porte-greffe vigoureux, et c'est un avantage sérieux, car cela permet de 
l'utiliser dans des sols pas très riches et de n'être pas o'bligé d'avoir recours à 
de fréquentes fumures. On a peut-être exagéré ces dernières années la soi-disant 
non-fructification des greffes sur Rupestris du Lot, car non seulement la taille lon- 
gue permet de remédier à cet excès de vigueur, mais il semble bien démontré 
aujourd'hui qu'avec l'âge la fructification augmente et se régularise. Parmi les 
nombreuses pesées faites aux champs d'expériences de la station viticole, le Ru- 
pestris du Lot a donné en général un poids de vendange aussi élevé que d'autres 
porte-greffes réputés pour être meilleurs au point de vue de la fructitication 
comme Iel01 u etle 3300. 

Depuis quelques années on dit fréquemment que le Rupestris du Lot est sen- 
sible à la sécheresse. Si cette observation est juste dans certains cas, on peut 
affirmer aussi que le Rupestris du Lot peut résister à la sécheresse dans des 
milieux où d'autres porte-greffes souffrent. Dans les marnes très argileuses ou 
dans lesterrains reposant sur un sous-sol exlrêmementcompact il peutsouffrir de 
l'absence d'humidité. Les racines plongeantes en s'inliltrant facilement à travers 



J.-M. GUILLON. — L'ÉTAT ACTUEL DES PORTE-GREFFES 



153 



les pierres ou les cailloux du sous-sol résistent très bien à la sécheresse même 
dans les sols superficiels et à sous-sol rocheux, à condition toutefois que ces 
roches présentent des interstices pour le passage des racines. A Crouin, dans 
la partie du champ consacrée à l'étude de la rusticité des différents cépages, où 
par endroits la roche se montre à la surface, le Rupestris du Lot i\'a pas trop 
souffert en 1906 malgré la sécheresse exceptionnelle, et on a pu lui donner, 
dans ce milieu particulièrement difficile, la note 17 (le maximum étant20), alors 
que le Riparia a été noté à 11. 

Le Rupestris du Lot est donc un bon cépage dans les terrains où le sous-sol 
n'est pas absolument imperméable et dont la dose de calcaire ne dépasse pas 
25 à 30 % . Les feuilles tout à fait caractéristiques du Rupestris du Lot permettent 
de vérifier très facilement son authenticité et cette particularité contribue à faire 
apprécier ce porte-greffe des praticiens. 

Le Berlandieri, indiqué avec juste raison par M. P. Viala comme devant rendre 
les plus grands services dans les sols crayeux, a été expérimenté sur un grand 
nombre de points. Si, en raison de ses difficultés de reprise au bouturage, il 
n'occupe pas dans le 
vignoble toute la 
place qu'on aurait 
pu supposer au pre- 
mier abord , il a 
donné des hybrides 
doués de hautes qua- 
lités et sur lesquels 
j'aurai l'occasion 
d'insister un peu plus 
loin. 

Les variétés les 
plus répandues sont 
les Berlandieri Res- 
séguier n os 1 et 2. A 
Marsville comme sur 
bien d'autres points, 
le n° 2 est un peu 
plus vigoureux etpl us 
productif que le n° 1. 
D'autres Berlandieri 
moins répandus, tels 
que le Berlandieri 
Lafont n" 9 et quel- 
ques autres , sem- F ig< 52 . — Berlandieri Rességuier n° 2. 
blaient avoir, par leur 

belle végétation, un certain avenir; mais, contrairement à ce que faisaient sup- 
poser les premières observations, s'ils sont supérieurs au Berlandieri Rességuier 
n I, ils sont plutôt inférieurs au n° 2. Il y a donc, en somme, peu de raisons 
pour en conseiller l'emploi. 

Le Berlandieri n'est pas très vigoureux les premières années, mais après 3 ou 
4 ans il donne une végétation qui a permis de classer dans le champ de la rus- 
ticité de Crouin le Berlandieri Rességuier n° 2 un peu supérieur au 3309. La 




154 



P. MAZÉ. — LA CRISE VITICOLE 



fructification du Berlandieri est abondante et régulière ; il résiste bien à la sé- 
cheresse et est très peu exigeant an point de vue des fumures. Il peut croître 
dans les terrains les plus pauvres et les plus secs. Dans nos expériences sur la 
résistance à la sécheresse, le Berlandieri Rességuier n c 2 se comporte beaucoup 
mieux que le Rupestris du Lot. D'autre part, le Berlandieri hâte l'époque de la 
maturité. Les greffes sur ce cépage mûrissent plus hâtivement que sur Rupestris. 

En résumé, le Berlandieri est caractérisé par une haute résistance àlachlorose 
et une grande fructification. On peut ajouter que ces deux qualités ne se retrou- 
vent à un si haut degré dans aucun autre cépage. L'abondance des récoltes que 
portent les greffes de Berlandieri est telle qu'il serait intéressant d'utiliser ce 
cépage même dans les sols dépourvus de carbonate de chaux. Je poursuis ces 
expériences depuis plusieurs années et elles sont des plus favorables. 

Le Berlandieri, quoi qu'on en ait dit, n'est pas dans le domaine de la pra- 
tique courante, car le problème de sa reprise au greffage reste incomplètement 
résolu. Je connais bien peu de viticulteurs qui aient continué à utiliser le Ber- 
landieri après l'avoir expérimenté sur une certaine surface. La question du gref- 
fage, des remplacements, etc., donne toujours quelque mécompte. On lui pré- 
fère aujourd'hui presque partout le 41-B, dont la reprise au bouturage est plus 
facile et dont la fructification ne s'est montrée en aucun cas inférieure à celle du 
Berlandieri pur. Cette opinion, je le sais, n'est pas partagée par tout le monde, 
mais elle ressort nettement dans les pesées très rigoureuses que nous exécutons 
dans nos champs d'expériences situés en terrains calcaires ou non calcaires. 

J'arrêterai là la série des espèces pures, ne voulant m'occuper dans ce travail 
que des cépages présentant un intérêt pratique direct. D'autres espèces n'ont 
d'intérêt que par les hybrides dans lesquels elles entrent en combinaison. Nous 
nous bornerons à indiquer la valeur pratique des portes-greffe auxquels elles 
ont donné naissance. 

(4 suivre.) J.-M. Guillon. 
. — 

LA CRISE VITICOLE 

ENVISAGÉE AU POINT DE VUE INDUSTRIEL ET AGRICOLE (') 



Pour compléter la conclusion que je viens de formuler, je dirai même que les 
producteurs de cidre, aussi bien que les vignerons, doivent poursuivre ce double 
but. Si je fais cette nouvelle digression, c'est parce qu'elle me fournit encore 
'occasion d insister sur une question de physiologie végétale qui me semble un 
peu ignorée. - 

Les cultivateurs de l'Ouest cherchent depuis longtemps à créer des variétés de 
pommes assez riches en sucre pour fournir un cidre titrant 6 et 7° et plus ; ils 
ont déjà obtenu résultats encourageants qui sont le prélude de nouveaux 
progrès. 

Malheureusement, le pommier ne produit que des récoltes bi-annuelles. Cetle 
particularité n'a pas été bien expliquée jusqu'à présent ; si on en avait saisi les 
causes immédiates, il est probable qu'un y aurait remédié. 

Le cerisier, qui appartient a la même famille botanique, produit des récolles 

(1) Voir t. XXVII, n" «18», p. 1 1 S . 



P. MAZÉ. — LA CRISE VITICOLE 



155 



annuelles. Pourquoi cette différence entre des plantes si voisines? Il est certain 
qu'il en est ainsi depuis longtemps, et cela suffit, le plus souvent, pour qu'on 
n'ait jamais songé à arranger les choses autrement. Mais, en réalité, ces diffé- 
rences ont leurs causes, et ces causes sont faciles à saisir. 

Le cerisier donne sa récolte en juin ; à cette époque, il est encore couvert de 
feuilles et il reste en cet état jusqu'à l'arrière-saison. Quand les fruits ne sont 
plus sur l'arbre, les sucres élaborés dans les feuilles se déposent à. l'état d'ami- 
don dans les bourgeons et les pousses ; au printemps suivant, les fleurs qui 
éclosent trouvent dans ces réserves les aliments nécessaires à leur premier déve- 
loppement au moment où les feuilles de Tannée sont incapables de les nourrir. 

Contrairement à ce qui s'observe chez le cerisier, le pommier conserve ses 
fruits jusqu'à l'arrière-saison ; ils ne tombent guère qu'avec les feuilles, et 
comme ils prennent tous les aliments sucrés élaborés dans les parties vertes, 
l'arbre se trouve complètement dépourvu de réserves, après une récolte abon- 
dante. L'année suivante, les bourgeons éclosent et la floraison peut être abon- 
dante au point de faire naître les plus belles espérances, mais elles s'évanouis- 
sent avec les fleurs, car, après leur chute, tombent aussi en masse les jeunes 
fruits à peine noués, faute d'aliments. C'est que les fleurs apparaissent aussi 
avant les feuilles, et bien avant que celles-ci ne soient en mesure de nourrir les 
fruits, ils tombent d'inanition. Les récoltes annuelles ne sont donc possibles que 
chez les espèces qui peuvent refaire des réserves comme les cerisiers, ou nour- 
rir les jeunes fruits avec les feuilles de l'année, comme la vigne. 

Toute la question consiste donc à faire passer le pommier dans la catégorie 
des arbres fruitiers où l'épanouissement des feuilles précède la floraison de 
façon à assurer avec les ressources de l'année la nutrition des fruits. La solu- 
tion que l'exemple du cerisier éveille aussi dans l'esprit serait moins intéres- 
sante, car les variétés trop précoces sont forcément pauvres en sucre. 

Or il se trouve précisément qu'il existe des exemples de variétés de pom- 
miers chez lesquels les feuilles s'épanouissent bien avant les fleurs et qui 
fournissent par suite des récoltes annuelles. 

On explique ce résultat en disant que les feuilles protègent les jeunes fleurs 
contre les intempéries. Cette interprétation est justement l'opposé de la vérité. 
Les feuilles évaporent beaucoup et présentent une grande surface de rayonne- 
ment; elles refroidissent donc très énergiquement et exposent les fleurs aux 
inconvénients de la gelée blanche. 

Mais si l'interprétation est fantaisiste, le résultat n'en est pas moins intéres- 
sant, et c'est évidemment dans la sélection de variétés capables de produire 
des récoltes annuelles et de fruits très riches en sucre qu'il faut rechercher.les 
moyens d'améliorer l'industrie cidrière. 

On peut ainsi affirmer que la vigne et le pommier, autant que la betterave, 
sont des plantes à aptitudes variées, susceptibles d'être l'objet d'une sélection 
très active. Malheureusement, elles ne présentent pas la souplesse de la bette- 
rave, qui est bisannuelle et annuelle quand on le voudra; mais ce n'est pas une 
raison pour ne pas pousser aussi loin que possible dans la voie de l'amélioration 
telle fonction qui présente une grande importance économique. Les producteurs 
de cidre peuvent se livrer à ces recherches, parce que le pommier ne constitue 
qu'un appoint de second ordre, dans les rendements de la ferme ; les autres cul- 
tures assurent sinon tous les bénéfices, du moins la subsistance, de sorte que, 
dans ces conditions, les résultats peuvent se faire attendre. 



156 



P. MAZÉ. — LA CRISE VITICOLE 



Il n'en va pas de même dans nos départements du Midi; la vigne a tout 
envahi, la vallée, la plaine et les coteaux. Il n'y a plus de place pour les autres 
cultures; et c'est ce système que déplore avec raison M. Prosper Gervais. 

Il laisse, en effet, les vignerons désarmés en face d'une crise imprévue ; et 
comme ils ne peuvent pas attendre, il est certain que les quelques années de 
tâtonnements toujours inévitables qui accompagnent une évolution si importante 
seront dures à passer. 

Pour les réduire dans la mesure du possible, il faudrait être fixé sur la voie à 
suivre et les mesures à adopter, et sur ce point, on ne peut malheureusement se 
livrer qu'à des conjectures. 

Je ne pense pas pourtant que nos départements vinicoles soient fondés à 
attendre une atténuation sensible à leurs maux de la culture des céréales, ni 
même de l'industrie laitière. La culture des céréales convient essentiellement 
aux régions du Nord ; l'élevage et surtout la production du lait trouventdans nos 
climats maritimes des conditions exceptionnellement favorables et si l'on songe 
qu'ils constituent également la ressource la plus importante de nos régions de 
l'Est et de nos contrées montagneuses, on se demande, non sans raison, s'il est 
prudent de se livrer à ces industries dans les départements peu favorisés. 

Il n'en est pas de même de la culture de la betterave à sucre. Autant, sinon 
plus que les régions du Nord, certaines parties du Midi de la France se prêtent 
à cette culture. Que faut-il pour cela ? Je l'ai dit : une terre fertile, de l'eau, de la 
lumière et de la chaleur; delà lumière surtout, car la lumière est la force géné- 
ratrice du sucre. 

Dans le Midi, la durée de la végétation est longue ; elle commence au mois 
d'avril pour se terminer à la fin d'octobre. C'est une condition importante de 
succès; la betterave doit réussir à merveille partout où le sol peut être irrigué 
s'il n'est pas naturellement humide. 

Mais pourquoi cultiver la betterave puisque la production du sucre dépasse 
déjà la consommation? S'il ne s'agissait que de se dresser en concurrents des 
agriculteurs du Nord, ce serait peine perdue ; mais nous cherchons les meilleurs 
moyens de tirer parti des ressources naturelles dont dispose l'agriculture 
française ; et il n'est pas prouvé justement que du côté de la production sucrière, 
elle ne soit pas très bien desservie dans les vallées fertiles qui s'étendent le long 
des Alpes ou rayonnent autour du Plateau central. 

D'un autre côté, la culture des fruits et des primeurs constitue une source de 
revenus qui ne peuvent que s'accroître, si on veut bien accorder à cette branche 
Ions les soins qu'elle mérite. Jusqu'ici, on s'est contenté, dans beaucoup de 
régions,, de produire des fruits de table, un peu par habitude, de considérer cette 
culture comme un art d'agrément sans lui réclamer une participation sérieuse 
et régulière aux revenus de la ferme. 

Dans les années d'abondance, les fruits n'ont aucune valeur et on les abandonne 
sur les arbres comme si on ignorait que les neuf dixièmes de la surface du 
globe ne produisent pas de fruits, et que les trains et les paquebots permettent 
de les transporter rapidement dans les contrées qui en sont privées, à l'état 
frais ou sous forme de conserves. 

Mais les usines manquent, on ne prépare pas en France de conserves de fruits 



P. MAZÉ. 



— LA CRISE VITICOLE 



157 



secs abricots, pêches, pommes); on fait peu de fruits confits et peu de confi- 
tures. Ces dernières industries se sont surtout développées en Angleterre à la 
faveur du régime exceptionnel dont ce pays jouissait dans le commercé du sucre. 
Les États continentaux, qui payaient des droits très élevés sur les sucres, avaient 
trouvé le moyen de donner aux fabricants des primes à l'exportation, ce qui per- 
mettait à nos voisins de venir nous acheter nos fruits à bon compte pour alimen- 
ter une industrie qui n'aurait pas pu supporter chez nous la concurrence anglaise. 

La situation a changé aujourd'hui à notre avantage; les vignerons ne pensent 
pas ainsi ; mais les fabricants de conserves de fruits et de confitures doivent être 
de cet avis : je pense donc que l'occasion est bonne pour les vignerons de regarder 
un peu du côté de l'horticulture, et pour les industriels de créer ou de développer 
leurs usines. 

Le renchérissement du sucre n'est d'ailleurs pas probable; au contraire, c'est 
une denrée de première nécessité dont la consommation prendra en France des 
proportions considérables si les règlements ne viennent pas en ralentir l'élan 
et si les agriculteurs et les industriels s'entendent pour l'encourager. 

Il faut reconnaître aussi que l'opinion des savants, qu'il est bon quelquefois de 
connaître particulièrement dans les questions d'industries alimentaires, est bien 
faite pour stimuler les- efforts de ceux qui marcheront dans cette voie. 

De plus en plus les hydrates de carbone reviennent en honneur et de la bonne 
manière. De nombreuses expériences ont prouvé que le sucre doit, sous une 
forme quelconque, prendre une part prépondérante à l'alimentation de l'homme. 
Les matières azotées doivent fournir à l'organisme les éléments durables et for- 
mer la base de la cellule vivante ; les matières ternaires en constituent les parties 
périssables; si la ration n'est pas bien constituée, si elle est trop riche en matiè- 
res azotées, celles-ci jouent le rôle des matières ternaires ; elles ne sont pas faites 
pour cet usage ou du moins elles les remplissent fort mal, car elles donnent nais- 
sance à des substances de désassimilation qui sont nuisibles à l'organisme, qui 
usent et surmènent certains organes comme le foie et les reins et causent à la 
longue des maladies qui sont à la classe aisée ce que l'alcoolisme est à la classe 
pauvre. Les matières ternaires ne présentent pas ces dangers; elles se transfor- 
ment intégralement en eau et acide carbonique et ne produisent, par conséquent, 
aucune substance toxique. Voilà les idées qui régnent aujourd'hui dans les mi- 
lieux savants. 

Il s'agit donc de s'y conformer et d'en tirer profit. Les graisses ne peuvent pas 
être absorbées à dose massive, ni le sucre non plus, mais celui-ci présente l'avan- 
tage de se plier aux exigences des plus difficiles et de se prêter aux transforma- 
tions les plus diverses. La préparation des boissons fermentées en absorbe beau- 
coup, trop même puisque la viticulture ne nourrit plus son monde. C'est donc 
vers les industries de conserve qu'il faut canaliser les excédents ; j'ai indiqué de 
quelle façon et c'est là la conclusion à laquelle je voulais aboutir. 

Il s'écoulera encore bien des années avant que cette évolution ne soit un 
fait accompli et qu'elle porte tous ses fruits. Ce sont les fonds qui manquent, et 
voila pourquoi les mesures législatives sont nécessaires. Conçues dans cette 
pensée qui devrait toujours présider aux réglementations de la production, elles 
auront l'avantage de ne pas susciter des questions de rivalité basées sur des 
traitements de faveur accordés à certaines régions au détriment des autres. 

La Nord et le Midi se complètent dans le domaine de l'agriculture. Si l'on 



158 



ACTUALITÉS 



devait se prononcer sur les richesses naturelles de l'une ou l'autre régions, on 
serait fort embarrassé de dire quelle est la plus favorisée. Il s'agit donc, avant 
tout, de les exploiter de façon à en tirer le meilleur parti. 

Cette conception ne laisse pas de place aux réglementations. Les questions 
économiques sont régies par des lois plus profondes et plus stables, plus cruelles 
aussi quelquefois, que celles qui sortent de l'esprit du législateur, et c'est avec 
elles seules qu'il faut compter; ces lois-là existent dans la nature et c'est la 
science qui nous les révèle. On peut paralyser leur influence, et jusqu'à un 
certain point arrêter leur évolution; mais cela ne veut pas dire que ceux qui 
auront obtenu ce résultat illusoire n'en souffriront pas plus après qu'avant; car, 
de moins en moins, elles s'inclinent devant les frontières. Le jour où celles-ci 
n'existeront plus pour elles il ne faudra pas être pris au dépourvu. 

«P. Mazé, 
Chef de service à l'Institut Pasteur. 
_ — + 

ACTUALITÉS 



Greffage sur boutures et sur racines (Ed. Zacharewicz). — Le budget de 1907 : loi de finance. 
Taxes sur les assurances; régime des vins de liqueur et des absinthes ; surveillance des bouil- 
leurs de cru ; délai de prescription des procès-verbaux de régie. — La viticulture à la Chambre : 
enquête sur la crise vinicole. — Méthodes d'analyse des vins : arrêté ministériel (fin). — Mérite 
agricole : promotions et nominations. — .Nécrologie : Robert Pilter. — Grandes réunions 
agricoles de Paris. — Concours de raisins de table, de cultures adjointes à la vigne et de 
pompes à Montpellier. — Foire aux vins de Saumur. — Bibliographie : Arboriculture frui- 
tière, par L. Bussard et G. Duval. Utilisation à la ferme des déchets et résidus industriels, 
par J. Fritsch. Annales de l'Institut national agronomique. 

Greffage sur boutures et sur racinés. — On sait tous les soins 
qu'exigent les greffes faites sur place, mais sur lesquels nous reviendrons au 
moment voulu, si l'on veut obtenir des souches durables. Or, tous ces soins 
peuvent être évités si l'on fait usage pour les plantations de greffés-soudés. C'est 
un mode de multiplication qui consiste à greffer en fente pleine, ou mieux encore 
en fente anglaise, avec un greffon à un ou deux yeux, des boutures d'une lon- 
gueur de 0 m 25 à 0 m 30 qu'on ligature simplement avec du raphia. 

Ce greffage peut être fait chez soi vers la fin de l'hiver, alors que les travaux 
de la campagne chôment, et les greffes ainsi obtenues sont conservées en strati- 
fication dans du sable sec, pour être mises en pépinière au mois de mars, avril 
et même mai. 

Plusieurs communes de Vaucluse ont la spécialité de ce greffage, vu que le 
terrain y est très propice à sa réussite. Les agriculteurs reçoivent des commer- 
çants les bois américains et français à greffer, ils fournissent le terrain, donnent 
les soins de culture et sont payés à tant le mille de plants soudés. 

La réussite n'est certaine qu'en établissant la pépinière dans un terrain léger, 
bien ameubli et fertile pouvant être soumis à l'arrosage. On place les greffes- 
boutures à une distance de 10 à 1 5 centimètres les unes des autres, dans un fossé 
de 0 m 25 de profondeur sur 0 m 30 de large. Les rangées sont séparées par une 
largeur de Q m &0. On met au fond une couche de sable destinée à favoriser l'en- 
racinement du sujet dont on a eu soin d'enlever par une coupe bien nette les 
bourgeons et d'opérer le décorticage de la base. Puis, on met quelques centi- 
mètres de terre Jet par dessus la fumure au tourteau, en ayant soin que ce der- 
nier ne touche pas les plants, auquel on associe du superphosphate de chaux, 
étant reconnu que l'acide phosphorique exerce une action manifeste sur le bon 



ACTUALITÉS 



i59 



aoûtement du bois; des expériences que nous avons faites à ce sujet ont été des 
plus concluantes, les rangées qui n'avaient pas reçu du superphosphate ont eu 
leurs sarments compromis par les froids d'hiver. 

L'engrais est recouvert par de la terre jusqu'à la soudure qui doit être au 
niveau du sol. Pour garantir les greffons du contact de l'air, on forme une butte 
continue de sable ou de terre très fine. 

On opérera pendant le courant de la végétation des binages : fin juillet, on 
visitera les greffes, pour couper les racines françaises émises, et on donnera des 
arrosages. 

Les sulfatages doivent commencer dès que les bourgeons émis ont quelques 
centimètres et être répétés tous les quinze jours. Ne pas négliger non plus les 
soufrages. 

En vue de pouvoir sélectionner les greffes-boutures au sortir de la pépinière, 
on devra faire le double de greffes que ce dont on croit avoir besoin. Par la 
plantation de greffes-boutures à soudures irréprochables, on est assuré d'avoir 
un vignoble uniforme et sans vides, ce qui n'a pas lieu avec les greffes sur place, 
puisqu'on ii'a que dans les conditions exceptionnelles une reprise de 90 % . 

On reproche toutefois au premier système d'avoir moins de vigueur et d'être 
moins fructifère pendant les premières années que le second, à cause de la trans- 
plantation qu'on lui fait subir. Il est vrai, mais au bout de quelques années, si on 
compare les deux vignobles, on verra d'un côté des souches différemment âgées 
par suite des greffages successifs qu'il aura fallu faire pour pouvoir régulariser 
la plantation, et des greffes qui, semblant avoir réussi la première année, pré- 
senteront dans leurs soudures des imperfections qui auront nui à la vitalité du 
greffon ; tandis que de l'autre côté on verra les vignes régulières, comme on les 
obtenait avec les plants français, à rendement plus élevé. On ne doit donc pas 
hésiter dans la plantation d'un vignoble à donner la préférence aux plants gref- 
fés-soudés. 

On peut encore greffer des boutures enracinées en pépinière sur place, pour 
avoir plus de chance de réussite, puisque la greffe n'aura qu'à se souder sans 
avoir à s'enraciner en même temps. On choisira pour mettre en pépinière des 
plants de grosseur moyenne, que l'on mettra à une distance de 12 à 15centimètres 
environ, en donnant aux lignes un écartement de 80 centimètres, qui facilitera 
le développement de la bouture en même temps que le greffage. Cette opération 
sera faite au printemps d'après, et on traitera les greffes sur racinés de la même 
manière que les greffes sur boutures. — Ed. Zacuarewicz. 

L.8 budget de 1907 : Loi de finance. — On sait combien a été pénible 
l'élaboration du budget de 1907. La loi portant fixation du budget général des 
dépenses et recettes de Vexercice 1907 a cependant pu être adopté par les deux 
Chambres, après vote d'un douzième provisoire seulement, le mercredi 
30 janvier. Dès Le lendemain, 31, elle a été promulguée par son insertion au 
Journal officiel. 

Le total des crédits ouverts par cette loi s'élève à 3.833.825.303 francs. Sur ce 
chiffre de dépenses prévues, le service de la dette publique entre pour 
1.233.528.964 francs; le ministère de la Guerre absorbe, d'aulre part, à lui seul, 
779.98fr.139 francs, et celui de la Marine, 312:169.819 francs affectés, pour la 
plus grande partie, à l'entretien de la flotte. Ainsi, les dépenses improductives, 
qu'elles nous aient été léguées par le passé ou qu'elles résultent des exigences de 



160 



ACTUALITÉS 



la défense nationale, dépassent certainement deux milliards; elles représentent 
plus de la moitié de nos charges totales. La part des emplois de fonds productifs 
est réduite d'autant. Le budget du ministère de l'Agriculture, en particulier, a 
été arrêté à 13.939.600 francs. 

Comme chaque année, la loi de finances de 1907 a apporté diverses modifi- 
cations à notre organisation fiscale et économique. Ce n'est pas sans quelque 
peine qu'on parvient à les suivre dans un document de ce genre, destiné à 
régler les dépenses et les recettes d'un exercice déterminé. On est, en outre, 
assez généralement disposé à oublier ses dispositions à effet définitif quand 
celles qui visent des reMiltàts plus immédiats ne présentent plus qu'un intérêt 
rétrospectif; on ne s'y reporte pas facilement. Aussi n'est-il que plus utile d'en 
détacher les passages essentiels. 

La loi de finance de 1907 comprend notamment des innovations relatives 
aux impôts qui pèsent sur les sociétés d'assurances autres que les sociétés 
d'assurances mutuelles agricoles ; au régime des vermouths, vins de liqueur 
ou d'imitation, mistelles, absinthes ; à la surveillance des bouilleurs de cru, 
ainsi que des transports d'alcool, et enfin, au délai de prescription des procès- 
verbaux de régie. Elle autorise, d'autre part, la création d'un emploi de chef 
de service pour l'inspection des laboratoires des établissements de vente des 
denrées et produits pharmaceutiques et alimentaires. Les textes relatifs à ces 
derniers objets sont les suivants : 



Art. 5. — En sus de la taxe annuelle de 
6 francs par million établie par la loi du 
13 avril 1898, il est institué une taxe de 
12 francs par million sur le capital assuré 
par les compagnies et sociétés d'assurances 
françaises et étrangères. Cette taxe est 
réduite à 3 francs par million pour les com- 
pagnies et sociétés qui justifient que l'en- 
semble des capitaux assurés par elles ne 
dépasse pas 1 milliard ; elle est réduite à 
6 francs par million pour les compagnies 
et sociétés qui justifient que l'ensemble 
des capitaux assurés par elles est compris 
entre 1 et 3 milliards. 

Sont et demeurent exempts de cette taxe 
les capitaux assurés aux caisses départe- 
mentales et aux sociétés d'assurances mu- 
tuelles agricoles constituées aux termes de 
la loi du 5 juillet 1900, ainsi que les capi- 
taux réassurés par lesdites caisses ou 
sociétés. 

Art. 6. — La taxe établie par l'article 
précédent ne vise pas le contrat d'assu- 
rance. Elle s'ajoute aux frais généraux de 
l'assureur, qui ne pourra en aucun cas la 
récupérer sur l'assuré, sauf en ce qui con- 
cerne les sociétés d'assurances mutuelles 
contre l'incendie constituées conformément 
aux termes du décret du 22 janvier 1868. 

Art. 10. — Le paragraphe 1« de l'ar- 
ticle 21 de la loi de finances du 13 avril 1898 
est remplacé par la disposition suivante : 

Par dérogation aux dispositions de l'ar- 
ticle 3 de la loi des 1-3 septembre 1871 , les 
vermouts et vins de liqueur ou d'imitation 
sont imposés pour leur force alcoolique 



totale et passibles des droits entiers de con- 
sommation et d'entrée, avec un minimum 
de perception de 15 degrés pour les vins de 
liqueur ou d'imitation proprement dits et 
de 16 degrés pour les vermouts, vins de 
quinquina et similaires. 

Art. 11. — Les mistelles autres que 
celles prises en charge pour la fabrication 
des vermouts, vins de quinquina et simi- 
laires, seront, au point de vue des droits 
intérieurs, soumises au même régime que 
les vins de liqueur ou d'imitation. 

Art. 12. — L'alcool employé à la prépa- 
ration des vins doux naturels, dans les 
conditions prévues à l'article 22 de la loi 
du 3 avril 1898, est passible du droit entier 
de consommation. 

Art. 13. — Dans le délai de trois, jours 
à partir de la promulgation de la présente 
loi, les commerçants et dépositaires de 
vermouts, de vins de liqueur ou d'imita- 
tion, établis en tous lieux, Paris compris, 
seront tenus de déclarer au bureau de U 
régie les quantités de ces boissons existant 
en leur possession. Ces quantités seront 
ensuite reprises par voie d'inventaire et 
soumises à la taxe complémentaire résul- 
tant du nouveau tarif. Toute quantité qui 
n'aura pas été déclarée donnera lieu, en 
sus, au payement d'une amende égale au 
double (les droits exigibles. 

Art. 14. — Pour La perception du droit 
d'octroi, la liquidation continuera à se faire 
dans les conditions prévues par l'article 21 
de la loi du 13 avril 1S98. 

Art. 15. — Une surtaxe de 50 francs 
par hectolitre d'alcool pur est établie en 



ACTUALITÉS 



161 



addition au droit général de consommation 
sur les absinthes et similaires, sur les 
bitters, les amers et sur toutes boissons 
apéritives autres qu'à base de vin. La per- 
ception de cette surtaxe sera effectuée sur 
un minimum de 55 degrés pour les absin- 
thes et similaires et de 30 degrés pour les 
bitters, amers et autres boissons apéritives. 

Toute personne voulant se livrer à la 
fabrication des produits énumérés au para- 
graphe précédent est tenue d'en faire, huit 
jours au moins à l'avance, la déclaration 
au bureau de la régie. Les fabricants sont 
soumis en tous lieux aux visites et vérifi- 
cations du service des contributions indi- 
rectes. Est considérée comme fabrication 
toute opération ayant pour effet d'aug- 
menter le volume ou la teneur en alcool 
des produits passibles de la surtaxe. 

Pour les absinthes et similaires, d'une 
part, les amers, bitters et autres boissons 
apéritives d'autre part, des comptes dis- 
tincts de ceux concernant les autres 
spiritueux et soumis aux mêmes règles 
sous les mêmes sanctions pénales seront 
tenus chez les fabricants et chez tous les 
commerçants assujettis aux vérifications 
du service. 

Dans le délai de trois jours à partir de 
la promulgation de la présente loi, les fa- 
bricants, commerçants et dépositaires, en 
tous lieux, Paris compris, seront tenus de 
faire au bureau de la régie la déclaration, 
par espèces, des quantités existant en 
leur possession. Ces quantités seront re- 
prises par voie d'inventaire et immédiate- 
ment soumises à l'impôt. Lorsque les 
droits à payer d'après chaque décompte 
s'élèveront à 300 francs au moins, ils pour- 
ront être acquittés en obligations caution- 
nées dans les conditions déterminées par 
la loi du 15 février 1875. 

Les contraventions aux dispositions du 
présent article seront punis des peines 
édictées par les paragraphes 2 et 3 de l'ar- 
ticle 14 de la loi du 29 décembre 1900. 

Art. 16. — L'article 4 de la loi du 
26 mars 1872 est complété comme il 
suit : 

Un décret rendu sur l'avis du Comité 
consultatif des arts et manufactures déter- 
minera la teneur maximum en essence 
d'absinthe et la teneur globale maximum 
en essences de toutes sortes que peuvent 
renfermer les absinthes et similaires li- 
vrables à la consommation. 

Tout produit renfermant de l'essence 
d'absinthe et ayant une teneur supé- 
rieure à l'un ou à l'autre des maxima 
fixés en vertu du paragraphe précédent 
sera soumis aux dispositions du présent 
article. 

Art. 17. — La fabrication de l'essence 
d'absinthe, des produits assimilés par le 
dernier paragraphe de l'article précédent 
et des produits susceptibles de les suppléer 
ne peut avoir lieu que dans des établisse- 



ments soumis à la surveillance perma- 
nente du service des contributions indi- 
rectes ; les frais de surveillance sont à la 
charge des fabricants ; le décompte en est 
arrêté annuellement par le ministre des 
finances, d'après le nombre et le traite- 
ment des agents attachés à chaque éta- 
blissement. Les quantités fabriquées sont 
prises en compte. Les pharmaciens et 
autres détenteurs sont comptables des 
quantités qu'ils reçoivent. Un décret dé- 
terminera les obligations des fabricants et 
de tous détenteurs autres que les pharma- 
ciens. 

Aucune quantité de ces produits ne 
pourra circuler soit pour l'intérieur, soit 
pour l'exportation, que dans des caisses, 
boîtes ou flacons numérotés, revêtus du 
plomb de la régie qui devra être représenté 
intact à l'arrivée, et accompagné d'un 
acquit-à-caution indiquant le numéro et 
le poids de chacune des caisses, boîtes et 
flacons composant le chargement, ainsi 
que le poids du produit contenu dans ces 
récipients. Ces dispositions seront égale- 
ment applicables aux produits similaires 
importés. 

Est interdit dans la fabrication des ab- 
sinthes, bitters, amers et produits simi- 
laires l'emploi de tout produit chimique 
pour suppléer aux essences naturelles 
provenant de la macération ou de la dis- 
tillation des plantes. Sont également in- 
terdites l'importation, la circulation et la 
mise en vente des absinthes, bitters, amers, 
et produits similaires contenant ces ingré- 
dients chimiques. 

Art. 18. — Les contraventions aux dis- 
positions de l'article qui précède et à celles 
du décret rendu pour son exécution se- 
ront punies de la confiscation des objets 
saisis, d'une amende de 500 à 5.000 francs 
et du payement du quintuple du droit 
fraudé ou compromis à raison de 500 francs 
par kilogramme d'essence mise en circu- 
lation, détournée ou fabriquée en fraude, 
ou de produits chimiques destinés à sup- 
pléer aux essences naturelles et dont la 
présence sera constatée dans les ab- 
sinthes, bitters, amers et produits simi- 
laires. 

Les contestations qui pourront s'élever 
sur la nature des produits et sub- 
stances visées aux articles 15, 16 et 17 
seront déférées aux commissaires experts 
dans les formes prévues par les lois 
des 27 juillet 1822, 7 mai 1881 et il juil- 
let 1802. 

Art. 19. — Toute contravention aux 
lois et règlements sur les spiritueux en- 
traîne, dans tous les cas, indépendamment 
des pénalités actuellement en vigueur, 
le paiement du quintuple droit de con- 
sommation sur les spiritueux fabri- 
qués, recèles, enlevés ou transportés en 
fraude. 

Le bouilleur de cru qui aura enlevé ou 



162 



ACTUALITÉS 



laissé enlever de chez lui des spiritueux 
sans expédition ou avec une expédition 
inapplicable sera, indépendamment des 
peines principales dont il est passible, 
responsable du quintuple droit prévu au 
paragraphe précédent et sans préjudice 
de la loi du 6 août 1905. 

Art. 20. — En cas de fraude sur les 
spiritueux au moyen d'engins disposés 
pour les dissimuler et en cas de trans- 
port, en vue de la vente, d'alcool de cru 
ou d'alcool fabriqué clandestinement, les 
contrevenants et leurs complices seront 
punis, en outre des pénalités actuel- 
lement en vigueur, de six jours à six 
mois d'emprisonnement. En cas de ré- 
cidive, cette peine sera de un mois à un 
an. 

Seront considérés comme complices de 
la fraude et passibles comme tels des 
peines ci-dessus, tous individus qui au- 
ront concerté, organise' ou sciemment 
procuré les moyens à l'aide desquels la 
fraude a été commise, ceux qui auront 
formé ou sciemment laissé former dans 
leurs propriétés ou dans des locaux tenus 
par eux en location des dépôts clandestins 
d'alcool en vue des fraudes prévues au pa- 
ragraphe précédent. 

L'article 463 du code pénal est appli- 



cable aux pénalités instituées par le pré- 
sent article. 

Art. 21. — L'article 14 de la loi du 
6 août 1905 est complété ainsi qu'il 
suit : 

Les dispositions qui précèdent ne sont 
pas applicables aux visites ayant pour 
objet la découverte : 1° des fraudes inté- 
ressant le monopole des tabacs ; 2° des 
fraudes relatives au sucrage, à la fa- 
brication, à la détention, à la vente ou à 
la mise en vente des vins artificiels ; 3° des 
distilleries clandestines dans les villes 
ayant une population agglomérée de 
4.000 habitants et au-dessus. 

Art. 22. — La prescription de quatre 
mois, édictée par l'article 7 de l'ordon- 
nance du il juin 1816, ne s'applique pas 
à l'action correctionnelle qui résulte de 
contraventions aux lois et règlements en 
matière de contributions indirectes et qui 
sera exercée dans les délais et formes or- 
dinaires. 

Art. 75. — Est autorisée la création, à 
l'administration centrale du ministère de 
l'agriculture, d'un emploi de chef de ser- 
vice pour l'inspection des laboratoires et 
établissements de vente des denrées et 
produits pharmaceutiques et alimentaires. 



Nous noierons enfin, parmi les nouvelles disposilions consacrées par la loi de 
finances, les prescriptions relatives à la constitution des sociétés nouvelles; la 
fixation à 3 francs par place de la taxe sur les vélocipèdes ; l'élévation de 1 franc 
à 2 francs par 100 kilogrammes de la taxe de raffinage des sucres, la surveillance 
des allumettes, le relèvement du port des imprimés non périodiques; la réduc- 
tion à un an du délai de prescription des mandats-poste ; l'autorisation de renvoyer 
dans leurs foyers des soutiens de famille de la classe 1903. Ce sont autant de 
mesures qu'il importe de connaître dans toutes les situations. — C. R. 

La viticulture à la Chambre : Enquête sur la crise vinicole. — Dans sa 
séance du 2o janvier, la Chambre a décidé de nommer une commission de vingt-deux 
membres qui aura pour tâche de faire une enquête sur la production, le transport et la 
vente des vins, et de rechercher tous les moyens propres de mettre fin à la crise qui 
pèse sur l'industrie vinicole. 



Méthodes d'analyse des vins : Arrêté ministériel. — Nous avons 
public dans notre dernier numéro la première partie de l'arrêté ministériel en 
date du 18 janvier relatif aux méthodes d'analyse des vins. En voici la fin : 

Le filtrat limpide est divisé en deux 
tubes à essai. Dans le premier on ajoute 
1 centimètre cube de solution de chlorure 
de baryum à 10% et dans le second 1 cen- 
timètre cube d'acide sulfurique au dixième. 
< >n agite et on examine les deux tubes 
côte à côte; si l'essai fait avec . r > centimè- 
tres cubes de solution titrée de chlorure 
de baryum donne un trouble par 80 4 H', 
c'est que le vin renferme moins de 
1 gramme de sulfate de potasse par litre. 
On examine alors l'essai fait avec 7 c,n3 ,5 



SULFATE de potasse. — Essai approxi- 
matif. — On prépare une solution renfer- 
mant par litre 2 gr. 804 de chlorure 
de baryum cristallise (correspondant à 
10 centimètres d'acide 



2 gr. 80 4 K a ) et 
chlorhydrique. 

Dans trois tubes à essai on plac< 
timètres cubes de vin et on ajoute 
premier !> centimètres cubes de 
barytique, dans le deuxième 7 cm:j . f i 
le troisième, 10 (Multimètres cubes, 
agite, on chauffe, puis on Hltre. 



10 cen- 
dan.8 le 
liqueur 
et dans 
On 



ACTUALITÉS 



163 



de liqueur barytique. Si SO l H 2 donne un 
trouble, la quantité de sulfate de potasse 
est comprise entre 1 gramme et 1 gramme 
et demi. Si, au contraire, c'est BaCl 2 qui 
donne le trouble, c'est que le vin contient 
plus de 1 gramme et demi de sulfate de 
potasse par litre, et on fait alors l'essai du 
troisième tube, ce qui montre si la quan- 
tité de sulfate de potasse est comprise 
entre 1 gramme et demi et 2 grammes ou 
supérieure à 2 grammes. 

Dosage. — 50 centimètres cubes de vin 
additionnés de 1 centimètre cube d'HCl 
sont portés à l'ébullition ; on ajoute alors 
2 centimètres cubes de solution de chlo- 
rure de baryum à 10% on fait bouillir 
pendant quelques instants, puis on laisse 
déposer à chaud pendant quatre à cinq 
heures. On recueille ensuite le sulfate de 
baryte qu'on calcine et qu'on pèse en ob- 
servant les prescriptions classiques. 

Le poids obtenu X 14,94 donne K 2 S0 5 
par litre. Le résultat sera indiqué sous la 
forme : sulfates exprimés en S0 5 K 2 . 

Chlorures (méthode Denigès). — Vins 
rouges. — On chauffe dans une capsule de 
porcelaine 50 centimètre cubes de vin 
jusqu'à l'ébullition qu'on maintient deux 
ou trois minutes ; cela fait, on enlève le 
feu et on ajoute 2 centimètres cubes d'a- 
- cide azotique pur; on agite. Le liquide 
devient d'abord rouge très vif, puis jaunit 
en laissant déposer des flacons colorés. Si 
ce résultat n'est pas atteint au bout d'une 
minute, on chauffe à nouveau et on ajoute 
encore 1 centimètre cube d'acide. Dès 
qu'on Ta obtenu, on ajoute 20 centimètres 
cubes d'azote d'argent N/10 ; on laisse re- 
froidir; on verse dans une riole jaugée de 
200 centimètres cubes et on complète à 
200 centimètres cubes avec de l'eau : on 
mélange le liquide ; on filtre et on rejette 
les premières portions du filtrat jusqu'à ce 
que celui-ci soit parfaitement clair. On 
recueille 100 centimètres cubes de liquide 
filtré qu'on place dans un ballon de verre : 
on y ajoute 15 centimètres cubes d'ammo- 
niaque, 10 gouttes de solution d'iodure de 
potassium à 20 % qui doivent produire 
un trouble si la proportion de solution ar- 
gentique ajoutée au début était insuffisante; 
ensuite on verse iO centimètres cubes de 
solution de cyanure de potassium d'un ti- 
tre tel qu'elle corresponde volume à vo- 
lume dans le dosage ultérieur avec le ni- 
trate d'argent N/10, qui rend à nouveau la 
solution limpide. On verse enfin de la so- 
lution de nitrate d'argent N/10 placé dans 
une burette, jusqu'à ce que le liquide de- 
vienne louche et comme fluorescent. 

Soit n le nombre de centimètres cubes 
de nitrate d'argent qu'on a dû employer : 
n X 0,234 = NaCl par litre, 
Vins blancs. On évapore 50 centimètres 
cube* de vin, à moitié, on ajoute alors 
l'acide azotique puis, très rapidement après 



l'azotate d'argent; on laisse refroidir lente- 
ment; on complète le volume à 200 centi- 
mètres cubes, et on continue comme ci- 
dessus. 

Acide citrique (procédé Denigès). — 
On additionne 10 centimètres cubes de 
vin de 1 gramme environ de bioxyde de 
plomb, on agite, puis on ajoute 2 centimè- 
tres cubes d'une solution de sulfate de 
mercure (1), on agite de nouveau et on fil- 
tre. On place dans un tube à essai 5 à 6 
centimètres cubes de liqueur filtrée ; on 
porte à l'ébullition et on ajoute une goutte 
de permanganate de potasse à 1 p. 100; 
après décoloration, on ajoute une autre 
goutte de caméléon, et ainsi , de suite jus- 
qu'à 10 gouttes. 

Les vins normaux donnent ainsi un 
louche très faible. 

A la dose de 10 centigrammes par litre le 
trouble est nettement accusé ; il est accom- 
pagné d'un précipité floconneux à partir de 
40 centigrammes par litre. 

Quand on constate la présence de l'acide 
citrique, on fait des essais comparatifs avec 
des solutions à titre connu d'acidecitrique 
pour obtenir une évaluation de cet acide. 

Matières colorantes étrangères. 
— On fait les trois essais suivants : 

a) 50 centimètres cubes de vin rendus 
alcalins par l'ammoniaque sont agités avec 
15 centimètres cubes environ d'alcool amy- 
lique bien incolore. 

L'alcool amylique ne doit pas se colorer ; 
s'il est resté incolore, on le décante, on le 
jiltreeton l'acidifie par l'acide acétique ; 
il doit également rester incolore. 

6) Le vin est traité par une solution 
d'acétate de mercure à 10 % jusqu'à ce que 
la laque formée ne change plus de cou- 
leur, puis on ajoute un petit excès de ma- 
gnésie, de façon à obtenir une liqueur 
alcaline. On fait bouillir ; on filtre. Le 
liquide, rendu acide par addition d'un petit ' 
excès d'acide sulfurique dilué, doit rester 
incolore. 

c) 50 centimètres cubes de vin sont pla- 
cés dans une capsule de porcelaine de 7 à 
8 centimètres de diamètre; en ajoute une 
ou deux gouttes d'acide sulfurique au di- 
xième et on plonge dans le liquide un 
mouchet de laine blanche. On fait bouillir 
pendant cinq minutes exactement en ajou- 
tant de l'eau bouillante au fur et à mesure 
que le liquide s'évapore. On retire le mou- 
chet qu'on lave sous un courant d'eau. Ce 
mouchet doit être à peine teinté en rose 
sale. Plongé dans l'eau ammoniacale, il 
doit prendre une teinte vert sale peu ac- 
centuée. 

(l) Pour obtenir cette solution, prendre : 

Oxyde de mercure •> gr. 

SO'*H 2 concentré 20 c. c. 

Eau 100 



164 



ACTUALITÉS 



Antiseptiques {acide salicylique, acide 
borique, acide fluorhydrique, saccharine). — 
Voir l'instruction spéciale. 

Acides minéraux libres. — Lorsque 
la proportion de sulfate de potasse sera 
élevée par rapport à la teneur en cendres, 
il y aura lieu de rechercher l'acide sulfu- 
rique libre. Dans ce but, on effectuera un 
nouveau dosage d'acide sulfurique sur les 
cendres du vin; celles-ci seront reprises 
par l'eau acidulée par HC 1 . Si le dosage 
de l'acide sulfurique effectué sur les cen- 
dres donne un résultat plus faible que ce- 
lui effectué sur le vin, on conclura à la 
présence d'acide sulfurique libre. 

Lorsque la proportion de chlorures cal- 
culés en chlorure de sodium sera élevée 
par rapport à la teneur en cendres, il y 
aura lieu de rechercher l'acide chlorhydri- 
que libre. Dans ce but, on distillera jus- 
qu'à sec 50 centimètres cubes de vin et on 
recherchera HOl dans le produit distillé. 
Si la présence de cet acide s'y révèle net- 
tement par les réactifs usuels, on conclura 
à la présence d'acide chlorhydrique libre. 

Acide sulfureux dans les vins blancs 
et ROSÉS. — A. Essai préliminaire. — 
Dans un matras de 200 centimètres cubes 
environ de capacité, on introduit 25 centi- 
mètres cubes d'une solution de potasse 
caustique à 56 grammes par litre, puis 
50 centimètres cubes de vin. On bouche le 
matras; on agite pour mélanger le vin et la 
solution alcaline, et on laisse agir à froid 
pendant 15 minutes. Cette partie de l'opé- 
ration a pour but de détruire les combinai- 
sons que l'acide sulfureux a contractées 
avec les substances aldéhydiques du vin et 
de faire passer cet acide à l'état de sulfite 
de potasse. On ajoute ensuite 10 centimè- 
tres cubes d'acide sulfurique dilué (un vo- 
lume d'acide sulfurique à 66° Baumépour 
deux volumes d'eau), un peu de solution 
amidonnée, puis on titre au moyen de la 
liqueur d'iode N/50. 

Soit n le nombre de centimètres cubes 



de liqueur d'iode employé, nX 0,0128 don- 
nera la proportion d'acide sulfureux total 
(libre et combiné) en grammes par litre. 

B. Dosage. — Si l'essai préliminaire in- 
dique une quantité d'acide sulfureux supé- 
rieur à 300 milligrammes par litre, on 
opérera le dosage de la manière sui- 
vante : 

On se sert d'un appareil formé d'un 
ballon de 400 centimètres cubes environ, 
fermé par un bouchon de caoutchouc à 
deux ouvertures. Dans l'une s'engage un 
tube qui plonge au fond du ballon et qui 
est relié à un appareil producteur d'acide car- 
bonique. L'autre ouverture est munie d'un 
tube de dégagement relié à un tube dePéli- 
got, : ,dont chaque boule doit avoir une con- 
tenance de 100 centimètres cubes environ. 
On chasse d'abord l'air de l'appareil en y 
faisant passer un courant de CO 2 . On in- 
troduit dans le tube de Péligot 30 à 50 cen- 
timètres cubes de solution d'iode (5 gram- 
mes d'iode et7gr.5 d'iodure de potassium 
par litre). On soulève le bouchon du ballon 
et, sans interrompre le courant de CO 2 , on 
y introduit 100 centimètres cubes de vin 
et 5 centimètres cubes d'acide phospho- 
rique à 60 degrés Baumé, on referme le 
ballon et, au bout de quelque temps, on 
chauffe le vin toujours en faisant passer 
CO 2 , jusqu'à ce que la moitié environ du 
vin ait distillé dans le tube à boules. Il 
est bon de plonger celui-ci dans un vase 
contenant de l'eau froide. On verse le 
contenu du tube de Péligot, qui doit ren- 
fermer encore de l'iode libre, dans un vase 
à précipité et on y dose l'acide sulfurique 
parla méthode ordinaire. 

Le poids du sulfate de baryte multiplié 
par 2,7468 donne la proportion de SP 2 par 
litre. 

En ce qui concerne les autres produits, 
les méthodes analytiques à employer 
seront publiées au Journal officiel au furet 
à mesure de leur établissement. 

Paris, le 18 janvier 1907. 



Mérite agricole : Promotions et nominations. — Par décrets en date du 
29 janvier 1007, rendus sur la proposition du ministre de l'Agriculture, et par 
arrêté en date du même jour, la décoration du Mérite agricole a été conférée à, 
de nombreuses personnes parmi lesquelles nous relevons les noms suivants : 

Grade de commandeur. — MM. Bardeau, médecin vétérinaire et viticulteur, maire de 
Gauriaguet (Gironde) ; Bochcr, ingénieur agronome à Paris; Qayol, chef de bureau au 
ministère de l'agriculture; Dariac, inspecteur général des services administratifs de 
renseignement agricole; Dervieux, viticulteur au Riotard par Sagnes (Vaucluse); 
Fraie sé, propriétaire viticulteur, maire de Riols (Hérault); Monteux, propriétaire à 
Marseille (Bouches-du-Rhône) ; Mozziconacci, directeur de la station séricicole d'Alais; 
Péronnet, agriculteur à Saint- Egrève (Isère); Récopé, administrateur vérificateur 
général des eaux et forêts à Paris. 

Grade d'officier. — MM. Arnaud, régisseur à la Clapière près Montagnac (Hérault); 
Arnaud, vétérinaire à Arles-sur- Rhône; Barraud, propriétaire cultivateur, maire de 



ACTUALITÉS 



165 



Coutrao (Gironde); Batlle, propriétaire industriel à Ille-sur-Tet (Pyrénées- Orientales) ; 
Bérenger, pépiniériste à Cagnes (Alpes-Maritimes) ; Bertrand, apiculteur et construc- 
teur d'instruments agricoles à Velas-sur-Ouche (Côte-d'Or); Bidault-Bruchet, agricul- 
teur viticulteur à Chaudenay (Saône-et-Loire) ; Birollet, viticulteur, adjoint au maire 
de Montcarret (Dordogne); Brémondy, propriétaire viticulteur à Apt (Vaucluse) ; Brin, 
viticulteur à Loix (île de Ré) (Charente-Inférieure); Bruneton, propriétaire viticulteur 
à Vergèze (Gard) ; Burdinat, horticulteur à Cannes (Alpes-Maritimes) ; Cadoret, pro- 
fesseur spécial d'agriculture à Tournon; Capitoul, régisseur du domaine de Montrabech, 
commune de Lézignan (Aude); Carron, instituteur à Peyrieu (Ain); Castie, construc- 
teur mécanicien à Lézignan (Aude); Cazaud, propriétaire viticulteur, maire de Sarliac 
(Dordogne) ; Chauvin, propriétaire viticulteur à Chaniers (Charente-Inférieure) ; Colomb, 
viticulteur arboriculteur à Saint-Genis-Laval (Rhône); Coste, professeur d'agriculture 
à Die (Drôme). 

MM. Cunisset-Carnot, premier président de la cour d'appel de Dijon (Côte-d'Or); 
Fichard, viticulteur, maire de Chens (Haute-Savoie); Friderich, ingénieur civil, pro- 
priétaire viticulteur à la Rue-du-Fresne (Loire-Inférieure); Ganey, instituteur à Perri- 
gny-lès-Dijon (Côte-d'Or); Gaujoux, propriétaire viticulteur à Balaruc-les-Bains 
(Hérault) ; Guichard, agriculteur industriel, maire d'Angoulins (Charente-Inférieure); 
Houdée-Lelarge, viticulteur à Fondettes (Indre-et-Loire); Joly, propriétaire viticulteur, 
maire de Groslée (Ain); Lambert, viticulteur à Saint-Saturnin (Charente); Latour, 
receveur des hospices civils de Beaune (Côte-d'Or); Lavoux, professeur au collège de 
Saintes; Lugagne, propriétaire agriculteur au Mas-Lavayre, commune du Bosc 
(Hérault); Mathieu, propriétaire viticulteur à Saint-Désert (Saône-et-Loire) ; Mauriac, 
docteur en médecine, publiciste viticulteur à Bordeaux (Gironde) ; Michalet, agent 
commercial principal de la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée; Muff, professeur dé- 
partemental d'agriculture à Albi (Tarn) ; Petit, secrétaire du comice agricole d'Avallon ; 
Rarabaud, propriétaire cultivateur à Mérignac (Gironde); Roudier, banquier et pro- 
priétaire à Béziers (Hérault); Tuffreau, propriétaire viticulteur à Cars (Gironde). 

Grade de chevalier. — MM. Alazet, propriétaire viticulteur, maire à Latour-de- 
France (Pyrénées-Orientales); Albespy, pharmacien chimiste expert à Rodez; Allain, 
propriétaire viticulteur à Ouzilly (Vienne) ; Amyon, propriétaire vigneron à Poligny 
(Jura); Archat, propriétaire viticulteur à Laruscade (Gironde); Armand, viticulteur 
pépiniériste à Coudes (Puy-de-Dôme) ; Arnaudet, propriétaire à Saint- Vincent-Rive- 
d'Olt(Lot); Arnaudy, propriétaire à Villemoustousson (Aude); Bacarisse, propriétaire 
viticulteur éleveur à Cauan (Landes) ; Balmigère, propriétaire viticulteur, maire de 
Tournisson (Aude); Baqué, instituteur à Belhades (Landes); Barrau, négociant en vins 
à Avignonet (Haute-Garonne); Barrau, propriétaire viticulteur à Poudis (Tarn); Bar- 
reyre, viticulteur à Saint-Vincent-de-Paul (Gironde); Barrière, gérant de la Société de 
viticulture à Suresnes (Seine); Barthélémy, viticulteur à Fuveau (Bouches-du-Rhône) . 

{A suivre.) 

Nécrologie : Robkrt Pilter. — Nous apprenons avec un profond regret la 
mort, de M. Robert Pilter, décédé à Paris, vendredi passé, 1 er février, à l'âge de 
cinquante-deux ans. M. Robert Piller a succombé, en pleine possession de toutes 
ses facultés, aux Suites d'une longue et douloureuse maladie. Depuis 1873, il était 
associe avec son ircro, M. John Pilter, à la direction de la grande maison 
Th. Pilter, créée en 1863; il en était devenu le chef en 1898 à la mort de son père. 
Nos agriculteurs connaissent trop bien les services qu'ont rendus à l'agriculture 
française les divers représentants de cette famille d'industriels actifs et intelli- 
gents pour qu'il soit nécessaire d'y insister en ce moment. Ils ont, comme on le 
sait, contribué efficacement à l'introduction chez nous des machines agricoles 
perfectionnés, et ils n'ont cessé ensuite de travailler à leur diffusion. M. Robert 



166 



ACTUALITÉS 



Pilter s'était acquis, par son urbanité et sa correction, l'estime unanime de tous 
ceux qui étaient en rapport avec lui. 

Grandes réunions agricoles de Paris : Le concours général agricole de 
1907 se tiendra à la Galerie des Machines, du 18 au 26 mars. Le programme de ce 
concours est tenu à la disposition des intéressés au ministère de l'Agriculture, 78, rue 
de Varenne, à Paris, et dans toutes les préfectures et sous-préfecuii c s. 

L'ouverture de la trente-huitième session générale de la Société des agri- 
culteurs de France a été fixée au lundi 18 mars 1907, à deux heures. La session 
aura lieu dans l'hôtel de la Société, 8, rue d'Athènes; elle sera close le mardi 26 mars, à 
six heures. 

La Section permanente de Viticulture, devant établir, le 18 février, son programme 
pour la session, prie tous ses adhérents de lui faire parvenir, avant cette date, le libellé 
des questions qui leur sembleraient devoir être portées à l'ordre du jour de la session. 

L'assemblée générale annuelle de l' Union centrale des Syndicats des Agriculteurs 
de France aura lieu le samedi 16 mars, à neuf heures du matin, dans l'une des salles de 
l'hôtel de la Société des Agriculteurs de France, 8, rue d'Athènes. L-Assemblée géné- 
rale sera précédée de réunions préparatoires, auxquelles sont instamment priés d'assis- 
ter les délégués des Syndicats. Ces réunions seront tenues : le jeudi 14 et le vendredi 
15 mars, à neuf heures du matin et à deux heures. 

L'Assemblée générale annuelle de la Société nationale d'encouragement a 
l'agriculture aura lieu les mardi 19, mercredi 20 et jeudi 21 mars 1908, à l'Hôtel 
Continental, pendant le Concours général agricole de Paris, sous la présidence de M. le 
Président Emile Loubet. Le banquet est fixé au jeudi 21 mars. Prix de la souscription : 
15 fr. 50. On est prié de s'inscrire à l'avance. 

Au programme provisoire de l'Assemblée ont été portées les questions suivantes: 
L'exportation et la vente de nos produits agricoles à l'étranger; nécessité de la création 
d'attachés agricoles auprès de nos représentants à l'étranger et dans les compagnies de 
chemins de fer ; amélioration des variétés de blés indigènes; les engrais azotés et leur 
cherté actuelle; la carie de la betterave; l'utilisation des menu sbois ; le Congrès de 
l'élevage du bétail. 

Concours de raisins de table, de cultures adjointes à la vigne et de 
pompes. — Devant les difficultés de la situation viticole actuelle, la Société centrale 
d'Agriculture de /' Hérault s'est préoccupée des moyens de développer, à côté de la pro- 
duction du vin, celle de quelques autres ^cultures qui pourraient se substituer, dans une 
certaine mesure, aux vignobles à grands rendements. Elle organise à cet effet: 

1° Un concours de cultures spéciales de raisins de table précoces ou tardifs dans l'ar- 
rondissement de Montpellier, auquel pourront seuls prendre part les viticulteurs qui 
cultivent une surface de 20 ares au moins en vue de la production des raisins de table. 
Deux expositions, une de raisins précoces, l'autre de raisins tardifs, auront lieu à Mont- 
pellier la première en août, la deuxième en novembre. Une visite des exploitations sera 
faite par le jury ; 

2° Un concours de cultures adjointes ou substituées à la vigne, ne dépassant pas 
comme superficie totale le tiers de l'étendue cultivée du domaine dans l'arrondissement 
de Montpellier: cultures fruitières, cultures fourragères et autres cultures. Des impri- 
més à remplir seront immédiatement adressés aux concurrents. Ils seront avisés, en 
temps utile, de l'époque delà visite du jury; 

3° Un concours de norias et pompes à chapelets entre tous les constructeurs français 
comprenant les appareils à traction animale et les appareils actionnes par des moteurs. 
L'examen et l'essai des appareils sera fait sur le lieu de l'exposition, à Montpellier. 



ACTUALITÉS 



167 



Le jurypourra, à titre de renseignement aller visiter surplace les installations fonction- 
nant dans les environs de la ville. Le concours aura probablement lieu en novembre. 
Pour tous renseignements, s'adresser au secrétariat de la Société, 17, rue Maguelone, 
à Montpellier. 

Foire aux vins de Saumur. — La foire aux vins de 1907 aura lieu les 9 et 
10 février 1904, sous les arcades du Théâtre. Tout fait prévoir un grand succès de 
dégustation, la qualité des vins de la récolte de 1906 étant remarquable. 

Bibliographie. — Arboriculture fruitière, parL. Bussard et G. Duval. 1 vol. in-18, 
de 562 pages avec 188 figures [Encyclopédie agricole). Broché : 5 francs ; cartonné : 
6 francs. Paris. J.-B, Baillière et fils. — Être utiles à tous ceux qui tirent de l'arbre 
fruitier agrément ou profit, à ceux aussi que tente sa culture et que retient l'hésitation 
bien naturelle des novices, telle a été le but des auteurs en écrivant ce livre pratique. 
L'ouvrage débute par un rapide exposé de Y importance et de la répartition des cultures 
fruitières en France. Puis vient une étude morphologique, anatomique et physiologique 
de l'arbre fruitier avec la description détaillée des procédés de multiplication, semis, 
marcottage, bouturage, greffage. 

L'arbre fruitier est alors pris au débnt de son existence et suivi dans toutes ses 
phases de développement. De la pépinière, il passe au jardin fruitier. La distribution 
et Vamènagement du jardin fruitier et du verger, la préparation et la fertilisation du 
sol, la plantation des arbres fruitiers et les soins consécutifs sont examinés point par 
point. La taille et la formation des arbres font l'objet d'un chapitre très étendu, qui ter- 
mine la première partie du volume. Dans la seconde partie sont traitées les cultures 
spéciales. Les caractères, les exigences, les procédés de multiplication, la taille, les soins de 
culture, la récolte et Yutilisation des produits de chacune des espèces fruitières sont suc- 
cessivement étudiés. La description des variétés occupe une place plus importante que 
dans les traités du même genre; la connaissance des meilleures et des plus avanta- 
geuses est, en effet, de première utilité à la fois pour l'amateur et pour l'arboriculteur 
de profession. Plus de 200 figures, dont beaucoup absolument originales, illustrent le 
texte et le rendent intelligible pour le lecteur le moins au courant des termes 
techniques. La compétence des auteurs est une garantie de la valeur de leur ouvrage. 

Utilisation à la ferme des déchets et résidus industriels, par M. J. Fritsch. Un vol. 
in-18 de vin-240 p. Broché, 2 francs. Paris, Lucien Laveur, 13, rue des Saints-Pères. 
— Les déchets et résidus industriels constituent pour l'agriculture une source d'approvi- 
sionnement, soit d'aliments pour l'entretien du bétail, soit de matières fertilisantes 
pour la fumure des terres. Les avantages qu'ils présentent, précieux dans les années 
normales, deviennent particulièrement importants les années de sécheresse comme 
l'aura été l'année 1906. 

M. Fritsch a réuni dans son volume des renseignements essentiels sur les déchets et 
résidus que laissent les différentes industries. La distillation, la fabrication de la 
bière, la sucrerie, la féculerie et l'amidonnerie, et enfin la vinification et la cidrerie 
fournissent principalement des pulpes et des drècbes excellentes pour l'alimentation 
du bétail. D'autres industries fournissent principalement des résidus engrais. L'auteur 
a nettement établi la valeur agricole de tous ces produits et indiqué leur emploi. Son 
livre ne dit que ce qu'il faut dire, mais il dit tout ce qu'il faut dire. 

Annales de VInstitut national agronomique, 2 e [série, tome [V, fascicule 2. 1 vol. in-8° 
de 188 p. avec nombreuses gravures dans le texte. Paris, J.-B. ^aiilière et Librairie 
agricole. — Ce fascicule comprend des études originales de MM. Lindet et Ammann 
sur les matières albuminoïdes solubles du lait; de M. Delacroix sur quelques maladies 
d'origine bactérienne ; de MM. Boullanger et Massol sur l'orge de brasserie; de M. Max 
Ringelmann sur l'histoire du génie rural en Chaldée et Assyrie. 



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REVUE COMMERCIALE 



REVUE COMMERCIALE 



VIGNOBLES ET VINS 
De nos Correspondants : 

Midi. — Comme nous l'avions fait prévoir, la reprise des affaires n'a pas 
tardé à se produire, mais pas encore comme il serait à désirer au point de vue 
des prix. Ces derniers restent fermes, avec tendance à la hausse, et il est à sou- 
haiter avec le grand bruit, fait il y a quelques jours à la Chambre, que le gou- 
vernement continue à prendre des mesures énergiques contre les fraudeurs et 
les mouilleurs. Ce n'est qu'à cette condition que les vins pourront voir leurs 
cours sérieusement s'élever, et cela au grand contentement des viticulteurs, du 
commerce honnête, et même du consommateur qui ne sera plus exposé à 
boire comme vin un liquide frelaté, n'en ayant que le nom. 

La neige tombée en assez grande abondance est venue, durant quelques jours, 
entraver les travaux à la propriété, mais on ne s'en est pas plaint, au contraire, 
le sol se trouvant dans un état de siccité inquiétant. Avec le beau temps revenu, 
la taille, les fumures, les labours ont repris. — A. 

Corse. — La situation économique de la viticulture en Corse est moins mau- 
vaise que sur le continent et y offre une fixité relative qui ne se retrouve pas 
dans le Midi de la France. Les cours des vins n'y sont pas sujets à ces larges fluc- 
tuations qui déroutent le marché et qui, depuis quelques années, y maintien- 
nent une baisse persistante. Ici, les vins se vendent couramment 30 à 40 cen- 
times le litre, et, à ce prix, la culture de la vigne reste rémunératrice. 

Il est vrai que le vin corse est généralement bon et très alcoolique (12 à 14°), 
ce qui lui donné une assez grande valeur commerciale. Il est pour la plus grande 
part bu dans le pays, où les consommateurs le préfèrent aux vins venus du 
dehors, d'Algérie principalement, quoique celui-ci ait aussi un degré élevé. Les 
vins du Midi de la France seraient peu appréciés en Corse, car on y a surtout de 
l'estime pour les vins très forts. 

Ce sont là des goûts qu'on retrouve en Angleterre, et qui par conséquent 
pourraient assurer peut-être un certain débouché dans ce pays aux vins corses, 
si l'importation n'y était difficile en raison des droits de douane. 

Aussi la petite quantité de vins de Corse qui est exportée et qui est constituée 
surtout par les vins blancs du Cap, l'esl-elle principalement en France ; ces vins 
vont pour la majeure partie à la consommation directe, et peuvent être servis 
comme vins de dessert. Il en est de même des vins rouges, qui sont rarement 
employés au coupage, malgré leur degré et leur vinosité, car en général ils sont 
peu colorés. 

On procède maintenant dans les vignobles à la taille et au piochage. La taille 
est faite à coursons, en gobelet plus ou moins régulier, et les façons aratoires x 
sont, dans La plupart des cas, données à la main, car les vignes sont le plus sou- 
vent plantées assez serrées, et nullement disposées pour pouvoir être travaillées à 
la charrue. 



REVUE COMMERCIALE 



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Bien des viticulteurs estiment, avec quelque apparence de raison, que le 
labour à la charrue ne vaut pas le piochage à la main, et ils préfèrent s'en tenir 
à ce dernier mode de travail: le coût de la main-d'œuvre s'en ressent bien 
un peu, mais le propriétaire accepte volontiers les petites dépenses supplémen- 
taires qui en résultent, car il a conscience de son obligation de donner, dans 
son village, du travail aux ouvriers agricoles, lesquels, si le propriétaire 
n'agissait point ainsi, n'en devraient pas moins vivre avec les produits du sol 
du pays, c'est-à-dire, somme toute, avec les fruits des biens des propriétaires. 
Autant vaut-il par conséquent fournir aux ouvriers l'occasion de gagner leur 
vie, en leur laissant libre le champ où ils doivent exercer leur activité, et qu'ils 
demandent de travailler eux-mêmes. 

Du reste, les frais qu'entraînent ainsi en Corse les façons à la main ne sont 
jamais bien considérables, car le prix de la journée n'y est pas élevé : 1 fr. 50 à 
2 francs pour les hommes, moitié prix pour les femmes, dont en plus partie 
souvent payable en nature : huile, vin, farine. 

Cependant, dans quelques propriétés complantées à la mode du continent, on 
fait les labours à la charrue, avec des bœufs. Là aussi on emploie des engrais : 
gadoues, fumier, graines de lupin bouillies, voire même scories de déphospho- 
rations. Mais ce sont là des cas exceptionnels et en général les vignes en Corse 
ne sont pas fumées, sauf quelquefois à l'aide de lupins enfouis en mars comme 
engrais verts. 

Le rendement, cela va sans dire, se ressent de cette culture extensive, et ne 
dépasse guère 25 à 30 hectolitres à l'hectare; on voit donc que, même vendue 
au prix moyen de 35 francs l'hectolitre, la récolte arrive à peine en moyenne à 
un millier de francs par hectare. Sur ce produit brut, il est vrai, il y a bien au 
moins 600 francs de bénéfice, car les frais de culture sont ici relativement peu 
élevés; par contre, il faut faire la part de l'intérêt de la somme employée au 
défoncement, laquelle s'élève parfois à I.oOO et 2.000 francs par hectare, car le 
travail est entièrement faità bras, età0 m 75 ou 1 mètre deprofondeur. — J. Farcy. 

Charente (de Cognac). — Le mois de janvier a été froid et plutôt sec. En calculant 
comparativement la pluie tombée pendant l'année écoulée d'après les observations rele- 
vées à la Station Viticole, on constate qu'il est tombé en 1905 660 mni 8 hauteur d'eau 
et 715 mm 4 en 1906. En 1905 (année humide), il a donc moins plu qu'en 1906 (année 
sèche). 

L'action de la pluie sur la vigne peut être envisagée à deux points de vue : 1° en ac- 
tivant la végétation ; 2° en favorisant le développement des maladies cryptoga- 
- miques. 

Si pendant l'hiver et le printemps il a tombé plus d'eau en 1906 qu'en 1905, le con- 
traire s'est produit pour les mois de juin, août, septembre, c'est-à-dire à l'époque où 
l'humidité favorise les maladies. 

Juin Août Septembre 

Hauteur d'eau tombée en 1905 29, 9 94,3 67,5 

— en 1906 0,00 24,3 16,6 

Ces différents chiffres expliquent suffisamment la marche bien différente de la végé- 
tation pendant les années 1905 et 1906. 

Ces observations montrent aussi qu'un climat n'est pas caractérisé parla masse d'eau 
tombée, mais surtout par la répartition des pluies. Sous le climat brumeux du Bordelais 
il tombe annuellement moins d'eau que dans la région sèche qui borde la Méditer- 
ranée. 



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REVUE COMMERCIALE 



Pendant la belle saison dernière nous avons constaté d'assez importants dégâts cau- 
sés par deux insectes : la Cochylis (Cochylis ambiguella) et l'Eudemis (Eudemisbotrana). 
L'invasion, localisée jusqu'à maintenant aux vignobles qui bordent le fleuve de la Gi- 
ronde dans la partie Sud-Ouest du département de la Charente-Inférieure, a gagné en 
1906 le département de la Charente et plus particulièrement certains points des Borde- 
ries. Si ces deux parasites n'ont pas fait parler davantage d'eux, c'est parce que les vi- 
ticulteurs peu habitués ont confondu ces maladies avec d'autres. La présence dans les 
Charentes de la Cochylis et de l'Eudemis est d'autant plus inquiétante qu'en dehors de 
leur action propre ces insectes favorisent le développement de la pourriture du raisin, 
ainsi que je l'ai démontré dans un récent travail sur le mode de développement du 
Botrytis cinerea. Ces deux parasites ont des mœurs assez semblables et leurs larves 
exercent des dégâts identiques. Au printemps, ils enveloppent d'une toile les grappes 
prêtes à fleurir, pour les détruire en dévorant leurs organes essentiels (étamines et 
ovaires). Plus tard, depuis la véraison jusqu'à la maturité, les grains sont percés, puis 
vidés. Une seule larve peut ainsi détruire plusieurs grains. 

On a préconisé beaucoup de moyens de destruction, les uns applicables l'été, les au- 
tres l'hiver. Les meilleurs sont certainement ceux d'hiver et, notamment, l'écorçage et 
l'ébouillantage, ces opérations ayant pour but de détruire les chrysalides logées sous 
les vieilles écorces, dans les fentes des échalas ou les anfractuosités quelconques à 
la portée des souches. L'écorçage s'opère à l'aide de gants à cotte de mailles, déchaînes 
particulières, etc., etc. Les débris d'écorces doivent être ramassés et brûlés. L'ébouil- 
lantage consiste à faire arriver sur les souches, ou toutes anfractuosités voisines, de l'eau 
à une température aussi rapprochée que possible du point d'ébullition. On se sert géné- 
ralement pour cela de chaudières spéciales (ébouillanteuses) munies de lances pour 
projeter avec force l'eau surchauffée sur toutes les parties à traiter. L'écorçage et 
l'ébouillantage, qui sont- également efficaces contre la Pyrale (Tortrix pillcriana), se 
complètent et dans bien des cas on les applique simultanément. Ces opérations nécessi- 
tant un surcroît de dépenses ne doivent être, bien entendu, utilisées que dans les vigno- 
bles assez fortement atteints. 

J'ai reçu de nombreuses demandes de renseignements sur la situation actuelle des 
porte-greffes. C'est une question que je résumerai dans les prochaines notes men- 
suelles. — J.-M. Guillon. 

Beaujolais. — Pendant qu'elles sont sous la neige, nos vignes, nous at tendons 
les marchands et nos vins restent en caVe. Les retiraisons des vins vendus 
même sont lentes. Situation très particulière : il n'y a pas baisse, à proprement 
parler, pas de fléchissement : les vignerons maintiennent des prix élevés 
(125 francs dans la bonne côte); mais il y a très peu de transactions. D'ail- 
leurs la période qui s'achève — décembre-janvier — est la période de calme. 
A partir du 15 février les soutirages commenceront et il y aura certainement 
plus d'activité. Les vins se comportent très bien : les cuvées un peu dures se sont 
faites plus souples et plus fondues: la couleur est parfaite, aucune trace de 
casse. Il parait que, dans la plaine, quelques cuvées filent : nos meilleurs vins 
ont eu ce défaut : les vieux vignerons parlent des 1SG5 (je n'y étais pas) qui 
filaient et qui furent excellents. 

La taille est achevée : le bois est en bon état, les coups de soleil et la longue 
sécheresse de l'été dernier n'ont pas laissé de trace visible. Nous allons donner 
aux plan tiers les plus éprouvés une ration d'azote en mars, un peu de phos- 
phore en juillet : il n'y paraîtra plus. 

L'état économique général du vignoble mérite une attention sérieuse. Le vi- 
gneron n'a pas vendu sa récolte de 1906; il écoule, pièce à pièce, ce qui lui res- 
tait de 190.*i. Ces vins ont encore un peu de vente, entre 50 et 00 francs. Il y a 



REVUE COMMERCIALE 



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donc peu d'argent au vignoble :1e vigneron, qui ne veut pas baisser les prix des 
1906, vit avec ses réserves et les petites ventes de ses 1905. Mais, d'autre part, la 
valeur du sol subit une forte dépréciation. En ce moment, il y a des propriétés à 
vendre chez tous les notaires, et elles ne trouvent pas facilement preneur. Ré- 
cemment, à Salles, a eu lieu la liquidation d'une importante succession, à 
l'amiable bien entendu. Les prix obtenus ont été très au-dessous de ce que l'on 
pouvait supposer. Il est certain qu'en ce moment, comme valeurs de placement, 
nos vignes beaujolaises ont une mauvaise cote ! Àprès tout, c'est comme la Rente. 

Il faut ajouter ceci : à la quatrième page des journaux se glissent certaines 
annonces, offrant du vin de Beaujolais de -45 à 63 francs la pièce, logée, rendue! A 
mon avis, ce n'est pas du Beaujolais de l'année : ce n'est probablement pas du 
vin de raisin. La fraude continue. — F. de Saint-Charles. 

Loire-Inférieure. — Quoique, pendant ces dernières semaines, la température 
n'ait pas été des plus favorables pour effectuer les soutirages, cette opération a 
été commencée et se continue sur tous les points du vignoble dans des condi- 
tions beaucoup plus satisfaisantes que celles prévues. Les vins se montrent 
sous de brillants aspects qui font bien augurer de leur avenir. Aussi les tran- 
sactions sont-elles toujours actives. Il ne reste, d'ailleurs, qu'une quantité assez 
faible de vin de Muscadet — récolte 1906 — à vendre. Le commerce s'en est 
abondamment pourvu, et, à l'heure actuelle, si leur valeur commerciale est de 
90 à 100 francs la barrique, il serait difficile aux personnes désireuses d'acheter 
du vin de choix pour mettre en bouteilles, de s'en procurer à moins de 120 à 
130 francs la barrique. 

On commence déjà à entamer le stock de la récolte 1905 et, si l'activité que 
nous sommes heureux de constater continue, nos chais seront vides au moment 
de la récolte prochaine. 

Les vins de Gros Plant sont excellents sous tous les rapports. Si, jusqu'à ces 
derniers temps, ils ont été moins recherchés que les Muscadets, c'est que les 
acheteurs voulaient laisser passer les premiers froids pour juger de leur valeur. 
Leur teneur en alcool, qui varie de 9° à 11°, est un sûr garant de leur conserva- 
lion. Ils sont, depuis quelques jours, l'objet de transactions nombreuses. On les 
cotait, samedi, à la Bourse : premier choix de 45 à 50 francs la barrique de 
l-i'.') litres, fût à rendre ; deuxième choix de -40 à 45 francs la barrique. — A. Fon- 
taine. 



LES FRUITS ET PRIMEURS AUX HALLES CENTRALES DE PARIS 

Cours du 2 février 1907. — Uaisins : Thomery, 100 ù 500 fr. les 100 kilos. — Pommes 
de terre : Grenadine, 35 à 40 fr. ; nouvelle, -40 à 42 fr. les 100 kilos. — Petits Pois : 
d'Algérie, 60 à 90 fr. les 100 kilos. — Artichauts : 18 à 26 fr. le cent. — Choux-fleurs : 
30 à 60 fr. le cent. — Epinards : Paris, 50 à 60 fr. ; Toulouse, 80 à 90 fr. les 100 kilos. 
— Pommes : Canada, 50 à 100 fr. ; ordinaires, 22 à 30 fr. les 100 kilos. 

Nous avons eu un temps neigeux et humide durant les premiers jours de la semaine. 
Aujourd'hui il gèle à o-6° au-dessous de zéro. Quelques lots de salades et de légumes 
nous sont parvenus un peu touchés. Les salades du Var sont journellement abondantes, 
la belle et grosse marchandise continue d'être de vente facile; les salades inférieures 
sont toujours peu demandées. Les courriers d' 'artichauts d'Algérie augmentent progres- 
sivement, la tendance est moins ferme. Les pommes de terre nouvelles vont devenir de 
vente moins régulière si le froid persiste. Les choux-fleurs extra sont # rares et recher- 
chés. Nos environs ont des' apports très réduits, ce qui a facilité le relèvement des 
prix pour les epinards, la mâche, le pissenlit et l'oseille. Les mandarines se sont assez 
facilement vendues cette semaine. Les oranges sont d'un écoulement plus lent. — 
O. D. 

* < >^^^^J^^^^c>^ — ■ 



172 COURS DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES 



OÉREALES (le qdintal métrique) 



Pari* 

Blés blancs...., 

— roux 

— Montereau, 



Département» 



Lyon .. 
Dijon . . 
Nantes. 



Marché» étranger* 

Londres 

New- York 

Chicago 



Pari» 



Pari* 

Noire de Brie. 
Beauce ....... 



Département» 

Dijon ..... .... 

Lyon 

Bordeaux 

Toulouse 



BLES 








1 DU 9 


DU 16 1 DU 23 


3ÛJANV. 


A.U 


AU 


AU 


AU 


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1 _ 


22 JANV. 


29JANV. 


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23 00 


23 00 


23 10 


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22 50 


22 75 


23 00 


22 80 


22 25 


22 50 


22 75 


22 50 


23 25 


22 90 


22 90 


22 25 


22 10 


22 10 


22 10 


22 25 


23 00 


23 00 


23 80 


23 50 


17 10 


13 00 


17 00 


16 90 


15 68 


18 77' 


16 14 


17 10 


14 51 


14 58 


14 80 


14 70 


SEIGLES 






( 17 25 


1 17 50 


[ 1 / OU 


1 17 50 


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20 25 


19 00 


19 00 


18 60 


18 75 


20 50 


20 25 


20 50 


20 50 


20 60 


20 00 


20 90 


20 50 


21 00 


21 00 


21 25 


21 00 1 



FOURRAGES ET PAILLES 

A PARIS 
(Les 104 bottes de 5 kilogrammes) 



DANS PARIS 

Paille de blé... 

Foin 

Luzerne 



I ! 

15JANV.;22jANV.j29JANV. 5 FÉV. 

21 à 27 23 à 26120 à 25 20 à 26 
46 à 56 46 à 56 46 à 56 46 à 56 
45 à 55.45 à 55 45 à 53 45 à 3 



ESPRITS ET SUCRES 



Esprits 3/5 Nord fin 
90» l'hect., esc. 2 •/, 



Blancs n # 3 les 100 kil 
Raffinés — 



15JANV. 



39 



26 25 
57 75 



22 JANV. '29JANV. 



41 oO 



26 00 
58 00 



40 50 



25 75 
57 25 



5 FÉV. 



40 75 



25 75 
57 30 



BÉTAIL 

MARCHÉ DE LA VILLETTB 
(Prix du kilogr. de viande, net) 

Marché du 5 février. 



Bœufs.. . 
Veaux . . 
Moutons. 



1" qté 


2* qté 


3«qté 


1 62 


1 40 


l 16 


2 40 


2 30 


2 00 


2 30 


2 10 


2 05 


1 80 


1 76 


1 68 



Prix extrême 

au poids vif 

0 54 à 1 00 

0 80 à 1 42 

0 70 à 1 12 

0 88 à 1 24 



BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA SEMAINE 

du 27 janvier au 2 février 1907. 



JOURS 


Tempéra- 
ture 
maxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 
enmillim. 


DATES 


Tempéra- 
ture 
maxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 

enmillim. 










PA 


RIS 
















MONTPELLIER 






Dimanche. 


0. 


8 


— 0. 


3 


0. 


2 


0 




2? 




7 


» 


— 0. 


5 


3. 


2 


0 


Lundi .... 


6. 


9 


6. 


9 


6. 


9 


1 




28 




12 




— 5. 


2 


3. 


4 


0 


Mardi .... 


8. 


6 


0. 


3 


4. 


5 


4 




29 




10 


» 


2 


» 


6 


» 


0 


Mercredi . 


5 


» 


0. 


1 


2. 


5 


1 




30 




6 




4 


» 


5 


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0 




3. 


4 


— 2. 


2 


0. 


6 


1 




31 




5 


» 


— 3 


» 


1 


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0 


Vendredi . 


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— 2. 


1 


1 




1 




4 


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— 4 


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0 


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Samedi. . . 


— 1. 


4 




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— 4. 


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0 




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1 


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— 6 


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— 2. 


5 


0 










NANCY 


















ALGER 






Dimanche. 


— 2 


» 


— 6 


» 


— 4 


» 


1 




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4 


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8 


» 


10 


Lundi .... 


7 


» 


3 


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5 


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3 




28 




12 


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9 


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10. 


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Mardi .... 


7 


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— 2 


» 


2. 




2 




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11 


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0 


Mercredi . 


1 


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— 2 




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30 




16 


» 


7 


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11. 


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2 


» 


— 7 




- 2. 


6 


2 




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12 


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2 


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12 


Vendredi . 


— 2 


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- 6. 




0 




2 




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4 


» 


13 










LYON 
















BORDEAUX 






Dimanche. 


— 1. 


5 


— 6. 




— 4 


» 


0 




21 




1. 


9 


— 0. 


4 


0. 


7 


0 


Lundi .... 


3. 


5 


— 2. 


1 


0. 


7 


0 




28 




8. 


3 


6. 


3 


7. 


3 


6 


Mardi .... 


7 


» 


— 1. 


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S 


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Mercredi . 


2 




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0 




30 




8. 


8 


0. 


7 


4. 


7 


0 




1. 


8 


— 4. 


3 


— 1. 


2 


2 




31 








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Vendredi . 


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— 8. 


1 


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1 




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Samedi. . . 


— 3 




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— 5. 


1 


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0 








MARSEILLE 














ANGERS 


(LA BAUMETTB) 


Dimanche. 


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— 3 


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1. 


5 


0 




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3 


0 


Lundi 


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6. 


5 


0 




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8. 


3 


— 0. 


2 


4. 


0 


0 . 


Mardi .... 


12 




7 




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10. 


3 


7. 


0 


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6 


0 


Mercredi . 


10 


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1 


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0 




30 




7. 


3 


— 0. 


2 


3. 


5 


1.7 


Jeudi 


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2 




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0 




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4. 


5 




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Vendredi . 


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PARIS. — IMPRIMERIE F. I.kvk, RUK OASSRTTB, 17, 



14' Année.— Terne XXVII. IN" B87. Paiis, 14 Février 1907 

REVUE 

DE 

VITICULTURE 

. ORGANE DE L'AGRICULTURE DES RÉGIONS VITICOLES 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

P. VIALA , • 

Inspecteur Général de la Viticulture, 
Professeur de Viticulture à l'Institut National Agronomique, 
Membre de la Société Nationale d'Agriculture, Docteur ès sciences. 



SOMMAIRE 

PAGES 

0 Opoix De l'ensachage des raisins de table (avec figures) 173 

P Pacottet. ..." L'ercissement de la vigne {fin) 176 

Valéry Mayet Les insectes lignivores de la vigne (fin, avec figures) 1 79 



Actualités. — Les labours à donner aux vignes dans le Midi (Ed. Zachare-SI^;i 
WICZ .). _ Les tirs contre la grêle en 1905 et 1906 (Tachon; C. R.) —mm^m 
La lutte contre la Cochylis (L. Moreau). — Tarifs et transports : le fret 
d'Alger à Rouen (C. R.i. — La viticulture à la Chambre : commission gi 
d'enquête. — Concours général agricole de Tunis. — Mérite agricole : 
nominations. [Suite.) 185 

Revue commerciale. — Revue annuelle du commerce extérieur : vins, impor^f§f|$itl 
tations et exportations; raisins de table; raisins de vendange; marcs; ££$p8 
raisins secs. — Vignobles et vins : correspondances du Midi (A.) ; des 
Pyrénées-Orientales (J. E.); de la Gironde (A. P.); du Tonnerrois (E. B.); "*£a§gj 
dp Meurthe-et-Moselle (Ch. Toussaint); du Jura (Parisot); — Soufres 
(E. Fog). — Prix courant des principaux produits agricoles 192 

Bulletin météorologique » 200 



CONSEIL DE 

Jean Cazelles, Membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, Secrétaire gén' des Viticul- 
teurs de France, Prop.- Viticulteur (Gard). 

G. Cazeaux-Cazalet, Député, Prés, du Comice 
viticol* de Cadillac, Propr.-Vitic. (Gironde). 

Raoul Chandon, Correspondant de la Société 
nationale d'agriculture, Vice-Prés, des Vitic. 
de France, Prop. -Viticulteur (Champagne). 

D r E. Chanut, Président du Comice agricole de 
Nuits-St-Georges, Prop.-Viticult. (Côte-d'Or). 

F. Convert. Professeur à l'Institut national 
agronomique, Propriétaire-Viticulteur (Ain). 

U. Gayon, Correspondant de l'Institut, Professeur 
Hoyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux. 

P.Gervais, Membrede la Société N^ d'Agricul- 
ture, Vice-Président des Agriculteurs et des 
Viticulteurs de France, Prop.-Vitic. (Hérault). 



RÉDACTION 

J.-M. Guillon, Directeur de la StationfViticole 
de Cognac, Prop. -Viticulteur (Charente). 

H. de Lapparent, Inspecteur Général de l'Agri- 
culture, Propriétaire-Viticulteur (Cher). 

F. Larnaude, Professeur à la Faculté de droit 
de Paris, Propriétaire- Viticulteur2(Gers). 

A. Mùntz, Membre de l'Institut, Professeur 
à l'Institut national agronomique, Proprié- 
taire-Viticulteur (Dordogne). 

P. Pacottet, Chef des travaux à l'Institut Agro- 
nomique, Maître de conférences à l'Ecole d'a- 
gricult. de Grignon, Prop.-Vitic. (Bourgogne). 

Ch. Tallavignes, Inspecteur de l'Agriculture, 
Propriétaire-Viticulteur (Aude). 

A . Verneuil , Correspondant delà Société nationale 
d'Agriculture, Lauréat de la Prime d'honneur. 
Propriétaire-Viticulteur (Charente-Inférieur^ . 



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les 25 mars et, 22 .ivril. Durée de l'excursion : 32 jours. Prix (tous frais compris), 
l re classe : 1.1Î10 fr. ; 2 e classe : l.OiiO fr. 

La Semaine Sainte à Rome, départ de Paris, le 23 mars 1907. Retour le 20 avril. 
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DE L'ENSACHAGE DES RAISINS DE TABLE 

EN CONTRE-ESPALIER. ET LE LONG DES MURS 



Encouragé par les expériences et par les résultats que j'obtiens depuis 1901 
au Jardin du Luxembourg, dans l'ensachage des raisins de table sur vignes de 
plein air [en contre-espalier), ainsi que le long des murs, je pense intéresser les 
lecteurs de \& Bévue de Viticulture en les entretenant de ces résultats ainsi que des 
perfectionnements que j'ai apportés dans l'application de jce travail. 

Si depuis le début de mes expériences j'ai obtenu des résultats très appré- 
ciables, j'ai également éprouvé quelques déceptions, surtout occasionnées par la 
brûlure des raisins ensachés quelques jours avant les grandes chaleurs. 

Jusqu'à la fin de 1905, je m'étais toujours servi de sacs très minces, faits de 
papier transparent, jaunâtre et parcheminé, lesquels, avec des ciseaux, j'aérais 
à l'aide de trois coupes faites au fond du sac, coupes 
d'environ 1 centimètre de largeur, pratiquées une à 
chaque angle et la troisième au milieu du fond. 

Malgré cette aération, il arrivait assez souvent et 
surtout le long des murs que des raisins brûlaient. 
Pour éviter ces déceptions, j'ai donc cherché et je 
suis arrivé à faire apporter de nouveaux perfectionne- 
ments dans la fabrication des sacs, perfectionnements 
qui, pour cette première année, m'ont donné les 
meilleurs résultats en plein air et surtout le long 
des murs. Employant anciennement le sac fermé et 
aéré, je me sers aujourd'hui de la même nature de 
papier, formant un manchon avant son emploi, une 
cloche étant placée et ouverte, et sac fermé en cas de 
besoin. 

Le sac ou manchon courant, de 30 centimètres de 
longueur sur 20 cenlimètres de largeur, doit être em- 
ployé pour les grappes de bonne grosseur ; il sera plus 
long et plus large pour les fortes grappes et de dimen- 
sion moindre pour les grappes moyennes ou petites. 

J'ai tenu à avoir un sac à la fois coquet, très pratique et rigide étant, pour 
ainsi dire, indéformable. Je l'ai obtenu par l'addition d'une bande cartonnée 
d'environ 12 millimètres de largeur, laquelle est collée -tout autour et à l'inté- 
rieur à environ 10 à 12 centimètres au-dessous de la partie supérieure, de même 
que par l'adjonction d'un mince fil de laiton enveloppé de soie verte qui 
contourne toute sa base. L'on peut ainsi, par une simple pression des doigts, le 
tenir plus ou moins ouvert : en forme de cloche par une température chaude, et 
presque fermé ou complètement fermé par une température humide, pluvieuse 
ou froide. 




Fig. f i3. — Sac à raisin ancien 
système, en papier transparent 
et parcheminé où la grappe 
complètement enfermée aus- 
sitôt l'ensachage n'est aérée 
qu'à l'aide des pointillés et 
des 3 coupes faites au fond 
du sac. 



1*74 



O. OP01X. — 



DE L'ENSACHAGE DES RAISINS DE TABLE 



Par son échancrure longue de 7 à 9 centimètres à la partie supérieure 
et par sa nouvelle attache en fil de laiton, placée à 4 centimètres de cette 
partie, le sac, une fois la grappe introduite, sera plissé et attaché sur le sarment 
porteur de la grappe et à environ 7 ou 8 centimètres au-dessus du point de 
naissance de cette dernière. Ainsi enveloppée, la rafle qui constitue la char- 
pente de la grappe n'est nullement gênée dans son développement et ne peut 
craindre les gelées d'octobre et de novembre qui ont le défaut de l'atteindre 
lorsqu'elle n'est pas abritée. D'autre part, pendant tout le courant des grandes 
chaleurs de l'été, le sac possesseur de sa bande cartonnée à sa partie supérieure 
et de son fil de laiton à sa partie basse reste complètement ouvert et ballonné. De 

la sorte, il ne repose jamais sur le dessus 
des grains et ces derniers sont toujours 
aérés. (Voir photographie page 173 prise 
au Luxembourg le 10 juillet dernier grâce 
à l'obligeance de M. François Charmeux. 

Une application d'au moins 600 sacs que 
j'ai ainsi faite cette année me permet 
de constater aujourd'hui que, dans ces 
sacs ainsi ouverts, les raisins sont beau- 
coup plus gros que dans ceux fermés, 
quoique légèrement aérés. Ayant égale- 
ment essayé cette année sur dix grappes 
de raisins (Chasselas de Fontainebleau) 
Yensachage avant floraison (1), en choisis- 
sant comme exemple des raisins placés à 
n'importe quelle hauteur du contre-espa- 
lier et aussi bien à la partie basse qu'à la 
partie supérieure du sarment, j'ai pu me 
rendre compte, vers le 10 juillet, que pas 
un grain n'avait coulé, qu'ils étaient bien 




Fig. 54. — Sac à raisin en papier transpa- 
rent, dit cloche ou manchon, pouvant, après 
l'ensachage pratiqué, être ouvert ou fermé 
à volonté selon le besoin. 



plus gros, et que les grappes ensachées 
affirmaient, comparativement à leurs voi- 
sines non ensachées, une avance d'au 
moins dix jours sur ces dernières. — L'ensachage, à mon avis, peut être fait à 
trois époques différentes : 

1° Dans la région parisienne, du 20 au 31 mai, et je pense, d'après les résultats 
que j'ai obtenus cette année, qu'ainsi pratiqué, l'on pourra éviter la coulure si 
funeste par les printemps pluvieux et froids. Lors du cisèlement, il y a lieu 
d'enlever le sac et de le replacer aussitôt après. Je pense ainsi que, par cette 
application faite aussi hâtivement, les raisins seront mieux protégés contre les 
maladies crypitogarniques Oïdium et Mildiou. 

2° L'ensachage, fait aussitôt le cisèlement terminé, est celui qui, pratiqué à 
cette époque, m'a toujours donné les meilleurs résultats. 

'\° On peut aussi ensacher au commencement de la maturité à seule fin d'abri- 
ter les raisins des guêpes et autres insectes ; il y a lieu alors de faire beau- 
coup attention à seule fin de ménager pour plus tard toute la finesse de colo- 
ration et toute la pruine des raisins. Par de très forte9 chaleurs et dans les 



(\j Sacs ouverts à leur base. 



O. 0P01X. — DE L'EN SAC H AGE DES RAISINS DE TABLE 175 



journées bien ensoleillées, le long des murs exposés aux forts coups de soleil ainsi 
que dans les régions très chaudes, une bonne prudence, si l'on ensache à cette 
époque même avec les sacs-cloches, sera de placer en avant de ces murs des 
toiles claires pendant les fortes chaleurs du jour, soit de 9 heures du matin 
à 4 heures du soir. 

Du 10 au 20 septembre, quand les fortes chaleurs ne sont plus à craindre, et 
comme je le citais plus haut, à seule fin de préserver les raisins des insectes, des 
brouillards et des gelées 
(voire même activer la 
maturation dans les cli- 
mats tempérés , on ferme- 
ra la base de la cloche en 
rapprochant les deux par- 
ties du laiton que l'on 
repliera sur lui-même au 
milieu du sac ainsi fer- 
mé. Cette fermeture a 
aussi l'avantage de s'ou- 
vrir très facilement pour 
vérifier l'état des raisins 
sans craindre d'attaquer 
la pruine si précieuse qui 
en fait la parure et la 
valeur. 

En résumé, de l'ensa- 
chage des raisins, travail 
à la fois simple et peu 
dispendieux, l'on peut 
obtenir une foule d'avan- 
tages incontestables et 
précieux dans la culture 
des raisins de table (Chas- 
selas de Fontainebleau 
surtout), aussi bien en 
contre-espalier que le 
long des murs et dans 
toutes les régions de la 
France, mais surtout dans 
la région parisienne, 
l'Ouest, l'Est et le Nord, 
puisqu'il nous permet de 

récolter de très beaux raisins là où ils ne mûriraient que très rarement. 

Par ce travail, incontestablement la maturation est plus hâtive d'au moins 
douze à quinze jours, que chez ceux laissés en plein air ; si les grappes ensachées 
ne présentent pas une teinte jaune accentuée qui laisse croire à un manque de 
coloris, en revanche elles sont saines ; la peau des grains, très fine et comme 
transparente, prend une teinte mousseline légèrement dorée, qui laisse aperce- 
voir le pépin à travers la puîpe, et donne à la grappe l'apparence de produits 
cultivés sous verre. 




Fig. 55. — Expériences faites par M. Opoix au Jardin du 
Luxembourg. — Grappe de Chasselas ensaché dans un sac 
ouvert lel' r juin 1900 (avant la floraison). On voit, parle cliché 
pris le 10 juillet, la différence de grosseur que présente la 
grappe ensachée comparativement à celles restées à l'air libre. 



47) P. PACOTTET. — L'ERCISSËMENT DE LA VIGNE 



L'ensachage, tout en présentant l'avantage de garantir les raisins des insectes, 
offre celui bien plus précieux de les abriter et de les conserver lorsqu'ils sont 
mûrs (1), de les préserver des nuits fraîches d'automne, des brouillards et des 
pluies ; ils sont également indemnes des taches de poussière et de noir. Ainsi 
garantie, la conservation à rafle fraîche est également simplifiée pour les per- 
sonnes ne possédant pas de chambre à raisin ou n'ayant que de mauvais locaux 
de conservation, puisque bien souvent l'on peut laisser les grappes sur les ceps 
jusqu'en décembre et même plus tard s'il ne survient pas de trop grand froid. 
Ils peuvent supporter facilement pendant quelques jours une température mi- 
uima de 4 à 5 degrés centigrades. 

Un pépiniériste de la région parisienne, membre de la Société Pomologique de 
France, m'avait dit en avril dernier et me le répétait il y a quelques jours qu'au 
mois de février précédant, en taillant ses treilles le long d'un mur, il aperçut que 
quelques raisins ensachés, ayant été oubliés à l'époque de la récolte de l'année 
précédente, présentaient encore un bel aspect au moment où ils furent trouvés. 

N'avons-nous pas également des preuves certaines des bienfaits de l'ensachage 
des raisins par les produits présentés à Paris en novembre 1905, à l'Exposition 
internationale d'automne et à celle de novembre dernier? 

0. Opoix, 

Jardinier en chef du Luxembourg. 
♦ 

L'ERCISSËMENT DE LA YI&NE (2) 



Les faits, rapportés ici, sont une vérification |presque expérimentale des acci- 
dents locaux, isolés, dont le vignoble a souffert en 1906. Nous avons pu relever, 
grâce à des hygromètres placés, à 2 mètres de haut, sous des abris solaires, 
des degrés hygrométriques de 20° pendant certaines journées de juillet et 
d'août (nous donnerons ces diagrammes en étudiant les rapports de l'hygromé- 
trie et des moisissures de Mildiou). Au soleil, 'au voisinage du sol surchauffé et des- 
séché, cette hygrométrie devait être plus basse encore. Or 1 air sec et chaud qui 
s'élevait du sol et balayait grappes et feuillages était aune température voisine 
de celle de 40° environ, c'est-à-dire du même ordre que celle qui ercissait 
nos souches sous verre. Les vents chauds n'ont pas fait défaut et c'est presque 
sans surprise que nous avons retrouvé tous les phénomènes durcissement ob- 
servés sous verre. 

De divers côtés, on nous a signalé de très mauvais aoiUements. Dans sa pro- 
priété de Côte-Rôtie (Rhône), le docteur Charrin a eu des sarments tellement 
mal aoûtés que la taille de son vignoble ne se fera pas sans difficulté. 

L'ercissement des grappes et des feuilles a été observé en Bourgogne. Le6 
grappes, vert bleu à la véraison qui eut lieu au milieu d'août, restèrent petites 
et sans sucre jusqu'au 13 septembre. Le 13, 14 et 15, des pluies très abondantes 
survinrent; avec la chaleur et l'humidité, le raisin grossit tout d'un coup, car 
durant plusieurs jours l'hygrométrie fut voisine de 100°, c'est-à-dire du maximum. 
De nombreuses analyses que nous fîmes avant ces pluies, ainsi que des récoltes 
partielles destinées à faire des pieds de cuve, nous permettent d'affirmer que le 

(1) Un de mes auditeurs de Nîmes (Gard) en faisait encore cueillir sur les treilles do son jardin 
au 25 décembre dernier et en parfait état de conservation. 

(2) Voir n* <i8C, page 145. • 



P. PACOTTET. — L'ERCISSEMENT DE LA VIGNE 



177 



poids de la vendange monta en quelques jours de 30 à 40 % surtout dans les 
vignes blanches. La richesse saccharine du moût ainsi dilué était tombé de un 
degré à un degré et demi huit jours après ces pluies. Certaines vignes qui 
avaient donné en 1904 des vins de 11° ne donnèrent cette année que des vins 
de 8°5 vendangées le 23-24 septembre. 

La préparation de moûts stériles de diverses provenances nous amena, 
MM. Canu, Bailly et moi, à faire l'analyse de plusieurs centaines d'échantillons 
de raisins pris en des lieux connus. De même, des recherches sur la maturation 
dernière des vendanges nous obligea à analyser les raisins des mêmes vignes à 
plusieurs époques. On peut déduire de ces analyses les conclusions suivantes : 
Dans les coteaux ventés, dans les terrains secs de la plaine, le manque d'humi- 
dité dans l'air avait amené une souffrance pathologique des feuilles. Celles-ci, 
surtout à la base des souches, étaient desséchées et tombaient dans les vignes 
mal cultivées, à sol insuffisamment biné ou biné au moment de la chaleur. Dans 
celles bien travaillées, la feuille n'avait pas souffert en apparence, mais elle ne 
travaillait plus, au détriment de la précocité des vendanges. Le raisin pouvait être 
gonflé mécaniquement, mais la feuille ne pouvait lui envoyer des réserves 
sucrées. 

Ces observations ne contredisent pas les travaux sur les arrosages des vignes 
à la maturation de MM. Muntz et Rousseaux. Ces auteurs ont trouvé que, dans 
le Midi, les arrosages augmentent le rendement sans diminuer la richesse 
saccharine. Cela tient à ce que leurs vignes d'expérience avaient un feuillage 
en excellent état dans lequel l'afflux d'eau des racines se traduisait par une fabri- 
cation intense de sucre, ce qui fait que le courant de liquide qui allait grossir le 
grain était sucré et n'en diminuait pas la teneur pour cent. On peut faire remar- 
quer que ces arrosages, dans lesquels l'eau ruisselle sur le sol échauffé, ont 
comme effet immédiat de vaporiser une quantité d'eau considérable et de main- 
tenir les souches dans une atmosphère suffisamment humide. En effet, il suffit 
sur le littoral méditerranéen qu'un vent marin humide souffle sur le vignoble 
pour que, sans que le sol soit mouillé, on voie la maturation, retardée par la 
sécheresse de l'air, se précipiter, le grain grossir et le rendement augmenter 
de 20 ou 30 % . 

Les vignes ainsi frappées, à feuillage erci, ne gagnent pas à garder leurs raisins 
sur souche. Les grains se fanent volontiers, l'acidité restante diminue sans com- 
pensation du côté du sucre. En outre, la matière colorante semble s'altérer, car 
à la cuve elle ne donne pas des vins dont la couleur soit en rapport avec la 
richesse apparente des pellicules. En outre, cette matière colorante est sensible 
à l'air, et l'on trouvera, lors des premiers soutirages des vins de 1906, au prin- 
temps 1907, des accidents de casse qui rappelleront ceux de 1893. 

Il est très difficile de se rendre compte de la sensibilité, à l'air, de la vendange 
rouge. Les moûts blancs, au contraire, au sortir du pressoir, se foncent, noircis- 
sent plus ou moins rapidement selon les années. J'ai suivi le pressurage des 
raisins de vignes blanches que je vendange depuis mon enfance et j'ai rare- 
ment vu des moûts devenant aussi rapidement noirs à l'air que ceux de 1906 faits 
avec des grappes récoltées vers le 20 septembre, c'est-à-dire dès le début de la 
vendange. Il y a, dans ces moûts, une richesse anormale en oxydases, et j'ai 
regretté de n'avoir pu la mesurer. 

Cette richesse en oxydases a paru du reste diminuer avec la surmaturation. 
Les moûts des vignes tardivement vendangées étaient beaucoup moins sensibles 



178 



|P. PACOTTET. — L'ERCISSEMENT DE LA VIGNE 



à l'air, et cela d'autant plus qu'elles avaient plus bénéficié de la tardivité de leur 
récolte au profit de la teneur en sucre du raisin. Il n'en fut pas ainsi pour des 
vignes blanches qui, créées sur des déblais d'anciennes carrières, souffrirent 
durcissement et ne tirèrent aucun bénéfice de leur vendange tardive et donnè- 
rent des moûts cassants à l'air. 

Aux journées très chaudes du début de septembre et aux pluies du milieu du 
mois succédèrent des jours de vents froids et secs. Les nuits du 25 au 30 sep- 
tembre, le thermomètre descendit au-dessous de 5° et même à 1°, avec des 
maxima diurnes atteignant à peine 20°. Le vent froid et sec acheva l'œuvre de 
l'ercissement. En Champagne, cet abaissement de température atteignit 0 et 
dans divers crus les raisins furent amollis par le froid. En revanche, les pre- 
miers jours d'octobre furent très ensoleillés et les nuits relativement chaudes; la 
maturation des vignes en bon état put s'achever et les dernières vendanges don- 
nèrent des raisins remarquables comme richesse, car les vents du nord-est, la 
bise de fin septembre, avaient concentré un peu le raisin, grossi trop subitement. 

L'ercissement physiologique qui frappa certains vignobles en 1906 fait qu'à 
côté de vins parfaits, on en trouve qui laissent à désirer. Il y a des vins à .degrés 
très bas, très inférieurs surtout à ceux que les viticulteurs se sont figuré récolter 
après les grosses chaleurs de l'été. Ces vins ont une acidité souvent anormale. 
Leur couleur est très foncée, mais peu stable, et leur saveur grossière rappelle la 
souffrance du raisin. 

On saisit bien les années excessives pourquoi les premiers crus sont situés 
à la base des coteaux où l'humidité *du sol et de l'atmosphère n'est pas excessive 
comme sur les coteaux ensoleillés. Leur orientation est plutôt Est que Midi, car,, 
les années chaudes qui font les grands vins, les vignes, exposées au Midi, 
souffrent énormément des ardeurs du soleil à la fin de la journée au moment 
où l'air est desséché. Ces grands crus sont aussi dans des dénivellations du 
terrain à la base des pentes là où, abritée du vent, la vigne peut encore conserver 
un peu d'humidité autour de son feuillage, qui travaille, accumule sucre et bou- 
quet, pendant que les coteaux ont leur feuillage erci et inactif. 

En 1906, il a été ramassé des raisins d'une vigne, sise aux Argillats, premier cru 
de Nuits-Saint-Georges, souffrant de l'ercissement. Il n'a pas été possible de les 
comparer à des grappes venues, au même point, sur des souches normales, 
car on n'a pu trouver de ces dernières. 11 nous suffira de rappeler que, à la récolte 
de cette vigne, le 8 octobre 1906, le moût faisait Ho grammes de sucre, c'est- 
à-dire un peu moins de 10° réel. La moyenne des grappes pesait de 75 à 
SO grammes au lieu de 115 à 120 en 1901, quoique la récolte ait tombé de 
.">0 hectos à l'hectare en 1904 à 32 hectolitres en 1906. 

En 1904, la même vigne avait été récoltée le 3 octobre au lieu du 8 oc- 
tobre (1906), et comme elle est exposée au Midi, il avait été possible d'y trouver 
des souches ercies et d'y récolter, d'une part, les raisins normaux, de l'autre, 
ceux crcis. Les moûts fermentes à part ont donné : 



Raisins orcis. 



Raisins normaux. 



Alcool t , 

Acirliié exprimé* en acide tartrique... 
Sucre restant 



7°1 
8*84 
2*17 



13°2 
7*50 
2*62 



Par suite d'un accident, l'analyse plus complète de ces vins et leur conserva- 
tion n'ont pu être étudiées. Mais ces chiffres sont assez suggestifs par eux-mêmes. 



VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 119 



Faisons remarquer les 13°1 d'alcool de l'année 1904 comparés au 10° de cette 
année pour des vendanges plus hâtives de 5 jours en 1904. 

Dans l'ercissement, la gêne fonctionnelle semble due à la perte d'eau trop 
rapide des cellules, mais celles-ci restent turgescentes. Il n'en est plus de même 
dans le flétrhsement, qui, lui, s'accompagne d'une dépression des tissus. Ceux-ci 
perdent toute rigidité, se fanent. Si cet état se produit à la fin de la journée, 
la plante regonfle ses tissus durant la nuit. Il arrive parfois que le vent a une 
sécheresse et une violence suffisantes pour dessécher les grappes et même feuilles 
et sarments : c'est le cas du siroco en Algérie Ces phénomènes plus brutaux, 
dont les dégâts sont très visibles et immédiats, sont connus de tous. 

P. Pacottet. 

♦ 

INSECTES LIGNIVORES] DE LÀ (VIGNE (1) 



L'APATE A DEUX TACHES 

(Apate Umaculata Olivier) 

Comme les deux Apate précédentes, cette jolie espèce est d'ordinaire fidèle à 
une essence spéciale. Ici, c'est le tamarix, si abondant sur le littoral méditerra- 
néen. C'est ce que nous n'avons cessé de constater ces années dernières. Nous 
l'avons obtenue par centaines de branches mortes de tamarix provenant de 
Camargue. 

Là où n'est pas le tamarix poussant à l'état sauvage, c'est-à-dire ayant du 
bois mort, l'insecte se rabat sur les tas de fagots de vigne. C'est ainsi que, cer- 
taines années, nous le trouvons à Montpellier, sortant des fagots de sarments, 
principalement à l'est de la ville, communes de Mauguio, de Lunel, etc. ; dans le 
Gard, à Aiguës-Mortes, Aimargues, etc. Comme on 
le voit, il ne s'éloigne guère du littoral, région r 
naturelle du tamarix. L'espèce est signalée dans 



les sarments, de Provence par Abeille, d'Italie 
par Targioni, de Grèce par Gennadius, qui la cite 
comme l'espèce dominante, de Turquie, d'Asie 
Mineure, de Palestine et d'Alger. 

C'est un joli insecte (iig. 56), long de 8 millimè- 
tres environ sur 3 de large, au premier abord de 
couleur gris jaune, mais qui vu à la loupe offre sur 
ses élytres des dessins en relief d'un noir brillant 




avec des poils dorés dans les intervalles. La tête 
noire est couverte au dessus de poils d'un roux 

doré. Le prothorax, renflé et râpeux en avant, est Fig. 56.-Apate à deux taches, 
garni dans la même région de poils d'un roux doré 

qui se prolongent vers l'arrière, sous forme d'une bande médiane étroite, de 
chaque côté, en arrière une grande tache formée par des poils blancs avec une 
ou deux petites taches noires au milieu. De ces deux taches vient le nom de 
bimaeulata. Les élytres tronqués postérieurement, mais à angles arrondis, portent 
deux épines mousses recourbées en dedans. 

(1) Voir n°» 681, 682, 683 et 684, pages 8, 36, 63 et 98. 



4 



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VALÉRY MAYET. 



— INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



L'APATE A SIX DENTS 

(Apate {Sinoxylon) sexdentata Olivier). 

De toutes les espèces du genre, c'est celle qui est la plus fréquente sur la vigne. 
Six à huit fois sur dix, c'est elle qui, en Languedoc, connue sous le nom de 
Quissou, met en poussière les' fagots de sarments empilés depuis longtemps. Si 

le petit rongeur se contentait d'attaquer les sar- 
i ments coupés, il n'aurait pas, à plusieurs reprises 
effrayé les viticulteurs, on en aurait toujours été 
quitte pour vendre au plus tôt les piles de fagots ; 
mais il arrive souvent que, lorsque, par une cause 
quelconque, pourridié, gribouri, phylloxéra, sa- 
lure du sol, etc., la souche est affaiblie, l'insecte 
vient déposer ses œufs dans les sarments. 

Que de fois nous avons vu des viticulteurs refusant 
de croire à la présence du Phylloxéra aux racines de 
leurs souches nous apporter des sarments ainsi per- 
forés et, la consultation prise, rester convaincus que 
Fig. 57. — Apate à six dents, lesauteursde toutle malétaientlesrongeursdebois. 

L'aire géographique est considérable. Elle com- 
prend en Europe : le Portugal, toute l'Espagne, tout le midi de la France, de l'Océan 
aux Alpes-Maritimes en remontant jusqu'à Valence et même à Moulins, toute l'Italie, 
du Tyrol (Botzen) à la Sicile, la Garniole, l'Herzégovine, la Grèce, l'Archipel, la Tur- 
quie, la Crimée, l'Asie Mineure et dans l'Afrique du Nord, 
toute l'Algérie et le Maroc. 

On ne peut dire que cet insecte soit spécial à la vigne, 
la culture de celle-ci l'a seulement beaucoup multiplié. Il 
se rencontre fréquemment sur le figuier et le mûrier, et 
nous l'avons observé isolément sur l'olivier, le robinier 
et le châtaignier. Perris le signale sur l'orme, le chêne, 
la clématite, le rosier, le lierre et le pêcher. 

L'insecte parfait (fig. 57) est caractérisé par son corps 
relativement court, 4 à 5 millimètres de long sur 2 à 
2,50 de large, cylindrique, d'un brun roux, plus clair 
sur les élytres, ses antennes de dix articles, dont les trois 
derniers en forme de dents de scie forment une massue 
aussi longue que la tige, le corselet épais, très renflé, for- 
tement granuleux et muni de chaque côté en avant de pe- 
tites épines. Les élytres, courts par rapport au corps, sont 
obliquement tronqués postérieurement et munis chacun 
de trois dents, total six : de là son nom. Il est le type du 
sous-genre Sinoxylon (aCvu), je gâte, çuXov, le bois). 

N'ayant pas décrit les métamorphoses des espèces pré- 
cédentes, entrons dans quelques détails concernant celle-ci. 
L'insecle pénètre dans l'intérieur du sarment par un trou 58. — Morceau de 

... , --î sarment attaqué par 

pratique en dessous de 1 œil, puis il creuse une petite ga- pApute à six dents, 
lerie transversale ou loge d'accouplement; de là la femelle 

s'enfonce dans le sarment, parallèlement à l'axe et dans cette galerie, longue 
de plusieurs centimètres, elle dépose de chaque côté des (eufs blancs elliptiques. 





VALÉRY MAYET. 



— INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



181 



Cela fait, elle sort par où elle est entrée pour aller faire une seconde galerie et 
une seconte ponte. Les larves, à l'éclosion, pénètrent dans le sarment et le 
parcourent longitudinalement en y creusant des galeries dont elles consomment 
les déblais et qu'elles laissent derrière elles remplies d'excréments pulvérulents. 
Souvent les larves se rencontrent en traçant leurs galeries, sans se nuire pour 
cela, et l'on est étonné, en voyant le nombre de trous de sortie, de la masse de 
larves qui ont pu vivre dans un même sarment. 

La larve ressemble, comme nous l'avons dit, à celle d'un Bostriche, sauf qu'elle 
est plus renflée antérieurement et munie des six pattes réglementaires, revêtant 
en un mot l'aspect d'une larve de Vrillette. La transformation en nymphe a lieu 
au fond d'une galerie en forme de cui-de-sac bien nettoyé, mais sans loge close 
comme chez les Vrillettes. Un délai d'une dizaine de jours amène l'insecte à l'état 
parfait. L'évolution complète demande de trois à quatre mois. Il y a deux géné- 
rations par an, à Montpellier du moins : celle dont on observe les individus éclos 
dès le printemps et qui pond en mai, et celle qui, éclose fin août, donne les larves 
d'automne et les insectes parfaits du printemps. 

L'APATE PERFORANT 

(Apate perforans Schranck, muricata Fabricius). 

Les descriptions données de l'espèce précédente et de ses métamorphoses 
peuvent se rapporter en grande partie à celle-ci. La robe est la même, la taille 
plus que double, de 7 à 8 millimètres de long sur 3 de large au lieu de 4 à 5 mil- 
limètres sur 2 à 2,50. Au lieu de 6 épines, nous en comptons 8 dans l'entaille de 
l'extrémité des élytres dont 6 plus petites sur le pourtour et 2 plus grandes près 
de la suture. Il paraît n'y avoir qu'une génération par an, l'adulte apparaît en 
avril. En dehors de la vigne, l'insecte s'attaque d'ordinaire à des bois plus durs. 
Nous l'avons élevé, à Montpellier, dans des branches de chêne rouvre de A ko cen- 
timètres de diamètre; Boyer de Fonscolombe, d'Aix-en- Provence, et Targioni,de 
Florence, l'ont trouvé dans l'olivier. 

En ce qui concerne ses attaques sur la vigne, le centre géographique semble 
être l'Italie ; Targioni et Costa le signalent du nord au sud de la péninsule ; Cha- 
puis et Candèze le citent du Tyrol. Il n'est pas rare en Provence, en raison 
directe du voisinage de l'Italie. A Montpellier, nous ne l'avons trouvé que sur le 
chêne; à Carcassonne, également. Perris, en ce qui concerne les Landes, le cite 
du chêne et de la vigne. 

En dehors de l'Italie et du midi de la France où l'insecte est signalé comme 
ampélophage, l'aire géographique de ses attaques sur le chêne s'étend jusqu'au 
Caucase, en passant par l'Autriche, les régions danubiennes et la Grèce. 

L'APATE KMOUSSÊE 
(Apate (Xylojperïha) retusa Olivier, sinuata Fabricius). 

La petite espèce noire par laquelle nous terminons l'étude des Apate attaquant 
la vigne appartient au sous-genre Xylopartha (çuXsv, bois, 7uspQo), je dévaste). 
C'est encore un Polyphage, vivant dans le bois mort du chêne, du châtaignier, 
du figuier, de l'érable et de la vigne. C'est l'espèce qui remonte le plus au nord. 
Elle est de l'Europe moyenne et méridionale ainsi que d'Algérie et de 
Tunisie. 



182 



VALÉRY MAYET. 



— INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



Son aire géographique occupe en Europe toutes les régions situées au-dessous 
d'une ligne idéale qui laisserait au nord la Bretagne, la Normandie, la Picardie, 
la Belgique, la Hollande, le nord de l'Allemagne et de la Russie. En France, on 
ne la trouve pas dans la région de l'olivier. En Orient, elle s'avance jusqu'au 
Caucase. Dans le nord de l'Afrique, c'est un insecte de régions montagneuses, 
Kroumirie, Edough, Ouarsenis, etc. lien est de même dans le midi de la France, 
où elle est inconnue dans la région de l'olivier. 

Nous l'avons reçue des environs de Lyon comme attaquant les sarments de 
vigne, et Perris l'a signalée, dans les mêmes conditions, du département des 
Landes. 

C'est une des plus petites formes du genre, son corps allongé ne dépasse 
guère o millimètres de long et 2 de large, la robe est d'un noir brillant, les antennes 
de 9 articles; le corselet, moins renflé que chez les Sinoxylon, est râpeux, garni 
sur les bords de petites dents relevées et de poils blonds. Les élytres oblique- 
ment tronqués sont comme évidés dans cette entaille dont les bords latéraux 
portent chacun une dent émoussée et une autre plus aiguë à l'extrémité des 
élytres. 

LE BUPRESTE DE LA VIGNE 

(Agrilus derasofasciatus Lacordaire). 

Ce petit Buprestide, spécial à la vigne, est bien le type de l'ampélophage natu- 
rel, aussi peu nuisible que possible. Il est, sous ce rapport, à ranger à côté du 
Callidium fasciatum et des deux Psoa. Bien qu'appartenant à une famille si 
remarquable par ses teintes métalliques que ces insectes sont nommés vulgaire- 
ment 1rs Richards, sa robe est aussi modeste que sa taille. 

L'insecte paraît en juin et juillet ; on le voit généralement circuler au soleil, se 
poser vivement sur les feuilles de la vigne el s'envoler de même. Sa plante pré- 
férée est la vigne sauvage; mais on le voit souvent sur les espaliers de vigne 
cultivée, principalement les Chasselas. 

Il est long de 5 à 5 mill. 50, large de 1 mill. 50, allongé, étroit, peu con- 
vexe, d'un vert olive luisant, métallique, le thorax et la tête parfois cuivreux. 
Les élytres sont, sur le tiers postérieur de leur longueur, garnis le long de la 
suture d'une bande de poils soyeux. Le dernier segment abdominal est échancré 
en dessous, mais non fovéolé, ce qui distingue de suite cette espèce des trois 
autres, hastulifer, graminis et olivicolor qui ont aussi la bande suturale soyeuse à 
l'extrémité des élytres. 

La larve vit dans les couches libériennes ou même corticales de la vigne, ce 
qui explique que certains vieux ceps peuvent être attaqués, sans en souffrir 
sérieusement; cette larve trace des galeries sinueuses entre les feuillets de 
l'écorce. Elle est blanche, aplatie, très grêle, aveugle, apode; la tête est petite 
avec les parties de la bouche rembrunies, le prothorax, au contraire, très déve- 
loppé, les méso et métathorax plus étroits que tous les segments abdominaux. 
Ceux-ci au nombre de dix, le dernier bilobé à l'extrémité et terminé par deux 
pointes chitineuses brunes tronquées au bout, garnies du côté interne de petites 
pointes dirigées en avant, appareil destiné, sans doute, à faciliter les mouve- 
ments dans la galerie. 

La nymphose se fait en mai entre les couches corticales, dans une loge creusée 
à cet effet. L'insecte parfait, nous l'avons dit, parait en juin. 



VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



183 



L'aire géographique est étendue à toutes les régions viticoles de l'Europe, de 
l'Asie occidentale et du Nord de l'Afrique. Sa nocuité étant nulle, il n'est pas 
nécessaire de songer à le détruire (1). 

LES HYMÉNOPTÈRES NICHANT DANS LES CROSSETTES 

Indépendamment des Insectes perçant le bois de la vigne pour s'en nourrir, 
ou lui confier leur ponte comme les Cigales, il y a ceux qui l'attaquent unique- 
ment pour abriter les premiers états de leur progéniture. Ils creusent, à cet effet, 
le canal médullaire du bois de deux ans, sectionné au moment de la taille, se 
desséchant sur une longueur de 1 à 3 centimètres et connu des viticulteurs 
sous le nom de crossette. 

Ce sont les mêmes espèces qui fréquentent diverses tiges creuses de petits cali- 
bres, chaumes de roseau ou autres, les mêmes que l'on trouve dans les tiges à 
moelle telle que celles de la ronce. 

De beaux travaux ont été publiés sur les Insectes de la ronce (2) et nous éton- 
nerons peut-être le lecteur en disant que le nombre des espèces observées dans 
les longs sarments épineux de ce végétal riche en moelle, dépasse soixante. Le 
nombre de celles qui ont été observées dans les crossettes de la vigne est loin 
d'atteindre ce chiffre ; mais il n'y a rien d'impossible à ce que, dans les moyen- 
nes et petites espèces, la plupart des habitants de la ronce viennent, pour l'éta- 
blissement de leur nid, demander abri aux sarments coupés. 

L'inventaire de ces rongeurs de moelle n'a pas été fait. Si l'on s'adressait aux 
longs mérithalles des sarments mis en fagots et destinés au feu, il est probable 
qu'il serait considérable, mais d'un intérêt fort médiocre. Contentons-nous de 
citer les trois espèces que nous avons le plus fréquemment observées dans les 
crossettes: Osmia leucomela, Ceraiina cserulea et Sphex unicolor . 

Ils appartiennent à deux familles différentes, les Apiaires ou Mellifères em- 
magasinant du miel et les Fouisseurs emmagasinant des proies vivantes. 

L'OSMIE BLANCHE ET NOIRE 

[Osmia leucomela Kirby). 

Les Osmies sont des Abeilles maçonnes qui ne construisent pas de grands nids 
comme les Chalicodomes, mais qui profitent de toutes les cavités qu'elles ren- 
contrent ou même pratiquent, pour y établir leur nid cloisonné d'argile et dont 
chaque cellule est garnie de miel. C'est tantôt un ancien trou de sortie de Longi- 
corne ou de Bupreste vivant dans le bois, tantôt une coquille vide d'escargot, 
tantôt une galerie creusée dans une branche à moelle. 

V Osmia leucomela Kirby, la parvula de Dufour et Perris, est une petite espèce 
de couleur brune, les quatre premiers segments de l'abdomen bordés postérieu- 
rement de blanc, longue de 4 à 6 millimètres qui, dans les tiges de la ronce, 
construit une douzaine de cellules à la file, mais qui, dans une crossette, en place 

(1) Outre les douze Coléoptères lignivores dont nous venons de parler, on pourra voir sortir 
du bois mort de la vigne plusieurs autres espèces qui, ayant vécu en parasites aux dépens de 
nos rongeurs de bois, doivent être rangés dans les insectes utiles. Nous n'avons pas à en parler 
longuement ici. Ils appartiennent pour la plupart à la famille des Clérides, Coléoptères aux 
formes allongées et dont le type parasite des Abeilles, est un joli insecte rouge et bleu d'acier, 
commun sur les fleurs, le Clairon des Abeilles (Clerus apiarius). Les Clérides du bois vermoulu 
de la vigne : Denops albofasciata, Tillus unif'asciatus, Opilo dornesticus, 0. mollis, 0. pallidus, 
revêtent des robes plus modestes où le brun, le noir, le rouge, le blond sont agrémentés de 
bandes transversales blanches. 

(2) Dufour et Perris ' Ann. Soc. Ent. de France, 1840) et D r Giraud (même publication, 1866). 



184 VALÉRY MAYET. — INSECTES LIGNIVORES DE LA VIGNE 



trois ou quatre au plus. L'œuf, déposé sur le miel assez épais, donne naissance à 
une larve blanche, courbée en demi-cercle qui, le miel achevé, c'est-à-dire au 
bout d'un mois environ, se file un cocon d'un gris pellucide, arrondi aux deux 
bouls, longs de 4 à 5 millimètres. Sa transparence est telle que la larve et la 
nymphe qui lui succède paraissent distinctement à travers son tissu. Celui-ci 
paraît être, comme chez les autres abeilles, de la soie amorphe qui, rejetée en 
masse par la filière placée en dessous de la bouche, affecte cet aspect de tissu 
de baudruche. 

Avant de filer son cocon, la larve fait de ses excréments un tas serré et compact, 
une sorte de culot autour duquel elle tisse une calotte sur laquelle le cocon est 
appuyé. C'est dans le courant de juillet que nous avons vu l'Osmie sortir des 
crossettes, ayant passé l'hiver à l'état de larve et ne s'étant transformée qu'au 
printemps. 

LA CÉRATINE BLEUE 

(Ceratina cœruïea Leach). 

Cette abeille, de formetrès allongée, atteignant 5 à 6 millimètres, de couleur 
bleu-vert métallique, qui pratique dans la ronce des chapelets de quinze à vingt 
cellules, choisit sur la vigne les plus grandes crossettes dans la moelle desquelles 
elle en établit quatre ou cinq. 

Les mœurs et l'évolution diffèrent quelque peu de celles de l'Osmie qui fait 
son nid en juillet. Les cellules sont séparées non par un mur d'argile, mais par 
des cloisons transversales d'environ 3 millimètres d'épaisseur, concaves de cha- 
que côté et formées de débris de moelle pressée, mais non agglutinée. Dans 
chaque cellule est déposé un tas ellipsoïde de miel fortement additionné de 
pollen jaune ou rouge suivant les fleurs sur lesquelles l'insecte l'a recueilli. Sur 
ce miel est pondu l'œuf blanc, long d'un peu plus d'un millimètre, un peu arqué 
d"où sort deux ou trois jours après une larve. 

Dans un intervalle de douze à quinze jours, le miel est consommé et la larve a 
atteint sa plus grande dimension, c'est-à-dire 6 à 7 millimètres. Il n'y a pas de 
cocon, la nymphose se fait à nu, elle dure environ un mois. 

Comme pour l'Osmie, il n'y a qu'une génération par an ; mais si celle-ci passe 
l'hiver à l'état de larve, la Cératine, éclose en septembre, hiverne dans un abri 
quelconque, cavité d'arbre ou tige creuse et ne reparaît qu'en mai de l'année 
suivante, époque de l'accouplement et de la ponte. 

LE SPHEX UNICOLORE 

(Sphex (Oemomus) unicolor Panzer], 

L'ancien Sjihex unicolor de Panzer que l'entomologiste allemand Dahlbom a 
compris dans son genre Cemomus est un fouisseur assez petit détaille, long de 
5 à 6 millimètres, d'un noir luisant uniforme. Il emmagasine des pucerons de 
diverses espèces dont sa larve fera sa nourriture. « On le rencontre souvent, dit 
Giraud (1), dans les tiges de la ronce, mais il ne dédaigne pas celles du sureau, 
du rosier, de YEryngium et sans doute de beaucoup d'autres plantes. » Nous 
l'avons fréquemment obtenu des crossettes de la vigne. Les loges sont séparées 
par des cloisons d'argile mêlé de débris de moelle. 

{{) IfiC. cit. 



ACTUALITÉS 



185 



La larve sortie de l'œuf déposé à côté de la provision de pucerons paralysés 
par un coup d'aiguillon, mais non tués, est d'un blanc jaunâtre ainsi que la 
nymphe. Il n'y apas de cocon, l'insecte, comme la Cératine, passant l'hiver à 
l'état parfait. 

Valéry Mayet. 
_ — ♦ : 

ACTUALITÉS 



Les labours à donner aux vignes dans le Midi (E. Zacharewicz) . — Les tirs contre la grêle en 
1905 et 1906 (Tachon; C.R.).— La lutte contre la Cochylis (L. Moreau).. — Tarifs et transports : 
le fret d'Alger à Rouen (C. R.). — Là viticulture à la Chambre : commission d'enquête. — 
Concours général agricole de Tunis. — Mérite agricole : nominations. (Suite.) 

Les labours à donner aux vignes dans le Midi. — La culture 
des jeunes vignes ou plantiers est caractérisée par la fréquence de labours qui? 
tout en empêchant le développement des mauvaises herbes, maintiennent le sol 
dans un état de fraîcheur permanente, ce qui a fait dire au cultivateur qu'un 
labourage vaut un arrosage. 

Généralement on exécute cinq à six labours, que Ton croise de manière à 
rendre la terre friable. Dans l'intervalle de ces labours, on donne des façons à 
bras pour cultiver le pied de la souche. 

Ces labours seront d'autant répétés et faits à la charrue vigneronne que le 
terrain renfermera du chiendent ; ce n'est que ce moyen mis en pratique durant 
l'été qui purgera le sel avec sûreté de cette vilaine plante. 

La vigne en pleine production ne reçoit dans le Midi que trois labours : le pre- 
mier est donné en hiver et c'est le plus profond. 

Il va de 15 à 25 centimètres. Cette profondeur a donné lieu à des discus- 
sions, elle a même fait former deux camps d'agriculteurs, les uns partisans des 
cultures superficielles, les autres des cultures profondes. 11 nous semble que 
devant la divergence des résultats obtenus par la culture superficielle, le plus 
sage c'est de nous en tenir au labour profond d'hiver approuvé par M. Marès et, 
en général, par les viticulteurs de la région. D'ailleurs, les racines qui peuvent 
être coupées dans les parties supérieures du sol obligent les autres à pivoter et, 
par conséquent, à s'enfoncer un peu plus profondément. Ce fait a été reconnu 
dans les plantations greffées sur Riparia. 

Ce labour facilite la pénétration de l'air : aussi est-il appelé labour d'aération. 
Cet air apporte au sol des modifications des plus importantes; c'est ainsi que, 
grâce à son oxygène, les matières azotées qui y sont accumulées se nitrifient, et 
ces phénomènes, mis en évidence par M. Boussingault, ont été reconnus par 
MM. Schlœsing et Muntzêtre dus à un microorganisme aérobie qu'ils ont appelé 
ferment nitrique. De même M. Schlœsing a montré que, dans un sol privé d'oxy- 
gène, les nitrates se décomposaient et dégageaient l'azote; ceci serait dû, d'après 
MM. Gayon et Dupetit, Dehérain et Maquenne, à des organismes microscopiques 
anaérobies. Enfin l'acide carbonique apporté par l'air agit sur le carbonate de 
chaux, sur le phosphate de chaux et le silicate de potasse et les rend solubles et 
assimilables aux plantes. 

Par suite de ces transformations qui se passent dans le sol, ce labour d'aéra- 
tion est considéré comme le plus important. 



186 



ACTUALITÉS 



Il est fait tantôt à bras, tantôt à la charrue ; fait à bras, on donne au sol la 
disposition en sellette, qui facilite son aération ; fait à la charrue, pour adopter 
la même figuration, on le laboure de manière à amasser la terre au milieu 
des rangées de souches en déchaussant ces dernières suivant la direction des 
lignes. Ces labours se font aujourd'hui au moyen des charrues vigneronnes qui 
remplacent avec avantage l'araire. 

Comme l'ont démontré nos essais de fumures sur la vigne, on doit profiter de 
ce labour pour enterrer les engrais organiques ou minéraux, sauf le nitrate de 
soude qui ne sera mis qu'en mars ou avril, préalablement répandus en couver- 
ture ; on évitera ainsi, tout en ayant une bien meilleure utilisation des principes 
•fertilisants par les racines, l'opération onéreuse du déchaussage des souches pour 
Va mise de l'engrais. Ce déchaussage sera remplacé par un simple nettoyage du 
pied des souches. 

La seconde façon faite au mois de mai a plutôt le caractère de labour de binage : 
elle sera donc superficielle. Elle est destinée à remettre le sol à niveau, à achever 
son ameublissement et à détruire les mauvaises herbes. On emploie pour cela 
la harpe ou la houe plate. On peut aussi employer la charrue vigneronne dite 
chausseuse^ et le bissoc vigneron. Si le rechaussement n'est pas nécessaire, on 
peut faire usage des scarificateurs, des extirpateurs ou des houes à vigne qui 
procurent une grande économie dans la main-d'œuvre. 

La troisième façon est exécutée du 15 juin au 15 juillet. C'est un binage.super- 
ficiel qui sert à rompre la croûte qui s'est formée et à empêcher le développe- 
ment des mauvaises plantes. On le fait à la main, tantôt avec des houes plates 
allongées, tantôt au moyen des houes vigneronnes, ou bien encore avec la grat- 
teuse de l'Hérault. 

Il faudra bien se garder de cultiver les vignes durant leur floraison, le refroi- 
dissement qui se produit par l'évaporation pouvant occasionner la coulure. 

Outre les principales façons que nous venons de décrire, d'autres binages 
superficiels peuvent être donnés toujours dans le but d'ameublir la surface du 
sol pour le maintenir frais et de détruire les mauvaises herbes. 

Si dans les terrains argilo-calcaires des mottes sont soulevées, on peut rapide- 
ment écraser ces dernières avec le rouleau Crosskill à vigne. 

Dans l'attelage des charrues vigneronnes et des houes, on remplace, depuis 
quelques années, les brancards et palonniers par le harnais viticole. Avec ce 
harnais, on évite bien des accidents nuisibles à la vigne, tout en permettant à 
la charrue ou à la houe de passer aussi près des ceps que possible sans arrêts 
dans la marche. — Ed. Zaciiarkwicz. 

Les tirs contre la grêle en 1905 et 1906 : Rapport de M. Taciion. — 
M. J.Tachon, secrétaire de la Commission météorologique delà Loire, vient d'exposer, 
dans un rapport très documenté, les résultats d'une vaste et patiente enquête 
sur les tirs contre la grêle en 1005, enquête complétée par le résumé d'obser- 
vations succinctes pour l'année 190fi. 

C'est de 1901 que datent, dans la Loire, les premières organisations de 
défense; elles n'ont pas cessé de se multiplier depuis. On compte maintenant, 
dans ce département, 200 postes de fusées et 225 postes de canons, dont l'action 
réunie s'étend sur 17.000 hectares environ. On a relevé, en outre, dans l'Allier, 
350 postes de fusées,47 postes de canons et 2.'J postes de bombes ; dans Saône-et- 
Loire, 150 postes de fusées et 223 postes de canons ; dans le Rhône, 50 postes de 



ACTUALITÉS 



187 



fusées et 498 postes de canons, etc. De très intéressantes observations ont été faites, 
à l'occasion de ces installations, sur la marche des orages ; jamais les phénomènes 
qui en dérivent n'avaient été suivis avec autant de soin. 

D'une manière générale, toutes les associations de défense sont pleines de 
confiance. L'action des tirs semble bien établie contre les roulements de ton- 
nerre ; on ne s'accorde pas, avec autant d'unanimité, sur son influence contre le 
vent, mais cette question n'a qu'un intérêt secondaire. Sur bien des points, on a 
constaté que, pendant les tirs, la chute de la grêle s'est produite sous forme de 
petites masses neigeuses / sans danger pour les récoltes. Mais il y a quelque 
chose de beaucoup plus encourageant. D'un examen comparatif entre les dégâts 
causés par la grêle dans seize communes groupées en syndicats dans le dépar- 
tement du Rhône, il résulte que ces dégâts représentent, depuis l'installation 
des moyens de défense, une perte moyenne, globale et annuelle del73.394 francs, 
alors que ce chiffre était autrefois de 1.132.806. C'est là un fait dont on ne peut 
contester l'importance. 

Mais, « bien que les renseignements recueillis de toutes parts soient nombreux 
et que leur origine ne soit pas suspecte, émanant tous de syndicats réguliè- 
rement accrédités auprès de la Commission, il est encore difficile de se pro- 
noncer d'une façon favorable et catégorique sur l'efficacité ou la non-efficacité 
des engins para-grêle, en général ». Cette conclusion n'est pas celle que souhai- 
teraient les partisans convaincus des tirs; elle justifie cependant la réserve dont 
ne s'est jamais départie la Revue. 

M. Tachon suggère l'idée d'expériences scientifiques relativement faciles pour 
éclaircir la question. Il voudrait qu'on étudie l'action de petites détonations, 
dans une atmosphère confinée, de tension électrique connue. C'est une 
méthode qui ne parait avoir rien de trop compliqué pour nos laboratoires. 

Nous en rappellerons une autre, que nous avons indiquée déjà à plusieurs 
reprises, qui serrerait de plus près le problème pratique, et ne coûterait à peu 
près rien. Elle consisterait tout simplement à noter, en hiver, l'action des tirs 
sur les chutes de neige. Sans prétendre, comme un ingénieur italien dont nous 
ne nous rappelons plus le nom, que l'emploi du canon ou des fusées pourrait 
éviter les dépenses considérables que nécessite l'enlèvement des neiges en hiver 
dans les grandes cités, il n'y a aucun risque à tenter une expérience. Pourquoi 
s'y refuser? On aurait tout le temps pour opérer et les occasions ne manque- 
raient pas. Ce serait un travail qui pourrrait s'accomplir presque sans dérange- 
ment, dans les villes mêmes, à portée de nombreux témoins. Le ministère de la 
Guerre ne refuserait pas son concours, si on le lui demandait. Il n'y aurait donc 
aucune difficulté d'application. Sans doute, l'inefficacité des tirs contre la neige, 
si elle ressortait des essais entrepris, ne suffirait pas» pour permettre de nier 
l'action des canons et des fusées contre la grêle, mais sa constatation déblaie- 
rait le terrain de questions importantes, ce qui ne serait pas à dédaigner. Dans 
le cas de résultats favorables, au contraire, le problème qui préoccupe si vive- 
ment l'attention depuis cinq à six ans serait bien près d'avoir trouvé sa 
solution. — C. R. 

La lutte contre la Cochylis. — On nous communique la note ci-dessous 
dont nos lecteurs apprécieront le grand intérêt : 

Les dégâts commis par la Cochylis ont pris depuis quelques années des proportions 
inquiétantes et il n'est pas exagéré de dire que la viticulture française perd, 



188 



ACTUALITÉS 



chaque année, plusieurs millions de francs du fait seul de la teigne de la vigne. 

11 ne semble pas jusqu'ici que les traitements préconisés pour combattre ce redou- 
table insecte aient donné tous les résultats désirables ; leur multiplicité est une preuve 
de leur peu d'efficacité. 

Les essais, très souvent, n'ont pas été entrepris méthodiquement, ni avec assez 
de persévérance. En recommandant ces traitements, on n'a pas toujours tenu assez 
compte des circonstances de temps et de lieu où leurs bons effets avaient été constatés. 
On a négligé, dans leur application des facteurs qui, comme le cépage, le terrain, l'ex- 
position, le climat, semblent avoir leur importance. A côté de remèdes qui n'ont donné 
aucun résultat, ou dont l'application rencontre des difficultés pratiques insurmontables, 
il en est d'autres, qui, dans certaines conditions, — qui auraient besoin d'être préci- 
sées, — ont donné ou semblé donner — car il faut voir si la disparition de l'insecte est 
bien due au traitement et non à d'autres causes — ont semblé donner, dis-je, des résul- 
tats dignes d'être contrôlés, discutés et examinés de près. 

Bien des points de la vie même de l'insecte sont encore obscurs et ort discute sou- 
vent sur le lieu où il hiverne. 

C'est dans le but — peut-être prétentieux, mais digne cependant d'être encouragé — 
de contribuer à l'étude d'une maladie qui cause des dégâts si importants et d'expéri- 
menter méthodiquement et rationnellement, après en avoir vérifié sur place la techni- 
que, parmi tous les traitements employés contre elle, ceux qui nous auront paru les 
plus pratiques et les plus efficaces, qu'une commission a été nommée par la Société 
Industrielle et Agricole d'Angers. 

L'intérêt de la Viticulture tout entière est trop intimement lié à la réussite de tous 
ces travaux pour que nous ne trouvions pas auprès des viticulteurs l'appui désirable, 
et la tâche est suffisamment ardue et compliquée pour qu'elle nous soit facilitée par 
tous ceux qui ont eu à souffrir de la Cochylis. 

Nous leur demandons de bien vouloir faire parvenir, avant le 15 mars prochain, à la 
station œnologique de Maine-et-Loire, le résultat de leurs observations sur la vie et 
les mœurs de la Cochylis, sur les traitements employés dans leur région pour la com- 
battre, sur les conditions dans lesquelles ces traitements ont été faits et sur les résultats 
qu'ils ont donnés. 

Cette enquête constitue la première partie des travaux de la commission. 

Il va sans dire que cette commission n'a point la prétention de garder pour elle 
seule les renseignements qu'elle pourra obtenir, qu'elle ne vient pas supplanter les 
autres commissions qui auraient pu être nommées, dans le même but, dans d'autres 
régions ; bien au contraire, elle se tient à la disposition de tous ceux qui voudraient 
entreprendre des recherches sur le même sujet. Son unique but est de contribuer à 
l'étude d'un problème à la solution duquel beaucoup d'intérêts sont attachés. — 
L. Moreau, directeur de la station œnologique d'Angers. 

Tarifs et transports : Le fret d'Alger a Rouen. — La Chambre de com- 
merce d'Aller s'est émue des exigences croissantes des compagnies françaises 
de navigation en ce qui concerne les transports d'Alger sur Rouen. C'est le com- 
merce des vins qui a eu particulièrement à en souffrir. D'après M. Henri Savi- 
gnon, quia présenté un intéressant rapport sur la question, les rares transpor- 
teurs qui font le trafic entre Alger et Rouen, après avoir passé quelques gros 
contrats au prix de 11 francs les mille litres, pour s'assurer, à chaque voyage, 
un fond de chargement, exigent maintenant des autres exportateurs, avec les- 
quels ils ont négligé ou refuse de contracter, un fret qui esl aujourd'hui de IN el 
même 19 francs, sans que rien ne donne l'assurance qu'ils s'en tiendront là. 

Sans une certaine stabilité dans les prix de transport, ajoute-t-il, aucun commerce 
d'exportation n'est possible. Or, il s'agit du principal trafic entre la France et 1* Algérie, 
de celui qui représente la plus grosse sommcd'iutérêts commerciaux et agricoles. Si les 



ACTUALITÉS 



189 



frets établis aujourd'hui peuvent impunément varier demain, du simple au double, parla 
seule volonté des transporteurs et sans qu'aucune circonstance ne vienne justifier un 
tel événement, le négociant exportateur, quelle que soit la sagesse apportée dans ses 
transactions et la prudence de ses calculs, verra subitement ses intérêts compromis 
et ses contrats de livraison irréalisables ; il subira de ce fait des pertes anormales et 
que rien ne pouvait lui faire prévoir, puisqu'il est livré, sans contrôle et sans sanction, 
à la cupidité d'une poignée de transporteurs privilégiés. 

Si la question des relations maritimes entre la France et l'Algérie est sou- 
levée de nouveau à l'occasion de modifications imprévues de tarifs, elle n'est pas 
nouvelle. Nous nous souvenons des plaintes que nous avons entendues nous- 
même, il y a longtemps déjà, sur les défauts de notre organisation de transports. 
Certaines marchandises d'exportatiou se dirigeraient du côté de l'Angleterre 
plutôt que de profiter des débouchés qu'elles pourraient trouver en France. La 
cause en serait dans les facilités que rencontrent les expéditeurs près des compa- 
gnies étrangères quand ils se heurtent aux tarifs des entreprises françaises, 
dotées d'un privilège qui les met à l'abri de toute concurrence. 

Pour remédier à la situation dont on se plaint non sans raison, le procédé qui 
paraît le plus rationnel et le plus sûr consisterait à supprimer purement et sim- 
plement le monopole du Pavillon français accordé en 1886. Sous un régime de 
libre concurrence entre transporteurs de toutes nationalités, il ne pouirait y 
avoir d'exigence excessive d'aucun d'eux. C'est la solution que réclame la 
Chambre de commerce d'Alger. 

Si pratique que paraisse le système visé, il n'y a guère, en fait, à compter 
sur son adoption prochaine. C'est que la situation est, en raison de bien des 
circonstances, beaucoup plus compliquée qu'elle ne paraît. On se rappelle les 
débats qu'a soulevés la refonte de la loi sur la marine marchande au mois 
d'avril dernier. Ses détails sont de ceux que ne sont pas toujours arrivés à, bien 
comprendre les profanes. Des échanges d'observations qui ont eu lieu, résulte 
manifestement cependant la conviction que les professionnels mêmes sont loin de 
considérer l'œuvre péniblement accomplie comme étant à l'abri de toute critique. 
Mais les difficultés que l'on a dû surmonter pour aboutir à des combinaisons sus- 
ceptibles d'être acceptées ne permettent guère d'espérer qu'on remettra volon- 
tiers le travail sur le métier avant d'y être absolument forcé. Il y a d'ailleurs des 
engagements pris. 

Nous connaissons les plaintes des expéditeurs ; il serait intéressant de savoir 
quelles sont les raisons que les Compagnies peuvent invoquer pour justifier 
leurs décisions. C'est un élément d'appréciation qui nous manque. La situa- 
tion esl, au fond, difficile. Le fret maritime s'est toujours distingué du 
prix des transports sur voies ferrées par une grande variabilité d'un mo- 
ment à un autre souvent très rapproché; il n'est généralement pas le même 
à l'aller qu'au retour, ni sur un point déterminé que sur un autre situé à 
égale distance, etc. D'autre part, nos lecteurs se rappellent les études 
autorisées, bien que les conclusions en aient été controversées, qui ont paru 
dans cette Revue même, au sujet des relations commerciales entre la France et 
l'Algérie. Aussi, tout en nous gardant de contester le bien fondé des protesta- 
tions du commerce de notre colonie, persuadé que des améliorations de divers 
ordres s'imposent, nous craignons qu'elles ne soient nécessairement lentes et 
laborieuses. Les entreprises intéressées n'auraient pas moins grand tort, au 
point de vue purement matériel, d'abuser de leur privilège; elles commettraient 



190 



ACTUALITÉS 



ainsi une faute qu'elles s'exposeraient à payer chèrement un plus tôt ou un plus 
tard. Aussi ne doutons-nous pas qu'elles ne veuillent tenir compte des disposi- 
tions de l'opinion à leur égard, et y donner satisfaction dans la mesure du pos- 
sible. En résumé, il est bon que la question ait été soulevée. — G. R. 

La viticulture à la Chambre : Commission d'enquête. — La Commission 
chargée de faire une enquête sur la situation de la production, du transport et du 
commerce des vins et de proposer les mesures à prendre en vue de remédier à la situa- 
tion critique de la viticulture, commission dont nous avons annoncé la création dans 
notre dernier numéro, se compose de MM. Chaussier, Lafferre, Razimbaud, Cazeaux- 
Cazalet, Brousse (Emmanuel), Combrouze, Groux, Bonnevay, Clament, Lachaud, 
Durand (Aude), Foy (Théobald), Germain Perier, Chavoix, Vigne (Octave). Dupourqué, 
Plissonnier, Corderoy, Sibille, Bourrât, Réveillaud et Louis Martin. Son bureau a été 
constitué ainsi qu'il suit : Président : M. Cazeaux-Cazalet : vice-président : MM. Chaus- 
sier et Louis Martin; secrétaires; MM. Bonnevay, Combrouze et Octave Vigne. Nous 
croyons savoir que les enquêteurs ont décidé d'aller prendre leurs renseignements sur 
place et de s'entourer de toutes les informations nécessaires pour s'acquitter utilement 
de leur difficile tache. 

Concours général agricole de Tunis, du 19 au 29 avril 1907. — Un 
Concours général se tiendra, du 19 au 29 avril 1907, dans la ville de Tunis. Il com- 
prendra : 

Un concours de produits agricoles de la Tunisie; vins, eaux-de-vie, huiles, etc. ; un 
concours de culture maraîchère, d'horticulture et d'apiculture; un concours interna- 
tional de machines et instruments servant à élever l'eau pour les usages agricoles ; une 
exposition de machines et instruments agricoles; des récompenses aux employés et 
serviteurs ruraux ; un concours d'animaux reproducteurs des espèces chevaline et 
asine et de l'espèce mulassière; un concours d'animaux reproducteurs des espèces 
bovine, ovine, caprine, porcine et caméline; un concours d'animaux gras et de bœufs 
de travail ; un concours d'animaux de basse-cour; un concours de produits animaux ; 
une exposition industrielle et commerciale. 

Tous les constructeurs ou représentants de machines agricoles, sans distinction de 
nationalité et de résidence, peuvent prendre part aux concours de machines et instru- 
ments agricoles. Seuls les éleveurs, les agriculteurs, les agents agricoles, les industriels 
et les commerçants résidant en Tunisie peuvent concourir pour l'obtention des 
récompenses pour les concours spécialement agricoles. 

Pour être admis à exposer, on doit adresser au Directeur de l'Agriculture, du Com- 
merce et de la Colonisation, une déclaration au plus tard un mois avant l'ouverture du 
Concours, sauf en ce qui concerne le concours des machines élévatoires, qui seront 
expérimentés avant le concours, et pour lesquelles déclaration devra être faite avant le 
15 février. 

Mérite agricole : Nominations (suite). — Grade de chevalier : 

MM.Bastien, vigneron à Bulligny (Meurthe-et-Moselle); Bayard, industriel à Car- 
cassonne (Aude); Bayle, régisseur au château Loudenne, commune de Saint- Yzans 
(Gironde); Bécaud, propriétaire viticulteur et maire de Saint-Denis-d'Oléron (Charente - 

Inférieure). 

MM. Bellivier, instituteur à Eynesse (Gironde); Benoit, propriétaire viticulteur à 
Villedieu-sur-Indre (Indre); Benquet, propriétaire cultivateur à la Sauvetat (Gers) ; 
Béria, propriétaire viticulteur à Coueilles (Haute-Garonne); Bernard, négociant viti- 
culteur à Saint-Mandrier (Var) ; Bernaudin, viticulteur arboriculteur à Chàtillon- 
Coligny (Loiret) t Bertrand, capitaine adjudant-major au 23" bataillon de chasseurs 
alpin», viticulteur à Cimps (Gard) ; Besson, viticulteur à Grôsy-sur-Aix (Savoie); Bé- 



ACTUALITÉS 



191 



zard, propriétaire viticulteur à Château-la-Vallière (Indre-et-Loire); Biérent, pro- 
priétaire et ingénieur civil à Coursan (Aude) ; Billon, pépiniériste horticulteur à Saint- 
Pourcain-sur-Sioule (Allier); Bissane, instituteur à Montpellier (Hérault); Blanchard, 
propriétaire viticulteur à Suèvres (Loir-et-Cher) ; Blanchez, fabricant de machines agri- 
coles à la Jarric (Charente-Inférieure); Bodin, propriétaire agriculteur, négociant aux 
halles à Paris; Bon, propriétaire^cultivateur à Salzuit(Haute-Loiré);Bonnafoux, agricul- 
teur négociant à Saint Jean-du-Pin (Gard) ; Bonnel, négociant à Sallèles-d' Aude (Aude) ; 
Bonzoms, propriétaire viticulteur à Baixas (Pyrénées-Orientales); Bordarier de La- 
devèze, agriculteur à Saint-Jean-du-Gard (Gard); 

MM. Bosc, instituteur à Carbonne (Haute-Garonne); Bouché, instituteur à Verzenay 
(Marne) ; Boulanger, agriculteur et viticulteur à Bournac-Gaillan (Gironde) ; Bourdé, 
éleveur et viticulteur à Saint-Palais (Basses-Pyrénées) ; Bourgeois, viticulteur à Mont- 
voisin, commune d'Œuilly (Marne); Bourguet, agriculteur, adjoint au maire de 
Xoailles (Tarn); Breton, directeur de la Société des filtres Chamberland à Paris; 
Brisset, viticulteur à Alligny-Cosne (Nièvre); Brun, propriétaire cultivateur à Reilhac 
(Haute-Loire); Brun, agriculteur viticulteur à Orgon (Bouches-du-Rhône) ; Brun, 
agriculteur à Pontcharra (Isère); Bureau, horticulteur viticulteur à Bougon, commune 
de Bouguenais (Loire-Inférieure); Caddau, propriétaire viticulteur à la Flèche (Sarthe) ; 
Camilli, viticulteur à Urbalacone (Corse); Canavaggio, propriétaire à Campo (Corse); 
Canolle, viticulteur à Sanary (Var); Capifali, propriétaire viticulteur à Calenzana 
(Corse); Caravel, viticulteur à]Gattières (Alpes-Maritimesh Carcassonne, propriétaire à 
Miramas (Bouches-du-Rhône); Carrère, viticulteur, maire de Pia (Pyrénées-Orientales) ; 

MM. Carron, viticulteur à Saint-Alban (Savoie) ; Cartoux, propriétaire à Avignon 
(Vaucluse); Cassin, agriculteur à Tarascon (Bouches-du-Rhône); Castaing, propriétaire, 
maire de Saint- Vincent-de-Pertignas (Gironde); Cauderon, négociant à Bordeaux (Gi- 
ronde); Cautenet, propriétaire vigneron à Neurey-en-Vaud (Haute-Saône) ; Chabas, 
Cazampourre, agriculteur viticulteur, maire à la Salvetat (Haute-Garonne); 
agriculteur à Cavaillon, hameau de Vignères (Vaucluse); Champsaur, juge 
d'instruction à Aix; Charmasson, propriétaire viticulteur à Saint-Martin-d'Ardèche 
(Ardèche); Chavernac, propriétaire viticulteur à Sainte-Valière, canton de Ginestas 
(Aude); Choquenot, viticulteur, conseiller d'arrondissement à Chablis (Yonne); Chré- 
tien, propriétaire viticulteur à Verneuil-sur-Indre (Indre-et-Loire) ; Cieutat, conseiller 
doyen de la cour d'appel d'Agen (Lot-et-Garonne); Colonna, propriétaire viticulteur à 
Piedigriggio (Corse); Combe, constructeur de machines et instruments agricoles à 
Sauveterre (Gard); Comptour-Mauras, propriétaire à Saint-Germain-Lembron (Puy-de- 
Dôme;; Conchon, instituteur à Saint-Priest-d'Andelot (Allier); Cornât, viticulteur au 
Jacquet, commune de Saint-André-de-Cubzac (Gironde); Couderc, propriétaire viticul- 
teur à Montauban (Tarn-et-Garonne) ; Courgeaud, propriétaire agriculteur de Cajau- 
gitat (Gironde). 

MM. Cruchon, cultivateur à la Métairie, maire de Civrac (Gironde); Dague, maire de 
Polandre (Pyrénées-Orientales); Daguzan, propriétaire cultivateur à Lectoure (Gers); 
Daleison, propriétaire-viticulteur à Grasse ; Darriet, viticulteur à l'Isle-Saint-Georges 
(Gironde) r Dauliac fils aîné, constructeur à Espira-de-l'Agly (Pyrénées-Orientales); 
Dauphin, propriétaire agriculteur à Besson (Allier); David, médecin vétérinaire et viti- 
culteur à Brissac (Maine-et-Loire); Degand, instituteur à l'Abergement-Clémenciat 
(Ain); Delaunay, cultivateur à la Gitonnière par Contres (Loir-et-Cher) ; Délétang, viti- 
culteur à la Forêt, commune de Saint-Estèphe (Charente) ; Deleuil (Lucien), proprié- 
taire agriculteur à Gardanne (Bouches-du-Rhône) ; Dellude, propriétaire à Saint-Yzans 
(Gironde); Delteil, propriétaire cultivateur à Sarlat (Dordogne); Dereymez, propriétaire 
cultivateur, maire de Bassy (Haute-Savoie) ; Desalmand, agriculteur à Annemasse 
(Haute-Savoie); Désassis, viticulteur, maire de Villabé (Seine-et-Oise) ; Despiats, pro- 
priétaire régisseur à Puissalicon (Hérault) ; Dolési, propriétaire agriculteur à Bastia 
(Corse) ; Domengé, propriétaire et régisseur au Puy-du-Cros, commune de Ribérac 
(Dordogne) ; 



192 



REVUE COMMERCIALE 



MM. Domenger, propriétaire cultivateur à Larbey (Landes) ; Dorléans, vigneron à Cel- 
lettes (Loir-et-Cher); Doucet, viticulteur, juge de paix à Preuilly-sur-Claise (Indre-et- 
Loire); Drageon, publiciste agricole à Toulon (Var); Ducroz, vétérinaire, adjoint au 
maire des Eglisottes (Gironde) ; Dumez. fabricant d'instruments à Cézac (Gironde) ; 
Dunand, agriculteur à la Combe, commune de Sillingy (Haute-Savoie); Duneau, négo- 
ciant en vins à Paris; Dupart, propriétaire-viticulteur à Linxe (Landes); Dupeyre, 
agriculteur, maire d'Itzotges (Gers); Durand, viticulteur à Narbonne (Aude); Dussert. 
professeur spécial d'agriculture à Valréas (Vaucluse); Espaze, propriétaire, maire de 
Saint-Bonnet (Gard); Estève, propriétaire-viticulteur à Argelliers (Aude); Euvrard, 
cultivateur, maire de Vy-le-Ferroux (Haute-Saône) ; Fabre, propriétaire viticulteur à 
Leucate (Aude); Fage, agriculteur-viticulteur à Grillon (Vaucluse); Faraut, proprié- 
taire à Gillette (Alpes-Maritimes); Faré, pharmacien et docteur en médecine à Tours, 
propriétaire à Vouvray (Indre-et-Loire); Favre, propriétaire-viticulteur à Vérizieux-de- 
Briord (Ain); Filippi, propriétaire-agriculteur à Bastia (Corse); 

MM. Forcioli, propriétaire, maire de Forciolo (Corse); Fournier, propriétaire vigneron 
à Sancerre (Cher) ; Fournier, viticulteur àUnieux (Loire) ; Fourton, agriculteur à Eysines 
(Gironde); Fraudin, .représentant en vins à Paris; Gagés, agriculteur à Razimet (Lot- 
et-Garonne); Gagnaire, viticulteur à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie); Garçon, négo- 
ciant à Paris ; Garnier, viticulteur à Montceau (Ain) ; Garnier, viticulteur à Mauves 
(Loire-Inférieure); Garnier, propriétaire-viticulteur à Camps (Var); Gateu, pépinié- 
riste viticulteur à Ille-sur-Tet (Pyrénées-Orientales) ; Gatineau, horticulteur, viticulteur, 
pépiniériste à Tonnay-Charente (Charente-Inférieure) ; Gaudeau, commis à la préfecture 
de la Seine à Paris, viticulteur; Gaudemard, agriculteur, maire de Théus (Hautes- 
Alpes) ; Gaultier, agriculteur, maire à Louzignac (Charente-Inférieure); Gay, régisseur 
à Villemur, section de Villematier (Haute-Garonne); Genicoud, négociant en vins à 
Paris; Géraud, négociant en vins à Paris; Gerbault, viticulteur pépiniériste à Chau- 
mont-sur-Loir (Loir-et.Cher) ; Germain, viticulteur, maire de Belmont (Rhône) ; 
Gesset, viticulteur à Saint-Amand (Cher) ; Gilly, propriétaire à Quissac (Gard) ; 
Giraud, propriétaire à Bonnes (Charente) ; Giraud, propriétaire-cultivateur à Vaux- 
Lavalette (Charente); Goisnard, agriculteur viticulteur à Saint-Patrice (Indre-et- 
Loire) ; Gonnet, instituteur à Châtenais (Jura); Goubeau, viticulteur à Yvrac (Gironde). 

{A suivie.) 

, + : 

REVUE COMMERCIALE 



IJevue annuelle du commerce extérieur. — La Direction générale des 
Douanes vient de faire connaître les résultats de notre commerce extérieur pour 
L'année 1905; ils dénotent une nouvelle amélioration dans l'importance de nos 
transactions avec les pays étrangers. 

Mouvement général du commerce extérieur (C. S.) de 1900 à 1900 (valeurs exprimées 

en millions de franc*). 





1900 


L90I 


1902 


1903 


1904 


1905 ■ 


1900 


Importations. . 


4.097 


41369 


4.394 


4.801 


4.502 


4.778 


5 . 229 


Exportai ions.. 


4.108 


4.012 


4.252 


4 . 2:i2 


4.4îi0 


4 . 80G 


a. 043 


Total 


8. 805 


8.381 


8.04G 


9.053 


8.932 


9 . 43:» 


10.272 



L'année. 1906 aurait été meilleure encore si, après avoir acquis jusqu'à lin 
octobre une avance très marquée sur l'êxercice antérieur, nos livraisons de 



REVUE COMMERCIALE 



193 



marchandises à l'étranger n'avaient fléchi d'une manière trop accentuée en 
novembre et surtout en décembre. Malgré ce ralentissement des affaires dans 
les deux derniers mois de la campagne écoulée, nos importations ont augmenté 
de 450.517.000 francs, et nos exportations de 17G.798.000 francs. Le montant des 
droits perçus à l'importation par la douane s'est élevé à 500.020.000 francs, en 
augmentation de 35.859.000 francs sur les recettes de l'année 1905, qui dépas- 
saient déjà de 36.108.000 le produit rélevé en 1904. 

Vins. — Nos importations de vins étrangers continuent à diminuer de plus en 
plus. Sur cinq millions et demi d'hectolitres qui sont entrés en France en 1906, 
l'Algérie et la Tunisie nous en ont fourni 5.400.000 environ. Les parts de l'Es- 
pagne et de l'Italie dans nos approvisionnements sont restées au-dessous 
de 100.000 hectolitres. 

Importations de vins ordinaires (C. S.) par pays de provenance, de 1896 à 1906 

[en milliers d'hectolitres). .... , 

d'Espagne d'Italie d'Algérie de Tunisie de tous pays 



1896 




15 


3.125 


85 


8.395 


1897..... . 


3.255 


11 


3.582 


60 


7.028 


1898 


4.716 


12 


3.278 


79 


8.158 


1899 


3.170 


49 


4.653 


91 


8.067 


1900 


2.191 


82 


1.338 


33 


4.807 


1901 


640 


19 


,2.636 


25 


3.350 


1902 


342 


18 


3.896 


13 


4.290 


1903 


914 


74 


4.771 


58 


5.940 






57 


5.219 


115 


6.476 


1905 


137 


18 


4.805 


19 


4.993 


1906 


83 


14 


5.386 


19 


5.510 



En dehors des vins ordinaires, nous avons importé, en 1900, 142.499 hecto- 
litres de misteUes, d'Algérie et de Tunisie pour la presque totalité, contre 
127.334 hectolitres en 1905 ,et 113.383 hectolitres en 1904. Nos importations de 
vins de liqueur ont sensiblement augmenté, s'étant élevées à 238.000 hectolitres 
contre 171.000 hectolitres en 1905, et 209.000 hectolitres en 1904. 

Nos exportations, qui avaient augmenté de près d'un million d'hectolitres de 
1904 à 1905, ont reperdu, en 1906, moitié de cette plus-value. 



Exportation des vins (C. S.) de 1903 à 1906 {en hectolitres). 





1903 


1904 


1905 


1906 


Vins en futailles : 












639.488 


594.472 


741.737 


694.081 




737.344 


703.777 


1.484.183 


1.032.526 


Vins en bouteilles : 












45.481 


42.090 


61.982 


54.378 




38.260 


38.970 


47.306 


46.909 


VinsdeChampagne et autres mousseux. 


197.614 


195.400 


199.524 


198.638 


Totaux 


1.658.193 


1.574.709 


2.534.732 


2.026.532 



La diminution de nos exportations est toutefois plus apparente que réelle, 
comme l'avait été d'ailleurs l'augmentation antérieure. Ces deux phénomènes 



194 



REVUE COMMERCIALE 



corrélatifs s'expliquent, en totalité, par les modifications survenues dans nos 
relations commerciales avec la Suisse. Devant la prévision du relèvement du 
droit sur les vins de 3 à 8 francs à partir du l ,r janvier 1906, nos commerçants 
ont fait des efforts considérables pour faire entrer chez nos voisins des quan- 
tités énormes de marchandises avant l'application du nouveau tarif. On se 
souvient de l'encombrement extraordinaire des gares de Genève et de Val- 
lorbe dans les derniers jours de décembre 1905. Nos exportations, qui avaient été 
favorisées par cette circonstance exceptionnelle en 1905, se sont trouvées natu- 
rellement réduites en 1906, par suite de l'accumulation du stock antérieur. 
Après s'être élevées de 600.000 hectolitres de 1904 à 1905, elles sont redescen- 
dues de 500.000 hectolitres en 1906, tout en restant sensiblement supérieures 
encore à celles des années 1903 et 1904. Sauf ces changements, qui dérivent de 
troubles passagers dans le mouvement de notre commerce d'exportation, la 
situation n'a, en définitive, guère changé. L'Allemagne nous a moins acheté ; 
nous avons, en compensation, regagné une notable partie du terrain que nous 
avions perdu dans la République Argentine. 

Exportation des vins (C. S.) par pays de destination, de 1900 à 1900 
(en milliers d'hectolitres). 





1900 


1901 


1902 


1903 


1904 


1905 


1906 


Angleterre 


265 


279 


283 


266 


194 


201 


211 




305 


282 


254 


221 


192 


394 


289 




250 


286 


289 


282 


270 


353 


335 




157 


228 


333 


157 


173 


763 


261 




30 


31 


33 


15 


19 


21 


22 




38 


30 


27 


28 


28 


27 


30 




18 


15 


17 


18 


19 


2i 


18 


République Argentine. . . 


51 


65 


43 


54 


68 


64 


116 



Les statistiques douanières anglaises dénotent un relèvement dans le mouve- 
ment des importations de vins. Cette reprise de la consommation vient à temps 
après la baisse continue des trois années 1902, 1903 et 1904. La situation déno- 
tait déjà, l'année passée, de légères tendances à l'amélioration; ces bonnes 
dispositions n'ont fait que s'affirmer en 1906. De 12.731.050 gallons, en 1905, les 
importations du Royaume-Uni ont passé à 13.134.114 gallons en 1906. Nos vins 
figurent dans ce total pour 4.105.000 gallons, contre 3.707.000 de provenance 
portugaise, 2.808.000 de provenance espagnole, 1.243.000 de provenance 
italienne. Mais que peuvent être ces 836.000 gallons qui sont arrivés de Hollande? 
Quant aux colonies anglaises, elles ne sont intervenues dans l'approvisionne- 
ment de la métropole que pour des quantités un peu moindres qu'en 1905. Le 
Cap n'a expédié que 4.397 gallons en 1906 contre 15.136 en 1905; l'Australie, 
622.836 gallons, contre 864*923, et enlin les autres possessions britanniques, 
150.456 gallons contre 181.410 gallons. Cependant, s'il convient d'accepter avec 
satisfaction les] indices de relèvement de la consommation qui résultent des 
documents officiels anglais, il faut tenir compte aussi, dans l'appréciation des 
faits, de la faveur croissante qui s'attache, en Angleterre, aux vins à prix 
modérés. Nos voisins demandent encore des vins fins; ils ne consentent pas 
facilement à les payer aux conditions anciennes, et ils se laissent souvent, 
comme d'autres acheteurs, séduire par le bon marché. • 



REVUE COMMERCIALE 



195 



Nos importations de raisins de table n'ont été que de 67.763 quintaux 
métriques contre 77.860 quintaux en 1905, mais 50.576 quintaux seulement en 
1904. Nos exportations de ces mêmes produits sont au contraire en progrès 
continu; elles ont atteint, en 1906, 125.444 quintaux, contre 72.843 en 1905 et 
41.150 seulement en 1904. Les efforts qui ont été faits pour nous créer de nou- 
veaux débouchés ont donc donné dès maintenant de premiers et appréciables 
résultats. 

Nos importations de raisins de vendange, tout en ayant un peu augmenté en 
1906, restent négligeables à 9.149 quintaux. Nos exportations, au contraire, 
prennent des proportions qui méritent de retenir l'attention : 125.193 quintaux 
en 1904, 153.050 quintaux en 1905 et, enfin, 228.480 quintaux en 1906. 

A signaler aussi, à l'importation, 47.309 quintaux de marcs de raisins et moûts, 
contre 1.390 seulement à l'exportation., 

Nous avons importé, enfin, en 1906, 40.811 quintaux de raisins secs de table, 
pendant que nous n'avons reçu que 854 quintaux de raisins secs destinés à la 
distillerie ou à la vinification. — C. R. 

VIGNOBLES ET VINS 
De nos Correspondants : 

Midi. — On ne se serait pas cru, il y a quelques jours, dans le Midi : à la 
neige avait succédé le beau temps et l'on croyait l'hiver passé, lorsqu'un brusque 
revirement de la température est venu démontrer qu'il n'en était pas ainsi, on 
n'entendait parler que de 8°, 10", 11°, 12° et même 15° au-dessous de zéro; 
encore faut-il joindre à cela un vent impétueux, brûlant les plantes en végéta- 
tion de la culture maraîchère, celles des céréales, les prairies d'un aspect ver- 
doyant. De ce fait, on a été en présence d'un sol sec et brûlé comme cet été en 
pleine sécheresse, ce qui indique bien que le froid et le chaud arrivent aux 
mêmes effets au point de vue de leur action sur les plantes. 

Les arbres fruitiers et la vigne sont les seules cultures qui n'ont pas souffert 
et pourront même par un débourrement plus tardif échapper aux premières 
gelées. Le sol sera-t-il de même purifié de toute la vermine et insectes qui assiègent 
nos cultures? Cela serait à souhaiter, on n'aurait pas ainsi souffert en pure perte. 

Il va sans dire que les affaires ont supporté le contre-coup de ce vilain temps. 
Rien ou presque rien n'a été retiré ou expédié. De même les travaux à la pro- 
priété ont complètement chômé. Espérons qu'avec le beau temps tout repren- ( 
dra sa marche que rien ne viendra plus entraver. — A. 

Pyrénées-Orientales. — La légère hausse sur les vins qui s'est manifestée 
dernièrement se maintient, mais les affaires sont relativement calmes : on 
achète entre 0 fr. 80 et 0 fr. 90 le degré. Prix de misère, quoi! 

Au vignoble, la taille est bien avancée; les labours ont pu être commencés 
dans de très bonnes conditions, grâce à la pluie bienfaisante qui est tombée avec 
suffisance en janvier dernier ; ils ont été arrêtés par les fortes gelées qui 
viennent de se produire, mais la température se radoucit, ce qui permettra 
de reprendre ces travaux et de les pousser activement suivant les moyens de 
chacun. 

Pourra-t-on effectuer tous les travaux nécessaires? Il est permis d'en douter; 



196 



REVUE COMMERCIALE 



car, si les vins se vendent à des prix dérisoires, par contre, les matières 
de première nécessité à employer pour arriver à récolter des raisins sains sont 
en ce moment à des prix exorbitants. Pauvre et malheureux viticulteur, tu es 
bien à plaindre! — J. E. 

Gironde. — Les écoulages à peine terminés, et parfois sans dégustation préa- 
lable, des ventes devins de 1906, ont eu lieu dans quelques crus. Les prix sont 
restés plutôt en dessous de ce qu'ils devaient être. Car, en Gironde — on ne saurait 
trop le répéter — la récolte a été déficitaire : ici, d'un quart ; là, d'un tiers ; ailleurs, 
d'une moitié. En plus, ce qui nous autorise à prévoir des prix élevés, c'est la très 
grande qualité des vins. L'année 1906 sera sûrement une très grande année. 

Brusquement, les achats ont cessé; et, en même temps, on n'a plus vu à la 
propriété ni courtiers ni négociants. Nous nous sommes laissé dire que le grand 
commerce s'était rendu compte que les prix pratiqués n'étaient pas assez élevés; 
qu'il fallait, en présence d'un produit susceptible d'être bien vendu, penser un 
peu aux producteurs ; mais il a jugé prudent, avant de payer de plus hauts prix et 
de s'adjuger la présente récolte, de se rendre compte de la façon dont elle se 
présenterait après les froids. 

Pendant ces deux longs mois de calme intense, les bruits les plus divers ont 
circulé. Les uns parlaient du marasme des affaires, ce qui n'allait guère avec 
l'activité du commerce à Paris et dans le Nord. Cela ne cadrait pas, non plus, 
avec le mouvement très actif des vins dans notre port. Les autres accusaient les 
vins de 1906 d'être durs et d'avoir tout ce qu'il faut pour être un terrain favorable 
à l'évolution de la tourne. Pauvres microbes! on veut ainsi les faire entrer en 
danse, alors qu'ils ne demandent qu'à se reposer. Enfin, certains écrivaient à 
des journaux étrangers à la région « que les vins de 1906 sont déjà rares » et 
que, « sur 3.600.000 hectolitres, 1.400.000 » seraient déjà sortis des chais des 
récoltants. De tels racontars ne nous ont point surpris : nous les voyons revenir 
chaque année où les vins ont de la qualité. Leurs auteurs ne trompent qu'eux- 
mêmes. Les négociants étrangers savent à quoi s'en tenir; et, quand le moment 
sera venu, ils se dirigeront vers Bordeaux pour y faire leurs achats. Ils savent 
fort bien qu'ils doivent faire ample provision des vins de l'année. 

Depuis quelques jours, le calme qui régnait si uniformément dans toutes les 
régions bordelaises, semble devoir cesser : il y a un léger courant d'affaires. 
Certains négociants, plus avisés que la masse, ont commencé sans grand tapage 
à faire des achats soit de vins ordinaires du pays, soit de grands vins. On nous 
signale, en effet, des ventes de quelques crus classés. A la vérité, les prix n'ont 
pas encore atteint les chiffres désirables pour que la propriété puisse trouver 
dans les cours de cette année une compensation, même légère, aux pertes des 
années précédentes. Ce n'est pas sans une vive surprise que nous avons entendu 
prononcer le prix de 700 francs pour les vins d'un quatrième cru qui se recom- 
mande par lui-même et par le voisinage de très grands châteaux. A quoi servent 
les syndicats de producteurs, si l'entente entre eux n'est pas capable d'améliorer 
la situation'? D'une façon générale, les petits chais obtiendraient des prix plus 
élevés que les grands. On nous signale des ventes de bourgeois entre 650 à 
700 francs ; d'autres, d'artisans entre 500 et 000 francs ; des paysans auraient obtenu 
de 450 à 500 francs. Ces prix viennent-ils d'une réussite relativement plus com- 
plète des vins, ou les petits propriétaires savent-ils mieux se défendre que les 
grands? Il y a peut-être de l'un et de l'autre. — A. P. 



REVUE COMMERCIALE 



197 



Tonnerrois. — Quelle est la situation du marché dans le Tonnerrois? Un peu 
meilleure que celle de l'année dernière à pareille époque, mais cette situation 
n'est toujours pas celle espérée et attendue. 11 existe en cave une récolte de qua- 
lité supérieure qui s'écoule lentement, à des prix nullement en rapport avec la 
marchandise offerte. Ainsi les bons vins blancs de Viviers, Béru, Poilly, etc., se 
traitent autour de 85 à 99 francs le muid (272 litres) pris sur cave et futaille 
perdue ; cette futaille ayant coûté très cher écorne encore le maigre bénéfice du 
vigneron. Les vins rouges de Tonnerre, Épineuil, Dannemoine, riches, de 
belle robe et de conservation certaine, valent de 35 à 45 francs la feuillette nue 
(136 litres). 

Cette situation peu favorable tend à s'améliorer ; aussi, le vigneron, ne déses- 
pérant jamais, plante toujours ; mais il est vrai qu'il se détourne des plants à 
grand rendement et cherche à donner à l'avenir encore plus de qualité à ses vins 
en plantant des cépages fins. C'est là le salut, je crois. — E. B. 

Meurthe-et-Moselle. — La situation du vignoble lorrain n'a guère changé 
depuis ma dernière communication. Si les travaux se font à peu près conve- 
nablement grâce au morcellement de la propriété, qui fait que les deux tiers 
au moins des propriétaires cultivent par eux-mêmes, les plaintes sont toujours 
très vives parmi nos populations viticoles, qui, il faut l'avouer, mal organisées 
pour la vente, rebelles qu'elles sont à toute idée d'association, voient leurs 
vins de plus en plus délaissés par le consommateur, qui préfère les vins moins 
acides offerts à bas prix par le commerce local. Seuls les vins gris bien faits ont 
encore la faveur du public, ainsi que les vins blancs dont la production est 
très limitée; quelques vignobles comme Thiaucourt et Pagny-sur-Moselle, pro- 
duisant des vins justement appréciés, résultat dû à l'encépagement, qui se 
compose pour une bonne partie de Pinots, voient aussi leur production s'écouler 
rapidement et à prix avantageux (45 à 50 francs l'hectolitre). Mais partout ail- 
leurs, sauf en vins gris et blancs, les transactions sont à peu près nulles, et mal- 
gré deux récoltes fortement déficitaires, nombre de propriétaires ont encore à 
écouler une partie de leur vin de 1904. Aussi, devant l'encombrement du 
marché et les bas prix: pratiqués (20 francs l'hectolitre en moyenne pour les 
vins ordinaires), dont la cause initiale est l'afflux sans cesse grandissant des vins 
du Midi plus ou moins authentiques, nos vignerons seraient prêts, pour en- 
rayer la fraude cause de tout ce mal, à accepter toutes les mesures législatives 
propresà amener ce résultat, à la condition toutefois que ces lois leur conser- 
vent le privilège des bouilleurs de cru qu'on ne saurait leur enlever sans une 
vive résistance de leur part. 

Je crois qu'au moment où la reconstitution de notre vignoble est à l'ordre 
du jour, la question de l'encépagement s'impose à l'attention des viticulteurs 
soucieux de leurs intérêts. Ma conviction est que c'est là, plus encore que dans 
la législation, que réside la solution de la crise qui nous étreint. Je crois 
pouvoir affirmer qu'en garnissant nos coteaux de nos excellents Pinots noirs, gris 
etblancs bien sélectionnés, que nosvignerons n'auraient jamais dû abandonner, 
cépages auxquels nous pourrions ajouter l'Aubin blanc et le Meslier doré dans le 
but d augmenter notre production de vin blanc de qualité courante, toujours 
recherché, tous cépages greffés sur porte-greffes bien appropriés, choisis de 
préférence parmi les Américo X Américains, nous arriverionsàproduire des vins 
tels que nous aurions vite reconquis la faveur du public. Nous n'aurons plus à 



198 



REVUE COMMERCIALE 



craindre la concurrence des vins du Midi dont la qualité sera toujours très infé- 
rieure à ceux que nous produirions. 

J'espère que nos populations viticoles comprendront que leur intérêt leur 
commande de suivre cette voie afin de s'assurer pour l'avenir des débouchés 
plus certains et plus avantageux, persuadé que je suis que l'œuvre législa- 
tive peut nous apporter un soulagement passager, mais non une solution défi- 
nitive. — Ch. Toussaint. 

Jura. — Les révélations faites à la tribune de la Chambre des députés sur les 
scandaleuses fraudes qui se pratiquent dans le Midi ont eu une profonde réper- 
cussion. Nos honnêtes vignerons reçoivent plus de visites et traitent davantage 
d'affaires. Toute une clientèle qui avait oublié depuis trop longtemps le chemin 
de nos caves y revient dans la crainte que les vins d'ailleurs ne soient, sinon 
aussi meurtriers que les huîtres de Cette, tout au moins dangereux pour l'es- 
tomac. De plus en plus, l'on se rend compte qu'en vin, comme en toute autre mar- 
chandise, on n'en a jamais que pour l'argent que l'on y met et que c'est une 
déplorable économie de risquer sa santé afin de réaliser une minime épargne 
quotidienne. 

Une fois de plus, on constate qu'à quelque chose malheur est bon : le scandale 
causé par les fraudeurs, nous fait mieux vendre nos vins, surtout les bons. Car 
je le dirai encore, ainsi que dans les méventes du passé, c'est bien plus la sur- 
production générale des mauvais vins qui écrase le marché que la fraude. Et 
cela est si vrai que les bons vins ne se sont jamais mieux vendus et sont de plus 
en plus recherchés. Il en était de même autrefois; on vendait si cher les vins de 
choix, que l'on a été, à maintes reprises, entraîné à planter partout des vigno- 
bles d'abondance qui déconsidérèrent le vin et abaissèrent son prix de vente 
au-dessous de sa valeur. 

Frappé de tous ces inconvénients qui commençaient déjà à se manifester à la 
fin de l'avant-dernier siècle, le Parlement de Besançon, par un arrêt mémorable, 
rendu en 1732, fitarracher à la veille des vendanges les vignes peuplées de plants 
communs qu'il avait proscrits. Le Parlement de Franche-Comté avait déjà 
rappelé, dans son arrêt du 4 janvier 1725, les anciennes ordonnances de la pro- 
vince, qui défendaient expressément de planter des vignes dans les terres à 
grains et dans celles où il n'y en avait pas encore eu en 1636, et de propager le 
Gamet, le Melon et autres plants semblables. Par ce même arrêt, il exigea qu'on 
lui présentât les états de toutes les vignes plantées depuis trente ans. Le 3 février 
1731, il ordonna que les anciennes ordonnances de la province sur le fait des 
nouvelles plantations de vignes et l'extirpation des mauvais plants seraient 
exécutées. Fnfin, le 24 juillet 1732, il décida, par un arrêt dont l'exécution eut 
lieu dans le mois d'août, alors que les vignes étaient chargées de raisins, l'extir- 
pation de toutes celles qui avaient été plantés en plants communs depuis le 1 er jan- 
vier 1700. Cette dure leçon fut oubliée par la suite et nos pères retombèrent dans 
les mômes fautes. Entra ÎSIO et 1N20, le vin était à vil prix, ce qui amena des 
arrachages et une hausse naturelle. 

Lors delà récente reconstitution, surtout entre 1890 et 1900, nous avons été 
sollicités de tous cotés pour la fourniture de nos plants. Le Midi, qui a un intérêt 
capital à affaiblir ses concurrents et sachant que les qualités naturelles de nos 
vins les feraient toujours préférer aux siens par le consommateur, a taché, par 
tous les moyens, de nous fuire adopter toutes sos créations qualifiées de prodi- 



REVUE COMMERCIALE 



199 



gieuses. Il a hélas! trouvé parmi nous des alliés, même et surtout parmi ceux qui, 
grâce à leur influence, auraient pu donner de bons exemples et de meilleurs con- 
seils. Le philosophe ne peut voir dans cet inconcevable mouvement d'idées que 
le besoin maladif d'obtenir le nivellement égalitaire dans la médiocrité et de 
chercher là, comme ailleurs, à détruire toute supériorité. On a provoqué ainsi la 
souillure de nos coteaux par le Noah, le Clinton et tant d'autres cépages sauva- 
ges dont le jus n'est digne que du palais des Barbares. Heureusement l'immense 
majorité de nos viticulteurs a refusé de suivre ces mauvais conseils, nous nous 
sommes révoltés contre les tentateurs et leur avons dit : Laissez-nous à nos légi- 
times regrets, laissez-nous rester fidèles à nos vieux cépages; nous sommes 
assez malheureux déjà de voir le bouleversement de nos coteaux ; laissez-nous 
croire que nous pouvons couserver à nos vignes françaises un inviolable atta- 
chement, laissez-nous les aimer et les défendre comme nous conservons au fond 
de nos cœurs l'amour de notre vieille terre, comme nous cultivons dans notre 
jardin secret les précieuses fleurs du souvenir et de l'espérance, les vieilles idées 
que nous avons toujours eues et que nous conserverons jusqu'à la mort. 

Grâce à cette ténacité toute « comtoise », nous voyons à nouveau nos vignobles 
produire généreusement des vins délicieux (surtout les blancs) qui sont en train 
de reconquérir le marché perdu de l'Allemagne et celui bien compromis de la 
Suisse. Grâce à nos persévérants efforts, nous espérons revoir la prospérité d'an- 
tan. Nous avons certes de grands progrès à réaliser encore dans la pratique de 
la vinification; nous devons, de ce côté, travailler beaucoup pour faire des 
vins au goût du consommateur. C'est en effet de ce côté que nous devons nous 
tourner. Si, au lieu d'implorer l'Etat qui n'y peut rien, nous avions consacré plus 
d'activité à améliorer nos méthodes, tout en refaisant l'éducation du palais de 
nos anciens clients, nous n'aurions jamais connu les déboires de ces dernières 
années. 

Répétons donc sans cesse à nos viticulteurs : « Faites moins de vin. Faites-le 
meilleur.» A la longue,cette vérité pénétreradans nos habitudes et nous sauvera: 

Nonne vides etiam guttas in saxa cadentes 
Humoris longo in spatio perfundere saxa ? 

Parisot. 



Soufre : De Messine. — Les exportations de Sicile n'ont été, en 1906, que do 
387.000 tonnes, contre 450.000 tonnes en 1905, et 475.000 tonnes en 1904 et 1903. Cette 
diminution vient exclusivement, ou à peu près, de la réduction des livraisons aux 
Etats-Unis qui ont été en décroissant régulièrement d'année en année, pour s'abaisser 
de 156.000 tonnes en 1903 à 41.000 tonnes en 1906; elle est due au développement de 
l'exploitation des mines de la Louisiane. Par voie de conséquence, le stock de Sicile, 
qui était de 462.000 tonnes fin décembre 1905, s'est élevé à 325.000 tonnes à pareille 
époque 1906. S'il le fallait absolument, le consortium des producteurs de Sicile cherche- 
rait à prendre des mesures en vue de la diminution de la production, mais il compte 
pouvoir écouler ses approvisionnements en usant d'autres combinaisons, notamment 
en cherchant, par des concessions de prix, à substituer l'emploi du soufre dans certaines 
industries à celui des pyrites. Une entente avec les producteurs des Etats-Unis semble 
devoir faciliter la réalisation de la combinaison à l'étude. En attendant, la cote reste 
sans changements à noter. — E. Fog. 



200 COURS DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES 



0ÉRÉALE8 



(le qdintal métrique) 

BLÉS 





DU 


lfi 


DU 


23 


30JANV. 


DU 6 




AU 


AU 


AU 


AU 


Paris 


22jànv. 


29j AN V. 


5 FÉV. 


12 


FÉV 




23 


00 


23 


10 


Î3 25 


23 


50 




22 


75 


23 


00 


22 80 


23 


00 




22 


50 


22 


7.) 


22 50 


22 


75 


Départements 


















22 


90 


22 


90 


22 25 


22 


50 




22 


10 


22 


10 


22 25 


22 


25 


23 


00 


23 


80 


23 50 


•23 


25 


Marchés étrangers 


















13 


00 


17 


00 


16 90 


15 


92 


New- York 


18 


77 


16 


14 


17 10 


17 


03 




14 


58 


14 


80 


14 70 


15 


01 



Paris 



Paris 

Noire de Brie. 
Beauce 



SEIGLES 
I 17 50 | 17 60 I 17 50 ( 17 50 
AVOINES 



Départements 



Dijon .... 

Lyon 

Bordeaux 
Toulouse. 



23 25 
20 30 



19 00 

20 25 

20 00 

21 00 



21 10 
20 10 



18 60 
20 50 

20 90 

21 25 



21 50 
20 25 



18 75 
20 50 

20 50 

21 00 



21 25 

20 25 



18 80 
20 25 
20 50 
20 75 



FOURRAGES ET PAILLES 

A PARIS 
(Les 104 bottes de 5 kilogrammes) 



DANS PARIS 



I | 

,22janv. ; 29janv. 



Paille de blé ,. 23 à 26] 20 à 25 

Foin 46 à 56|46 à 56 

Luzerne 45 à 55(45 à 53 



5 FEV. !l FÉV. 



20 à 26 21 à 26 
46 à 56|46 à 56 
45 à 53 '46 è 55 



ESPRITS ET SUCRES 

PARIS ! 22 JANV. 29JANV. 5 FÉV. 12 FÉV. 



Esprits 3/5 Nord fin 
90» l'hect., esc. 2 % 



Blancs n» 3 les 100 kil. 
Raffinés — 



41 50 



26 00 
58 00 



40 50 



25 75 
57 25 



40 50 



25 75 
57 30 



40 50 



24 00 

58 00 



BÉTAIL 

MARCHÉ DE LA VILLETTE 
(Prix du kilogr. de viande, net) 

Marché du 12 février. 

Prix extrême 
au poids vif 



Bœufs , 

Veaux 

Moutons... 
Porcs 



i»« qté 


2» qté 


3«qté 


1 64 


1 42 


l 18 


2 42 


2 32 


2 02 


2 30 


2 10 


2 04 


1 82 


1 80 


1 78 



0 56 à 1 02 
0 82 à 1 42 
0 70 à l 12 
0 90 à l 26 



BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA SEMAINE 

du 3 au 9 février 1907. 



JOURS 


Tempéra-' 
ture 
maxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 
enmillim. 


DATES 


Tempéra- 
ture 
maxima 


Tempéra- 
ture 
minima 


Tempéra- 
ture 
moyenne 


Pluie 
en millim, 










PARIS 


















MONTPELLIER 






Dimanche. 


— 0. 


5 


— 4. 


7 




2. 


6 


0 




3 




— 1 




— 6 


» 


— 3. 


5 


0 


Lundi .... 


_ 2. 


9 


— 4 


» 




3. 


5 


0 




4 




4 


» 




» 


-t 


5 


0 


Mardi .... 


o! 


ï 


9 


» 




0. 


8 


0 




5 




2 


» 


— 6 


» 




» 


0 


Mercredi . 


i. 




-3: 


2 




2. 


8 


0 




6 




3 


» 


— (i 


» 


— 1. 




0 




i.